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AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2401270

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2401270

vendredi 8 mars 2024

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2401270
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantSELARL AVOCATLANTIC

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 7 mars 2024, M. A B, représenté par la Selarl AVOCATLANTIC, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision référencée 1F du 26 février 2024, par laquelle le préfet du Morbihan a suspendu son permis de conduire pour une durée de sept mois et quinze jours ;

2°) d'enjoindre au préfet du Morbihan de lui restituer son permis de conduire, sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification du jugement ;

3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2.000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- sur l'urgence : le permis de conduire est indispensable à l'exercice de son métier de maçon et chef d'entreprise sous peine de mettre en péril sa société ; il doit se déplacer dans les départements du Morbihan et de la Loire-Atlantique pour suivre ses chantiers ; il doit faire face à des charges financières incompressibles ; il a sollicité l'analyse du second échantillon de sang prélevé.

- sur le doute sérieux :

* l'arrêté est entaché d'un vice d'incompétence ;

* il n'a pas été précédé d'une procédure contradictoire ;

* les faits qui servent de fondement à la décision sont erronés ;

* il n'a pas commis l'infraction reprochée.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête au fond n° 2401633, enregistrée le 6 mars 2024.

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Le Roux, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation (), le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision () lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.

2. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. Dans un litige relatif à la perte de validité d'un permis de conduire, le juge doit se livrer à une appréciation globale de la condition d'urgence et rechercher notamment si la décision dont la suspension est demandée répond, eu égard à la gravité et au caractère répété des infractions au code de la route commises par l'intéressé sur une période de temps donnée, à des exigences de protection et de sécurité routière.

3. Pour soutenir qu'il y a urgence à prononcer la suspension de l'exécution de la décision en litige, M. B fait valoir que sa profession de maçon et de chef d'entreprise, ce qui le conduit à se déplacer sur ses chantiers situées dans les départements du Morbihan et de la Loire-Atlantique, nécessite, sous peine de mettre en péril sa société, de disposer d'un permis de conduire. Toutefois, outre qu'il ne démontre pas l'impossibilité d'envisager, temporairement, de se faire véhiculer par un tiers, il ressort de l'avis de rétention de son permis de conduire qu'il produit que la décision litigieuse fait suite à une infraction au code de la route commise par le requérant, caractérisée par une conduite sous l'empire d'un état alcoolique, M. B ayant présenté un taux de 1,44 g/l de sang, soit un taux 2,88 fois supérieur à la limite légale fixée à 0,5 g/l de sang. Dès lors, la condition d'urgence telle qu'entendue par les dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, ne peut, compte tenu notamment du caractère conservatoire de la décision attaquée, des conséquences que la loi attache à la commission de l'infraction en cause et des exigences de la sécurité routière auxquelles le comportement de M. B est susceptible de porter gravement atteinte, être regardée comme satisfaite.

4. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de rejeter la requête de M. B, en toutes ses conclusions, selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Copie pour information au préfet du Morbihan.

Fait à Rennes, le 8 mars 2024.

Le juge des référés,

signé

P. Le Roux

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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