vendredi 20 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2402931 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | NOHE-THOMAS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 24 mai 2024 et le 22 août 2024, M. C A, représenté par Me Nohe-Thomas, demande au tribunal :
1°) de lui accorder l'aide juridictionnel à titre provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 22 avril 2024 par lequel le préfet du Finistère a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi, lui a interdit le retour sur le territoire d'une durée d'un an et lui a fait obligation de se présenter une fois par semaine au commissariat de Brest ;
3°) d'enjoindre au préfet du Finistère de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " salarié ", à titre subsidiaire, de réexaminer sa demande de titre de séjour, l'ensemble dans le délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard et, dans l'attente, de lui accorder une autorisation provisoire de séjour dans un délai de 8 jours à compter de la notification du jugement ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridictionnelle et de l'article L. 761-1 du Code de justice administrative, moyennant renonciation de l'avocat à percevoir la contribution versée par l'État au titre de l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
l'arrêté a été signé par une autorité incompétente ;
En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :
- elle est entachée d'un défaut de motivation et d'examen de sa situation ;
- elle méconnaît les articles L. 421-1 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation ;
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle se trouve privée de base légale pour être fondée sur la décision de refus de séjour illégale ;
- elle est entachée d'un défaut de motivation et d'examen de sa situation ;
- elle méconnaît l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elle méconnaît les stipulations du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
En ce qui concerne la décision fixant le pays d'éloignement :
- elle se trouve privée de base légale pour être fondée sur la décision d'éloignement illégale ;
- elle est entachée d'un défaut de motivation et d'examen de sa situation ;
- elle est entachée d'une erreur de fait substantielle dans l'application de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
En ce qui concerne la décision fixant une interdiction de retour sur le territoire d'une année :
- elle se trouve privée de base légale pour être fondée sur la décision d'éloignement illégale ;
- elle est entachée d'un défaut de motivation et d'examen de sa situation ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elle méconnaît les stipulations du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
En ce qui concerne l'obligation de se présenter au commissariat :
- elle se trouve privée de base légale pour être fondée sur la décision portant obligation de quitter le territoire français illégale ;
- elle est inutile et disproportionnée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 août 2024, le préfet du Finistère conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens soulevés par M. A n'est fondé.
Par une décision du 30 mai 2024 du bureau d'aide juridictionnelle du tribunal judiciaire de Rennes, M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
-la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- Le rapport de M. Radureau,
- et les observations de Me Nohe-Thomas représentant M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant ghanéen né le 11 juin 1983, est entré en France le 2 novembre 2020 en qualité d'étudiant. Il a obtenu un master délivré par la Business School de Brest le 14 décembre 2021. Il a par la suite obtenu une carte de séjour portant la mention " Recherche d'emploi-Création d'entreprise ", valide jusqu'au 23 janvier 2023. N'ayant pu mener à bien ses projets il a travaillé dans le domaine du maraîchage et a sollicité le 30 novembre 2023 la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " salarié ", sur le fondement de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour l'exercice d'une activité de comptable à temps partiel ou un titre de séjour à titre exceptionnel sur le fondement de l'l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 22 avril 2024, le préfet du Finistère a rejeté sa demande de titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de 30 jours, a fixé le pays à destination duquel il sera, le cas échéant, renvoyé, a prononcé une interdiction de retour sur le territoire d'une durée d'un an et lui a fait obligation de se présenter une fois par semaine au commissariat de Brest.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne les moyens communs aux décisions :
2. En premier lieu, M. François Drapé, secrétaire général de la préfecture du Finistère, signataire de l'arrêté contesté, a reçu, par arrêté du 26 février 2024, régulièrement publié au recueil des actes administratifs N°29-2024-024 le 01 mars 2024, délégation de signature du préfet du Finistère aux fins de signer l'ensemble des décisions attaquées. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de ces décisions doit être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police. () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. ". Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () / 3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, le renouvellement du titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de l'autorisation provisoire de séjour qui lui avait été délivré ou s'est vu retirer un de ces documents (). ". Aux termes de l'article L. 613-1 du même code :" La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. () / Dans le cas prévu au 3° de l'article L. 611-1, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision relative au séjour. () ".
4. L'arrêté attaqué vise les textes dont il fait application, notamment la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, la convention internationale relative aux droits de l'enfant. Il comporte également les considérations de fait sur lesquels il se fonde notamment les éléments pertinents relatifs aux conditions du séjour de M. A en France. L'arrêté, qui n'est pas tenu d'énumérer l'ensemble des éléments du dossier, comporte ainsi les considérations de droit et de fait qui en constitue le fondement. La décision de refus de titre de séjour étant suffisamment motivé, celle portant obligation de quitter le territoire français, qui vise les dispositions permettant au préfet d'édicter une telle décision, n'avait pas à faire l'objet d'une motivation distincte, par application des dispositions de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Enfin la décision fixant le pays d'éloignement comporte une motivation en droit et en fait. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de l'arrêté attaqué refusant de délivrer un titre de séjour, faisant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays d'éloignement doit être écarté.
5. En troisième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet du Finistère aurait entaché l'arrêté attaqué d'un défaut d'examen complet de la situation de M. A. La circonstance que l'arrêté comporterait des erreurs ou des imprécisions sur les dates de naissance de ses enfants ou la situation de son épouse, qui fait également l'objet d'une mesure d'éloignement, sont en-elles-mêmes sans incidence sur le sens de la décision attaquée et ne sont pas de nature à établir l'existence d'un examen insuffisant de la demande de M. A. Par suite, ce moyen doit être écarté.
En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :
6. En premier lieu, aux termes de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui exerce une activité salariée sous contrat de travail à durée indéterminée se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " d'une durée maximale d'un an. / La délivrance de cette carte de séjour est subordonnée à la détention préalable d'une autorisation de travail, dans les conditions prévues par les articles L. 5221-2 et suivants du code du travail () ". Il ressort des pièces du dossier que M. A n'était pas titulaire du visa requis par l'article L. 5221-2 du code du travail requis pour l'obtention d'un titre de séjour sur le fondement des dispositions précitées de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le préfet du Finistère a pu refuser, pour ce motif, de lui délivrer un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 421-1.
7. En deuxième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
8. M. A fait valoir qu'il présente un parcours universitaire réussi depuis son arrivée en France en novembre 2020, que sa femme, sous couvert d'un visa étudiant, et ses deux enfants, nés en mai 2012 et juin 2015 sont venus le rejoindre le 21 mars 2023 et sont scolarisés, que son troisième enfant B A, né le 2 janvier 2024, souffre d'une grave pathologie nécessitant des soins en France, qu'il a travaillé de juin 2021 à novembre 2022 dans le maraîchage et qu'il a signé le 28 août 2023, un contrat de travail à durée indéterminée en tant que comptable à temps partiel (8 heures par semaine) avec l'association " Profession Sport et Loisirs Bretagne ", son temps de travail ayant vocation à augmenter par la suite, et enfin qu'il est investi dans diverses associations. Cependant, M. A comme son épouse, qui fait également l'objet d'une mesure d'éloignement en date du 6 mai 2024, sont venus sur le territoire en qualité d'étudiant et n'avaient pas vocation à y rester. La durée du séjour de M. A en France est récente et les circonstances qu'il a travaillé dans le maraîchage et exerce désormais une activité de comptable à temps partiel ne permettent pas d'établir l'existence de liens anciens et stables en France. M. A dont la famille a essentiellement vécu dans son pays d'origine n'apparaît pas y être dépourvu de toutes attaches familiales. Dans ces conditions, en prenant la décision contestée, le préfet du Finistère n'a pas porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale et n'a, par suite, pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes motifs, le préfet n'a pas commis d'erreur dans l'appréciation des conséquences de sa décision sur la situation personnelle de l'intéressé.
9. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "salarié", "travailleur temporaire" ou "vie privée et familiale", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 ".
10. En présence d'une demande de régularisation présentée sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'autorité administrative doit d'abord vérifier si des considérations humanitaires ou des motifs exceptionnels justifient la délivrance d'une carte portant la mention " vie privée et familiale ", ensuite, en cas de motifs exceptionnels, si la délivrance d'une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " ou " travailleur temporaire " est envisageable. Dans ce dernier cas, il appartient à l'autorité administrative, sous le contrôle du juge, d'examiner, notamment, si la qualification, l'expérience et les diplômes de l'étranger ainsi que les caractéristiques de l'emploi auquel il postule, de même que tout élément de sa situation personnelle dont l'étranger ferait état à l'appui de sa demande, tel que par exemple, l'ancienneté de son séjour en France, peuvent constituer, en l'espèce, des motifs exceptionnels d'admission au séjour de nature à permettre la délivrance, dans ce cadre, d'une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ".
11. D'une part, les éléments relatifs à sa situation en France dont fait état M. A, tels que rappelés au point 8 du présent jugement, ainsi que les circonstances qu'il maîtriserait le français, ne serait pas polygame, ne troublerait pas l'ordre public, que son fils serait souffrant ne suffisent pas à établir que cette situation relèverait des considérations humanitaires ou des motifs exceptionnels justifiant son admission exceptionnelle au séjour au titre de sa vie privée et familiale. Par suite, en refusant de délivrer un titre de séjour à M. A sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet de la Loire-Atlantique n'a pas commis d'erreur manifeste dans l'appréciation de la situation de l'intéressé.
12. D'autre part, le préfet du Finistère, ne s'est pas fondé sur l'absence de visa de long séjour ou sur l'absence de contrat de travail visé par la direction régionale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités pour refuser de délivrer à M. A une carte de séjour portant la mention " salarié " ou " travailleur temporaire " au titre de l'admission exceptionnelle au séjour prévue par les dispositions précitées. Par ailleurs, un demandeur qui justifie d'un contrat lui permettant d'exercer une activité ne saurait être regardé, par principe, comme attestant, par là même, des motifs exceptionnels exigés par la loi. A cet égard, compte tenu des éléments se rapportant à l'emploi exercé par M. A et aux autres éléments produits au dossier relatifs à sa situation professionnelle, c'est sans erreur manifeste d'appréciation que le préfet du Finistère n'a pas fait usage de son pouvoir discrétionnaire pour régulariser la situation de M. A.
13. Il résulte de ce qui précède que les conclusions dirigées contre le refus de titre de séjour doivent être rejetées.
En ce qui concerne les autres décisions :
14. Aux termes des dispositions de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ".
15. Si la légalité d'une décision s'apprécie à la date à laquelle elle a été prise, il appartient au juge de tenir compte des justifications apportées devant lui, dès lors qu'elles attestent de faits antérieurs à la décision critiquée, même si ces éléments n'ont pas été portés à la connaissance de l'administration avant qu'elle se prononce.
16. Il ressort des pièces du dossier et en particulier des documents médicaux versés par M. A, notamment un certificat en date du 24 mai 2024, que son fils né le 2 janvier 2024 souffre d'une pathologie chronique grave nécessitant la prise d'un traitement pluriquotidien avec un risque vital en cas d'arrêt du traitement. Compte tenu du jeune âge de cet enfant et de l'absence de certitude qu'il pourra, en cas d'éloignement, poursuivre son traitement, le préfet du Finistère qui connaissait l'existence des problèmes de santé affectant B, le 3ième enfant de M. A, mais pouvait en ignorer la gravité, n'a pas porté une attention à l'intérêt supérieur de cet enfant et méconnu les stipulations du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
17. Il résulte de ce qui précède que la décision faisant obligation à M. A de quitter le territoire français doit être annulée. Il en va de même, par voie de conséquence, des décisions fixant le pays d'éloignement, prononçant une interdiction de retour sur le territoire et lui faisant obligation de se présenter une fois par semaine au commissariat de Brest.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
18. Aux termes des dispositions de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Si la décision portant obligation de quitter le territoire français est annulée, il est immédiatement mis fin aux mesures de surveillance prévues aux articles L. 721-6, L. 721-7, L. 731-1, L. 731-3, L. 741-1 et L. 743-13, et l'étranger est muni d'une autorisation provisoire de séjour jusqu'à ce que l'autorité administrative ait à nouveau statué sur son cas ".
19. L'exécution du présent jugement implique seulement, conformément aux dispositions de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le réexamen de la situation de M. A, ainsi que la délivrance à l'intéressé d'une autorisation provisoire de séjour jusqu'à ce que l'autorité administrative ait à nouveau statué sur son cas. Il y a lieu, par suite, sans qu'il soit nécessaire de prononcer une astreinte, d'enjoindre au préfet du Finistère de procéder à ce réexamen dans un délai de deux mois.
Sur les frais liés au litige :
20. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce de faire droit aux conclusions présentées par M. A sur le fondement des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Les articles 2, 3, 4, 5 et 6 de l'arrêté n° 29-2024-218 du 22 avril 2024 du préfet du Finistère sont annulés.
Article 2 : Il est enjoint au préfet du Finistère de réexaminer la situation administrative de M. A dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement et de délivrer à l'intéressée, dans cette attente, une autorisation provisoire de séjour.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et au préfet du Finistère.
Délibéré après l'audience du 6 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Radureau, président,
M. Grondin, premier conseiller ;
Mme Villebesseix, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 septembre 2024.
Le président-rapporteur,
signé
C. Radureau
L'assesseur le plus ancien,
signé
T. Grondin La greffière d'audience,
signé
A. Bruézière
La République mande et ordonne au préfet du Finistère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026