mercredi 10 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2401160 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | BATON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et deux mémoires en réplique, enregistrés les 1er,mars, 26 avril et 19 juin 2024, M. B C, représenté par Me Bâton, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 17 janvier 2024 par lequel le préfet du Morbihan lui a refusé le bénéfice de la protection temporaire, a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination et l'a obligé à se présenter à la brigade de gendarmerie de E une fois par semaine et à remettre son passeport ;
3°) d'enjoindre au préfet du Morbihan de lui accorder le bénéfice de la protection temporaire avec autorisation de travail, ou, à défaut, de lui délivrer un titre de séjour sur le fondement de l'article L.435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ou, enfin, de réexaminer sa situation ;
4°) d'accorder au préfet un délai d'un mois pour satisfaire à l'injonction prononcée et de l'assortir d'une astreinte de 150 euros par jour de retard ;
5°) de mettre à la charge de l'État le versement à Me Bâton d'une somme de 2 000 euros en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique en cas d'admission à l'aide juridictionnelle ou de l'article L. 761-1 du code de justice administrative en cas de rejet de sa demande d'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
- la compétence du signataire de l'arrêté attaqué n'est pas établie ;
- la décision lui refusant la protection temporaire n'est pas suffisamment motivée et n'a pas été précédée d'un examen complet de sa situation ;
- il remplit les conditions prévues aux articles L. 581-2 et L. 581-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour bénéficier de la protection temporaire ; en lui refusant la protection temporaire pour le motif qu'il ne justifiait pas avoir eu, en Ukraine, la qualité de réfugié ou celle de bénéficiaire de la protection subsidiaire, le préfet a entaché sa décision d'une erreur de droit, d'une erreur d'appréciation ou, à tout le moins, d'une erreur manifeste d'appréciation ; il n'est pas en mesure de retourner dans son pays d'origine dans des conditions sûres et durables et le préfet ne l'a pas vérifié ; en estimant qu'il pouvait retourner dans son pays d'origine dans des conditions sûres et durables, le préfet a entaché sa décision d'une erreur d'appréciation ou, à tout le moins d'erreur manifeste d'appréciation ;
- la décision lui refusant la délivrance d'un titre de séjour est insuffisamment motivée et n'a pas été précédée d'un examen sérieux de sa situation ;
- cette décision méconnaît l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- il invoque par la voie de l'exception l'illégalité de la décision lui refusant le bénéfice de la protection subsidiaire et de la décision lui refusant un titre de séjour à l'appui de ses conclusions en annulation de la décision l'obligeant à quitter le territoire français ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est pas suffisamment motivée et n'a pas été précédée d'un examen complet de sa situation ;
- cette décision méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation personnelle ;
- il invoque par la voie de l'exception l'illégalité de la décision lui refusant un titre de séjour à l'appui de ses conclusions en annulation de la décision fixant le pays de renvoi ;
- la décision fixant le pays de renvoi méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation personnelle ;
- les décisions portant obligation de se présenter à la brigade de gendarmerie une fois par semaine et de remettre son passeport sont insuffisamment motivées et n'ont pas été précédées d'un examen complet de sa situation personnelle ;
- ces décisions méconnaissent l'article L. 721-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 27 mars et 17 juin 2024, le préfet du Morbihan conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par le requérant n'est fondé.
L'aide juridictionnelle totale a été accordée à M. C par une décision de la présidente du bureau d'aide juridictionnelle du 25 avril 2024.
La représentation du Haut-commissariat des Nations-Unies pour les réfugiés auprès de la France et de Monaco a présenté des observations, enregistrées le 29 mai 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la directive 2001/55/CE du Conseil du 20 juillet 2001 ;
- la décision d'exécution (UE) 2022/382 du Conseil du 4 mars 2022 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Albouy,
- les observations de Me Bâton, représentant M. C.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant de la République démocratique du Congo (RDC) né en 1984, a déclaré être entré en France le 2 mars 2022 en provenance d'Ukraine et en raison de l'invasion de ce pays par les forces armées de la Fédération de Russie. Le 6 avril 2022, il a sollicité auprès des services de la préfecture du Morbihan la délivrance d'une autorisation provisoire de séjour au titre de la protection temporaire. Le préfet, estimant que M. C ne justifiait pas de sa situation administrative en Ukraine, lui a remis une autorisation provisoire de séjour de droit commun, laquelle a été renouvelée jusqu'au 30 novembre 2023. Les services de la préfecture du Morbihan l'ont informé, par un courrier du 19 octobre 2023, de ce non-renouvellement motivé par l'absence de production des documents demandés. Le 15 novembre 2023, M. C a déposé une demande d'admission exceptionnelle au séjour. Par l'arrêté attaqué, du 17 janvier 2024, le préfet du Morbihan a refusé de lui accorder le bénéfice de la protection temporaire, a rejeté sa demande d'admission exceptionnelle au séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays dont il a la nationalité ou tout pays dans lequel il serait légalement admissible comme pays de renvoi et l'a astreint à se présenter une fois par semaine, le vendredi à 10 heures, à la brigade de gendarme E et à remettre son passeport.
Sur les conclusions en annulation :
En ce qui concerne le moyen dirigé contre l'arrêté dans son ensemble :
2. Par un arrêté du 29 août 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du Morbihan du 31 août 2022, le préfet de ce département a donné délégation à Mme A D, attachée d'administration, à l'effet de signer les décisions relatives au séjour, en cas d'absence ou d'empêchement de Mme H G, cheffe du bureau des étrangers et de la nationalité, les arrêtés d'éloignement, en cas d'absence ou d'empêchement de M. F I, directeur de la citoyenneté et de la légalité et de Mme H G. Il n'est ni établi ni soutenu, qu'ils n'étaient pas tous deux absents ou empêchés à la date à laquelle l'arrêté attaqué a été signé par Mme D. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de l'arrêté attaqué doit être écarté.
En ce qui concerne la légalité de la décision refusant à M. C l'admission à la protection temporaire :
3. Aux termes de l'article 5 de la directive 2001/55/CE du Conseil du 20 juillet 2001 relative à des normes minimales pour l'octroi d'une protection temporaire en cas d'afflux massif de personnes déplacées et à des mesures tendant à assurer un équilibre entre les efforts consentis par les États membres pour accueillir ces personnes et supporter les conséquences de cet accueil : " 1. L'existence d'un afflux massif de personnes déplacées est constatée par une décision du Conseil () / () / 3. La décision du Conseil a pour effet d'entraîner, à l'égard des personnes déplacées qu'elle vise, la mise en œuvre dans tous les États membres de la protection temporaire conformément aux dispositions de la présente directive. La décision contient au moins : / a) une description des groupes spécifiques de personnes auxquels s'applique la protection temporaire / b) la date à laquelle la protection temporaire entrera en vigueur / () ".
4. Aux termes de l'article L 581-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pris pour la transposition des dispositions précités de la directive du 20 juillet 2001 : " Le bénéfice du régime de la protection temporaire est ouvert aux étrangers selon les modalités déterminées par la décision du Conseil de l'Union européenne mentionnée à l'article 5 de la directive 2001/55/CE du Conseil du 20 juillet 2001, définissant les groupes spécifiques de personnes auxquelles s'applique la protection temporaire, fixant la date à laquelle la protection temporaire entrera en vigueur et contenant notamment les informations communiquées par les États membres de l'Union européenne concernant leurs capacités d'accueil. ". Aux termes de l'article L. 581-3 du même code : " L'étranger appartenant à un groupe spécifique de personnes visé par la décision du Conseil mentionnée à l'article L. 581-2 bénéficie de la protection temporaire à compter de la date mentionnée par cette décision. Il est mis en possession d'un document provisoire de séjour assorti, le cas échéant, d'une autorisation provisoire de travail. Ce document provisoire de séjour est renouvelé tant qu'il n'est pas mis fin à la protection temporaire. / Le bénéfice de la protection temporaire est accordé pour une période d'un an renouvelable dans la limite maximale de trois années. Il peut être mis fin à tout moment à cette protection par décision du Conseil. / Le document provisoire de séjour peut être refusé lorsque l'étranger est déjà autorisé à résider sous couvert d'un document de séjour au titre de la protection temporaire dans un autre État membre de l'Union européenne et qu'il ne peut prétendre au bénéfice des dispositions de l'article L. 581-6. ".
5. Aux termes de l'article 2 de la décision d'exécution (UE) 2022/382 du Conseil du 4 mars 2022 constatant l'existence d'un afflux massif de personnes déplacées en provenance d'Ukraine, au sens de l'article 5 de la directive 2011/55/CE, et ayant pour effet d'introduire une protection temporaire : " 1. La présente décision s'applique aux catégories suivantes de personnes déplacées d'Ukraine le 24 février 2022 ou après cette date, à la suite de l'invasion militaire par les forces armées russes qui a commencé à cette date : a) les ressortissants ukrainiens résidant en Ukraine avant le 24 février 2022 ; b) les apatrides, et les ressortissant de pays tiers autres que l'Ukraine, qui on bénéficié d'une protection internationales ou d'une protection nationale équivalente en Ukraine avant le 24 février 2022 () / 2. Les États membres appliquent la présente décision ou une protection adéquate en vertu de leur droit national à l'égard des apatrides, et des ressortissants de pays tiers autres que l'Ukraine, qui peuvent établir qu'ils étaient en séjour régulier en Ukraine avant le 24 février 2022 sur la base d'un titre de séjour permanent en cours de validité délivré conformément au droit ukrainien, et qui ne sont pas en mesure de rentrer dans leur pays ou leur région d'origine dans des conditions sûres et durables. 3. Conformément à l'article 7 de la directive 2001/55/CE, Les États membres peuvent également appliquer la présente décision à d'autres personnes, y compris aux apatrides et aux ressortissants de pays tiers autres que l'Ukraine, qui étaient en séjour régulier en Ukraine et qui ne sont pas en mesure de rentrer dans leur pays ou région d'origine dans des conditions sûres et durables. / () ".
6. Il résulte des dispositions précitées de la décision d'exécution (UE) 2022/382 du Conseil du 4 mars 2022 que les apatrides et les ressortissant de pays tiers autres que l'Ukraine, qui ont bénéficié d'une protection internationale ou d'une protection nationale équivalente en Ukraine avant le 24 février 2022, d'une part, et les apatrides et les ressortissants de pays tiers autres que l'Ukraine, qui peuvent établir qu'ils étaient en séjour régulier en Ukraine avant le 24 février 2022 sur la base d'un titre de séjour permanent en cours de validité délivré conformément au droit ukrainien, qui ne sont pas en mesure de rentrer dans leur pays ou leur région d'origine dans des conditions sûres et durables, d'autre part, constituent deux catégories distinctes de personnes pouvant prétendre au bénéfice de la protection temporaire. Par suite, en refusant à M. C le bénéfice de cette protection au motif que, s'il justifiait être titulaire d'un titre de séjour permanent en Ukraine, il n'établissait pas avoir été titulaire dans ce pays de la qualité de réfugié ou bénéficiaire de la protection subsidiaire, le préfet du Morbihan a commis une erreur de droit. Par suite, M. C est fondé à demander l'annulation de cette décision.
En ce qui concerne la légalité de la décision refusant à M. C l'admission exceptionnelle au séjour :
7. Aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "salarié", "travailleur temporaire" ou "vie privée et familiale", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / () ".
8. En premier lieu, l'arrêté attaqué énonce les circonstances de fait et les motifs de droit au regard desquels le préfet du Morbihan a décidé de refuser d'admettre le requérant au séjour sur le fondement des dispositions précitées de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il répond ainsi aux arguments présentés par M. C, dans sa demande du 15 novembre 2023, relatifs à son projet professionnel et à l'absence de membres de sa famille en RDC Par suite, le moyen tiré du caractère insuffisant de la motivation de la décision en litige doit être écarté.
9. En second lieu, M. C fait valoir, d'une part, qu'il a fui la RDC en 2008 après deux tentatives d'assassinat commises par une milice, qu'il n'a plus de famille dans son pays d'origine, qu'il a obtenu le statut de réfugié en Ukraine, puis l'obtention d'une carte de résident permanent dans ce pays qu'il a dû fuir en raison de l'invasion russe, d'autre part, qu'il est arrivé en France, dont il maîtrise la langue, le 2 mars 2022, qu'il y vit chez un ami proche et qu'il a fait des études en informatique en RDC et en Ukraine, où il exerçait la profession de développeur informatique en qualité de prestataire indépendant. Toutefois, si la détention par M. C d'un titre de séjour permanent ukrainien n'était pas contestée à la date de l'arrêté attaqué, certains des faits invoqués dont ceux relatifs à l'absence de famille en RDC et aux parcours et profil professionnels du requérant, ne sont pas établis. Par ailleurs, alors qu'il ne produit aucun élément probant justifiant des circonstances de son départ de RDC, M. C ne démontre pas avoir cherché, depuis son arrivée en France, à faire confirmer sa qualité de réfugié par les services de l'ambassade d'Ukraine en France. Or, depuis l'arrêté attaqué, ni la représentation du Haut-commissariat des Nations-Unies pour les réfugiés en Ukraine, ni les autorités ukrainiennes contactées par le service de sécurité intérieure de l'ambassade de France en Ukraine n'ont confirmé son statut de réfugié dans ce pays. Par suite, le préfet du Morbihan a pu, sans commettre d'erreur manifeste d'appréciation, ni méconnaître l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, estimer que la situation de M. C ne caractérisait pas l'existence de motifs exceptionnels ou humanitaires au sens des dispositions de cet article et rejeter pour ce motif sa demande d'admission exceptionnelle au séjour.
En ce qui concerne la légalité des autres décisions comprises dans l'arrêté attaqué :
10. Le présent jugement annulant la décision par laquelle le préfet du Morbihan a rejeté la demande de protection temporaire présentée par M. C et impliquant, en raison du motif de cette annulation, qu'il soit procédé au réexamen de cette demande, il y a lieu d'annuler également, par voie de conséquence, la décision portant obligation de quitter le territoire, la décision fixant le pays de renvoi et les décisions prises en application des articles L. 721-7 et L. 721-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
11. L'annulation de la décision par laquelle le préfet du Morbihan a rejeté la demande de protection temporaire présentée par M. C implique, en raison de la nature de l'erreur de droit commise, que l'autorité administrative procède au réexamen de cette demande. Par suite, il y a lieu d'enjoindre au préfet du Morbihan de procéder à ce réexamen dans un délai de trois mois. Il n'y a toutefois pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais de l'instance :
12. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Bâton, avocat de M. C, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Bâton de la somme de 1 000 euros sur le fondement des dispositions des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté attaqué du 17 janvier 2024 est annulé en tant qu'il refuse d'admettre M. C au bénéfice de la protection temporaire, qu'il l'oblige à quitter le territoire français, qu'il fixe le pays de renvoi et qu'il lui enjoint de remettre son passeport et de se présenter une fois par semaine à la brigade de gendarmerie de E.
Article 2 : Il est enjoint au préfet du Morbihan de procéder au réexamen de la demande de protection temporaire de M. C dans un délai de trois mois.
Article 3 : L'État versera à Me Bâton la somme de 1 000 euros au titre des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve que Me Bâton renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de M. C est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B C, au préfet du Morbihan et à Me Bâton.
Délibéré après l'audience du 26 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Jouno, président,
M. Albouy, premier conseiller,
M. Ambert, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 juillet 2024.
Le rapporteur,
signé
E. AlbouyLe président,
signé
T. Jouno
La greffière,
signé
S. Guillou
La République mande et ordonne au préfet du Morbihan en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026