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AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2400817

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2400817

lundi 19 février 2024

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2400817
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationEloignement urgent
Avocat requérantLE BIHAN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 14 février 2024, M. D C, représenté par Me Le Bihan, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 12 février 2024 par lequel le préfet des Côtes-d'Armor l'a obligé à quitter sans délai le territoire français à destination de son pays d'origine et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée de trois ans ;

3°) d'annuler l'arrêté du 12 février 2024 par lequel le préfet des Côtes-d'Armor a décidé de l'assigner à résidence pour une durée de quarante-cinq jours ;

4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 800 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- l'obligation de quitter le territoire français est entachée d'incompétence ;

- elle est entachée d'une insuffisante motivation et d'un défaut d'examen ;

- elle est entachée d'un défaut de base légale ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et celles de l'article 3-1 de la convention internationale de droits de l'enfant ;

- la décision de refus de délai de départ volontaire méconnaît les dispositions de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la décision de refus de délai de départ volontaire méconnaît les dispositions de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- l'interdiction de retour de trois ans est entachée d'erreur d'appréciation et méconnaît les dispositions de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- l'arrêté d'assignation à résidence est entaché d'incompétence ;

- il est entaché d'illégalité par voie d'exception de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.

Par un mémoire en défense, enregistré le 16 février 2024, le préfet des Côtes-d'Armor conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale des droits de l'enfant ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Moulinier, premier conseiller, pour statuer sur les recours dont le jugement relève des dispositions des articles L. 614-5 et L. 614-7 à 13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Moulinier,

- les observations de Me Le Bihan, représentant M. C ;

- les observations de M. B représentant le préfet des Côtes-d'Armor.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. C, ressortissant géorgien né le 13 décembre 1984 à Zugdidi (Géorgie), a été interpellé lors d'un contrôle routier et placé en garde à vue le 12 février 2024 par les forces de l'ordre du commissariat de Saint-Brieuc pour vérification de son droit au séjour. Par un arrêté du 12 février 2024, le préfet des Côtes-d'Armor lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai et l'a assorti d'une interdiction de retour sur le territoire national de trois ans. Par un arrêté du même jour, le même préfet l'a assigné à résidence.

Sur la demande d'aide juridictionnelle provisoire :

2. M. C justifiant avoir introduit une demande devant le bureau d'aide juridictionnelle, il y a lieu de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

3. En premier lieu, le préfet des Côtes-d'Armor a donné délégation, selon arrêté du 12 juin 2023, dûment publié au recueil des actes administratifs de la préfecture, à M. David Cochu, secrétaire général de la préfecture et signataire de l'arrêté attaqué, aux fins, notamment, de signer, en toutes matières, tous les actes relevant des attributions du préfet à l'exclusion de certains d'entre eux au nombre desquels ne figurent pas les décisions attaquées. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'arrêté doit être écarté.

4. En deuxième lieu, l'arrêté litigieux du 12 février 2024, qui n'avait pas à mentionner l'ensemble des éléments caractérisant la situation personnelle de M. C, vise les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ainsi que notamment les articles L. 611-1 1°, L. 611-3, L. 612-2 3°, L. 612-3 5° et L. 711-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont le préfet a fait application et qui constituent la base légale de la décision lui refusant le séjour. Par ailleurs, cet arrêté précise la situation familiale de M. C et son parcours migratoire. En outre, la décision indique que l'intéressé ne justifie d'aucune circonstance humanitaire particulière. Si par ailleurs le requérant fait grief à l'arrêté attaqué de ne pas mentionner la demande d'admission exceptionnelle au séjour de son épouse Mme A, il est toutefois constant qu'elle n'a pas donné lieu à l'établissement d'un récépissé. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation doit être écarté.

5. En troisième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet, qui n'avait pas à mentionner tous les éléments de la vie privée et familiale de M. C mais seulement ceux sur lesquels il s'est fondé pour prendre son arrêté, aurait entaché son arrêté litigieux d'un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle.

6. En quatrième lieu, le requérant soutient que l'arrêté en litige serait entaché d'un défaut de base légale en ce qu'il se fonde sur l'article L. 611-1 1° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors qu'il se prévaut d'une entrée régulière sur le territoire français. Toutefois, s'il indique que les ressortissants géorgiens sont dispensés de visa à leur entrée sur le territoire français, il ne produit aucune pièce et notamment son passeport afin d'attester de son entrée régulière sur le territoire français. Par suite le moyen tiré de l'erreur de base légale sera écarté.

7. En cinquième lieu, aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () ".

8. Il ressort des pièces du dossier que M. C est entré une première fois en France en 2018, et a déjà fait l'objet de trois précédentes mesures d'éloignement, sans avoir déféré aux deux premières. Son épouse est également en situation irrégulière et a fait l'objet de deux obligations de quitter le territoire français en octobre 2019 et décembre 2020 à laquelle il n'avait pas déférées. Si M. C, se prévaut de la demande d'admission exceptionnelle au séjour formulée par cette dernière en octobre 2023, il est toutefois constant que celle-ci n'a pas donné à l'établissement d'un récépissé. De même, si le requérant se prévaut de la scolarité de ses enfants en France et des nombreuses attestations soulignant l'intégration de son épouse, toutefois, d'une part, M. C ne fait état d'aucun obstacle à ce que la famille dans son ensemble poursuive sa vie familiale en Géorgie où le couple a toujours vécu et dans lequel il n'établit pas ne plus avoir d'attaches familiales, et d'autre part, pour louables que soient les efforts de son épouse, ceux-ci lui sont relatifs et ne démontrent pas les mêmes velléités de la part du requérant. Dans ces conditions, le préfet des Côtes-d'Armor n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts en vue desquels il a pris la décision attaquée et n'a, dès lors, pas méconnu l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

9. En sixième lieu, aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ".

10. Le présent arrêté n'a ni pour objet ni pour effet de séparer les enfants de leurs parents et M. C ne fait état d'aucun obstacle à ce que ses enfants, qui ont vocation à suivre leurs parents, soient scolarisés en Géorgie. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doit être écarté.

11. En dernier lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".

12. M. C n'apporte aucun élément au soutien de son allégation quant aux risques encourus en cas de retour dans son pays d'origine. Au surplus, sa demande d'asile a été rejetée par les organes compétents. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

En ce qui concerne la décision refusant un délai de départ volontaire :

13. Aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; / 2° L'étranger s'est vu refuser la délivrance ou le renouvellement de son titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de son autorisation provisoire de séjour au motif que sa demande était manifestement infondée ou frauduleuse ; 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : () / 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ; () / 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ou qu'il s'est précédemment soustrait aux obligations prévues aux articles L. 721-6 à L. 721-8, L. 731-1, L. 731-3, L. 733-1 à L. 733-4, L. 733-6, L. 743-13 à L. 743-15 et L. 751-5. ".

14. Il ressort des pièces du dossier que M. C a déjà fait l'objet de trois précédentes obligations de quitter le territoire français les 29 octobre 2019, 10 décembre 2020 et 31 août 2022. Si le requérant indique, dans son audition du 12 février 2024, avoir quitté la France " en juin ou juillet 2023 " toutefois en application de la mesure d'éloignement précitée du 31 août 2022, il lui a été fait également interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an. Aussi il n'établit pas avoir respecté la durée de cette interdiction. Par ailleurs, comme le mentionne le préfet dans ses écritures, M. C ne s'était pas soumis aux mesures de surveillance dont était assortie sa première mesure d'éloignement, en ne se présentant pas périodiquement aux services de police et en ne remettant pas son passeport en méconnaissance des articles L.721-7 et L. 721-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. De même, il ne s'était pas astreint à une précédente mesure d'assignation à résidence, prise sur le fondement de l'article L. 731-1 du même code. Il ne fait, par ailleurs, valoir aucune circonstance particulière afin de justifier du non-respect de ces dernières obligations. Dans ces circonstances, le préfet pouvait légitiment estimer que M. C se trouvait donc dans la situation de l'étranger qui s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement et pouvait ainsi être regardé comme présentant un risque de soustraction à la mesure d'éloignement. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire :

15. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. () ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11. () ". Aux termes de l'article L. 612-8 du même code : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder deux ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". Aux termes de l'article L. 612-11 du même code : " L'autorité administrative peut prolonger l'interdiction de retour pour une durée maximale de deux ans dans les cas suivants : 1° L'étranger s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire français alors qu'il était obligé de le quitter sans délai ; 2° L'étranger s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire français au-delà du délai de départ volontaire qui lui avait été accordé ; 3° L'étranger est revenu sur le territoire français après avoir déféré à l'obligation de quitter le territoire français, alors que l'interdiction de retour poursuivait ses effets. Compte tenu des prolongations éventuellement décidées, la durée totale de l'interdiction de retour ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, sauf menace grave pour l'ordre public. ".

16. Si M. C se prévaut de l'intégration de son épouse et de la scolarité de ses enfants, il a toutefois fait l'objet de trois précédentes mesures d'éloignement et n'a pas déféré aux deux premières et ne démontre pas avoir exécuté la précédente interdiction d'un an. En outre, et comme déjà mentionné aux points 7 à 10 rien ne fait obstacle que la cellule familiale se reconstruise en Géorgie et où il n'est pas établi que les enfants du couple ne pourraient être scolarisés. Par ailleurs, l'intéressé, outre son épouse, également en situation irrégulière, et ses enfants ne démontre pas de lien particulier avec la France dans laquelle il réside depuis six ans. Dans ces conditions, il n'établit pas que le préfet des Côtes-d'Armor aurait commis une erreur manifeste d'appréciation en édictant une interdiction de retour d'une durée de trois ans. Le moyen doit, par suite, être écarté.

En ce qui concerne l'assignation à résidence :

17. Pour les mêmes motifs que ceux mentionnés au point 3 du présent jugement, l'auteur de la décision attaquée, secrétaire général de la préfecture des Côtes-d'Armor, avait compétence pour prendre la décision attaquée. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de la décision attaquée doit être écarté.

18. Par ailleurs, aucun des moyens présentés à l'appui des conclusions de la décision portant obligation de quitter le territoire français n'étant de nature à justifier l'annulation de cette décision, le moyen tiré de ce que l'assignation à résidence devrait être annulée par voie de conséquence ne peut qu'être écarté.

19. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de la requête de M. C tendant à l'annulation des arrêtés du 12 février 2024 par lequel le préfet des Côtes-d'Armor, d'une part, l'a obligé à quitter sans délai le territoire français à destination de son pays d'origine et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée de trois ans et, d'autre part, l'a assigné à résidence doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

20. L'État n'étant pas la partie perdante, il n'y a pas lieu, de faire droit aux conclusions de M. C tendant à la mise en œuvre des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991

D É C I D E :

Article 1er : M. C est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : La requête de M. C est rejetée.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. D C et au préfet des Côtes-d'Armor.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 février 2024.

Le magistrat désigné,

signé

Y. Moulinier

La greffière,

signé

A. Gauthier

La République mande et ordonne au préfet des Côtes-d'Armor en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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