lundi 17 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2403200 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Eloignement urgent |
| Avocat requérant | CIMADE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 11 et 17 juin 2024, M. B D, alors placé en rétention administrative à Rennes-Saint-Jacques-de-la-Lande (Ille-et-Vilaine), représenté par Me Gonultas, avocat commis d'office, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 7 juin 2024 par lequel le préfet d'Ille-et-Vilaine fixe le pays de renvoi pour l'exécution de la décision d'interdiction définitive du territoire français prononcée par le tribunal judiciaire de Saint-Nazaire en date du 31 janvier 2023 ;
2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 200 euros en application des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté a été pris en méconnaissance des articles L. 121-1 et L. 121-2 du code des relations entre le public et l'administration ;
- il est entaché d'un vice d'incompétence ;
- il est insuffisamment motivé ;
- il n'a pas été précédé d'un examen suffisant de sa situation personnelle ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- il est entaché d'une erreur de droit.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 juin 2024, le préfet d'Ille-et-Vilaine conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu :
- l'ordonnance du 12 juin 2024 par laquelle le juge des libertés et de la détention a prolongé la rétention de M. D pour un délai maximum de vingt-huit jours ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991, notamment son article 19-1 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Tronel, président, pour statuer sur les recours dont le jugement relève des dispositions des articles L. 614-5 et L. 614-7 à 13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Tronel,
- les observations de Me Gonultas, représentant M. D, qui développe les moyens exposés dans ses écritures,
- les observations de M. C, représentant le préfet d'Ille-et-Vilaine,
M. D a refusé de se rendre à l'audience.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. D, ressortissant tunisien, a fait l'objet d'une décision d'interdiction définitive du territoire français, prononcée par le tribunal judiciaire de Saint-Nazaire le 31 janvier 2023. Par un arrêté du 7 juin 2024 dont M. D demande l'annulation, le préfet d'Ille-et-Vilaine a fixé le pays à destination duquel il sera éloigné en exécution de cette décision judiciaire.
2. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que par courrier du 6 juin 2024 remis en mains propres le 7 juin à 15h00, le préfet a invité M. D à présenter, dans un délai de 48 heures, ses observations en prévision de la notification de l'arrêté fixant le pays de destination. M. D a formulé des observations dès le 7 juin à 15h10. L'arrêté contesté a été pris le même jour, sans qu'il ressorte des pièces du dossier que le préfet n'aurait pas au préalable tenu compte des observations de M. D. Cet arrêté a été notifié au requérant le 10 juin 2024 à 9h15, de sorte que M. D pouvait compléter ses observations dans le délai qui lui a été imparti et qui était suffisant. Dès lors qu'après le 7 juin, M. D n'a ni formulé de nouvelles observations, ni demandé, en vain, à se faire assister par un conseil ou représenter par un mandataire de son choix, la circonstance que l'arrêté soit daté du 7 juin est sans incidence sur le respect, par l'autorité préfectorale, des droits de la défense de M. D. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de la méconnaissance des droits de la défense garantis par les articles L. 121-1 et L 122-1 du code des relations entre le public et l'administration, dans le champ d'application desquels entre la décision contestée, doit être écarté.
3. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier que l'arrêté contesté mentionne avec suffisamment de précisions les motifs de droit et les circonstances de fait en constituant le fondement. Le moyen tiré de son insuffisante motivation doit, par suite, être écarté.
4. En troisième lieu, par arrêté du 25 mars 2024 régulièrement publié, le préfet d'Ille-et-Vilaine a donné délégation de signature à Mme A, à fin de signer la décision contestée. Le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte doit, en conséquence, être écarté.
5. En quatrième lieu, les moyens tirés du défaut d'examen sérieux de la situation personnelle de M. D, de l'erreur de droit et de l'erreur manifeste d'appréciation sont dépourvus de précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé.
6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. D doit être rejetée, y compris les conclusions d'injonction et celles présentées au titre des frais liés au litige.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B D et au préfet d'Ille-et-Vilaine.
Lu en audience publique le 17 juin 2024.
Le magistrat désigné,
signé
N. TronelLa greffière d'audience,
signé
A. Gauthier
La République mande et ordonne au préfet d'Ille-et-Vilaine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 2403200
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026