mardi 9 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2403673 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Eloignement urgent |
| Avocat requérant | THEBAULT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 2 juillet 2024, M. A C, représenté par Me Thebault, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 28 juin 2024 par lequel le préfet d'Ille-et-Vilaine a décidé de le transférer à destination des autorités allemandes, responsables de l'examen de sa demande d'asile ainsi que la décision du même jour par laquelle le même préfet l'a assigné à résidence ;
2°) d'enjoindre au préfet de l'autoriser à solliciter l'asile en France ;
3°) de mettre à la charge de l'État le versement à Me Thebault, son conseil, d'une somme de 2 000 euros sur le fondement des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991 sur l'aide juridique et L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le signataire de l'arrêté doit justifier de sa compétence ;
- la préfecture ne rapporte pas la preuve d'avoir saisi les autorités allemandes ;
- l'arrêté est entaché d'erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il est très proche de son cousin, qui justifie d'une situation stable en France et l'épaulera dans ses démarches.
Par un mémoire en défense enregistré le 8 juillet 2024, le préfet d'Ille-et-Vilaine conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Terras, premier conseiller, pour statuer sur les recours dont le jugement relève des dispositions des articles L. 614-5 et L. 614-7 à L. 614-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Terras,
- les observations de Me Vaillant, substituant Me Thebault, représentant le requérant,
- et les explications de M. C, assisté d'un interprète.
Le préfet d'Ille-et-Vilaine n'était ni présent ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. A C, ressortissant turc né le 1er janvier 1992, s'est maintenu sur le territoire français après y être entré irrégulièrement le 10 mai 2024. Le 30 mai 2024, il a sollicité l'asile auprès des services de la préfecture d'Ille-et-Vilaine. La consultation du fichier Eurodac ayant toutefois fait ressortir qu'il avait déjà demandé l'asile auprès des autorités allemandes, les autorités françaises ont saisi, le 3 juin 2024, leurs homologues allemandes d'une demande de reprise en charge de l'intéressé sur le fondement du b) du 1 de l'article 18 du règlement (UE) n° 604/2013, qui ont explicitement accepté cette demande, le 6 juin 2024, sur ce fondement. Par un premier arrêté du 28 juin 2024, le préfet d'Ille-et-Vilaine a décidé de transférer M. C à destination de l'Allemagne. Par un second arrêté du même jour, le préfet d'Ille-et-Vilaine a décidé de l'assigner à résidence pour une durée de quarante-cinq jours. Par sa requête, M. C demande l'annulation des deux décisions.
Sur les conclusions en annulation :
En ce qui concerne l'arrêté de transfert aux autorités allemandes :
2. L'arrêté est signé par M. B D, chef du pôle régional Dublin, qui avait reçu délégation, de la part du préfet, par arrêté du 29 avril 2024, régulièrement publié le même jour au recueil des actes administratifs de la préfecture, à l'effet de signer l'arrêté en litige.
3. Aux termes du 1 de l'article 21 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 : " L'État membre auprès duquel une demande de protection internationale a été introduite et qui estime qu'un autre État membre est responsable de l'examen de cette demande peut, dans les plus brefs délais et, en tout état de cause, dans un délai de trois mois à compter de la date de l'introduction de la demande au sens de l'article 20, paragraphe 2, requérir cet autre État membre aux fins de prise en charge du demandeur. / Nonobstant le premier alinéa, en cas de résultat positif ("hit") Eurodac avec des données enregistrées en vertu de l'article 14 du règlement (UE) no 603/2013, la requête est envoyée dans un délai de deux mois à compter de la réception de ce résultat positif en vertu de l'article 15, paragraphe 2, dudit règlement ".
4. Il ressort des pièces du dossier que la consultation du fichier Eurodac le 30 mai 2024 a fait apparaître que M. C avait été identifié comme ayant sollicité l'asile en Allemagne, que les autorités allemandes ont été saisies le 3 juin 2024 d'une demande de reprise en charge qui a été explicitement délivrée le 6 juin 2024, soit dans le délai de deux mois précité. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 21 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 doit être écarté.
5. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. "
6. M. C se prévaut de la présence en France d'un cousin français qui pourrait l'aider dans ses démarches. Toutefois, alors que ledit cousin s'est contenté de signer le formulaire Cerfa prévu à cet effet, M. C, entré récemment en France à l'âge de 32 ans, a longtemps vécu éloigné du seul membre de sa famille présent en France, le reste de sa famille se trouvant en Turquie, et n'est ainsi pas fondé à soutenir que la décision contestée est intervenue en violation des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
7. Si M. C soutient enfin qu'il craint pour sa vie en cas de retour en Turquie, il n'établit pas que sa demande d'asile sera rejetée en Allemagne comme il allègue que ce fut déjà le cas, sans l'établir, de sorte que le moyen doit être écarté.
8. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de la requête de M. C à fin d'annulation de l'arrêté de transfert du 28 juin 2024 doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction.
Sur les frais liés au litige :
9.Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à l'octroi d'une somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens à la partie perdante. Par suite, il y a lieu de rejeter les conclusions de M. C présentées sur ce fondement.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au préfet d'Ille-et-Vilaine.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 juillet 2024.
Le magistrat désigné,
signé
F. TerrasLa greffière d'audience,
signé
J. Jubault
La République mande et ordonne au préfet d'Ille-et-Vilaine en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026