LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2401065

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2401065

jeudi 2 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2401065
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation6ème Chambre
Avocat requérantBERTHET-LE FLOCH

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 25 février 2024, M. C A, représenté par Me Berthet-Le Floch, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté en date du 19 février 2024 du préfet d'Ille-et-Vilaine portant refus de séjour, obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an et fixation du pays de destination ;

3°) d'enjoindre au préfet d'Ille et Vilaine de lui délivrer un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, en application de l'article L. 911-1 du code de justice administrative, à défaut, d'enjoindre au même préfet de réexaminer sa situation dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et de lui délivrer durant ce réexamen une autorisation provisoire de séjour assortie d'une autorisation de travail, en application de l'article L. 911-1 du code de justice administrative ;

4°) de mettre à la charge de l'État le versement à son conseil d'une somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

La décision de refus de titre de séjour :

- est entachée d'un vice de procédure ;

- viole l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

La décision lui faisant obligation de quitter le territoire français :

- est illégale, par voie d'exception de la légalité de la décision de refus de titre de séjour ;

- est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle et d'erreur matérielle ;

- viole l'article L. 611-3 9° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- viole les stipulations des articles 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;

- viole l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

L'interdiction de retour sur le territoire français :

- est insuffisamment motivée ;

- est disproportionnée et méconnaît les articles L. 612-8 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- méconnaît les articles 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.

Par un mémoire en défense, enregistré le 20 mars 2024, le préfet d'Ille-et-Vilaine conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.

M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision de la présidente du bureau d'aide juridictionnelle du 28 mars 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le rapporteur public a été dispensé de prononcer ses conclusions en application des dispositions des articles L. 732-1 et R. 732-1-1 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de M. Le Roux.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, qui est ressortissant Ivoirien, né en 1974, est entré régulièrement en France le 18 mars 2019 sous couvert d'un visa C valable du 27 avril 2017 au 26 avril 2019, accompagné de son épouse, Mme B épouse A. Il a obtenu une carte de séjour temporaire qui lui a été délivrée le 27 septembre 2021, valable du 25 août 2021 au 5 février 2022. Puis il a fait l'objet d'un arrêté portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire édicté 28 décembre 2022 confirmé le 23 février 2024 par un arrêt du 23 février 2024 de la Cour administrative d'appel de Nantes. Le 26 juin 2023, M. A a formé une demande de titre de séjour pour raison de santé sur le fondement de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par arrêté du 19 février 2024, dont il demande l'annulation, le préfet d'Ille-et-Vilaine lui a refusé le séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours, l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée d'un an et a fixé le pays de destination.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

En ce qui concerne le refus de séjour :

2. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que le préfet d'Ille-et-Vilaine a produit l'avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) en date du 2 octobre 2023 statuant sur l'état de santé de M. A. Par suite, le moyen tiré du vice de procédure doit être écarté.

3. En second lieu, aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile: " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. / La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. / Sous réserve de l'accord de l'étranger et dans le respect des règles de déontologie médicale, les médecins de l'office peuvent demander aux professionnels de santé qui en disposent les informations médicales nécessaires à l'accomplissement de cette mission. Les médecins de l'office accomplissent cette mission dans le respect des orientations générales fixées par le ministre chargé de la santé. / Si le collège de médecins estime dans son avis que les conditions précitées sont réunies, l'autorité administrative ne peut refuser la délivrance du titre de séjour que par une décision spécialement motivée ".

4. La partie qui justifie d'un avis d'un collège de médecins de l'office français de l'immigration et de l'intégration qui lui est favorable doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, l'existence ou l'absence d'un traitement approprié dans le pays de renvoi. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si l'état de santé d'un étranger justifie la délivrance d'un titre de séjour dans les conditions ci-dessus rappelées, se détermine au vu de ces échanges contradictoires. En cas de doute, il lui appartient de compléter ces échanges en ordonnant toute mesure d'instruction utile.

5. Pour refuser de délivrer à M. A un titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet d'Ille-et-Vilaine s'est fondé sur l'avis du 10 octobre 2023 du collège de médecins de l'OFII qui a estimé que l'état de santé de l'intéressé nécessitait une prise en charge médicale dont le défaut peut entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité, mais que eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, il peut effectivement y bénéficier d'un traitement approprié, et que son état de santé lui permet de voyager sans risque.

6. M. A soutient qu'il souffre d'une cirrhose hépatique compliquée d'un diabète de type 2 et d'épilepsie, qu'il est pris en charge au sein du service des maladies du foie du centre hospitalier universitaire de Rennes depuis mars 2019 et que son état de santé requiert un lourd traitement médicamenteux quotidien. Néanmoins, en se bornant à alléguer que les médicaments que son état de santé requiert ne sont pas disponibles dans le pays d'origine, M. A n'établit pas qu'il ne serait pas en mesure d'accéder à d'un traitement approprié. Par suite, le moyen tiré de la violation des dispositions rappelées au point 5 doit être écarté.

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

7. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit précédemment que l'ensemble des moyens dirigés contre la décision de refus de titre de séjour doit être écarté. Dans ces conditions, cette décision ne peut être regardée comme entachée d'illégalité. Par suite, le moyen, invoqué par voie d'exception, tiré de l'illégalité de cette décision à l'appui des conclusions d'annulation dirigées contre la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être écarté.

8. En deuxième lieu, pour regrettable que soit l'absence de prise en compte de la situation des enfants de M. A qui sont scolarisés à Rennes depuis septembre 2023 et non plus à Rueil-Malmaison sous la garde de leur grand-mère maternelle, cette erreur matérielle n'est pas à elle seule de nature à entachée d'un défaut d'examen particulier de la situation personnelle de M. A.

9. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : () 9° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. ".

10. Pour les mêmes motifs que ceux exposé aux point 6, les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions citées ci-dessus de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés.

11. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ". Pour l'application de ces stipulations, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine

12. Il ressort des pièces du dossier que M. A est entré en France à l'âge de 44 ans, qu'il n'a été admis au séjour que pour y être soigné, sous couvert d'un titre de séjour ne lui donnant pas vocation à séjourner en France au-delà de la stricte durée des soins nécessités par son état de santé et qu'il n'a pas déféré à une précédente mesure d'éloignement dont la légalité a été confirmée par la Cour administrative d'appel de Nantes ainsi qu'il a été dit au point 1. Par ailleurs, M. A fait valoir qu'il a été rejoint par son épouse, alors que ses trois enfants, nés en 2011, 2013 et 2015 en Côte-d'Ivoire se trouvaient déjà en France, depuis 2016 pour les deux premiers, et depuis 2019 pour le dernier, à la garde de leur grand-mère maternelle, titulaire d'une carte de résident, pour qui a été établi un " certificat d'autorisation parentale " permettant à ces enfants de la rejoindre, puis, à partir de juillet 2023, les enfants les ont rejoints à Rennes où ils résident et où ils sont désormais scolarisés. Toutefois, malgré la durée de leur séjour et de leur scolarisation en France, il n'est pas fait état d'obstacle à ce que ces enfants, âgés de 12 ans, 10 ans et 8 ans à la date de la décision attaquée, poursuivent leur scolarité en Côte-d'Ivoire où ils ont vocation à retourner avec leur père et leur mère, à moins que ceux-ci ne préfèrent les confier comme auparavant à la garde de leur grand-mère. Par ailleurs, si la présence en France de Mme D B, épouse A, est établie à partir de la fin de l'année 2021, celle-ci n'a pas mené à bien les démarches lui permettant une régularisation de sa situation, l'administration faisant valoir sans être contredite qu'aucune demande de titre de séjour n'est en cours d'instruction dans ses services et que l'intéressée se trouve en situation irrégulière sur le territoire. Ainsi, et alors que la mesure d'éloignement litigieuse n'a pas par elle-même pour effet de séparer les enfants de leurs parents, la cellule familiale pouvant être reconstituée en Côte-d'Ivoire, la décision d'éloignement litigieuse ne porte pas une atteinte pouvant être qualifiée de disproportionnée à la vie familiale de M. A. Enfin, s'il ressort des pièces du dossier une certaine capacité d'insertion professionnelle de M. A, ainsi que l'acquisition d'un niveau d'études et de compétences dans le domaine de l'administration et de la comptabilité publique, l'intéressé ayant pu accéder en France à plusieurs emplois dans lesquels il a donné satisfaction, les démarches de formation et d'intégration professionnelle dont il est attesté à partir de 2022 demeurent récentes et limitées. Dans ces conditions, il ne peut être considéré que l'obligation de quitter le territoire français litigieuse aurait été prise, en raison de l'atteinte portée à la vie privée et familiale du requérant, en méconnaissance des stipulations citées au point 11. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de ce que le préfet d'Ille-et-Vilaine aurait, en prenant cette décision, commis une erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences de sa décision sur la situation personnelle de M. A doit être écarté.

13. En dernier lieu, aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant, d'autre part : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. ".

14. Ainsi qu'il a déjà été dit ci-dessus, il n'est fait état d'aucune circonstance faisant obstacle à ce que les trois enfants de M. A accompagnent leur père et leur mère en

Côte-d'Ivoire, pays dont ils ont la nationalité. Le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations précitées ne peut donc être accueilli.

En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français :

15. En premier lieu, aux termes de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder deux ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". Aux termes de l'article L. 612-10 de ce code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11. ".

16. D'une part, l'arrêté attaqué comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait sur lesquelles le préfet s'est fondé pour édicter à l'encontre de M. A une interdiction de retour d'une durée d'un an. D'autre part, si M. A fait valoir qu'il réside en France depuis près de cinq ans, qu'il n'a jamais causé aucun trouble à l'ordre public, qu'une partie de sa famille est présente en France et soutient que sa présence en France ne représente pas une menace pour l'ordre public, il ne ressort pour autant pas des pièces du dossier que, compte-tenu de ce qu'il a fait auparavant l'objet d'une précédente mesure d'éloignement, le préfet ait commis une erreur manifeste d'appréciation en fixant une durée d'interdiction de retour d'une année et édictée une mesure disproportionnée.

17. En dernier lieu, il y a lieu d'écarter les moyens tirés de la méconnaissance des articles 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant pour les mêmes motifs que ceux exposés aux points 12 et 14.

18. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée en toutes ses conclusions.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A, au préfet d'Ille-et-Vilaine et à Me Berthet-Le Floch.

Délibéré après l'audience du 18 avril 2024, à laquelle siégeaient :

M. Descombes, président,

M. Le Roux, premier conseiller,

Mme Tourre, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 mai 2024.

Le rapporteur,

Signé

P. Le Roux

Le président

Signé

G. Descombes

La greffière,

Signé

L. Garval

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions