vendredi 26 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2402256 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Eloignement urgent |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 21 et le 24 avril 2024, Mme A C, représentée par Me Peres, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 19 avril 2024 par lequel le préfet d'Ille-et-Vilaine lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel elle pourra être reconduite d'office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an ;
3°) d'annuler l'arrêté du 19 avril 2024 par lequel le préfet d'Ille-et-Vilaine l'a assignée à résidence ;
4°) d'enjoindre au préfet d'Ille-et-Vilaine de procéder à l'effacement du signalement dans le système d'information Schengen aux fins de non admission ;
5°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à verser à son conseil sous réserve qu'il renonce à percevoir la part contributive de l'État.
Elle soutient que :
- s'agissant de l'ensemble des décisions contenues dans les arrêtés litigieux :
- les arrêtés sont entachés d'un vice d'incompétence ;
- ils sont insuffisamment motivés en droit et en fait ;
-s'agissant de l'obligation de quitter le territoire français :
- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
- s'agissant de la décision de refus d'octroi d'un délai de départ volontaire :
- elle est illégale en conséquence de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- s'agissant de la décision fixant le pays de renvoi :
- elle est illégale en conséquence de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français et de la décision de refus de délai de départ volontaire ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- s'agissant de l'interdiction de retour sur le territoire français :
- elle est illégale en conséquence de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français sans délai et de la décision fixant le pays de renvoi ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et méconnaît les articles L. 612-6, L. 613-2 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- s'agissant de l'assignation à résidence :
- elle est illégale en conséquence de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français, de la décision de refus d'octroi d'un délai de départ volontaire et de la décision fixant le pays de renvoi.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 avril 2024, le préfet d'Ille-et-Vilaine conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Villebesseix, conseillère, pour statuer sur les recours dont le jugement relève des dispositions des articles L. 614-5 et L. 614-7 à 13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Villebesseix,
- les observations de Me Peres, représentant Mme C, assistée d'une interprète en géorgien, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens ; elle insiste sur le défaut de motivation et le défaut d'examen dès lors que l'arrêté ne vise pas les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile relatives aux demandes de réexamen des demandes d'asile et ne fait pas état de la convocation de Mme C en vue de l'enregistrement de sa demande d'asile le 26 avril prochain qu'elle dépose à l'audience ; elle ajoute en réponse à la demande de substitution de motif que Mme C a entrepris des démarches auprès de Coalia pour déposer une nouvelle demande d'asile ;
- et les observations de M. D représentant le préfet d'Ille-et-Vilaine, qui confirme l'intégralité de ses écritures. Il insiste sur le fait que Mme C n'a plus le droit de se maintenir sur le territoire français malgré sa demande de réexamen en vertu des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile comme son époux.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C, de nationalité géorgienne, a sollicité son admission au séjour au titre de l'asile le 8 janvier 2018. Sa demande a été rejetée par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides du 23 mars 2018. Sa demande de réexamen a été rejetée comme irrecevable le 31 octobre 2019 et sa nouvelle demande de réexamen déposée le 16 janvier 2020 a également été clôturée le même jour. Elle a été interpellée le 17 avril 2024 et auditionnée dans le cadre d'une procédure pour recel de vol en réunion. Par un arrêté du 19 avril 2024, le préfet d'Ille-et-Vilaine l'a obligée à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel elle pourra être reconduite d'office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an. Par un second arrêté du même jour, le préfet d'Ille-et-Vilaine l'a assignée à résidence.
Sur l'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Mme C justifiant avoir déposé une demande d'aide juridictionnelle, il y a lieu de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne l'ensemble des décisions :
3. En premier lieu, les arrêtés litigieux ont été signés par Mme F B, cheffe du bureau de la lutte contre l'immigration irrégulière, qui disposait d'une délégation permanente de signature à cet effet en vertu d'un arrêté du 25 mars 2024 régulièrement publié le même jour. Par suite, le moyen tiré du vice d'incompétence doit être écarté.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 542-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " En l'absence de recours contre la décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides dans le délai prévu à l'article L. 532-1, le droit de se maintenir sur le territoire français prend fin à la notification de cette décision. Lorsqu'un recours contre la décision de rejet de l'office a été formé dans le délai prévu à l'article L. 532-1, le droit du demandeur de se maintenir sur le territoire français prend fin à la date de la lecture en audience publique de la décision de la Cour nationale du droit d'asile ou, s'il est statué par ordonnance, à la date de la signature de celle-ci. Dans le cas où il est statué par ordonnance, l'autorité administrative ne peut engager l'exécution de la décision portant obligation de quitter le territoire français du demandeur d'asile dont le droit au maintien a pris fin qu'à compter de la date de notification de l'ordonnance. ". Aux termes de l'article L. 542-2 du même code ; " Par dérogation à l'article L. 542-1, le droit de se maintenir sur le territoire français prend fin : 1° Dès que l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a pris les décisions suivantes : () d) une décision de rejet dans les cas prévus à l'article L. 531-24 et au 5° de l'article L. 531-27 ; e) une décision de clôture prise en application des articles L. 531-37 ou L. 531-38 ; l'étranger qui obtient la réouverture de son dossier en application de l'article L. 531-40 bénéficie à nouveau du droit de se maintenir sur le territoire français ; 2° Lorsque le demandeur : () c) présente une nouvelle demande de réexamen après le rejet définitif d'une première demande de réexamen ; () ". Aux termes de l'article L. 531-24 de ce code : " L'Office français de protection des réfugiés et apatrides statue en procédure accélérée dans les cas suivants :1° Le demandeur provient d'un pays considéré comme un pays d'origine sûr au sens de l'article L. 531-25 ; () ".
5. Il ressort des termes des arrêtés litigieux qu'ils visent les dispositions dont ils font application et comportent les considérations de fait qui en constituent le fondement. Si la requérante fait valoir que l'arrêté aurait dû indiquer qu'elle et son mari était convoqués en vue d'enregistrer une demande d'asile et viser les dispositions relatives au réexamen de ces demandes, il ressort des termes de l'arrêté que celui-ci précise que la première demande d'asile de Mme C a été rejetée, que sa première demande de réexamen a été rejetée comme irrecevable et que la dernière a été clôturée. Elle n'avait pas à viser les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile relatives au droit de se maintenir alors qu'il ne s'agit pas de la base légale de l'obligation de quitter le territoire français qui est fondée sur l'article L. 611-1 6° de ce code ni à mentionner l'ensemble des éléments caractérisant la situation de l'intéressée.
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
6. En premier lieu, il ne ressort pas des termes de l'arrêté ni des autres pièces du dossier que le préfet aurait entaché sa décision d'un défaut d'examen particulier notamment en ne mentionnant pas le fait qu'elle et son époux ont déposé une demande d'asile, dès lors qu'il apparaît que ni M. E ni Mme C ne disposent d'un droit de se maintenir en application des dispositions de l'article L. 542-2 d) et e) du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. En effet, il apparaît qu'ils ont vu leur première demande d'asile rejetée en procédure accélérée et qu'elle a fait l'objet d'une décision de clôture en 2020. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen réel et sérieux de leur situation doit être écarté.
7. En deuxième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. () ".
8. En l'espèce, Mme C fait valoir que sa vie privée et familiale est installée en France dès lors qu'elle y réside depuis huit ans, qu'elle travaille en tant qu'agent d'entretien dans un hôtel et que son mari a vocation à rester en France puisqu'il est, comme elle, convoqué pour l'enregistrement de sa demande d'asile. Cependant, il apparaît que Mme C s'est maintenue sur le territoire français en situation irrégulière et comme il a été dit précédemment son mari, qui a fait l'objet d'une précèdente mesure d'éloignement et n'a pas respecté la durée de l'interdiction de retour sur le territoire français prononcée à son encontre, ne dispose plus du droit de se maintenir en France malgré le souhait exprimé de solliciter le réexamen de sa demande d'asile. Il ressort en outre de ses propres déclarations qu'elle n'est pas dépourvue d'attaches dans son pays d'origine dans lequel elle a vécu l'essentiel de son existence et où résident sa fille de seize ans et la mère de son mari. Si elle soutient que des membres de sa famille vivent à La Rochelle elle n'en justifie par la production d'aucune pièce. Enfin, si elle se prévaut de son intégration professionnelle, les contrats de travail à durée déterminée en qualité d'agent d'entretien qu'elle produit révélant qu'elle a travaillé de septembre 2023 à mars 2024, ne suffissent pas à démontrer qu'elle a déplacé en France le centre de ses intérêts privés et familiaux. Par suite, elle n'est pas fondée à soutenir que le préfet a porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale et ainsi méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
En ce qui concerne le refus d'octroi d'un délai de départ volontaire :
9. En premier lieu, Mme C n'ayant pas démontré l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français, elle n'est pas fondée à soutenir que la décision de refus d'octroi d'un délai de départ volontaire est illégale en conséquence de l'illégalité de cette décision.
10. En deuxième lieu, il ne ressort ni des termes de l'arrêté ni des autres pièces du dossier qu'elle serait entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle.
11. En troisième lieu, pour les mêmes motifs que ceux évoqués au point 8, Mme C n'est pas fondée à soutenir que le préfet aurait méconnu l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales en édictant cette décision.
12. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". Aux termes de l'article L. 612-3 de ce code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : () / 3° L'étranger s'est maintenu sur le territoire français plus d'un mois après l'expiration de son titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de son autorisation provisoire de séjour, sans en avoir demandé le renouvellement ; () / 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ou qu'il s'est précédemment soustrait aux obligations prévues aux articles L. 721-6 à L. 721-8, L. 731-1, L. 731-3, L. 733-1 à L. 733-4, L. 733-6, L. 743-13 à L. 743-15 et L. 751-5. ".
13. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier et il n'est pas contesté que Mme C réside dans un hôtel. Dans ces conditions, elle ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale. Le préfet d'Ille-et-Vilaine pouvait, pour ce seul motif, considérer que l'intéressée ne présente pas de garanties de représentation suffisantes et regarder le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile comme établi. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
14. Dans ces conditions, il n'y a pas lieu de procéder à la substitution de motif sollicitée en défense.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
15. En premier lieu, Mme C n'ayant pas démontré l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français et de la décision de refus d'octroi d'un délai de départ volontaire, elle n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision fixant le pays de renvoi par voie de conséquence de l'illégalité de ces décisions.
16. En deuxième lieu, il ne ressort ni des termes de l'arrêté ni des pièces du dossier que le préfet n'aurait pas procédé à un examen réel et sérieux de sa situation.
17. En troisième lieu, pour les mêmes motifs que ceux évoqués au point 8, Mme C n'est pas fondée à soutenir que cette décision méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
18. En dernier lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains et dégradants. ".
19. En l'espèce, si Mme C fait valoir que de graves menaces pèsent sur elle et son mari en cas de retour dans son pays d'origine, elle n'apporte aucune pièce pour en justifier et ne précise pas les raisons qui fondent ses craintes. Il ressort des pièces du dossier que l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a considéré que sa situation ne relevait pas des cas prévus aux articles L. 711-1 et L. 712-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Ainsi, la requérante n'apporte aucun élément nouveau et probant susceptible d'établir le caractère réel, sérieux et actuel des menaces invoquées. Il s'ensuit que le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français :
20. En premier lieu, la requérante n'ayant pas démontré l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français, de refus d'octroi d'un délai de départ volontaire et de la décision de fixation du pays de renvoi, elle n'est pas fondée à demander l'annulation de l'interdiction de retour sur le territoire français par voie de conséquence de l'illégalité de ces trois décisions.
21. En deuxième lieu, il ne ressort ni des termes de l'arrêté ni des autres pièces du dossier que le préfet n'aurait pas procédé à un examen réel et sérieux de la situation de la requérante et pour les mêmes motifs que ceux évoqués au point 8, elle n'est pas fondée à soutenir qu'il aurait méconnu l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
22. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 613-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les décisions relatives au refus et à la fin du délai de départ volontaire prévues aux articles L. 612-2 et L. 612-5 et les décisions d'interdiction de retour et de prolongation d'interdiction de retour prévues aux articles L. 612-6, L. 612-7, L. 612-8 et L. 612-11 sont distinctes de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Elles sont motivées ". Aux termes de l'article L. 612-6 du même code : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, et dix ans en cas de menace grave pour l'ordre public. " L'article L. 612-10 de ce code prévoit que : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. () ".
23. En l'espèce, Mme C, qui ne s'est pas vue accorder un délai de départ volontaire, entre dans les prévisions précitées de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qui disposent que le préfet assortit l'obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée maximale de cinq ans. Comme il a été au point 8, elle ne justifie pas d'attaches en France à l'exception de son mari qui, comme elle, ne dispose plus du droit de se maintenir sur le territoire français. La décision litigieuse n'a donc pas pour conséquence de séparer les époux pendant un an. Ainsi, eu égard à son absence d'attache en France, malgré sa durée de présence, l'absence de précédente mesure d'éloignement et de menace pour l'ordre public, le préfet n'a pas commis d'erreur d'appréciation ni méconnu les dispositions citées au point 22 en édictant à son encontre une interdiction de retour sur le territoire d'une durée d'un an.
En ce qui concerne l'assignation à résidence :
24. La requérante n'ayant pas démontré l'illégalité des décisions contenues dans l'arrêté du 19 avril 2024 par lequel le préfet d'Ille-et-Vilaine lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et prononcé une interdiction de retour sur le territoire, elle n'est pas fondée à demander l'annulation de l'assignation à résidence par voie de conséquence de l'illégalité de ces décisions.
25. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête de Mme C sont rejetées ainsi que, par voie de conséquence, celles à fin d'injonction et celles présentées au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Mme C est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : La requête de Mme C est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C et au préfet d'Ille-et-Vilaine.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 avril 2024.
La magistrate désignée,
signé
J. Villebesseix
Le greffier,
signé
N. Josserand
La République mande et ordonne au préfet d'Ille-et-Vilaine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798
03/08/2026
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03/08/2026