Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2401606
jeudi 1 octobre 2026
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2401606 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 19 mars 2024, M. C... et Mme B... A... demandent au tribunal de prononcer la décharge de la cotisation de taxe d’habitation à laquelle ils ont été assujettis au titre de l’année 2022 dans les rôles de la commune de Saint-Pol-de-Léon (Finistère), ou à défaut la décharge de la cotisation de contribution foncière des entreprises au titre de cette même année.
Ils soutiennent que :
- ils doivent être exonérés de taxe d’habitation en application de l’article 1407 du code général des impôts dès lors que les logements litigieux font l’objet d’une location meublée professionnelle de court séjour toute l’année et qu’ils ne jouissent jamais de leur bien, qui est situé à quatre mètres de leur habitation principale ;
- s’ils gèrent les locations directement pour des raisons économiques, la gestion par mandat confiée à une agence de location n’exclut pas l’occupation par le propriétaire d’un logement meublé contrairement à ce que soutient l’administration ;
- leur logement est déclaré auprès du site internet « DéclaLoc », de l’office de tourisme, et bénéficie du label « CléVacances » ; il est mis en location toute l’année ;
- ils sont à jour de leurs cotisations au titre de la contribution foncière des entreprises et de la taxe de séjour ;
- il existe une hétérogénéité dans les pratiques de l’administration fiscale selon les départements et entre les contribuables ;
- leur logement ne saurait être assujetti à la fois à la « taxe des entreprises » et à la taxe d’habitation en sorte qu’il y a lieu qu’ils soient « exonérés » de l’une ou l’autre de ces taxes.
Par un mémoire en défense, enregistré le 26 juillet 2024, le directeur régional des finances publiques de Bretagne et du département d’Ille-et-Vilaine, conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de M. Le Bonniec ;
- et les conclusions de Mme Doisneau-Herry, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l’article 1407 du code général des impôts, dans sa rédaction alors applicable : « I. – La taxe d'habitation est due :1° Pour tous les locaux meublés affectés à l'habitation ; (…) II. – Ne sont pas imposables à la taxe : 1° Les locaux passibles de la cotisation foncière des entreprises lorsqu'ils ne font pas partie de l'habitation personnelle des contribuables ; (…) ». Aux termes de son article 1408, dans sa rédaction alors applicable : « I. – La taxe est établie au nom des personnes qui ont, à quelque titre que ce soit, la disposition ou la jouissance des locaux imposables. (…) ». Aux termes de l’article 1415 du même code, dans sa rédaction alors applicable : « La taxe foncière sur les propriétés bâties, la taxe foncière sur les propriétés non bâties et la taxe d'habitation sont établies pour l'année entière d'après les faits existants au 1er janvier de l'année de l'imposition. ». Il résulte de ces dispositions qu’est en principe redevable de la taxe d’habitation le locataire d’un local imposable au 1er janvier de l’année d’imposition. Toutefois, par dérogation à ce principe, lorsqu’un logement meublé fait l’objet de locations saisonnières ou de courte durée, le propriétaire du bien est redevable de la taxe d’habitation dès lors qu’au 1er janvier de l’année de l’imposition, il peut être regardé comme entendant en conserver la disposition ou la jouissance une partie de l’année.
2. Sous réserve des cas où la loi attribue la charge de la preuve au contribuable, il appartient au juge de l’impôt, au vu de l’instruction et compte tenu, le cas échéant, de l’abstention d’une des parties à produire les éléments qu’elle est seule en mesure d’apporter et qui ne sauraient être réclamés qu’à elle-même, d’apprécier si la situation du contribuable entre dans le champ de l’assujettissement à l’impôt ou, le cas échéant, s’il remplit les conditions légales d’une exonération.
3. Il résulte de l’instruction que M. et Mme A... sont propriétaires d’un logement en proximité immédiate de leur habitation principale, situé à Saint-Pol-de-Léon, qu’ils proposent meublé à la location de courte durée. S’ils se sont engagés contractuellement, au demeurant en 2023, à respecter les exigences de l’organisme « CléVacances », ils gèrent leur activité de location directement, sans donner mandat à quiconque. Il est ainsi loisible à M. et Mme A... d’accepter ou de refuser les demandes de location en sorte qu’ils sont maîtres de leur planning de location et ne peuvent qu’être regardés au 1er janvier 2022, comme ayant entendu s’en réserver la disposition ou la jouissance une partie de l’année. Par ailleurs, la circonstance que M. et Mme A... se soient acquittés de la cotisation foncière des entreprises est sans incidence sur le bien‑fondé de la cotisation d’impôt en litige. Enfin, si les requérants soutiennent qu’ils ne peuvent pas être soumis à la fois à la « taxe des entreprises » et à la taxe d’habitation, leur moyen n’est pas assorti des précisions nécessaires pour en apprécier la portée. Ainsi, c’est à bon droit que l’administration a mis à la charge de M. et Mme A... une cotisation de taxe d’habitation sur les résidences secondaires et autres locaux meublés non affectés à l’habitation principale à raison du logement en cause au titre de l’année 2022.
4. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. et Mme A... doit être rejetée dans toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme A... est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C... et Mme B... A..., et à la directrice régionale des finances publiques de Bretagne et du département d’Ille-et-Vilaine.
Délibéré après l’audience du 17 septembre 2026, à laquelle siégeaient :
M. Jouno, président,
M. Albouy, premier conseiller,
M. Le Bonniec, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er octobre 2026.
Le rapporteur,
signé
J. Le Bonniec
Le président,
signé
T. Jouno
La greffière,
signé
S. Guillou
La République mande et ordonne au ministre de l’action et des comptes publics en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Par une requête, enregistrée le 19 mars 2024, M. C... et Mme B... A... demandent au tribunal de prononcer la décharge de la cotisation de taxe d’habitation à laquelle ils ont été assujettis au titre de l’année 2022 dans les rôles de la commune de Saint-Pol-de-Léon (Finistère), ou à défaut la décharge de la cotisation de contribution foncière des entreprises au titre de cette même année.
Ils soutiennent que :
- ils doivent être exonérés de taxe d’habitation en application de l’article 1407 du code général des impôts dès lors que les logements litigieux font l’objet d’une location meublée professionnelle de court séjour toute l’année et qu’ils ne jouissent jamais de leur bien, qui est situé à quatre mètres de leur habitation principale ;
- s’ils gèrent les locations directement pour des raisons économiques, la gestion par mandat confiée à une agence de location n’exclut pas l’occupation par le propriétaire d’un logement meublé contrairement à ce que soutient l’administration ;
- leur logement est déclaré auprès du site internet « DéclaLoc », de l’office de tourisme, et bénéficie du label « CléVacances » ; il est mis en location toute l’année ;
- ils sont à jour de leurs cotisations au titre de la contribution foncière des entreprises et de la taxe de séjour ;
- il existe une hétérogénéité dans les pratiques de l’administration fiscale selon les départements et entre les contribuables ;
- leur logement ne saurait être assujetti à la fois à la « taxe des entreprises » et à la taxe d’habitation en sorte qu’il y a lieu qu’ils soient « exonérés » de l’une ou l’autre de ces taxes.
Par un mémoire en défense, enregistré le 26 juillet 2024, le directeur régional des finances publiques de Bretagne et du département d’Ille-et-Vilaine, conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de M. Le Bonniec ;
- et les conclusions de Mme Doisneau-Herry, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l’article 1407 du code général des impôts, dans sa rédaction alors applicable : « I. – La taxe d'habitation est due :1° Pour tous les locaux meublés affectés à l'habitation ; (…) II. – Ne sont pas imposables à la taxe : 1° Les locaux passibles de la cotisation foncière des entreprises lorsqu'ils ne font pas partie de l'habitation personnelle des contribuables ; (…) ». Aux termes de son article 1408, dans sa rédaction alors applicable : « I. – La taxe est établie au nom des personnes qui ont, à quelque titre que ce soit, la disposition ou la jouissance des locaux imposables. (…) ». Aux termes de l’article 1415 du même code, dans sa rédaction alors applicable : « La taxe foncière sur les propriétés bâties, la taxe foncière sur les propriétés non bâties et la taxe d'habitation sont établies pour l'année entière d'après les faits existants au 1er janvier de l'année de l'imposition. ». Il résulte de ces dispositions qu’est en principe redevable de la taxe d’habitation le locataire d’un local imposable au 1er janvier de l’année d’imposition. Toutefois, par dérogation à ce principe, lorsqu’un logement meublé fait l’objet de locations saisonnières ou de courte durée, le propriétaire du bien est redevable de la taxe d’habitation dès lors qu’au 1er janvier de l’année de l’imposition, il peut être regardé comme entendant en conserver la disposition ou la jouissance une partie de l’année.
2. Sous réserve des cas où la loi attribue la charge de la preuve au contribuable, il appartient au juge de l’impôt, au vu de l’instruction et compte tenu, le cas échéant, de l’abstention d’une des parties à produire les éléments qu’elle est seule en mesure d’apporter et qui ne sauraient être réclamés qu’à elle-même, d’apprécier si la situation du contribuable entre dans le champ de l’assujettissement à l’impôt ou, le cas échéant, s’il remplit les conditions légales d’une exonération.
3. Il résulte de l’instruction que M. et Mme A... sont propriétaires d’un logement en proximité immédiate de leur habitation principale, situé à Saint-Pol-de-Léon, qu’ils proposent meublé à la location de courte durée. S’ils se sont engagés contractuellement, au demeurant en 2023, à respecter les exigences de l’organisme « CléVacances », ils gèrent leur activité de location directement, sans donner mandat à quiconque. Il est ainsi loisible à M. et Mme A... d’accepter ou de refuser les demandes de location en sorte qu’ils sont maîtres de leur planning de location et ne peuvent qu’être regardés au 1er janvier 2022, comme ayant entendu s’en réserver la disposition ou la jouissance une partie de l’année. Par ailleurs, la circonstance que M. et Mme A... se soient acquittés de la cotisation foncière des entreprises est sans incidence sur le bien‑fondé de la cotisation d’impôt en litige. Enfin, si les requérants soutiennent qu’ils ne peuvent pas être soumis à la fois à la « taxe des entreprises » et à la taxe d’habitation, leur moyen n’est pas assorti des précisions nécessaires pour en apprécier la portée. Ainsi, c’est à bon droit que l’administration a mis à la charge de M. et Mme A... une cotisation de taxe d’habitation sur les résidences secondaires et autres locaux meublés non affectés à l’habitation principale à raison du logement en cause au titre de l’année 2022.
4. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. et Mme A... doit être rejetée dans toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme A... est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C... et Mme B... A..., et à la directrice régionale des finances publiques de Bretagne et du département d’Ille-et-Vilaine.
Délibéré après l’audience du 17 septembre 2026, à laquelle siégeaient :
M. Jouno, président,
M. Albouy, premier conseiller,
M. Le Bonniec, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er octobre 2026.
Le rapporteur,
signé
J. Le Bonniec
Le président,
signé
T. Jouno
La greffière,
signé
S. Guillou
La République mande et ordonne au ministre de l’action et des comptes publics en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
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