jeudi 4 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2403077 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Eloignement urgent |
| Avocat requérant | THEBAULT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 4 juin 2024, M. D A C, doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler l'arrêté du 27 mai 2024 par lequel le préfet d'Ille-et-Vilaine lui a fait obligation de quitter, sans délai, le territoire français, a fixé le pays de destination et lui a fait interdiction de retourner sur le territoire français pour une durée de trois ans.
Il soutient qu'il souhaite faire un recours contre l'arrêté du 27 mai 2024.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 juin 2024, le préfet d'Ille-et-Vilaine conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que la requête est dépourvue de bien-fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Le Berre, conseillère, pour statuer sur les recours dont le jugement relève des dispositions des articles L. 614-5 et L. 614-7 à 13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Le Berre ;
- les observations de Me Thébault, avocat commis d'office, représentant M. A C qui souhaite soulever un moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation dès que le requérant, qui a été placé en semi-liberté, présente des garanties sérieuses de réinsertion. Par ailleurs, un ami qui vit en région parisienne pourrait lui proposer un contrat de travail ;
- les explications de M. A C, assisté d'une interprète, qui déclare être en France depuis plus de deux ans et qu'il souhaite rester sur le territoire français. Il affirme également vouloir travailler et aimer la culture française ;
- et les observations de M. B, représentant le préfet d'Ille-et-Vilaine, qui affirme que le requérant est célibataire et qu'il n'y a pas d'erreur manifeste d'appréciation.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. A C, ressortissant brésilien, est entré en France en 2021 selon ses déclarations. Actuellement incarcéré au centre pénitentiaire Rennes-Vezin, M. A C a été condamné, le 26 janvier 2024, à un an d'emprisonnement pour des faits, notamment, d'escroquerie, vol dans un local d'habitation ou un lieu d'entrepôt ainsi que vol avec violence ayant entraîné une incapacité totale de travail. Par arrêté du 27 mai 2024, le préfet d'Ille-et-Vilaine l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans. M. A C demande au tribunal d'annuler cet arrêté.
Sur les conclusions d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ; (). 5° Le comportement de l'étranger qui ne réside pas régulièrement en France depuis plus de trois mois constitue une menace pour l'ordre public ; 6° L'étranger qui ne réside pas régulièrement en France depuis plus de trois mois a méconnu les dispositions de l'article L. 5221-5 du code du travail. () ".
3. En l'espèce, si M. A C soutient que la décision du 27 mai 2024 est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, il ressort toutefois des pièces du dossier que le requérant est entré irrégulièrement sur le territoire français, qu'il est défavorablement connu des services de police et qu'il a, à cet égard, fait l'objet d'une peine d'emprisonnement et, enfin, qu'il a déclaré lui-même avoir travaillé illégalement dans le secteur du bâtiment. Au surplus, M. A C est célibataire, sans charge de famille, et il n'a jamais allégué ne plus avoir d'attaches familiales dans son pays d'origine. Eu égard à l'ensemble de ces éléments, le préfet d'Ille-et-Vilaine n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en édictant l'arrêté litigieux portant obligation de quitter le territoire français.
4. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation doivent être rejetées.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. A C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D A C et au préfet d'Ille-et-Vilaine.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 juillet 2024.
La rapporteure,
signé
A. Le Berre
La greffière d'audience
signé
A. Gauthier
La République mande et ordonne au préfet d'Ille-et-Vilaine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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