mercredi 22 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2402777 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Eloignement urgent |
| Avocat requérant | DAURELLE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 17 mai 2024, et un mémoire enregistré le 22 mai 2024, M. D, alors placé en rétention administrative à Rennes-Saint-Jacques-de-la-Lande, représenté par Me Daurelle, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 8 avril 2024 par lequel le préfet du Calvados l'a obligé à quitter le territoire français sans délai de départ volontaire et a fixé le pays de destination ;
2°) d'enjoindre à cette autorité de lui délivrer une carte de séjour temporaire ou, à défaut, de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours, sous astreinte de dix euros par jour de retard.
Il soutient que :
S'agissant de l'obligation de quitter le territoire français :
- la compétence du signataire n'est pas établie ;
- elle méconnaît le droit d'être entendu et de faire des observations ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;
- elle méconnaît les articles L. 423-7, L. 423-21 et L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et méconnaît les articles 2 et 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et des articles 2, 4 et 19 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne dès lors qu'il risque d'être exposé à des traitements inhumains ou dégradants en cas de retour dans son pays d'origine, l'Angola ;
S'agissant de la décision ne fixant pas de délai de départ volontaire :
- elle est illégale du fait de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français prononcée à son encontre ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et méconnaît l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers du droit d'asile ;
S'agissant de la décision fixant le pays de destination :
- elle est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle est illégale du fait de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français prononcée à son encontre ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et méconnaît l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, l'article 33 de la convention de Genève du 28 juillet 1951 et la directive n° 2011/95/UE du Parlement européen et du Conseil du 13 décembre 2011.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 mai 2024, le préfet du Calvados conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que la requête est irrecevable pour tardiveté et que les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.
Vu :
- l'ordonnance du 16 mai 2024 par laquelle le juge des libertés et de la détention a prolongé la rétention de M. C pour un délai maximum de vingt-huit jours ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- la convention de Genève du 28 juillet 1951 et le protocole signé à New York le 31 janvier 1967 relatifs aux réfugiés ;
- la directive n° 2011/95/UE du Parlement européen et du Conseil du 13 décembre 2011 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Ambert, conseiller, pour statuer sur les recours dont le jugement relève des dispositions des articles L. 614-5 et L. 614-7 à L. 614-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Ambert,
- les observations de Me Daurelle, représentant M. C qui expose les moyens développés dans la requête et soutient que les voies et délais de recours ne figurent pas dans la décision litigieuse, que M. C n'a plus de membre de sa famille présent en Angola, que le requérant a passé l'essentiel de sa vie en France et qu'au regard des faits reprochés, qui s'expliquent par des problèmes d'alcool de l'intéressé, la décision est disproportionnée et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation,
- et les explications de M. C.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions en annulation de l'obligation de quitter le territoire français :
1. En premier lieu, le signataire de l'arrêté litigieux, M. B A, chef du bureau de l'asile et de l'éloignement au sein de la préfecture du Calvados, a reçu, par arrêté du 4 octobre 2023 publié au recueil des actes administratifs du département du Calvados du même jour, délégation du préfet à l'effet de signer, notamment, les décisions d'éloignement. Le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte doit ainsi être écarté.
2. En deuxième lieu, si M. C soutient que la décision attaquée méconnaît le droit d'être entendu, principe général du droit de l'Union européenne, il ressort des pièces du dossier que, par un courrier du 12 octobre 2023, remis en mains propres à l'intéressé le 13 octobre 2023, le préfet du Calvados a informé l'intéressé qu'il envisageait d'édicter à son encontre une mesure d'éloignement et qu'il était par conséquent invité à présenter ses observations et à produire des justificatifs concernant sa résidence habituelle en France depuis qu'il a atteint au plus l'âge de treize ans dans un délai d'un mois à compter de la réception de ce courrier. Il est constant que M. C n'a produit aucune observation. Il a également été entendu par les forces de l'ordre lors d'une audition du 4 avril 2024. Ainsi, l'intéressé a été mis à même de faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue sur les mesures envisagées à son encontre avant qu'elles n'interviennent. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du principe général du droit de l'Union européenne précité doit être écarté.
3. En troisième lieu, l'arrêté attaqué comporte l'énoncé des motifs de fait et de droit au regard desquels le préfet du Calvados a pris la décision attaquée. Le moyen tiré du caractère insuffisant de la motivation de l'arrêté attaqué doit ainsi être écarté.
4. En quatrième lieu, l'arrêté attaqué mentionne que M. C déclare être né le 30 septembre 1997 à Luanda en Angola, et déclare être entré en France en 2002. Il précise qu'il bénéficiait d'une protection internationale avant que, par une décision du 17 janvier 2023, l'Office français de protection des réfugiés et apatrides prononce le retrait de sa protection sur le fondement du 2° de l'article L. 511-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il mentionne également que M. C est père d'un enfant français. Au regard de ces éléments, le moyen tiré du défaut d'examen particulier de sa situation doit être écarté.
5. En cinquième lieu, si le requérant soutient que la décision attaquée méconnaît les articles L. 423-7, L. 423-21 et L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il remplit les conditions permettant l'attribution de plein droit d'un titre de séjour sur le fondement de ces dispositions, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'il ait demandé un titre de séjour sur le fondement de ces articles, n'établit en outre pas en remplir les conditions et se borne à contester dans la présente requête l'obligation de quitter le territoire français prononcée à son encontre. Le moyen doit ainsi être écarté.
6. En sixième lieu, aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
7. Il ressort des pièces du dossier que M. C, qui allègue être entré en France en 2002, déclare être en concubinage depuis quatre ans avec une personne de nationalité française et avoir également sa mère et une sœur présentes en France. M. C a un enfant de nationalité française né le 15 octobre 2023. Il est cependant constant que les liens qu'il a tissés avec son enfant se borne, compte tenu de son incarcération, à des visites au parloir et à des appels téléphoniques. Le requérant joint au dossier une copie d'écran d'une programmation de visite au parloir du centre pénitentiaire de Caen du 3 février 2024 et des enveloppes de courriers qui lui ont été adressés par sa compagne durant sa période d'incarcération. Il ressort également des pièces du dossier que M. C a fait l'objet de multiples condamnations pénales entre 2016 et 2024. Il a ainsi été condamné par un jugement du tribunal correctionnel de Paris du 13 décembre 2016 à six mois d'emprisonnement avec sursis pour des faits de récidive de vol par effraction dans un local d'habitation ou un lieu d'entrepôt, par un jugement du tribunal correctionnel de Paris du 11 avril 2017 à cinq mois d'emprisonnement avec sursis pour des faits de récidive de vol par ruse, effraction ou escalade dans un local d'habitation ou lieu d'entrepôt aggravé par une autre circonstance, par un jugement du tribunal correctionnel de Paris du 18 avril 2017 à quatre mois d'emprisonnement pour des faits de récidive de vol par ruse, effraction ou escalade dans un local d'habitation ou lieu d'entrepôt aggravé par une autre circonstance, par un jugement du tribunal correctionnel de Paris du 9 août 2018 à six mois d'emprisonnement pour des faits de récidive d'extorsion par violence, menace ou contrainte de signature, promesse, secret, fonds, valeur ou bien, par un jugement du tribunal correctionnel de Paris du 7 janvier 2019 à neuf mois d'emprisonnement dont six mois avec sursis pour des faits de récidive de vol par effraction dans un local d'habitation ou un lieu d'entrepôt et port sans motif légitime d'arme blanche ou incapacitante de catégorie D, par un jugement du tribunal correctionnel de Paris du 14 mars 2019 à soixante jours-amende à dix euros pour des faits de conduite d'un véhicule en ayant fait usage de substances ou plantes classées comme stupéfiants, par un jugement du tribunal correctionnel de Paris du 7 octobre 2019 à un an d'emprisonnement pour des faits de vol avec violence ayant entraîné une incapacité totale de travail n'excédant pas huit jours et a été placé en détention provisoire le 3 décembre 2023 par le tribunal judiciaire de Cherbourg pour des faits de détention non autorisée de stupéfiants, offre ou cession non autorisée de stupéfiants, transport non autorisé de stupéfiants, acquisition non autorisée de stupéfiants, transport sans motif légitime d'arme, munition ou de leurs éléments de catégorie C, détention non autorisée d'arme, munition, ou de leurs éléments de catégorie B et usage illicite de stupéfiants. Au regard de ce qui précède, compte tenu de la menace réelle, actuelle et suffisamment grave à l'ordre public, l'éloignement du requérant ne porte pas une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale. Le moyen tiré d'une méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit ainsi être écarté.
8. En septième lieu, si le requérant soutient que l'obligation de quitter le territoire français est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et méconnaît les articles 2 et 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et des articles 2, 4 et 19 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne dès lors qu'il risque d'être exposé à des traitements inhumains ou dégradants en cas de retour dans son pays d'origine, l'Angola, ce moyen est inopérant à l'encontre de la seule obligation de quitter le territoire français. Il doit ainsi être écarté.
9. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de l'obligation de quitter le territoire français doivent être rejetées.
Sur les conclusions en annulation de la décision ne fixant pas de délai de départ volontaire :
10. En premier lieu, ainsi qu'il a été dit au point 3, l'arrêté du 8 avril 2024 du préfet du Calvados est suffisamment motivé. Le moyen doit être écarté.
11. En deuxième lieu, les conclusions à fin d'annulation de l'obligation de quitter le territoire français étant rejetées, le moyen tiré du défaut de base légale de la décision refusant un délai de départ volontaire en conséquence de l'exception d'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français doit être écarté.
12. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". Pour les motifs énoncés au point 7, le comportement de M. C constitue une menace à l'ordre public. Si le requérant soutient que le préfet du Calvados a commis une erreur manifeste d'appréciation en estimant qu'il existe un risque qu'il se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet, le préfet du Calvados pouvait seulement se fonder sur le motif d'ordre public, prévu au 1° de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, pour édicter la décision ne fixant pas de délai de départ volontaire. Le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation et de la méconnaissance de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit ainsi être écarté.
13. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision refusant un délai de départ volontaire doivent être rejetées.
Sur les conclusions en annulation de la décision fixant le pays de destination :
14. En premier lieu, ainsi qu'il a été dit au point 3, l'arrêté du 8 avril 2024 du préfet du Calvados est suffisamment motivé. Le moyen doit être écarté.
15. En deuxième lieu, les conclusions à fin d'annulation de l'obligation de quitter le territoire français étant rejetées, le moyen tiré du défaut de base légale de la décision fixant le pays de destination en conséquence de l'exception d'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français doit être écarté.
16. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 511-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le statut de réfugié est refusé ou il y est mis fin dans les situations suivantes : / 1° Il y a des raisons sérieuses de considérer que la présence en France de la personne concernée constitue une menace grave pour la sûreté de l'Etat ; / 2° La personne concernée a été condamnée en dernier ressort en France, dans un Etat membre de l'Union européenne ou dans un Etat tiers figurant sur la liste, fixée par décret en Conseil d'Etat, des Etats dont la France reconnaît les législations et juridictions pénales au vu de l'application du droit dans le cadre d'un régime démocratique et des circonstances politiques générales soit pour un crime, soit pour un délit constituant un acte de terrorisme ou une apologie publique d'un acte de terrorisme ou puni de dix ans d'emprisonnement, et sa présence constitue une menace grave pour la société française. ". Aux termes des articles 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et 4 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ". Aux termes de l'article 14 de la directive n° 2011/95/UE du 13 décembre 2011 concernant les normes relatives aux conditions que doivent remplir les ressortissants des pays tiers ou les apatrides pour pouvoir bénéficier d'une protection internationale, à un statut uniforme pour les réfugiés ou les personnes pouvant bénéficier de la protection subsidiaire, et au contenu de cette protection : " () 4. Les États membres peuvent révoquer le statut octroyé à un réfugié par une autorité gouvernementale, administrative, judiciaire ou quasi judiciaire, y mettre fin ou refuser de le renouveler, / a) lorsqu'il existe des motifs raisonnables de le considérer comme une menace pour la sécurité de l'État membre dans lequel il se trouve ; / b) lorsque, ayant été condamné en dernier ressort pour un crime particulièrement grave, il constitue une menace pour la société de cet État membre. () ". Aux termes de l'article 21 de la même directive : " 1. Les États membres respectent le principe de non-refoulement en vertu de leurs obligations internationales. / 2. Lorsque cela ne leur est pas interdit en vertu des obligations internationales visées au paragraphe 1, les États membres peuvent refouler un réfugié, qu'il soit ou ne soit pas formellement reconnu comme tel : / a) lorsqu'il y a des raisons sérieuses de considérer qu'il est une menace pour la sécurité de l'État membre où il se trouve ; ou / b) lorsque, ayant été condamné en dernier ressort pour un crime particulièrement grave, il constitue une menace pour la société de cet État membre. / () ".
17. Il appartient à l'étranger qui conteste son éloignement de démontrer qu'il y a des raisons sérieuses de penser que, si la mesure incriminée était mise à exécution, il serait exposé à un risque réel de se voir infliger des traitements contraires à l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ou aux articles 4 et 19 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne. Toutefois, ainsi qu'il ressort de l'arrêt n° 5560/19 du 15 avril 2021 de la Cour européenne des droits de l'homme K.I. contre France, le fait que la personne ait la qualité de réfugié est un élément qui doit être particulièrement pris en compte par les autorités. Dès lors, la personne à qui le statut de réfugié a été retiré, mais qui a conservé la qualité de réfugié, ne peut être éloignée que si l'administration, au terme d'un examen approfondi de sa situation personnelle prenant particulièrement en compte cette qualité, conclut à l'absence de risque pour l'intéressé de subir un traitement prohibé par les stipulations précitées dans le pays de destination.
18. Il ressort des pièces du dossier que M. C, ressortissant angolais, déclare être entré en France en 2002. Il s'est vu accorder le statut de réfugié par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) du 31 mai 2016. Sa protection a été maintenue, par une décision de l'OFPRA du 26 mars 2018, au titre de l'unité de famille. Par une décision du 17 janvier 2023, l'OFPRA a, sur le fondement du 2° de l'article L. 511-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, mis fin à son statut de réfugié. M. C soutient qu'il risque d'être exposé à des traitements inhumains ou dégradants en cas de retour vers son pays d'origine, l'Angola, en raison de sa qualité de descendant d'un membre de l'Union nationale pour l'indépendance totale de l'Angola. L'arrêté attaqué précise que M. C s'était vu accorder le statut de réfugié au titre de l'unité de famille, sa mère ayant été reconnue réfugiée en raison de ses liens avec l'Union nationale pour l'indépendance totale de l'Angola (UNITA). Il relève que la situation en Angola a évolué depuis 2002, date de l'obtention du statut de réfugié de la mère de l'intéressé, en raison notamment de la signature d'un accord de paix le 4 avril 2002 et de la création d'une commission de réconciliation nationale en 2019 et de la position de l'UNITA qui a remporté des sièges lors des dernières élections. Il estime que M. C n'établit pas être exposé à des traitements inhumains ou dégradants en cas de retour vers son pays d'origine, l'Angola. Ces éléments ne sont pas sérieusement contredits par le requérant qui n'a, en outre, pas fait d'observation au courrier du préfet du Calvados du 12 octobre 2023 qui lui a été adressé en vue de recueillir ses observations sur le prononcé d'une éventuelle mesure d'éloignement. La préfecture du Calvados s'est ainsi livrée à un examen approfondi de sa situation, prenant particulièrement en compte sa qualité de réfugié. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré d'une erreur manifeste d'appréciation et de la méconnaissance de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, de l'article 33 de la convention de Genève 28 juillet 1951 et de la directive n° 2011/95/UE du Parlement européen et du Conseil du 13 décembre 2011 doit être écarté.
19. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision fixant le pays de destination doivent être rejetées.
20. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir soulevée par l'administration en défense, que les conclusions de la requête à fin d'annulation de l'arrêté du 8 avril 2024 du préfet du Calvados doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
21. Compte tenu de ce qui précède, les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte ne peuvent qu'être rejetées.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D et au préfet du Calvados.
Lu en audience publique le 22 mai 2024.
Le magistrat désigné,
signé
A. AmbertLa greffière,
signé
P. Lecompte
La République mande et ordonne au préfet du Calvados en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026