vendredi 26 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2402222 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Eloignement urgent |
| Avocat requérant | BERTHET-LE FLOCH |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 18 avril 2024, M. C F, représenté par Me Berthet-Le Floch demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 17 avril 2024 par lequel le préfet d'Ille-et-Vilaine lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an ;
3°) d'annuler l'arrêté du 17 avril 2024 par lequel le préfet d'Ille-et-Vilaine l'a assigné à résidence ;
4°) d'enjoindre au préfet d'Ille-et-Vilaine de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et de lui délivrer dans l'attente une autorisation provisoire de séjour assortie d'une autorisation de travail ;
5°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à verser à son conseil sous réserve qu'il renonce à percevoir la part contributive de l'État.
Il soutient que :
S'agissant de l'obligation de quitter le territoire français :
- elle est entachée d'incompétence;
- elle est entachée d'erreur matérielle et d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation et méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
S'agissant de la décision de refus d'octroi d'un délai de départ volontaire :
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
S'agissant de l'interdiction de retour sur le territoire français :
- elle est illégale en conséquence de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
S'agissant de la décision fixant le pays de renvoi :
- elle est illégale en conséquence de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;
S'agissant de la décision portant assignation à résidence :
- elle est illégale en conséquence de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 avril 2024, le préfet d'Ille-et-Vilaine conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant, signée à New-York le 26 janvier 1990 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Villebesseix, conseillère, pour statuer sur les recours dont le jugement relève des dispositions des articles L. 614-5 et L. 614-7 à 13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Villebesseix,
- les observations de Me Berthet-Le-Floch, représentant M. F, qui conclut aux mêmes fins que les requêtes et par les mêmes moyens ; en outre, elle ajoute un nouveau moyen tiré du défaut d'examen de la situation personnelle de l'intéressé au regard de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; elle fait valoir qu'il a déposé comme son épouse une demande d'admission exceptionnelle au séjour ce qu'il a indiqué au cours de son audition ; elle insiste sur le fait qu'il a déjà travaillé en France, qu'il est présent sur le territoire depuis cinq ans, que ses enfants sont arrivés en France à l'âge de trois et cinq ans, qu'ils sont scolarisés et bien intégrés ; elle insiste sur l'inscription de A, le fils de M. F au collège pour la rentrée prochaine et de son inscription au conservatoire,
- les explications de M. F, assisté d'une interprète,
- les observations de M. E, représentant le préfet d'Ille-et-Vilaine qui a repris les conclusions et moyens contenus dans ses écritures.
La clôture de l'instruction a été fixée à l'issue de l'audience.
M. F a produit des pièces le 22 avril 2024 après la clôture de l'instruction qui n'ont pas été communiquées.
Considérant ce qui suit :
1. M. F, de nationalité géorgienne, déclare être entré en France le 23 mars 2019 accompagné de son épouse et de leurs deux enfants. Il a sollicité la reconnaissance du statut de réfugié le 8 avril 2019. Sa demande a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides par une décision du 19 août 2019. Par un arrêté du 18 novembre 2019, le préfet du Finistère a prononcé à son encontre une mesure d'éloignement qui a été confirmée par le tribunal administratif de Rennes dans un jugement du 15 janvier 2020. Par un arrêté du 17 avril 2024, le préfet d'Ille-et-Vilaine l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an. Par un second arrêté du même jour, il l'a assigné à résidence. M. F conteste ces deux arrêtés du 17 avril 2024.
Sur l'aide juridictionnelle :
2. M. F justifiant avoir déposé une demande d'aide juridictionnelle. Il y a lieu de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
S'agissant de l'obligation de quitter le territoire français :
3. En premier lieu, par un arrêté du 11 décembre 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du même jour, le préfet d'Ille-et-Vilaine a donné délégation de signature à Mme D B, adjointe à la cheffe du bureau de la lutte contre l'immigration irrégulière et signataire de l'arrêté attaqué, à l'effet de signer, en cas d'absence ou d'empêchement de la cheffe de ce bureau, notamment, les décisions portant obligation de quitter le territoire français, avec ou sans délai de départ volontaire, les décisions fixant le pays de renvoi et les interdictions de retour. Il ne ressort pas des pièces du dossier que la cheffe du bureau de la lutte contre l'immigration irrégulière n'était ni empêchée ni absente au moment de la signature de l'arrêté portant obligation de quitter le territoire en litige. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de sa signataire doit être écarté.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. Elle est édictée après vérification du droit au séjour, en tenant notamment compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France et des considérations humanitaires pouvant justifier un tel droit. (.. ;) ".
5. D'une part, si le requérant fait valoir que le préfet d'Ille-et-Vilaine a commis une erreur matérielle et entaché sa décision d'un défaut d'examen de sa situation personnelle en retenant qu'il n'avait pas entrepris de démarche en vue de régulariser sa situation alors qu'il avait déposé une demande d'admission exceptionnelle au séjour, ce qu'il a indiqué au cours de son audition, il ressort des pièces du dossier que cette demande n'a été déposée auprès des services postaux que le 16 avril et n'est partie que le lendemain, date de l'arrêté litigieux. Ainsi, il n'est pas démontré qu'à la date de la décision attaquée, ce courrier aurait été distribué à la préfecture et donc que l'administration aurait reçu un dossier complet de demande de titre de séjour et l'aurait enregistré. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à soutenir qu'en indiquant dans son arrêté qu'il n'avait pas trouvé de trace de cette demande de titre de séjour, le préfet aurait commis une erreur matérielle ou entachée sa décision d'un défaut d'examen particulier.
6. D'autre part, l'arrêté litigieux mentionne que " l'examen approfondi de la situation de M. F C, conformément aux dispositions de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, n'a fait apparaître aucun droit au séjour ". Il ne ressort d'aucune mention de cet arrêté ni d'aucune autre pièce du dossier que le préfet d'Ille-et-Vilaine n'aurait pas procéder à un examen sérieux de la situation personnelle de M. F au regard des critères de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
7. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. () ".
8. M. F fait valoir que sa vie privée et familiale est installée en France dès lors qu'il y réside depuis cinq ans avec son épouse, ressortissante géorgienne et leurs enfants, tous deux scolarisés et bien intégrés. Toutefois, il apparaît que la demande d'asile de sa conjointe a été rejetée par une décision du 19 août 2019 de sorte qu'elle se maintient sur le territoire français en situation irrégulière et il n'est pas démontré qu'à la date de la décision attaquée, elle aurait déposé un dossier complet de demande de titre de séjour auprès de la préfecture. La circonstance que le requérant bénéficie d'une promesse d'embauche pour un emploi d'ouvrier d'abattoir sous contrat à durée indéterminé et l'intégration des enfants ne suffissent pas à démontrer que M. F aurait déplacé le centre de sa vie privée et familiale en France. Dans ces conditions, la cellule familiale, en l'absence de toute autre attache sur le territoire national, n'a pas vocation à y demeurer et pourra se reconstituer dans le pays d'origine où résident selon les déclarations du requérant, son père et deux de ses enfants nés d'une précédente union. Par suite, les moyens tirés de l'erreur manifeste d'appréciation et de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doivent être écartés.
9. En quatrième lieu, aux termes du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant du 26 janvier 1990 : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, les tribunaux des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ".
10. Si le requérant fait valoir que la décision litigieuse porte atteinte à l'intérêt de ses enfants, celle-ci n'a pas vocation à séparer la famille dès lors que bien que l'épouse de M. F ne fasse pas l'objet d'une mesure d'éloignement, elle n'est pas en situation régulière sur le territoire français et n'a donc pas vocation à y rester. En outre, il n'est pas démontré que les enfants ne pourront pas poursuivre leur scolarité en Géorgie où A, son fils pourra continuer d'apprendre à jouer de la musique. Ainsi, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée méconnaît l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant.
S'agissant de la décision de refus d'octroi d'un délai de départ volontaire :
11. Aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". Aux termes de l'article L. 612-3 de ce code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants :
1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ; (); 7° L'étranger a contrefait, falsifié ou établi sous un autre nom que le sien un titre de séjour ou un document d'identité ou de voyage ou a fait usage d'un tel titre ou document ; 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ou qu'il s'est précédemment soustrait aux obligations prévues aux articles L. 721-6 à L. 721-8, L. 731-1, L. 731-3, L. 733-1 à L. 733-4, L. 733-6, L. 743-13 à L. 743-15 et L. 751-5. ".
12. Le préfet d'Ille-et-Vilaine s'est fondé sur les dispositions citées au point précédent pour refuser d'octroyer à M. F un délai de départ volontaire. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier et notamment du procès-verbal d'audition que l'intéressé a utilisé de faux papiers polonais pour travailler et il n'est pas contesté qu'il s'est soustrait à une précédente mesure d'éloignement. Le préfet pouvait donc pour ces seuls motifs considérer qu'il existe un risque de soustraction à la mesure d'éloignement. Par suite, M. F n'est pas fondé à soutenir que le préfet d'Ille-et-Vilaine a commis une erreur manifeste d'appréciation s'agissant de ce risque.
S'agissant de la décision d'interdiction de retour sur le territoire français :
13. En premier lieu, M. F, n'ayant pas démontré l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français, il n'est pas fondé à soutenir que l'interdiction de retour sur le territoire français est illégale en conséquence de l'illégalité de cette décision.
14. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, et dix ans en cas de menace grave pour l'ordre public. ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. ".
15. Il ne ressort ni des termes de l'arrêté litigieux ni des autres pièces du dossier que le préfet n'aurait pas procéder à un examen particulier de sa situation au regard des critères fixés par l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par ailleurs, comme cela a été dit, il n'est pas démontré qu'à la date de la décision attaquée son épouse aurait déposé un dossier complet de demande de titre de séjour parvenu à la préfecture. Le moyen tiré du défaut d'examen de sa situation personnelle doit donc être écarté.
16. En dernier lieu, M. F, qui s'est vu refuser tout délai de départ volontaire pour exécuter l'obligation de quitter le territoire français prise à son encontre entre dans le champ des dispositions de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile citées au point 14 qui disposent que le préfet assortit l'obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée maximale de cinq ans. Compte tenu de ce qui a été dit précédemment s'agissant de l'absence d'attaches en France à l'exception des membres de sa famille qui ont vocation à retourner en Géorgie, de sa durée de présence relativement récente, de ce qu'il a fait l'objet d'une précède mesure d'éloignement et quand bien même son comportement ne constitue pas une menace pour l'ordre public, M. F n'est pas fondé à soutenir que cette décision, tant dans son principe que dans sa durée, serait entachée d'une erreur d'appréciation.
S'agissant des décisions fixant le pays de renvoi et d'assignation à résidence :
17. M. F, n'ayant pas démontré l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français, n'est pas fondé à soutenir que la décision fixant le pays de renvoi et la décision portant assignation à résidence sont illégales en conséquence de l'illégalité de cette décision.
18. Il résulte de tout ce qui précède que M. F n'est pas fondé à demander l'annulation des arrêtés du 17 avril 2024 par lequel le préfet d'Ille-et-Vilaine lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office, a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an et l'a assigné à résidence.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
19. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, il y a lieu de rejeter les conclusions à fin d'injonction.
Sur les frais liés au litige :
20. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et celles de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'État, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que M. F demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : M. F est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : La requête de M. F est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C F et au préfet d'Ille-et-Vilaine.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 avril 2024.
La magistrate désignée,
signé
J. Villebesseix La greffière d'audience,
signé
J. Jubault
La République mande et ordonne au préfet d'Ille-et-Vilaine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°240222
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026