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AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2401877

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2401877

vendredi 20 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2401877
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère Chambre

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Rennes a rejeté la requête de M. B, ressortissant géorgien, contestant l'arrêté préfectoral du 30 novembre 2023 refusant son titre de séjour pour raisons de santé et l'obligeant à quitter le territoire. La juridiction a estimé que la décision de refus était suffisamment motivée et que le préfet ne s'était pas estimé lié par l'avis du collège de médecins de l'OFII. Elle a jugé que la décision ne méconnaissait ni l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ni l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme, ni l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant, et n'était pas entachée d'erreur manifeste d'appréciation. Par conséquent, l'obligation de quitter le territoire et la fixation du pays de renvoi, légales par voie de conséquence, ont également été validées.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 3 avril 2024, M. D B, représenté par Me Le Verger, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 30 novembre 2023 par lequel le préfet d'Ille-et-Vilaine a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office ;

2°) d'enjoindre au préfet d'Ille-et-Vilaine de lui délivrer dans le délai de quinze jours à compter de la notification du jugement sous astreinte de 50 euros par jour de retard un titre de séjour mention " vie privée et familiale " ou à titre subsidiaire de délivrer une autorisation provisoire de séjour et de réexaminer sa situation dans les mêmes conditions de délais et d'astreinte ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991, à verser à son conseil sous réserve qu'il renonce à percevoir la part contributive de l'Etat.

Il soutient que :

S'agissant du refus de titre de séjour :

- il est insuffisamment motivé et est entaché d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation ;

- il est entaché d'un vice de procédure faute de production de l'avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration ;

- le préfet s'est estimé lié par l'avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration ;

- il méconnait l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- il méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant et est entaché d'erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences sur sa situation personnelle ;

S'agissant de l'obligation de quitter le territoire français :

- elle est entachée d'insuffisance de motivation et d'un défaut d'examen réel et sérieux;

- elle est entachée d'un vice de procédure ;

- elle est illégale en conséquence de l'illégalité du refus de titre de séjour ;

- elle méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant et est entaché d'erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences sur sa situation personnelle ;

S'agissant de la décision fixant le pays de renvoi :

- elle est illégale en conséquence de l'illégalité du refus de titre et de l'obligation de quitter le territoire français.

Par un mémoire en défense, enregistré le 16 mai 2024, le préfet d'Ille-et-Vilaine conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Par un mémoire, enregistré le 14 juin 2024, l'Office français de l'immigration et de l'intégration a présenté des observations.

M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 22 février 2024.

Par un courrier du 31 mai 2024, M. B a accepté la levée du secret médical.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R. 313-22, R. 313-23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de Mme Villebesseix.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, de nationalité géorgienne, est entré en France le 16 septembre 2018. Il a été débouté de l'asile définitivement par une décision du 21 février 2019. Par un arrêté du 27 octobre 2021, le préfet d'Ille-et-Vilaine a refusé de lui délivrer un titre de séjour pour raison de santé, l'a obligé à quitter le territoire français et il a été assigné à résidence par un arrêté du 5 janvier 2022. Ces décisions ont été confirmées par un jugement du tribunal administratif de Rennes le 29 avril 2022. Le 17 mai 2023, M. B a déposé une demande de titre de séjour sur le fondement de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 30 novembre 2023, le préfet d'Ille-et-Vilaine a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne le refus de titre de séjour :

2. En premier lieu, le préfet d'Ille-et-Vilaine vise les textes dont il a fait application et fait état des considérations de fait qui fondent sa décision de refus de titre de séjour. Il décrit de manière circonstanciée la situation administrative du requérant et les principaux éléments de sa situation personnelle et notamment familiale. La circonstance qu'il n'indique pas que M. B a bénéficié d'un titre de séjour d'avril à octobre 2020 est sans incidence dès lors que cela ne lui donnait pas droit automatiquement à la délivrance d'un nouveau titre de séjour par la suite et que le préfet qui devait prendre en compte l'état de santé du requérant en 2024 aurait pris la même décision. Par ailleurs, il apparait qu'il a tenu compte de sa durée de présence qu'il mentionne et pris en compte sa situation personnelle sur le territoire national. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté. Par ailleurs, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet, qui n'avait pas à mentionner tous les éléments de la vie privée et familiale de l'intéressé n'aurait pas procédé à un examen réel et sérieux de sa situation.

3. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 425-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Pour l'application de l'article L. 425-9, le préfet délivre la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. / L'avis est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu, d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin de l'office et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé. () ". L'article 6 de l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R. 313-22, R. 313-23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile précise que : " Au vu du rapport médical mentionné à l'article 3, un collège de médecins désigné pour chaque dossier dans les conditions prévues à l'article 5 émet un avis, conformément au modèle figurant à l'annexe C du présent arrêté, précisant : a) si l'état de santé de l'étranger nécessite ou non une prise en charge médicale ; b) si le défaut de cette prise en charge peut ou non entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur son état de santé ; c) si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont le ressortissant étranger est originaire, il pourrait ou non y bénéficier effectivement d'un traitement approprié ; d) la durée prévisible du traitement. Dans le cas où le ressortissant étranger pourrait bénéficier effectivement d'un traitement approprié, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, le collège indique, au vu des éléments du dossier du demandeur, si l'état de santé de ce dernier lui permet de voyager sans risque vers ce pays. Cet avis mentionne les éléments de procédure. () L'avis émis à l'issue de la délibération est signé par chacun des trois médecins membres du collège ".

4. Le préfet a produit en défense l'avis du collège de médecins daté du 19 septembre 2023 dont les mentions font foi jusqu'à preuve du contraire et dont il n'apparaît pas qu'il serait irrégulier. Par suite, le moyen tiré du vice de procédure doit être écarté.

5. En troisième lieu, en l'espèce, il ressort des termes de l'arrêté que le préfet d'Ille-et-Vilaine a refusé de délivrer un titre de séjour à M. B sur le fondement de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile " au vu des éléments soumis par l'intéressé aux services préfectoraux et de l'avis du collège de médecins de l'OFII ". Ainsi, il a personnellement considéré que si l'état de santé du requérant nécessitait une prise en charge dont le défaut pourrait entrainer des conséquences d'une exceptionnelle gravité, eu égard à l'offre de soin dans son pays d'origine, l'intéressé pourrait bénéficier effectivement d'un traitement approprié et voyager sans risque. Dans ces conditions, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet se serait estimé lié par l'avis du collège de médecins. Par suite, le moyen doit être écarté.

6. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. / La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. Sous réserve de l'accord de l'étranger et dans le respect des règles de déontologie médicale, les médecins de l'office peuvent demander aux professionnels de santé qui en disposent les informations médicales nécessaires à l'accomplissement de cette mission. Les médecins de l'office accomplissent cette mission dans le respect des orientations générales fixées par le ministre chargé de la santé. /Si le collège de médecins estime dans son avis que les conditions précitées sont réunies, l'autorité administrative ne peut refuser la délivrance du titre de séjour que par une décision spécialement motivée. () ".

7. La partie qui justifie d'un avis du collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration qui lui est favorable doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, il pourrait ou non y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si l'état de santé d'un étranger justifie la délivrance d'un titre de séjour dans les conditions ci-dessus rappelées, se détermine au vu de ces échanges contradictoires.

8. Pour contester l'avis du collège de médecins, M. B, qui a subi une transplantation hépatique le 30 novembre 2018 se prévaut de certificats médicaux rédigés par des praticiens hospitaliers français dont celui du docteur C qui atteste que " la pathologie hépatique de M. B n'est pas prise en charge dans son pays d'origine et tout manquement aux soins qui lui sont indispensables pourrait avoir pour lui des conséquences d'une extrême gravité " ainsi que d'ordonnances. Il produit par ailleurs, une lettre de réponse du ministère des personnes déplacées des territoires occupés, du travail, de la santé et des affaires sociales de Géorgie datée de décembre 2021 indiquant que ses médicaments ne sont pas enregistrés sur le marché pharmaceutique géorgien ainsi que des attestations de pharmacies géorgiennes indiquant que ses traitements ne sont pas disponibles dans ce pays. Toutefois, l'Office français de l'immigration et de l'intégration a versé au dossier des fiches MEDCOI indiquant que le requérant pourrait bénéficier en Géorgie d'un suivi médicale correspondant à sa pathologie et que l'Advagraf (tacrolimus), le Cellcept (mycophénolate nofetil) et le Kardegic (acide acetyl salicylique) sont disponibles à la pharmacie Aversi à Tbilisi. Il apparaît également que si l'Antécavir n'est pas disponible en Géorgie, le ténofovir, dont il n'est pas contesté qu'il s'agit d'un médicament antiviral de même classe thérapeutique pouvant être substitué à l'Antécavir, est accessible en Géorgie. Dans ces conditions, il n'est pas établi que M. B ne pourrait pas bénéficier d'un traitement approprié dans son pays d'origine. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit donc être écarté.

9. En cinquième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Pour l'application de ces stipulations, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.

10. En l'espèce, M. B est entré sur le territoire français en 2018, accompagné de son épouse et de deux de ses filles. Il se prévaut de la scolarisation de ces dernières pour la plus jeune depuis la petite section jusqu'au CM2 et fait valoir que sa cadette est désormais titulaire d'un titre de séjour en qualité d'étudiante. Toutefois, son arrivée en France est relativement récente et son épouse, également en situation irrégulière, a comme lui, fait l'objet d'une mesure d'éloignement. Sa plus jeune fille, A a vocation à suivre ses parents, tandis que sa cadette, Mariam, qui est majeure et ne dispose pas d'un titre lui permettant de s'installer durablement en France peut poursuivre ses études sans vivre avec ses parents auxquels elle pourra rendre visite dans leur pays d'origine. Ainsi, le requérant ne démontre pas avoir déplacé le centre de ses intérêts privés et familiaux en France malgré la réussite scolaire de ses filles alors qu'il a vécu jusqu'à l'âge de 44 ans en Géorgie, pays dans lequel il n'est pas démontré qu'il serait dépourvu d'attache. Par suite, il n'apparaît pas que le préfet aurait méconnu l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

11. En sixième lieu, aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " 1. Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. () " Il résulte de ces stipulations, qui peuvent être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir, que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.

12. Comme il a été dit au paragraphe 10, A a vocation à suivre ses parents en Géorgie. Il n'est pas démontré qu'elle ne pourrait pas poursuivre sa scolarité dans son pays d'origine dont rien ne laisse penser qu'elle ne maitriserait plus la langue. En outre, Mariam, qui est désormais majeure, a vocation à poursuivre ses études en France. Ainsi, les circonstances de l'espèce ne sont pas de nature à caractériser une atteinte à l'intérêt supérieur de l'enfant au sens des stipulations précitées.

13. En septième lieu, compte tenu de ce qui a été dit aux points 10 et 12, pour les mêmes motifs, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet aurait entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences sur la situation personnelle du requérant.

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

14. En premier lieu, l'arrêté en litige comporte également s'agissant de l'obligation de quitter le territoire français, la mention des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Le préfet qui n'a pas à préciser l'ensemble des circonstances de fait caractérisant la situation personnelle et familiale du requérant a correctement motivé sa décision. Il ne ressort par ailleurs ni des termes de l'arrêté ni des autres pièces du dossier qu'il n'aurait pas procéder à un examen réel et sérieux de sa situation.

15. En deuxième lieu, le requérant ne saurait utilement invoquer un vice de procédure tiré de l'absence de preuve de l'existence de l'avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration à l'encontre de l'obligation de quitter le territoire français. En tout état de cause, comme il a été dit au point 4, le préfet a produit cet avis. Le moyen ne peut donc qu'être écarté.

16. M. B n'ayant pas démontré l'illégalité du refus de titre de séjour, le moyen invoqué par voie d'exception, tiré de l'illégalité de cette décision, dirigé à l'encontre de l'obligation de quitter le territoire doit être écarté.

17. Compte tenu de ce qui a été dit aux points 10, 12 et 13, et même en tenant compte des conséquences spécifiques d'une mesure d'éloignement, les moyens tirés de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant et de l'erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences sur la situation personnelle de M. B doivent être écartés.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :

18. N'ayant pas démontré l'illégalité du refus de titre de séjour et de l'obligation de quitter le territoire français, M. B n'est pas fondé à exciper l'illégalité de ces décisions.

19. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête sont rejetées.

Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :

20. Le présent jugement qui rejette les conclusions à fin d'annulation n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte sont rejetées.

Sur les frais liés au litige :

21. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et celles de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que M. B demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D B et au préfet d'Ille-et-Vilaine.

Délibéré après l'audience du 6 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Radureau, président,

M. Grondin, premier conseiller,

Mme Villebesseix, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 septembre 2024.

La rapporteure,

signé

J. Villebesseix

Le président,

signé

C. Radureau

La greffière d'audience,

signé

A. Bruézière

La République mande et ordonne au préfet d'Ille-et-Vilaine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2401877

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