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AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2400870

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2400870

jeudi 16 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2400870
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème Chambre
Avocat requérantBATON

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 16 février 2024, M. A E, représenté par Me Bâton, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 8 janvier 2024 par lequel le préfet du Morbihan a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination en cas d'exécution d'office de cette mesure, l'a astreint à remettre l'original de son passeport à la brigade de gendarmerie de Pontivy et à s'y présenter deux fois par semaine durant le délai de départ volontaire ;

2°) d'enjoindre au préfet du Morbihan, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation ;

3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros à verser à son conseil au titre des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

S'agissant des moyens communs :

- il n'est pas justifié de la compétence de l'auteur des décisions attaquées ;

- les décisions portant refus de titre de séjour, obligation de quitter le territoire français, obligation de " pointage " et de remise de son passeport sont insuffisamment motivées ;

- ces décisions sont entachées d'un défaut d'examen complet de sa situation en ce qu'elles ne prennent pas en considération la particularité de sa situation ;

S'agissant de la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour :

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à l'application de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à l'application des dispositions de l'article L. 412-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors que la particularité de sa situation justifiait la mise en œuvre par le préfet de son pouvoir discrétionnaire pour lui accorder la carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est fondée sur une décision portant refus de titre de séjour elle-même entachée d'illégalité ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à l'application des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

S'agissant de la décision fixant le pays de destination :

- elle est fondée sur une décision portant obligation de quitter le territoire français

elle-même entachée d'illégalité ;

S'agissant de la décision portant obligation de remettre son passeport et de se présenter deux fois par semaine à la gendarmerie de Pontivy :

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à l'application des dispositions des articles L. 721-7 et L. 721-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Par un mémoire en défense, enregistré le 26 février 2024, le préfet du Morbihan conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

M. E a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 28 mars 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Pellerin,

- et les observations de Me Bâton, représentant M. F.

Considérant ce qui suit :

1. M. A F, ressortissant de la République démocratique du Congo, né le 24 avril 1991, est entré en France le 13 avril 2023 sous couvert d'un visa de court séjour. Le 26 juin 2023, il a sollicité la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 8 janvier 2024, dont M. F demande l'annulation, le préfet du Morbihan a rejeté sa demande de titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi, l'a astreint à remettre l'original de son passeport à la brigade de gendarmerie de Pontivy et à s'y présenter deux fois par semaine, le mardi et le jeudi à 10 heures, durant le délai de départ volontaire.

Sur les moyens communs :

2. En premier lieu, par un arrêté du 29 août 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du Morbihan du 31 août 2022, le préfet de ce département a donné délégation à Mme D C, cheffe du bureau des étrangers et de la nationalité, et signataire de l'arrêté attaqué à l'effet de signer notamment les décisions de refus de titre de séjour, d'obligation de quitter le territoire français avec et sans délai et de fixation du pays de destination. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'arrêté du 8 janvier 2024 doit être écarté.

3. En deuxième lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police (). ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. ".

4. D'autre part, aux termes de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction applicable en l'espèce : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. / Dans le cas prévu au 3° de l'article

L. 611-1, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision relative au séjour (). ".

5. L'arrêté attaqué mentionne les textes dont il fait application, notamment les articles L. 411-1 et L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Il précise que le requérant ne remplit pas les conditions de délivrance du titre de séjour sollicité au motif qu'il est entré en France sans détenir un visa long séjour, qu'il ne justifie pas des conditions permettant de déroger à cette exigence ni être dans la situation prévue par l'article L. 422-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ni de circonstances particulières lui permettant de mettre en œuvre son pouvoir discrétionnaire prévu par l'article L. 412-1 du même code. L'arrêté attaqué indique également les éléments pertinents relatifs à la situation familiale et personnelle de M. F. Si le requérant soutient que l'arrêté attaqué ne fait pas état de son projet portant sur l'obtention du diplôme national d'études musicales, le requérant n'allègue ni n'établit avoir informé le préfet, antérieurement à la présente instance, de sa réussite, en septembre 2023, au concours d'entrée en cycle spécialisé qui permet d'obtenir ce diplôme ainsi que cela ressort de l'attestation d'inscription au conservatoire à rayonnement intercommunal de Pontivy établie le 23 janvier 2024 par le directeur adjoint des services de Pontivy communauté. L'intéressé n'établit ni même n'allègue qu'il aurait informé le préfet de son admission, le 12 octobre 2023, au conservatoire à rayonnement départemental de Vannes dans le cycle spécialisé en chant lyrique ainsi que cela ressort de l'attestation établie le 22 janvier 2024 par la directrice de cet établissement. La décision de refus de titre de séjour comporte ainsi les considérations de fait et de droit sur lesquelles elle se fonde. Cette décision étant suffisamment motivée, le moyen tiré du défaut de motivation de la décision portant obligation de quitter le territoire français, prise sur le fondement du 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, doit être écarté par application des dispositions de l'article

L. 613-1 de ce code. Enfin, il résulte des termes de l'arrêté attaqué que le requérant est astreint à remettre l'original de son passeport et à se présenter deux fois par semaine, le mardi et le jeudi à 10 heures à la brigade de gendarmerie de Pontivy afin de vérifier les diligences accomplies pour le départ, mesure qui n'avait pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Par suite, la décision prise en application des articles L. 721-7 et L. 721-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile est suffisamment motivée.

6. En dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point précédent, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'il n'a pas été procédé à un examen particulier de la situation de M. F. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit commise à cet égard doit être écarté.

Sur la décision portant refus de titre de séjour :

7. En premier lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui établit qu'il suit un enseignement en France ou qu'il y fait des études et qui justifie disposer de moyens d'existence suffisants se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "étudiant" d'une durée inférieure ou égale à un an. / En cas de nécessité liée au déroulement des études ou lorsque l'étranger a suivi sans interruption une scolarité en France depuis l'âge de seize ans et y poursuit des études supérieures, l'autorité administrative peut accorder cette carte de séjour sous réserve d'une entrée régulière en France et sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Cette carte donne droit à l'exercice, à titre accessoire, d'une activité professionnelle salariée dans la limite de 60 % de la durée de travail annuelle. ".

8. D'autre part, aux termes de l'article L. 412-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 412-1 l'autorité administrative peut, sans que soit exigée la production du visa de long séjour mentionné au même article, accorder les cartes de séjour suivantes : / 1° La carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " prévue à l'article L. 422-1 (). ".

9. Il résulte de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que la délivrance de la carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " est conditionnée à la présentation d'un visa de long séjour et qu'il ne peut être dérogé à cette obligation, selon le second alinéa de cet article, qu'à certaines conditions auxquelles M. F, qui n'a pas présenté de visa de long séjour à l'appui de sa demande, n'a pas justifié satisfaire à la date de l'arrêt attaqué, faute d'avoir transmis aux services de la préfecture les pièces qui justifiaient de l'engagement de ses études à compter du 11 septembre 2023 au conservatoire à rayonnement intercommunal de Pontivy et du 12 octobre 2023 au sein du conservatoire à rayonnement départemental de Vannes. Il suit de là que le préfet des Côtes-d'Armor était placé dans l'obligation de rejeter sa demande de titre étudiant et que le requérant ne saurait utilement invoquer l'existence de ressources suffisantes. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

10. M. F fait valoir qu'il ne pouvait pas solliciter de visa de long séjour en qualité d'étudiant avant d'avoir réussi l'audition lui permettant d'entrer dans un conservatoire de musique et qu'il justifie ainsi d'une situation particulière. Cependant, cette circonstance ne suffit pas à caractériser l'existence d'une nécessité tenant au déroulement de ses études permettant de bénéficier des dispositions dérogatoires prévues par l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. En outre, le requérant, dont l'entrée en France est récente, n'établit pas être dans l'impossibilité de suivre une formation similaire dans son pays d'origine. A cet égard, la seule attestation de la directrice de l'académie d'art vocal de Pontivy du

14 février 2024, au demeurant postérieure à l'arrêté attaqué, fait état de " l'absence totale de structure d'enseignement du chant lyrique en RDC " sans apporter le moindre élément circonstancié. Enfin, si le requérant fait état du réseau artistique qu'il a développé en France et de son engagement dans de nombreux concerts, les pièces justificatives produites, au demeurant postérieures à la décision attaquée, ne caractérisent pas davantage l'existence d'une nécessité tenant au déroulement de ses études permettant de déroger à l'obligation de présenter un visa de long séjour. Dans ces conditions, le préfet du Morbihan n'a pas entaché sa décision portant refus de titre de séjour d'une erreur manifeste d'appréciation dans l'application des dispositions combinées des article L. 422-1 et L. 412-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, les moyens doivent être écartés.

11. Pour les mêmes motifs que ceux exposés au point précédent, le moyen tiré d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences de l'arrêté attaqué sur la situation personnelle de M. F doit être écarté.

Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :

12. En premier lieu, aucun des moyens invoqués à l'appui des conclusions dirigées contre la décision portant refus de titre de séjour n'est fondé. Par suite, le moyen tiré de l'illégalité de cette décision, soulevé à l'appui des conclusions dirigées contre la décision portant obligation de quitter le territoire français, doit être écarté.

13. En second lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".

14. Le requérant, entré récemment en France, a vécu jusqu'à l'âge de 32 ans en République démocratique du Congo et y a des attaches familiales. Il est célibataire et sans enfant à charge. En outre, il ne justifie pas être dans l'impossibilité de poursuivre ses études de chant lyrique dans son pays d'origine ainsi qu'il a été dit au point 10. Dans ces conditions, l'intéressé n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté attaqué porte une atteinte disproportionnée au droit au respect de sa vie privée et familiale et méconnaît ainsi les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes raisons, cet arrêté n'est pas entaché d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation personnelle.

Sur la décision fixant le pays de destination :

15. Aucun des moyens invoqués à l'appui des conclusions dirigées contre la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est fondé. Par suite, le moyen tiré de l'illégalité de cette décision, soulevé à l'appui des conclusions dirigées contre la décision fixant le pays de destination, doit être écarté.

Sur la décision la décision portant obligations de remise du passeport et de présentation à la gendarmerie de Pontivy :

16. Aux termes de l'article L. 721-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger auquel un délai de départ volontaire a été accordé peut, dès la notification de la décision portant obligation de quitter le territoire français, être astreint à se présenter à l'autorité administrative ou aux services de police ou aux unités de gendarmerie pour y indiquer ses diligences dans la préparation de son départ. Cette décision est prise pour une durée qui ne peut se poursuivre au-delà de l'expiration du délai de départ volontaire. ". Selon l'article L. 721-8 du même code : " L'autorité administrative peut prescrire à l'étranger auquel un délai de départ a été accordé la remise de son passeport ou de tout document justificatif de son identité, dans les conditions prévues à l'article L. 814-1. ".

17. Si l'obligation de présentation à laquelle un étranger est susceptible d'être astreint sur le fondement de l'article L. 721-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile a le caractère d'une décision distincte de l'obligation de quitter le territoire français, cette décision, qui tend à assurer que l'étranger accomplit les diligences nécessaires à son départ dans le délai qui lui est imparti, concourt à la mise en œuvre de l'obligation de quitter le territoire français. Au regard du pouvoir d'appréciation dont dispose, aux termes de la loi, l'autorité administrative pour apprécier la nécessité d'imposer une obligation de présentation sur le fondement de l'article L. 721-7, il appartient au juge de l'excès de pouvoir, saisi d'un moyen en ce sens, de vérifier que l'administration n'a pas commis d'erreur manifeste, tant dans sa décision de recourir à cette mesure que dans le choix des modalités de celle-ci.

18. Il ressort des termes de l'arrêté attaqué que le préfet du Morbihan a imposé à M. F de lui remettre l'original de son passeport et de se présenter, tous les mardis et jeudi à 10 heures, à la brigade de gendarmerie de Pontivy. Le requérant, qui soutient que ces modalités de présentation sont inadaptées en raison des plages horaires de ses cours, n'établit toutefois cette allégation par aucune pièce versée au dossier. En outre, il ressort des pièces du dossier qu'à la date de l'arrêté attaqué, à laquelle sa légalité doit être appréciée, le requérant ne justifiait pas suivre d'études, de sorte qu'il ne peut se prévaloir de l'horaire de ses cours pour soutenir que l'obligation de se présenter deux fois par semaine à 10 heures à la gendarmerie de Pontivy est inadaptée. Enfin, la décision attaquée est destinée à vérifier les diligences accomplies par l'intéressé en vue du retour dans son pays d'origine. Par suite, le moyen tiré de ce que le préfet aurait entaché d'erreur manifeste d'appréciation l'obligation faite à M. F de se présenter à la gendarmerie, tant dans son principe que dans les modalités qu'il a retenues, doit être écarté.

19. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 8 janvier 2024 présentées par M. F doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte, et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de M. F est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A F et au préfet du Morbihan.

Délibéré après l'audience du 25 avril 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Grenier, présidente,

Mme Pellerin, première conseillère,

M. B, magistrat honoraire.

Rendu public par mise à disposition du greffe, le 16 mai 2024.

La rapporteure,

signé

C. Pellerin

La présidente,

signé

C. GrenierLa greffière,

signé

I. Le Vaillant

La République mande et ordonne au préfet du Morbihan en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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