vendredi 14 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2403065 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Eloignement urgent |
| Avocat requérant | CIMADE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 3 juin 2024 à 15h46, M. D C, alors placé en rétention administrative à Rennes-Saint-Jacques-de-la-Lande (Ille-et-Vilaine), représenté par Me Oueslati, avocat commis d'office, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 1er juin 2024 par lequel le préfet d'Ille-et-Vilaine le maintient en rétention administrative ;
2°) à titre subsidiaire, avant dire droit, de transmettre à la Cour de justice de l'Union européenne une question préjudicielle portant sur la conformité des dispositions de l'article L. 754-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile avec l'objectif précis et inconditionnel de l'article 8 de la directive 2013/33/UE du 26 juin 2013 et l'article 6 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne et de demander à la cour de justice d'examiner cette demande selon la procédure d'urgence prévues aux articles 107 et suivants du règlement de procédure.
Il soutient que :
- l'arrêté est entaché d'incompétence de son auteur ;
- il est entaché d'une insuffisance de motivation ;
- il méconnaît l'article L. 754-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- il est entaché d'erreurs manifestes d'appréciation ;
- l'article L. 754-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile sont incompatibles avec l'article 8 de la directive européenne 2013/33/UE et avec l'article 6 de la charte des droits fondamentaux et la directive Union européenne.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 juin 2024, le préfet d'Ille-et-Vilaine conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu :
- la décision du 7 juin 2024 de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) et la preuve de sa notification à M. C le 12 juin 2024 à 10 h 30 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- le traité sur le fonctionnement de l'Union européenne ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la directive 2013/33/UE du 26 juin 2013 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Villebesseix, conseillère, pour statuer sur les recours dont le jugement relève des dispositions des articles L. 614-5 et L. 614-7 à 13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Villebesseix,
- les observations de Me Oueslati, représentant M. C qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens ; elle insiste sur le moyen tiré de l'erreur de droit en faisant valoir qu'il ne ressort ni des pièces ni des termes de la décision litigieuse que la demande d'asile aurait été faite dans un but dilatoire ; elle rappelle qu'il s'agit d'une première demande et soutient que M. C a effectué des démarches pour présenter une demande d'asile lorsqu'il était en détention dont il ne peut cependant pas justifier ; elle relève qu'il a indiqué au cours de son audition " avant j'avais peur " ;
- M. C n'a pas souhaité présenter d'observations ;
- les observations de M. B, représentant le préfet d'Ille-et-Vilaine qui confirme l'intégralité de ses écritures ; il insiste sur le fait que l'intéressé n'a pas ni dans le cadre de son recours contre la décision fixant le pays de renvoi ni au cours de son audition du 27 avril 2023 fait valoir des craintes en cas de retour dans son pays d'origine, qu'il n'a pas évoqué de problème de religion, qu'il n'a déposé aucune demande d'asile en détention et n'a déposé sa demande en rétention qu'après le rejet de l'ensemble de ses recours dirigés contre les arrêtés fixant le pays de renvoi et le plaçant en rétention ; il relève qu'il n'apporte pas davantage d'explication à l'audience sur ses craintes et que sa demande d'asile a été rejetée.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, de nationalité algérienne, déclare être entré en France au cours de l'année 2020. Il a fait l'objet d'un arrêté portant obligation de quitter le territoire français sans délai et interdiction de retour sur le territoire national pour une durée d'un an le 30 mai 2021 qui a été confirmé par un jugement du tribunal administratif de Rennes du 8 juin 2021. Par une ordonnance du 27 octobre 2022, il a été placé en détention provisoire. Par un jugement du 26 décembre 2022, M. C a été condamné à une peine d'emprisonnement de trois ans et à titre complémentaire à une interdiction de retour sur le territoire français de cinq ans. Par un arrêt du 28 avril 2023, la Cour d'appel de Rennes a infirmé ce jugement en prononçant une peine d'emprisonnement de trente mois et une interdiction définitive de retour sur le territoire français. M. C a fait l'objet d'un arrêté fixant le pays de renvoi le 5 mai 2023 qui a été confirmé par un jugement du tribunal de Rennes du 31 mai 2024. Il a été placé en rétention administrative par un arrêté du 27 mai 2024 après sa levée d'écrou. Il a déposé un recours contre l'arrêté de placement en rétention administratif. Par une ordonnance du 29 mai 2024 confirmée par la Cour d'appel de Rennes le 30 mai 2024, le juge des libertés et de la détention a ordonné la prolongation de la rétention de l'intéressé pour vingt-huit jours. Il a sollicité l'asile le 1er juin 2024 au centre de rétention administrative de Rennes. Par un arrêté du 1er juin 2024, le préfet d'Ille-et-Vilaine a décidé de son maintien en rétention. M. C demande l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions principales aux fins d'annulation :
2. En premier lieu, la décision attaquée a été signée par M. Pierre Larrey, secrétaire général de la préfecture d'Ille-et-Vilaine, sous-préfet de Rennes. Il disposait d'une délégation de signature du préfet d'Ille-et-Vilaine du 9 octobre 2023 régulièrement publiée le même jour au recueil des actes administratifs, aux fins de signer notamment les mesures d'éloignement. Cette délégation qui précise que M. A est compétent pour signer tous actes, arrêtés, décisions, rapports, correspondances et documents relevant des attributions de l'État dans le département d'Ille-et-Vilaine ne présente pas un caractère trop général. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision attaquée doit être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 754-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Si la France est l'État responsable de l'examen de la demande d'asile et si l'autorité administrative estime, sur le fondement de critères objectifs, que cette demande est présentée dans le seul but de faire échec à l'exécution de la décision d'éloignement, elle peut prendre une décision de maintien en rétention de l'étranger pendant le temps strictement nécessaire à l'examen de sa demande d'asile par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et, en cas de décision de rejet ou d'irrecevabilité de celle-ci, dans l'attente de son départ. Cette décision de maintien en rétention n'affecte ni le contrôle ni la compétence du juge des libertés et de la détention exercé sur le placement et le maintien en rétention en application du chapitre III du titre IV. La décision de maintien en rétention est écrite et motivée.
A défaut d'une telle décision, il est immédiatement mis fin à la rétention et l'autorité administrative compétente délivre à l'intéressé l'attestation mentionnée à l'article L. 521-7. ".
4. L'arrêté litigieux qui vise notamment les dispositions des articles L. 754-1 à L. 754-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile comporte la mention des circonstances de droit et de fait qui en constituent le fondement dont notamment les motifs qui, selon lui, démontrent que la demande d'asile du requérant est dilatoire. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.
5. En troisième lieu, en l'espèce, le requérant a déposé pour la première fois une demande d'asile le 1er juin 2024 alors qu'il était placé en rétention administrative après que le juge des libertés et de la détention et la cour d'appel de Rennes ont rejeté ses recours dirigés contre la décision de placement en rétention et la prolongation de cette mesure. Il n'apparaît pas qu'il aurait entrepris des démarches depuis son arrivée en France en 2020 pour déposer une demande d'asile y compris lorsqu'il était en détention et il n'est pas contesté qu'à l'occasion des recours formés en 2021 et 2024 contre l'obligation de quitter le territoire sans délai, l'interdiction de retour sur le territoire français et l'assignation à résidence et contre la décision fixant le pays de renvoi, il n'a pas fait valoir l'existence de craintes en cas de retour dans son pays. Par ailleurs, il n'a pas indiqué au cours de son audition aux fins de vérification du droit de circulation ou de séjour réalisée le 27 avril 2023 être venu en France en raison de craintes pour sa sécurité en Algérie ni sollicité à cette occasion l'asile. Enfin, il ne produit aucun élément permettant d'établir la réalité de ses allégations concernant ses craintes en cas de retour dans son pays. Dans ces conditions, le préfet d'Ille et Vilaine n'a pas méconnu l'article L. 754-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers ni commis d'erreur manifeste d'appréciation en considérant que le dépôt par M. C d'une demande d'asile était dilatoire.
6. En quatrième lieu, le requérant ne peut utilement soutenir qu'il présenterait des garanties de représentation à l'appui de la contestation de la mesure de maintien en rétention dès lors qu'il ressort des dispositions précitées de l'article L. 754-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que le maintien en rétention administrative n'est pas conditionné par l'absence de garanties de représentation suffisantes mais est prononcé lorsque l'étranger placé en rétention administrative présente une demande d'asile dans le seul but de faire échec à une mesure d'éloignement. Par suite, ce moyen doit être écarté comme inopérant.
7. En cinquième lieu, aux termes de l'article 6 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " Toute personne a droit à la liberté et à la sûreté ". L'article 6 du traité sur l'Union européenne stipule que : " 1. L'Union reconnaît les droits, les libertés et les principes énoncés dans la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne du 7 décembre 2000, telle qu'adaptée le 12 décembre 2007 à Strasbourg, laquelle a la même valeur juridique que les traités ". Aux termes de l'article 8 de la directive 2013/33/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale : " 1. Les États membres ne peuvent placer une personne en rétention au seul motif qu'elle est un demandeur conformément à la directive 2013/32/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 relative à des procédures communes pour l'octroi et le retrait de la protection internationale. / 2. Lorsque cela s'avère nécessaire et sur la base d'une appréciation au cas par cas, les États membres peuvent placer un demandeur en rétention, si d'autres mesures moins coercitives ne peuvent être efficacement appliquées. / 3. Un demandeur ne peut être placé en rétention que : / () / d) lorsque le demandeur est placé en rétention dans le cadre d'une procédure de retour au titre de la directive 2008/115/CE du Parlement européen et du Conseil du 16 décembre 2008 relative aux normes et procédures communes applicables dans les États membres au retour des ressortissants de pays tiers en séjour irrégulier, pour préparer le retour et/ou procéder à l'éloignement, et lorsque l'État membre concerné peut justifier sur la base de critères objectifs, tels que le fait que le demandeur a déjà eu la possibilité d'accéder à la procédure d'asile, qu'il existe des motifs raisonnables de penser que le demandeur a présenté la demande de protection internationale à seule fin de retarder ou d'empêcher l'exécution de la décision de retour ; / () / 4. Les motifs du placement en rétention sont définis par le droit national () ".
8. Aux termes de l'article L. 741-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut placer en rétention, pour une durée de quarante-huit heures, l'étranger qui se trouve dans l'un des cas prévus à l'article L. 731-1 lorsqu'il ne présente pas de garanties de représentation effectives propres à prévenir un risque de soustraction à l'exécution de la décision d'éloignement et qu'aucune autre mesure n'apparaît suffisante à garantir efficacement l'exécution effective de cette décision. Le risque mentionné au premier alinéa est apprécié selon les mêmes critères que ceux prévus à l'article L. 612-3 ou au regard de la menace pour l'ordre public que l'étranger représente. ". Aux termes de l'article L. 612-3 de ce code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; 2° L'étranger s'est maintenu sur le territoire français au-delà de la durée de validité de son visa ou, s'il n'est pas soumis à l'obligation du visa, à l'expiration d'un délai de trois mois à compter de son entrée en France, sans avoir sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; 3° L'étranger s'est maintenu sur le territoire français plus d'un mois après l'expiration de son titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de son autorisation provisoire de séjour, sans en avoir demandé le renouvellement ; 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français ; 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ; 6° L'étranger, entré irrégulièrement sur le territoire de l'un des États avec lesquels s'applique l'acquis de Schengen, fait l'objet d'une décision d'éloignement exécutoire prise par l'un des États ou s'est maintenu sur le territoire d'un de ces États sans justifier d'un droit de séjour ; 7° L'étranger a contrefait, falsifié ou établi sous un autre nom que le sien un titre de séjour ou un document d'identité ou de voyage ou a fait usage d'un tel titre ou document ; 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ou qu'il s'est précédemment soustrait aux obligations prévues aux articles L. 721-6 à L. 721-8, L. 731-1, L. 731-3, L. 733-1 à L. 733-4, L. 733-6, L. 743-13 à L. 743-15 et L. 751-5. ".
9. Les dispositions du paragraphe 3 de l'article 8 de la directive n° 2013/33 énumèrent de manière exhaustive les différents motifs susceptibles de justifier un placement en rétention et chacun de ces motifs répond à un besoin spécifique tout en revêtant un caractère autonome. S'agissant des ressortissants des États tiers qui demandent le bénéfice d'une protection internationale alors qu'ils sont déjà placés en rétention en vue de l'exécution d'une décision de retour, les dispositions du d) de ce paragraphe 3 de l'article 8 de la directive mettent en œuvre un des principes généraux du droit de l'Union européenne en vertu duquel les États membres sont en droit de réprimer les abus de droit. Ce principe a été rappelé notamment par la décision C-534/11 de la Cour de justice de l'Union européenne du 30 mai 2013. Dans cette décision, la Cour a dit pour droit que les dispositions des directives du 27 janvier 2003 relative à des normes minimales pour l'accueil des demandeurs d'asile dans les États membres et du 1er décembre 2005 relative à des normes minimales concernant la procédure d'octroi et de retrait du statut de réfugié dans les États membres ne s'opposent pas à ce que le ressortissant d'un pays tiers ayant présenté une demande d'asile alors qu'il était placé en rétention administrative soit maintenu en rétention sur la base d'une disposition nationale lorsqu'il apparaît, au terme d'un examen au cas par cas de l'ensemble des circonstances pertinentes, d'une part, que cette demande a été introduite dans le seul but de retarder ou de compromettre l'exécution de la décision de retour et, d'autre part, qu'il est objectivement nécessaire de maintenir la mesure de rétention pour éviter que l'intéressé se soustraie définitivement à son retour.
10. La rétention d'un demandeur d'une protection internationale constitue une ingérence grave dans le droit à la liberté de ce dernier et doit ainsi être soumise, ainsi que l'a rappelé notamment la décision C-528/15 de la Cour de justice de l'Union européenne du 15 mars 2017, au respect des garanties strictes découlant de l'article 6 de la charte des droits fondamentaux de l'Union et de l'article 5 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, à savoir la présence d'une base légale, la clarté, la prévisibilité et l'accessibilité de la loi et la protection contre l'arbitraire. Les dispositions précitées du d) du paragraphe 3 de l'article 8 de la directive n° 2013/33 doivent ainsi être également interprétées au regard de ces exigences.
11. En l'espèce, le requérant fait valoir que les dispositions du code de l'entrée et du séjour relatives au maintien en rétention sont incompatibles avec l'article 8 de la directive du 26 juin 2013 et l'article 6 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne dès lors que ces dispositions ne prévoient pas la possibilité d'édicter une mesure moins contraignante que le placement en rétention administrative.
12. La décision de maintien en rétention est précédée d'un arrêté par lequel le préfet décide du placement en rétention administrative de l'étranger après avoir estimé que celui-ci ne présentait pas les garanties de représentation effectives propres à prévenir un risque de soustraction à l'exécution de la décision d'éloignement et qu'aucune autre mesure n'apparaît suffisante à garantir efficacement l'exécution effective de cette décision, ce qui justifie son placement en rétention administrative. Ce risque est apprécié par l'autorité administrative au regard des critères prévus par l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile auquel renvoi l'article L. 741-1 de ce code. Ainsi, la décision de maintien en rétention est édictée après que le préfet ait vérifié que d'autres mesures moins coercitives n'auraient pas pu être prises. La circonstance que l'intéressé, qui peut contester son placement en rétention administrative devant le juge des libertés et de la détention, présente en rétention une demande d'asile, n'est pas de nature à remettre en cause l'appréciation portée par le préfet sur les garanties de représentation de l'intéressé. En outre, les dispositions contestées ne s'opposent pas à ce que le préfet qui constaterait compte tenu de nouveaux éléments que des mesures moins coercitives pourraient être prises, mette fin au placement en rétention de l'étranger concerné. Par suite, les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile sont conformes à l'article 8 de la directive européenne 2013/33/UE et à l'article 6 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne et le moyen tiré de l'inconventionnalité de ces dispositions doit être écarté.
13. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête sont rejetées.
Sur les conclusions subsidiaires aux fins de renvoi d'une question préjudicielle :
14. Aux termes de l'article 267 du Traité sur le fonctionnement de l'Union européenne : " La Cour de justice de l'Union européenne est compétente pour statuer, à titre préjudiciel : a) sur l'interprétation des traités, b) sur la validité et l'interprétation des actes pris par les institutions, organes ou organismes de l'Union. ".
15. En l'espèce, la question préjudicielle dont le requérant demande la transmission à la cour de justice de l'Union européenne porte sur la conformité des dispositions des articles L. 754-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile avec l'objectif précis et inconditionnel de l'article 8 de la directive 2013/33/UE et avec l'article 6 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne. Elle ne concerne ni l'interprétation des traités ni la validité et l'interprétation des actes pris par les institutions, organes ou organismes de l'Union. Par suite, les conclusions aux fins de transmission d'une question préjudicielle doivent être rejetées et le requérant doit être regardé, compte tenu de l'argumentation développée, comme invoquant le moyen tiré de l'inconventionnalité des articles L. 754-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile par rapport à l'article 8 de la directive 2013/33/UE et l'article 6 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne auquel il a été répondu au point 12.
16. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions subsidiaires aux fins de transmission d'une question préjudicielle sont rejetées.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D C et au préfet d'Ille-et-Vilaine.
.
Lu en audience publique, le 14 juin 2024.
La magistrate désignée,
signé
J. Villebesseix La greffière d'audience,
signé
J. Jubault
La République mande et ordonne au préfet d'Ille-et-Vilaine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2403065
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
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01/06/2026