jeudi 2 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2402179 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Eloignement urgent |
| Avocat requérant | VAILLANT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 17 avril 2024 au greffe du centre pénitentiaire de Rennes-Vezin, et un mémoire, enregistré le 30 avril 2024 au greffe du tribunal, M. C B, représenté par Me Vaillant, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 12 avril 2024 par lequel le préfet d'Ille-et-Vilaine lui fait obligation de quitter le territoire français sans délai, fixe le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office et lui fait interdiction de retourner sur le territoire français pour une durée de trois ans ;
2°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer un titre de séjour dans un délai de trois mois à compter de la notification du jugement à intervenir ou, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation et, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour ;
3°) d'enjoindre au préfet de procéder ou faire procéder au retrait des informations le concernant dans le système d'information " Schengen " dans un délai de trois jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;
4°) de mettre à la charge de l'État le versement à Me Vaillant, de la somme de 1 500 euros au titre des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la fin de non-recevoir opposée par le préfet sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative dès lors que les dispositions spéciales du II de l'article R. 776-5 du même code lui permettent de soulever tout moyen nouveau y compris après l'expiration du délai de recours contentieux ;
- l'obligation de quitter le territoire français sans délai de départ volontaire est entachée d'un défaut d'examen complet, approfondi et actualisé de sa situation administrative ;
- cette décision est entachée d'une insuffisance de motivation ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans est insuffisamment motivée en méconnaissance de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- cette décision présente un caractère disproportionné, tant sur le principe que sur sa durée, dès lors qu'il ne représente pas une menace pour l'ordre public et qu'il ne saurait lui être reproché d'avoir fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 avril 2024, le préfet d'Ille-et-Vilaine conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la requête est irrecevable à défaut d'être motivée et d'avoir été régularisée avant l'expiration du délai de recours contentieux, en méconnaissance de l'article R. 411-1 du code de justice administrative ;
- la signataire de l'arrêté attaqué était compétente en vertu d'une délégation de signature ;
- cet arrêté est suffisamment motivé ;
- la décision d'obligation de quitter le territoire français n'est pas entachée d'erreur de droit, n'étant notamment pas entaché de défaut d'examen ;
- elle n'est pas entachée d'erreur de fait ;
- elle ne méconnaît pas l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et n'est pas entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle de l'intéressé ;
- la décision refusant d'accorder un délai de départ volontaire est fondée ;
- la décision fixant le pays de destination ne méconnaît pas l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision interdisant le retour de l'intéressé sur le territoire français est fondée.
Vu :
- la lettre du préfet d'Ille-et-Vilaine, enregistrée au greffe du tribunal le 24 avril 2024, précisant, pour l'application du second alinéa de l'article L. 614-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, que M. B est susceptible d'être libéré avant que le tribunal ne statue sur sa requête ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Desbourdes, conseiller, pour statuer sur les recours dont le jugement relève des dispositions des articles L. 614-5 et L. 614-7 à 13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Desbourdes ;
- les observations de Me Vaillant, avocate commise d'office, représentant M. B, qui a :
- insisté sur la circonstance que M. B n'a pu être entendu par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, son entretien n'ayant pas été reporté ou aménagé alors qu'il était écroué au centre pénitentiaire de Rennes-Vezin et n'a donc pu s'exprimer sur ses craintes devant les autorités compétentes en matière d'asile, ce qui a pu influencer le sens de la décision prise à son encontre ;
- précisé que son moyen tiré du défaut d'examen et de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales était aussi dirigé contre la décision fixant le pays de destination ;
- rappelé ses moyens relatifs à l'insuffisante motivation de l'interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans et de son caractère disproportionné ;
- les explications de M. B, assisté d'une interprète, qui a indiqué qu'il craint pour sa sécurité en Géorgie, ayant été agressé plusieurs fois par des compatriotes qu'il ne connaît pas, que ses agressions et interpellations par les services de police en Géorgie ont été commanditées par son ex-épouse par crainte de cette dernière de représailles de sa part eu égard à la circonstance que celle-ci s'est mise en couple avec son meilleur ami, que la garde de ses enfants lui a été retirée, son épouse ayant obtenu une décision administrative ou judiciaire constatant sa disparition du territoire géorgien, qu'il n'a cependant réalisé aucune démarche en Géorgie pour défendre ses droits ni demandé la communication d'aucun document le concernant, que les documents en sa possession qu'il souhaitait transmettre à l'Office français de protection des réfugiés et apatrides à l'occasion d'un entretien et qui attestent des persécutions qu'il a subies en Géorgie sont en la possession de son avocat en Géorgie, qui les a fait traduire et apostiller ;
- et les observations de M. A, représentant le préfet d'Ille-et-Vilaine, qui a fait valoir que :
- l'Office français de protection des réfugiés et apatrides avait régulièrement convoqué l'intéressé à son adresse postale avant qu'il ne soit écroué au centre pénitentiaire de Rennes-Vezin, le requérant ne faisant valoir aucune trace de démarches réalisées avec sa conseillère d'insertion et de probation quant à un report ou un aménagement de l'entretien programmé en septembre 2023 ;
- il a pu s'exprimer sur ses craintes, ayant été entendu par les services de police avant que ne soit pris l'arrêté contesté ;
- les risques allégués ne sont pas démontrés, relevant de propos confus et contradictoires, ses craintes ne faisant pas état de menaces de torture ou de traitements inhumains ou dégradants au sens de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le critère de la menace à l'ordre public est motivé dans l'arrêté contesté
- si la précédente obligation de quitter le territoire français du 11 janvier 2024 a été visée et a été, par erreur, prise en considération pour évaluer la durée de l'interdiction de retour, le critère déterminant de cette durée reste celui de la menace que l'intéressé représente pour l'ordre public ;
- le législateur ayant étendu la durée maximale de l'interdiction de retour à cinq ans, une durée de trois ans ne saurait être disproportionnée.
La clôture de l'instruction a été prononcée après que les parties ont formulé leurs observations orales, en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant géorgien, est entré irrégulièrement en France en avril 2022 selon ses déclarations. Il a déposé une demande d'asile auprès de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le 28 juin 2023, et a été convoqué à un entretien le 31 août 2023. Ayant toutefois été incarcéré à compter du 10 août 2023 au centre pénitentiaire de Rennes-Vezin, il n'a pu se rendre à cet entretien et sa demande d'asile a été rejetée par une décision du 18 septembre 2023. Il a fait l'objet d'un premier arrêté d'obligation de quitter le territoire français daté du 11 janvier 2024, notifié à son adresse postale connue des services de la préfecture, faute pour celle-ci d'avoir été informée de l'incarcération de l'intéressé.
2. M. B demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 12 avril 2024 par lequel le préfet d'Ille-et-Vilaine l'a, à nouveau, obligé à quitter le territoire français et fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office, mais ne lui a pas accordé de délai de départ volontaire et a prononcé contre lui une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée portée à trois ans.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français et le refus de délai de départ volontaire :
3. Il ressort des termes mêmes de l'arrêté contesté que l'obligation de quitter le territoire français est fondée sur les 1°, 4° et 5° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile aux motifs respectifs qu'il ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, que sa demande d'asile a été rejetée et qu'un recours devant la Cour nationale du droit d'asile ne saurait lui permettre de se maintenir plus longtemps sur le territoire français alors qu'il est issu d'un pays d'origine sûr et que, eu égard à ses quatre condamnations par les tribunaux correctionnels de Rennes et de Foix, pour des faits de vol, de vol en réunion, de vol dans un local d'habitation ou un lieu d'entrepôt en récidive et de violation de l'interdiction de paraître dans les lieux où l'infraction a été commise, il représente une menace pour l'ordre public. Par suite, la décision d'obligation de quitter le territoire français comporte les motifs de droit et de fait qui la fondent et est suffisamment motivée.
4. Il ressort également des termes de l'arrêté contesté que le refus de délai de départ volontaire est fondé sur le 1° de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile au motif qu'il représente une menace pour l'ordre public et sur les 1° et 8° de l'article L. 612-3 du même code aux motifs respectifs qu'il ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français et n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour et qu'il ne présente pas de garanties de représentation suffisantes à défaut de déclarer un domicile connu en France, de pouvoir justifier être hébergé par un ami, d'avoir remis l'original de son passeport ou de tout document d'identité aux services de police. Par suite, la décision de refus de délai de départ volontaire comporte les motifs de droit et de fait qui la fondent et est suffisamment motivée.
5. Si l'intéressé n'a pas été entendu par les services de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides à l'occasion de l'entretien programmé le 31 août 2023, les services de la préfecture d'Ille-et-Vilaine ont néanmoins fait procéder à l'audition de l'intéressé par les services de la police aux frontières le 10 avril 2024 avant que ne soit adopté l'arrêté contesté. À cet égard et compte tenu notamment de la motivation de l'arrêté contesté, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet d'Ille-et-Vilaine aurait entaché ses décisions d'un défaut d'examen particulier de la situation de M. B.
6. Dès lors que ni l'obligation de quitter le territoire français, ni le refus de délai de départ volontaire n'imposent à M. B de regagner un pays déterminé, le moyen tiré des craintes de traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour en Géorgie doit être écarté comme inopérant en tant qu'il est dirigé contre ces deux décisions.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
7. Si le préfet d'Ille-et-Vilaine a notamment fondé sa décision de désigner la Géorgie comme pays de destination de M. B en cas d'exécution forcée de son obligation de quitter le territoire français sur la circonstance que l'Office français de protection des réfugiés et apatrides avait jugé infondées les craintes exprimées par l'intéressé en cas de retour dans son pays d'origine, il ressort des termes mêmes de l'arrêté contesté qu'il a également pris sa décision au vu de l'ensemble des éléments portés à la connaissance de son administration, dont fait partie le procès-verbal d'audition de l'intéressé devant la police aux frontières. Par conséquent, pour regrettable que soit la circonstance que le requérant n'ait pas pu s'exprimer oralement devant l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ni lui présenter les documents qui attesteraient des persécutions qu'il aurait subies en Géorgie, le préfet d'Ille-et-Vilaine ne saurait être regardé comme ayant entaché sa décision d'un défaut d'examen complet, approfondi et actualisé de la situation de M. B.
8. Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ". Interrogé à l'audience, d'une part, sur la nature de ses craintes en cas de retour en Géorgie, les indications de M. B sont restées imprécises et insuffisamment circonstanciées, ayant seulement expliqué avoir été agressé à plusieurs reprises par des géorgiens sans en dévoiler ni les circonstances, ni les lieux, ni l'intensité, et avoir été interpellé par les services de police, mais sans faire état d'une quelconque violence ou privation de liberté. Questionné sur les raisons pour lesquelles il serait persécuté, ses propos relatifs à son divorce et au concubinage de son ex-épouse avec un ami sont apparus peu convaincants, l'intéressé ayant fait valoir que les agressions qu'il aurait subies auraient été préventivement commanditées par son ex-épouse de peur qu'il n'apprenne qu'elle s'était mise en couple avec son meilleur ami et qu'il ne se venge alors qu'il aurait antérieurement pleinement et facilement accepté son divorce. Dans ces conditions, alors que le récit produit à l'appui de sa demande d'asile n'a pas plus convaincu l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, M. B n'établit pas être actuellement et personnellement menacé de subir des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour en Géorgie. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de ces stipulations doit être écarté.
En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans :
9. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, et dix ans en cas de menace grave pour l'ordre public ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. () ".
10. En premier lieu, conformément à ce qui a été dit au point 8, les craintes de l'intéressé en cas de retour en Géorgie ne sont pas fondées. Ainsi, et alors que M. B ne fait valoir aucune autre circonstance humanitaire, il résulte des dispositions précitées de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, que le principe de l'interdiction de retour sur le territoire français ne peut être remis en cause.
11. En second lieu, s'agissant de la durée de l'interdiction de retour, si, pour motiver spécifiquement sa décision de la fixer à trois ans, le préfet a seulement rappelé que l'intéressé représentait une menace pour l'ordre public, le préfet avait préalablement développé dans son arrêté pourquoi l'intéressé représentait une telle menace pour justifier de la mesure d'obligation de quitter le territoire français sur le fondement du 5° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par conséquent, et par référence aux points précédents de son arrêté, le préfet doit être regardé comme ayant suffisamment motivé le critère de la menace à l'ordre public pour la détermination de la durée de l'interdiction de retour.
12. Par ailleurs, si M. B conteste, par conséquent, le bien-fondé de l'arrêté en tant qu'il considère qu'il représente une menace pour l'ordre public, celui-ci ne conteste pas avoir été condamné pour vol en réunion par jugement du tribunal correctionnel de Foix du 5 décembre 2022 à une peine de six mois d'emprisonnement avec sursis simple, révoqué par jugement du tribunal correctionnel de Rennes du 5 avril 2023, pour vol dans un local d'habitation ou un lieu d'entrepôt avec récidive et violation de paraître dans les lieux où l'infraction a été commise par jugement du tribunal correctionnel de Rennes du 10 août 2023 à une peine de six mois d'emprisonnement, pour vol par jugement du tribunal correctionnel de Rennes du 9 novembre 2023 à une peine d'emprisonnement de deux mois, ainsi que, pour vol en réunion par jugement du tribunal correctionnel de Castres à une peine d'emprisonnement de quatre mois. Or, eu égard à la réitération d'un nombre important de délits depuis son entrée sur le territoire français sur une période récente, c'est à bon droit que le préfet d'Ille-et-Vilaine a retenu que l'intéressé représentait une menace pour l'ordre public.
13. Aussi, bien que le préfet ait, à tort, reproché à M. B la précédente mesure d'obligation de quitter le territoire français prononcée à son encontre par arrêté du 11 janvier 2024, alors que cet arrêté ne pouvait faire l'objet d'une exécution par l'intéressé, celui-ci étant déjà incarcéré au centre pénitentiaire de Rennes-Vezin, la durée de l'interdiction de retour portée à trois ans reste toutefois fondée sur les trois autres critères mentionnés à l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Ainsi, en dépit de la circonstance qu'il ne peut lui être reproché de ne pas avoir exécuté la précédente mesure d'obligation de quitter le territoire français prise à son encontre, eu égard aux circonstances qu'il n'est présent sur le territoire français que depuis deux ans, qu'il n'y dispose d'aucune attache familiale et qu'il représente une menace pour l'ordre public, la fixation de la durée de l'interdiction de retour à trois ans ne présente pas de caractère disproportionné.
14. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée par le préfet d'Ille-et-Vilaine, que les conclusions présentées par M. B à fin d'annulation de l'arrêté de ce préfet du 12 avril 2024 doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
15. Le présent jugement n'impliquant l'adoption d'aucune mesure d'exécution, il y a lieu de rejeter les conclusions présentées par M. B à fin d'injonction.
Sur les frais liés au litige :
16. Le préfet d'Ille-et-Vilaine n'étant pas la partie perdante dans le cadre de la présente instance, il ne peut être mis à la charge de l'État une somme à verser au conseil de M. B au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative 37 de la loi du 10 juillet 1991.
DÉCIDE :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et au préfet d'Ille-et-Vilaine.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 mai 2024.
Le magistrat désigné,
signé
W. DesbourdesLa greffière d'audience,
signé
A. Gauthier
La République mande et ordonne au préfet d'Ille-et-Vilaine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026