mardi 2 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2401414 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | BEGUIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 14 mars 2024, M. B A B, représenté par la Selarl Béguin Emmanuelle, demande au juge des référés :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'enjoindre au préfet d'Ille-et-Vilaine, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, de lui délivrer le titre de voyage qu'il sollicite, dans un délai de quarante-huit heures à compter de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, à titre subsidiaire d'instruire sa demande de renouvellement de titre de voyage dans les mêmes conditions de temps et d'astreinte ;
3°) de mettre à la charge de l'État le versement de la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la mesure sollicitée revêt un caractère d'urgence et d'utilité : son titre de voyage a expiré le 16 mars 2022 et il a effectué sa demande de renouvellement depuis plus de deux ans ; l'absence de délivrance d'un titre de voyage le prive de sa liberté d'aller et venir ainsi que de son droit au maintien de ses liens familiaux, dès lors qu'il ne peut pas aller voir les membres de sa famille se trouvant en Egypte ; alors qu'il a été informé, par notification sur son compte ANEF du 6 avril 2023 de l'acceptation de sa demande et de la fabrication de son titre de voyage, aucune nouvelle de son titre de voyage ne lui a été transmise,
- la mesure sollicitée ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative, alors que l'autorité préfectorale ne peut refuser la délivrance d'un titre de voyage pour réfugié sur le fondement de l'article L. 561-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que pour des raisons impérieuses de sécurité nationale ou d'ordre public, ce qui n'est pas le cas en l'espèce.
Par un mémoire, enregistré le 22 mars 2024, le préfet d'Ille-et-Vilaine conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que M. A B est connu des fichiers étrangers et de l'application AGDREF comme étant domicilié en Indre-et-Loire et son dossier est géré par la préfecture de ce département et qu'il lui appartient d'effectuer son changement d'adresse s'il justifie désormais résider dans le département d'Ille-et Vilaine.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Plumerault, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, ressortissant soudanais né le 20 février 1985 s'est vu reconnaître le statut de réfugié le 29 juin 2016 par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et est titulaire d'une carte de résident valable jusqu'au 28 juin 2026. Il s'est également vu délivrer, le 17 mars 2017, un titre de voyage valable jusqu'au 16 mars 2022, dont il a sollicité le renouvellement. N'ayant eu aucune réponse quant à l'instruction de sa demande, il saisit le juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, afin qu'il soit enjoint au préfet d'Ille-et-Vilaine de lui délivrer le titre de voyage sollicité ou à défaut d'instruire sa demande de renouvellement.
Sur l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes du premier alinéa de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président ".
3. M. A B justifiant avoir déposé le 14 mars 2024 une demande d'aide juridictionnelle, il y a lieu, par suite, de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
4. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".
5. En vertu de l'article R. 312-1 du même code, lorsqu'il n'en est pas disposé autrement, le tribunal administratif territorialement compétent est celui dans le ressort duquel a légalement son siège l'autorité qui, soit en vertu de son pouvoir propre, soit par délégation, a pris la décision attaquée. En vertu de l'article R. 312-8 du même code, les litiges relatifs aux décisions individuelles prises à l'encontre de personnes par les autorités administratives dans l'exercice de leurs pouvoirs de police relèvent de la compétence du tribunal administratif du lieu de résidence des personnes faisant l'objet des décisions attaquées à la date desdites décisions. Selon l'article R. 221-3 du même code, le département de l'Indre-et-Loire relève du ressort de compétence territoriale du tribunal administratif d'Orléans. Enfin, en vertu de l'article R. 522-8-1 dudit code : " Par dérogation aux dispositions du titre V du livre III du présent code, le juge des référés qui entend décliner la compétence de la juridiction rejette les conclusions dont il est saisi par voie d'ordonnance ".
6. Il résulte de l'instruction que M. A B réside à Chinon et que sa demande de renouvellement de titre de voyage a été instruite par les services de la préfecture d'Indre-et-Loire. Sa demande, dès lors qu'il ne justifie ni même n'allègue avoir déménagé en Ille-et-Vilaine, ne relève donc pas de la compétence territoriale du tribunal administratif de Rennes mais de celui d'Orléans. Par suite, la requête de M. A B doit être rejetée comme étant portée devant un tribunal territorialement incompétent, en application des dispositions précitées de l'article R. 522-8-1 du code de justice administrative.
Sur les frais liés au litige :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'État, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par M. A B au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1 : M. A B est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera transmise, pour information, au préfet d'Ille-et-Vilaine.
Fait à Rennes, le 2 avril 2024.
Le juge des référés,
signé
F. Plumerault
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026