jeudi 11 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2401361 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SOCIETE D'AVOCATS LE ROY GOURVENNEC PRIEUR |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 12 mars et le 3 avril 2024, M. A C, représenté par Me Le Cornec, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de l'arrêté du 14 septembre 2023 par lequel la maire de la commune de Treffiagat-Léchiagat l'a mis en demeure, sur le fondement de l'article L. 481-1 du code de l'urbanisme, de démolir un mur de clôture avant le 15 mars 2024 sous astreinte de 20 euros par jour de retard ;
2°) de mettre à la charge à titre principal de l'État, à titre subsidiaire de la commune de Treffiagat-Léchiagat le versement de la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les arrêtés interruptifs de travaux pris en application de l'article L. 480-2 du code de l'urbanisme sont pris au nom de l'État ;
- la condition tenant à l'urgence est satisfaite : une astreinte journalière de 20 euros court à compter du 15 mars 2024 et va obérer sa situation financière sans compter le coût du mur qui a été édifié ; aucun intérêt public ne s'oppose à la suspension de la décision contestée ;
- sur le doute sérieux quant à la légalité de la décision litigieuse :
- il n'est pas justifié que le procès-verbal d'infraction ait été régulier : il n'est pas établi que l'adjoint au maire qui l'a signé a été régulièrement élu ; ce procès-verbal a été signé par la maire de la commune, qui n'était pas présente lors de la constatation des faits, de telle sorte qu'elle a commis un faux en écriture publique passible de poursuites pénales ;
- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors qu'une régularisation est possible en vertu d'un titre d'occupation du domaine public ;
- elle est entachée d'une erreur de droit et de fait dès lors que le muret n'est pas édifié sur le domaine public communal : la commune n'apporte pas la preuve de la propriété de la rue Edgar Le Coz, cette rue n'est pas classée dans la catégorie des voies communales et un tel classement ne constitue pas en tout état de cause un titre de propriété, les arrêtés individuels d'alignement ne sont jamais attributifs de propriété et il n'existe pas de plan général d'alignement sur la commune, il s'est tenu aux limites qui lui ont été assignées par la mairie.
Par un mémoire enregistré le 25 mars 2024, le préfet du Finistère conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que l'arrêté litigieux du 14 septembre 2023 pris sur le fondement de l'article L. 481-1 du code de l'urbanisme n'a pas été édicté par le maire de la commune de Treffiagat-Léchiagat agissant en qualité d'autorité de l'État mais a été pris au nom de la commune.
Par un mémoire enregistré le 27 mars 2024, la commune de Treffiagat-Léchiagat, représentée par la Selarl Le Roy, Gourvennec, Prieur, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mis à la charge de M. C le versement de la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la condition tenant à l'urgence n'est pas satisfaite : l'exécution de la mesure de démolition n'affecte pas gravement la situation de M. C et il existe un intérêt public à la démolition du mur de clôture qui se situe sur le domaine public routier, gênant de manière grave la circulation des piétons contraints d'emprunter la partie de la voie destinée aux véhicules ;
- sur le doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté litigieux :
- la juridiction administrative est incompétente pour connaître du moyen tiré de la nullité du procès-verbal du 2 mars 2023 et, subsidiairement, ce moyen n'est pas fondé : l'élection de M. B en sa qualité d'officier de police judiciaire a été régulière, la signature de la maire n'étant pas nécessaire, la circonstance qu'elle n'aurait pas dû signer ce procès-verbal n'étant pas présente est inopérante, la signature de la maire sur ce procès-verbal ne constitue pas un faux en écriture publique et les conclusions du requérant sur ce point sont irrecevables en ce qu'elles excèdent manifestement le cadre de l'excès de pouvoir ;
- aucune régularisation du mur de clôture n'est possible : une construction ayant une emprise définitive sur une voie communale faisant partie du domaine public ne peut faire l'objet de la procédure d'autorisation d'occupation temporaire du domaine public ; la gestion du domaine public est laissée à la liberté de la collectivité propriétaire et il revient à cette dernière de protéger son domaine public de toute atteinte ;
- le mur de la propriété du requérant est implanté sur le domaine public : la rue Edgar Le Coz appartient au domaine public communal dès lors qu'elle est affectée à la circulation des véhicules, qu'elle est classée parmi les voies communales, qu'un arrêté portant alignement de voirie du 1er juillet 2014 délimite la parcelle appartenant à M. C par rapport à la voie ; le mur, qui devrait se situer dans le prolongement du bâtiment implanté sur la parcelle voisine dépasse l'angle de ce bâtiment.
Vu :
- la requête au fond n° 2306068 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la propriété des personnes publiques ;
- le code de la voirie routière ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Plumerault, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 3 avril 2024 :
- le rapport de Mme Plumerault,
- les observations de Me Le Cornec, représentant M. C, qui reprend les mêmes termes que les écritures qu'il développe, insiste sur le fait que des personnes de la mairie se sont déplacées spontanément pour marquer la limite à ne pas dépasser, limite respectée par le requérant pour édifier son mur, souligne qu'il existe une présomption d'urgence dès lors que la décision implique nécessairement la démolition du mur et qu'elle met à la charge de M. C une astreinte journalière, souligne qu'il n'est pas établi que le mur édifié par le requérant empièterait sur le domaine public communal dès lors que la condition tenant à la propriété publique n'est en l'espèce pas remplie en l'absence de plan d'alignement et alors que le cadastre n'a aucune valeur, soutient que la venue sur les lieux de l'adjoint au maire pour matérialiser les limites de l'emprise du mur à édifier constituait une promesse de l'administration de ne pas agir si le requérant s'en tenait à ces limites, ce qu'il a fait ;
- les observations de Me Riou, représentant la commune de Treffiagat-Léchiagat, qui reprend les mêmes termes que les écritures qu'elle développe, fait valoir que l'adjoint au maire s'est déplacé sur les lieux à la demande de M. C qui souhaitait acquérir une portion de la voie, souligne qu'il existe un faisceau d'indices suffisant pour considérer que cette voie, ouverte à la circulation publique, appartient au domaine public communal et expose que le requérant ne justifie pas être propriétaire de la portion de cette voie sur laquelle son mur empiète.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. C est propriétaire d'une parcelle cadastrée section AA n° 156 située le long de la rue Edgard le Coz à Treffiagat-Léchiagat. Il a déposé, le 17 février 2021, une déclaration préalable pour l'édification d'un mur de clôture en parpaings enduits d'une hauteur de 0,60 m sur voie et la pose d'un portail. Par arrêté du 5 mars 2021, la maire de la commune de Treffiagat-Léchiagat ne s'est pas opposée à cette déclaration préalable. Estimant que les travaux réalisés n'étaient pas conformes à la décision de non-opposition et que le mur empiétait sur le domaine public communal, la maire a, par arrêté du 14 septembre 2023 pris au nom de la commune sur le fondement de l'article L. 481-1 du code de l'urbanisme, mis en demeure M. C de démolir son mur de clôture présent sur la voie communale avant le 15 mars 2024, sous astreinte de 20 euros par jour de retard. M. C demande la suspension de l'exécution de cet arrêté.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
3. En l'état de l'instruction, aucun des moyens invoqués et analysés ci-dessus n'est propre à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée, dès lors en particulier qu'il est établi par les pièces du dossier que le mur de clôture édifié par M. C empiète sur le domaine public communal. Par suite, les conclusions à fin de suspension de la requête ne peuvent, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition d'urgence, qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
4. En vertu des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le tribunal ne peut pas faire bénéficier la partie tenue aux dépens ou la partie perdante du paiement par l'autre partie des frais qu'elle a exposés à l'occasion du litige soumis au juge. Les conclusions présentées à ce titre par M. C doivent, dès lors, être rejetées.
5. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. C une somme de 1 500 euros à verser à la commune de Treffiagat-Léchiagat au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : M. C versera à la commune de Treffiagat-Léchiagat la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A C, à la commune de Treffiagat-Léchiagat et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée, pour information, au préfet du Finistère.
Fait à Rennes, le 11 avril 2024.
Le juge des référés,
signé
F. Plumerault La greffière d'audience,
signé
J. Jubault
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026