mercredi 14 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2400718 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Eloignement urgent |
| Avocat requérant | ROCHARD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 9 février 2024, M. E A, représenté par Me Rochard, demande au tribunal :
1°) d'annuler les arrêtés du 7 février 2024 par lesquels le préfet du Finistère, d'une part, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et lui a fait interdiction d'un retour en France pendant un an et, d'autre part, l'a assigné à résidence et a fixé les modalités de contrôle de son assignation à résidence ;
2°) d'enjoindre au préfet du Finistère, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour dans le délai de huit jours à compter de la notification du jugement à intervenir ou, à titre subsidiaire, de procéder à un nouvel examen de sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans l'attente ;
3°) de mettre à la charge de l'État le paiement de la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision portant obligation de quitter le territoire français est entachée d'un vice d'incompétence ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen et d'une insuffisance de motivation ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et du premier paragraphe de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfants ;
- elle est illégale dès lors qu'il peut bénéficier de plein droit d'un titre de séjour en application du a) de l'article 7 de l'accord franco-algérien ;
- la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an est entachée d'un défaut de base légale en l'absence de motivation en droit ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et est disproportionnée ;
- la décision l'assignant à résidence est entachée d'un défaut d'examen complet de sa situation et d'un défaut de motivation ;
- elle est illégale dès lors qu'il n'existe pas de perspective raisonnable à son éloignement ;
- elle méconnaît les dispositions de stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, du premier paragraphe de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfants et de l'article 9 de la même convention ;
- les modalités de contrôle de l'assignation à résidence sont disproportionnées.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 février 2024, le préfet du Finistère conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale des droits de l'enfant signée à New-York le 26 janvier 1990 ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour en France des ressortissants algériens et de leurs familles ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme René, première conseillère, pour statuer sur les recours dont le jugement relève des dispositions des articles L. 614-5 et L. 614-7 à 13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme René,
- les observations de Me Kermarrec, substituant Me Rochard, représentant M. A, qui maintient les conclusions de la requête par les mêmes moyens qu'il développe ;
- les explications de M. A ;
- et les observations de M. D, représentant le préfet du Finistère.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant algérien né le 1er octobre 1981 et qui a bénéficié d'un visa valide du 25 décembre 2021 au 20 juin 2022, déclare être entré en France le 20 janvier 2022. Après qu'il a été placé en garde à vue par les services de la police nationale de Quimper le 6 février 2024 pour des faits de défaut de permis de conduire, défaut d'assurance et vérification de son droit au séjour, le préfet du Finistère, par deux arrêtés du 7 février 2024 dont l'intéressé demande l'annulation, d'une part l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et lui a fait interdiction d'un retour en France pendant un an et, d'autre part, l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours et a fixé les modalités de contrôle de son assignation à résidence.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
2. En premier lieu, le préfet du Finistère a, par un arrêté du 19 octobre 2023 régulièrement publié le 20 octobre 2023 au recueil des actes administratifs de ce département, donné délégation de signature à Mme B C, en sa qualité de cheffe du service de l'immigration et de l'intégration, aux fins de signer toute décision relevant des matières de son service à l'exception d'un certain nombre dont ne font pas partie les décisions en litige. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire des décisions attaquées, et en particulier de la décision l'obligeant à quitter le territoire français, doit être écarté.
3. En deuxième lieu, la décision attaquée obligeant M. A à quitter le territoire français comporte l'ensemble des motifs de droit et des considérations de fait qui en constituent le fondement, le préfet du Finistère n'ayant pas à y faire figurer l'ensemble des éléments relatifs à la situation de M. A dont les services de la préfecture avaient connaissance à la date de cette décision, y compris s'agissant de sa situation familiale et professionnelle. Il s'ensuit que le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de cette décision doit être écarté.
4. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier, notamment de la motivation de la décision attaquée, que le préfet du Finistère a procédé à un examen suffisant de la situation du requérant, sans qu'il puisse lui être reproché que de ne pas avoir engagé de démarches pour vérifier la situation familiale de l'intéressé ou son activité d'auto-entrepreneur.
5. En quatrième lieu, aux termes de l'article 7 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour en France des ressortissants algériens et de leurs familles: " Les dispositions du présent article et celles de l'article 7 bis fixent les conditions de délivrance du certificat de résidence aux ressortissants algériens autres que ceux visés à l'article 6 nouveau, ainsi qu'à ceux qui s'établissent en France après la signature du premier avenant à l'accord. a) Les ressortissants algériens qui justifient de moyens d'existence suffisants et qui prennent l'engagement de n'exercer, en France, aucune activité professionnelle soumise à autorisation reçoivent après le contrôle médical d'usage un certificat valable un an portant la mention "visiteur" ; ".
6. Lorsque la loi prescrit l'attribution de plein droit d'un titre de séjour à un étranger, cette circonstance fait obstacle à ce qu'il puisse légalement être l'objet d'une mesure d'obligation de quitter le territoire français.
7. Si M. A soutient qu'il peut bénéficier d'un titre de séjour de plein droit en application des dispositions précitées de l'article 7 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968, il ne justifie pas par les pièces qu'il produit, ni même n'allègue, qu'il disposerait de moyens d'existence suffisants, de sorte que ce moyen doit être écarté.
8. En cinquième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ". Aux termes du premier paragraphe de l'article 3 de la convention relative aux droits de l'enfant signée à New York le 26 janvier 1990 : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. ". Il résulte de ces dernières stipulations que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.
9. M. A fait valoir qu'il exerce depuis juillet 2023 en tant qu'auto-entrepreneur, qu'il a été dans l'obligation de quitter son département de résidence pour des raisons professionnelles, que s'il ne réside pas avec son épouse pour des raisons professionnelles, la communauté de vie n'a pas pour autant cessé, que son épouse prend des cours de français et que leurs trois enfants mineurs sont scolarisés. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que le requérant a indiqué lors de son audition du 6 février 2024 qu'il résidait non avec son épouse qui vit à avec leurs enfants mais chez son frère à Clichy-sous-Bois et qu'il logeait provisoirement chez son patron à Quimper. De plus, à supposer même que l'attestation de son épouse qu'il produit puisse être regardée comme suffisant à démontrer une communauté de vie, il n'est pas contesté que cette dernière se trouve elle-même en situation irrégulière sur le territoire français, de sorte qu'ils pourront reconstituer leur cellule familiale dans un autre pays qu'en France avec leurs enfants, notamment en Algérie où il n'est pas établi ni même allégué que les enfants ne pourraient pas poursuivre leur scolarité. S'il justifie par ailleurs de son activité d'auto-entrepreneur depuis juillet 2023, la circonstance qu'il ait une activité professionnelle dont il ne justifie au demeurant pas tiré des revenus réguliers ne suffit pas à elle-seule, au regard de son arrivée récente sur le territoire, à démontrer son insertion en France, de même que les attestations qu'il produit. Dans ces conditions, au regard des pièces versées au débat, la décision litigieuse ne porte pas au droit de M. A à sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard du but en vue duquel elle a été prise en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et n'est pas contraire à l'intérêt supérieur de ses enfants protégé par le premier paragraphe de l'article 3 de la convention relative aux droits de l'enfant. Il s'ensuit que les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de ces articles doivent être écartés.
10. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 7 février 2024 l'obligeant à quitter le territoire français.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pendant un an :
11. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11. ". Aux termes de l'article L. 613-7 du même code : " L'autorité administrative peut à tout moment abroger l'interdiction de retour. () ".
12. Il résulte de ces dispositions que, lorsque le préfet prend, à l'encontre d'un étranger, une décision portant obligation de quitter le territoire français ne comportant aucun délai de départ, ou lorsque l'étranger n'a pas respecté le délai qui lui était imparti pour satisfaire à cette obligation, il appartient au préfet d'assortir sa décision d'une interdiction de retour sur le territoire français, sauf dans le cas où des circonstances humanitaires y feraient obstacle. Seule la durée de cette interdiction de retour doit être appréciée au regard des quatre critères énumérés à l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, à savoir la durée de la présence de l'étranger sur le territoire français, la nature et l'ancienneté de ses liens avec la France, l'existence ou non d'une précédente mesure d'éloignement et, le cas échéant, la menace pour l'ordre public que constitue sa présence sur le territoire.
13. D'une part, il ressort des termes de l'arrêté en litige que la décision attaquée, qui cite l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et vise notamment l'article L. 612-10 du même code, est suffisamment motivée en droit et n'est pas entachée d'un défaut de base légale. Ces moyens doivent dès lors être écartés.
14. D'autre part, l'arrêté litigieux, qui n'assortit l'obligation de quitter le territoire français d'aucun délai de départ volontaire, écarte l'existence de circonstances humanitaires permettant de ne pas prononcer d'interdiction de retour dans une telle hypothèse et fixe à un an la durée de cette interdiction. Si M. A se prévaut de la présence en France de ses enfants, les attestations produites au dossier ne permettent pas d'établir qu'il contribuerait de manière effective à leur entretien et à leur éducation, ni même des liens affectifs qu'il entretiendrait avec eux. Le requérant n'établit ainsi aucune circonstance humanitaire faisant obstacle au prononcé d'une telle interdiction, de sorte qu'il appartenait au préfet d'assortir sa décision d'obligation à quitter le territoire français d'une mesure d'interdiction de retour sur le territoire français. De plus, compte tenu de son entrée récente sur le territoire métropolitain, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France tels que justifiées, de l'absence d'une précédente mesure d'éloignement et alors même que la présence de l'intéressé sur le territoire ne représenterait pas une menace pour l'ordre public, la durée d'un an d'interdiction de retour sur le territoire français n'est pas entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ni disproportionnée au regard du but en vue duquel cette décision a été prise.
15. Il en résulte que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 7 février 2024 portant interdiction de retour sur le territoire français pendant un an.
En ce qui concerne la décision portant assignation à résidence :
16. En premier lieu, l'arrêté comporte l'ensemble des motifs de droit et des considérations de fait qui en constituent le fondement, le préfet du Finistère n'ayant pas à y faire figurer l'ensemble des éléments relatifs à la situation de M. A dont les services de la préfecture avaient connaissance à la date de cette décision. Il s'ensuit que le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.
17. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier, notamment de la motivation de la décision attaquée, que le préfet du Finistère a procédé à un examen suffisant de sa situation.
18. En troisième lieu, aux termes des dispositions de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " I.- L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins d'un an auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ; () ".
19. D'une part, en se bornant à soutenir sans d'ailleurs l'établir que son épouse ne fait l'objet d'aucune mesure d'éloignement et à se prévaloir de la scolarisation de ses enfants mineurs, M. A n'établit pas que l'exécution de la mesure d'éloignement dont il fait l'objet ne demeurerait pas une perspective raisonnable au sens de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile précité.
20. D'autre part, et alors que la décision assignant à résidence le requérant n'a en tout état de cause pas pour objet de le séparer des membres de sa famille résidant en France, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et du premier paragraphe de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doivent être écartés par les mêmes motifs que ceux énoncés au point 9 du présent jugement.
21. En quatrième lieu, M. A ne peut utilement se prévaloir des stipulations de l'article 9 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant dès lors que cet article crée seulement des obligations entre États sans ouvrir de droits aux intéressés.
22. En dernier lieu, l'article R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose que : " L'autorité administrative qui a ordonné l'assignation à résidence de l'étranger en application des articles L. 731-1, L. 731-3, L. 731-4 ou L. 731-5 définit les modalités d'application de la mesure : / 1° Elle détermine le périmètre dans lequel il est autorisé à circuler muni des documents justifiant de son identité et de sa situation administrative et au sein duquel est fixée sa résidence ; / 2° Elle lui désigne le service auquel il doit se présenter, selon une fréquence qu'elle fixe dans la limite d'une présentation par jour, en précisant si l'obligation de présentation s'applique les dimanches et les jours fériés ou chômés ; / 3° Elle peut lui désigner une plage horaire pendant laquelle il doit demeurer dans les locaux où il réside ".
23. D'une part, si une décision d'assignation à résidence prise en application des dispositions de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit comporter les modalités de contrôle permettant de s'assurer du respect de cette obligation et notamment préciser le service auquel l'étranger doit se présenter et la fréquence de ces présentations, ces modalités de contrôle sont divisibles de la mesure d'assignation elle-même.
24. D'autre part, les mesures contraignantes prises par le préfet sur le fondement des dispositions précitées à l'encontre d'un étranger assigné à résidence, qui limitent l'exercice de sa liberté d'aller et venir, doivent, dans cette mesure, être nécessaires, adaptées et proportionnées à l'objectif qu'elles poursuivent, à savoir s'assurer du respect de l'interdiction faite à l'étranger de sortir du périmètre dans lequel il est assigné à résidence.
25. L'arrêté en litige, qui assigne à résidence M. A à Quimper, l'astreint notamment à se présenter tous les jours entre dix heures et midi aux services de la police nationale de cette commune, à l'exception des samedis, dimanches et jours fériés. Il lui fait de plus interdiction de sortir du périmètre du département du Finistère sans autorisation préalable des services préfectoraux. Si le requérant se prévaut de la présence de sa famille en Ile-de-France, cette circonstance, compte tenu de ce qui a été dit précédemment, n'est pas de nature à établir le caractère disproportionné de ces modalités dont est assortie la mesure d'assignation en litige. Ce moyen doit dès lors être écarté.
26. Il résulte de ce qui précède que les conclusions présentées par M. A à fin d'annulation de l'arrêté du 7 février 2024 par lequel le préfet du Finistère l'a assigné à résidence doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
27. L'exécution du présent jugement, qui rejette les conclusions de la requête à fin d'annulation, n'implique aucune mesure d'exécution. Les conclusions à fin d'injonction présentées par M. A doivent dès lors être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
28. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'État, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que M. A demande au profit de son conseil au titre des dépenses exposées et non comprises dans les dépens. Les conclusions de la requête présentées à ce titre doivent dès lors être rejetées.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. E A et au préfet du Finistère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 février 2024.
La magistrate désignée,
signé
C. RenéLa greffière d'audience,
signé
J. Jubault
La République mande et ordonne au préfet du Finistère en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026