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AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2402909

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2402909

mardi 28 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2402909
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 24 mai 2024, M. C A demande au juge des référés d'ordonner au groupement hospitalier Brocéliande Atlantique de lui communiquer le dossier médial de son père, M. B A, décédé.

Il soutient qu'il est le fils légitime de M. B A, soupçonne sa femme d'abus de faiblesse et souhaite connaître les circonstances de son décès.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Plumerault, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 522-3 du code de justice administrative : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

2. En premier lieu, alors qu'il existe différents types de référés ayant des finalités distinctes, même motivés par l'urgence, et régis par des procédures distinctes, conformément aux dispositions du titre II du livre V du code de justice administrative, et notamment des articles L. 521-1 et L. 521-3 dudit code, M. A n'a pas précisé explicitement le fondement juridique de sa demande mais se borne à déclarer saisir le tribunal administratif " en référé ". Il en résulte que sa requête est manifestement irrecevable.

3. En second lieu, aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ". Saisi sur ce fondement d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. S'il peut en particulier ordonner, lorsque les conditions posées par l'article L. 521-3 sont réunies, la communication de documents administratifs, sans qu'il soit besoin que le requérant ait au préalable saisi la commission d'accès aux documents administratifs, les pouvoirs qu'il tient de ces dispositions ne peuvent le conduire à faire obstacle à l'exécution de la décision, explicite ou implicite, par laquelle l'autorité administrative a rejeté la demande de communication de documents qui lui a été présentée.

4. M. C A, désireux de comprendre les causes du décès de son père, M. B A, survenu le 26 septembre 2023 au groupement hospitalier Brocéliande Atlantique, a sollicité de cet établissement, par courrier du 4 janvier 2024, la communication de l'entier dossier médical de son père. Par courrier du 10 janvier 2024, la directrice adjointe du groupement hospitalier a refusé cette communication au motif que le père du requérant avait exprimé le souhait que les informations relatives à sa santé soient communiquées uniquement à son épouse. M. C A a saisi la commission d'accès aux documents administratifs qui a émis le 15 avril 2024 un avis défavorable.

5. Ainsi, à supposer que la requête de M. A puisse être regardée comme fondée sur les dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, la mesure qu'il sollicite en référé ferait obstacle à l'exécution de la décision de refus du 10 janvier 2024 de la directrice adjointe du groupement hospitalier. Au surplus, M. A, à qui il appartient, en application de l'article R. 522-1 du code de justice administrative, de justifier de l'urgence de l'affaire, n'établit ni même n'expose en quoi la communication du dossier médical de son père présenterait un caractère d'urgence justifiant l'intervention du juge des référés sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.

6. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de faire application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative et de rejeter la requête de M. A, auquel il appartient seulement, s'il s'y croit fondé, de demander l'annulation pour excès de pouvoir de la décision du 10 janvier 2024.

.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A.

Copie en sera adressée pour information au groupement hospitalier Brocéliande Atlantique.

Fait à Rennes, le 28 mai 2024.

Le juge des référés,

signé

F. Plumerault

La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

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