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AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2403751

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2403751

mercredi 4 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2403751
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème Chambre
Avocat requérantBLANCHOT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire en réplique, enregistrés les 4 juillet et 14 novembre 2024, M. D C, représenté par Me Blanchot, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 12 mars 2024 par lequel le préfet du Finistère a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi, et lui a interdit le retour sur le territoire français pendant une durée d'un an ;

2°) d'enjoindre au préfet du Finistère de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai d'un mois à compter du jugement et de lui délivrer dans l'attente et dans un délai d'une semaine à compter du jugement une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ou, à défaut, d'enjoindre au préfet du Finistère de réexaminer sa situation et de lui délivrer dans l'attente et dans un délai d'une semaine à compter du jugement, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;

3°) d'enjoindre au préfet du Finistère de procéder à l'effacement de son signalement dans le système d'information Schengen ;

4°) de mettre à la charge de l'État le versement à Me Blanchot d'une somme de 1 200 euros en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision lui refusant de lui délivrer un titre de séjour n'est pas suffisamment motivée et est entachée d'erreurs de fait démontrant un défaut d'examen sérieux de sa demande ;

- il n'est pas établi que le médecin rapporteur n'a pas siégé au sein du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration ;

- la décision refusant de lui délivrer un titre de séjour méconnaît l'article L. 425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant et, est à tout le moins entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ; son fils est atteint d'un autisme sévère qui nécessite la présence permanente d'un adulte à ses côtés, il bénéficie en France d'une aide humaine individuelle pour les actes de la vie quotidienne et est inscrit sur une liste d'attente d'inscription dans un institut médico-éducatif ce qui démontre que l'absence de prise en charge médicale entraîne des conséquences d'une exceptionnelle gravité ; il ne peut pas accéder à une prise en charge adaptée en Géorgie où le médicament qui lui est prescrit n'est pas disponible ; un changement des habitudes mises en place en France et une modification de ses conditions de vie sont de nature à avoir des conséquences particulièrement néfastes pour son fils ;

- il invoque, par la voie de l'exception, l'illégalité de la décision lui refusant un titre de séjour à l'appui de ses conclusions en annulation de la décision l'obligeant à quitter le territoire français ;

- il invoque, à l'appui de ces dernières conclusions, les moyens de légalité externe soulevés à l'appui des conclusions dirigées contre le refus de titre de séjour ;

- la décision portant obligation de quitter le territoire méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

- l'état de santé de son fils ne lui permet pas de voyager sans risque à destination de la Géorgie, pays où au demeurant il a été exposé au plomb, ce qui est à l'origine de son saturnisme ;

- il invoque, par la voie de l'exception, l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire à l'appui de ses conclusions en annulation de la décision lui interdisant le retour sur le territoire français ;

- la décision d'interdiction de retour est insuffisamment motivée, ce qui démontre un défaut d'examen de sa situation ;

- cette décision méconnaît l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 3 septembre 2024, le préfet du Finistère conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par le requérant n'est fondé.

L'office français de l'immigration et de l'intégration a présenté des observations, enregistrées le 28 octobre 2024.

Par une décision du 27 juin 2024, le bureau d'aide juridictionnelle a accordé l'aide juridictionnelle totale à M. C.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale des droits de l'enfant ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R. 313-22, R. 313-23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Ont été entendus à l'audience :

- le rapport de M. Albouy, rapporteur,

- et les observations de Me Blanchot, représentant M. C.

Considérant ce qui suit :

1. M. C, ressortissant géorgien né en 1971, est entré régulièrement en France le 19 mars 2023, accompagné de ses deux fils, A né en 1994 et B né en 2010. Il a déposé une demande d'asile qui a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides le 11 octobre 2023. Son recours contre cette décision a été rejeté par la Cour nationale du droit d'asile le 6 février 2024. Dès le 24 octobre 2023, M. C avait toutefois sollicité, sur le fondement de l'article L. 425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la délivrance d'une autorisation provisoire de séjour en raison de l'état de santé de son fils B. Par l'arrêté attaqué du 12 mars 2024, le préfet du Finistère a notamment rejeté cette demande et l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours.

Sur les conclusions en annulation :

En ce qui concerne la décision relative au droit au séjour :

2. Aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. / La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'État. / Sous réserve de l'accord de l'étranger et dans le respect des règles de déontologie médicale, les médecins de l'office peuvent demander aux professionnels de santé qui en disposent les informations médicales nécessaires à l'accomplissement de cette mission. Les médecins de l'office accomplissent cette mission dans le respect des orientations générales fixées par le ministre chargé de la santé. / Si le collège de médecins estime dans son avis que les conditions précitées sont réunies, l'autorité administrative ne peut refuser la délivrance du titre de séjour que par une décision spécialement motivée. () ".

3. Aux termes de l'article L. 425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les parents étrangers de l'étranger mineur qui remplit les conditions prévues à l'article L. 425-9, ou l'étranger titulaire d'un jugement lui ayant conféré l'exercice de l'autorité parentale sur ce mineur, se voient délivrer, sous réserve qu'ils justifient résider habituellement en France avec lui et subvenir à son entretien et à son éducation, une autorisation provisoire de séjour d'une durée maximale de six mois. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. / Cette autorisation provisoire de séjour ouvre droit à l'exercice d'une activité professionnelle. / Elle est renouvelée pendant toute la durée de la prise en charge médicale de l'étranger mineur, sous réserve que les conditions prévues pour sa délivrance continuent d'être satisfaites. / Elle est délivrée par l'autorité administrative, après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans les conditions prévues à l'article L. 425-9. ".

4. En premier lieu, l'arrêté attaqué comporte l'ensemble des motifs de fait et de droit au regard desquels le préfet du Finistère a décidé de ne pas accorder à M. C le titre de séjour sollicité. L'autorité administrative y cite l'avis rendu le 30 janvier 2024 par le collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) et s'en approprie les conclusions après avoir relevé qu'elle ne dispose d'aucun autre élément relatif à l'état de santé du fils cadet du requérant. Le préfet y examine ensuite la situation de M. C au regard des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et la situation de son fils cadet au regard de celle de l'article 3-1 de la convention internationale relative au droit de l'enfant. Par suite, le moyen tiré du caractère insuffisant de la motivation de la décision rejetant la demande de délivrance d'un titre de séjour de M. C doit être écarté.

5. En deuxième lieu, l'erreur de fait tirée de ce que l'arrêté présenterait le requérant comme " accompagné de son fils mineur portant son nom " manque en fait, l'arrêté présentant M. C comme étant accompagné de ses deux fils en précisant leur identité complète et leur date de naissance. La circonstance que, par une erreur de plume, la demande de titre de séjour y est identifiée comme présentée sur le fondement de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, avant d'être examinée conformément à cette demande sur le terrain de l'article L. 425-10 du même code, lequel envisage le droit au séjour des parents d'un étranger mineur remplissant les conditions prévues à l'article L. 425-9, n'est pas constitutive d'une erreur de fait substantielle, mais résulte d'une simple erreur de plume et ne révèle d'ailleurs pas davantage un défaut d'examen de la demande de titre de séjour.

6. En troisième lieu, aux termes de l'article R. 425-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Pour l'application de l'article L. 425-9, le préfet délivre la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. ". Aux termes de l'article R. 425-12 de ce même code : " Le rapport médical mentionné à l'article R. 425-11 est établi par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration à partir d'un certificat médical établi par le médecin qui suit habituellement le demandeur ou par un médecin praticien hospitalier inscrits au tableau de l'ordre, dans les conditions prévues par l'arrêté mentionné au deuxième alinéa du même article. / () / Le demandeur dispose d'un délai d'un mois à compter de l'enregistrement de sa demande en préfecture pour transmettre à l'office et de l'intégration le certificat médical mentionné au premier alinéa. " Aux termes de l'article R. 425-13 du même code : " Le collège à compétence nationale mentionné à l'article R. 425-12 est composé de trois médecins, il émet un avis dans les conditions de l'arrêté mentionné au premier alinéa du même article. La composition du collège et, le cas échéant, de ses formations est fixée par décision du directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Le médecin ayant établi le rapport médical ne siège pas au sein du collège. Le collège peut délibérer au moyen d'une conférence téléphonique ou audiovisuelle. / L'avis est rendu par le collège dans un délai de trois mois à compter de la transmission du certificat médical. () ". Aux termes de l'article 6 de l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R. 313-22, R. 313-23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Au vu du rapport médical mentionné à l'article 3, un collège de médecins désigné pour chaque dossier dans les conditions prévues à l'article 5 émet un avis, conformément au modèle figurant à l'annexe C du présent arrêté, précisant : a) si l'état de santé de l'étranger nécessite ou non une prise en charge médicale ; b) si le défaut de cette prise en charge peut ou non entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur son état de santé ; c) si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont le ressortissant étranger est originaire, il pourrait ou non y bénéficier effectivement d'un traitement approprié ; d) la durée prévisible du traitement. Dans le cas où le ressortissant étranger pourrait bénéficier effectivement d'un traitement approprié, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, le collège indique, au vu des éléments du dossier du demandeur, si l'état de santé de ce dernier lui permet de voyager sans risque vers ce pays. Cet avis mentionne les éléments de procédure. Le collège peut délibérer au moyen d'une conférence téléphonique ou audiovisuelle. L'avis émis à l'issue de la délibération est signé par chacun des trois médecins membres du collège ".

7. Le préfet du Finistère a produit l'avis relatif à l'état de santé de M. B C rendu par le collège de médecins de l'OFII le 30 janvier 2024, ainsi que le bordereau de transmission de cet avis identifiant le médecin ayant établi le rapport au regard duquel l'avis a été rendu, la date de ce rapport et de sa transmission au collège de médecins. Il ressort de ces pièces que l'avis du collège de médecins de l'OFII a été rendu conformément aux prévisions des dispositions citées au point précédent et au regard d'un rapport établi par une médecin qui ensuite n'a pas siégé au sein du collège ayant rendu l'avis du 30 janvier 2024. Par suite, le moyen tiré de l'irrégularité des modalités de consultation du collège de médecins de l'OFII et de l'avis qu'il a rendu doit être écarté.

8. En quatrième lieu, en vertu des dispositions de l'article R. 425-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le collège des médecins de l'OFII, dont l'avis est requis préalablement à la décision du préfet relative à l'autorisation provisoire de séjour prévue à l'article L. 425-10, doit émettre son avis, au vu, d'une part, du rapport médical établi par un médecin de l'OFII, et d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé. S'il est saisi, à l'appui de conclusions tendant à l'annulation de la décision de refus, d'un moyen relatif à l'état de santé de l'enfant du demandeur, aux conséquences de l'interruption de sa prise en charge médicale ou à la possibilité pour lui d'en bénéficier effectivement dans le pays dont il est originaire, il appartient au juge administratif de prendre en considération l'avis médical rendu par le collège des médecins de l'OFII. Si le demandeur entend contester le sens de cet avis, il appartient à lui seul de lever le secret relatif aux informations médicales qui le concernent, afin de permettre au juge de se prononcer en prenant en considération l'ensemble des éléments pertinents, notamment l'entier dossier du rapport médical au vu duquel s'est prononcé le collège des médecins de l'OFII, en sollicitant sa communication, ainsi que les éléments versés par le demandeur au débat contradictoire.

9. Le collège de médecins de l'OFII, dans son avis du 30 janvier 2024, puis le préfet du Finistère dans l'arrêté attaqué, ont estimé que l'état de santé du fils de M. C, nécessitait une prise en charge médicale dont le défaut ne devrait pas entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité. Il ressort des pièces du dossier que le fils de M. C souffre d'hyperinsulinisme, d'une obésité morbide et présente un trouble autistique sévère rendant nécessaire la présence continue d'un adulte à ses côtés et se manifestant par des troubles du langage, du sommeil, des troubles cognitifs et relationnel. Il est, à ce dernier titre, pris en charge médicalement depuis le 7 juillet 2021 par le Centre psychothérapique pour enfants et adolescents de Beaupré, où il bénéficie une fois par semaine, le jeudi, d'une prise en charge en hospitalisation de jour. Par ailleurs, il est placé sur liste d'attente auprès de plusieurs instituts médico-éducatifs. Un antipsychotique, le Tercian, lui est prescrit non pas à titre curatif mais afin d'influer sur son comportement. Le taux de plomb relevé dans son sang établit qu'il a été exposé, par le passé, à ce métal. Il ressort également des pièces du dossier qu'il bénéficiait en Géorgie du statut d'handicapé et d'une prise en charge. Aucun élément du dossier ne permet d'établir qu'une absence de prise en charge médicale l'exposerait à des conséquences d'une exceptionnelle gravité, ni même qu'un retour en Géorgie le priverait d'une prise en charge appropriée à son état de santé. Aucune pièce du dossier ne vient valablement contredire l'appréciation portée par le collège de médecins de l'OFII selon laquelle son état de santé lui permet de voyager sans risque vers son pays d'origine. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de la combinaison des articles L. 425-9 et L. 425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

10. La production d'un certificat médical délivré le 5 septembre 2024, par un docteur en neurologie et pédiatrie du centre hospitalier régional universitaire de Brest indiquant, sans autre précision, que les soins de rééducation réalisés en France permettront un soutien au développement des compétences de M. B C, que ne peut proposer la Géorgie, ainsi que la situation médicale du fils cadet de M. C décrite au point précédent, ne permettent pas de regarder comme établi qu'en décidant de ne pas délivrer au requérant l'autorisation provisoire de séjour sollicitée, le préfet du Finistère aurait omis d'attacher une considération primordiale à l'intérêt supérieur de son fils B et ainsi méconnu l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant.

11. Il ne ressort pas des circonstances relatées aux points précédents que la décision refusant à M. C une autorisation provisoire de séjour serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

12. Il ressort de la motivation de la décision refusant à M. C une autorisation provisoire de séjour, ainsi que de tout ce qui précède, que cette décision a été précédée d'un examen complet de sa situation.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire :

13. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / () / 3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, le renouvellement du titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de l'autorisation provisoire de séjour qui lui avait été délivré ou s'est vu retirer un de ces documents ; / 4° La reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé à l'étranger ou il ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L. 542-1 et L. 542-2, à moins qu'il ne soit titulaire de l'un des documents mentionnés au 3° ; / () ". Aux termes de l'article L. 613-1 du même code : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. Elle est édictée après vérification du droit au séjour, en tenant notamment compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France et des considérations humanitaires pouvant justifier un tel droit. / Dans le cas prévu au 3° de l'article L. 611-1, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision relative au séjour. Toutefois, les motifs des décisions relatives au délai de départ volontaire et à l'interdiction de retour édictées le cas échéant sont indiqués. ".

14. En premier lieu, M. C qui n'établit pas que la décision par laquelle le préfet du Finistère a refusé de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour est illégale, ne peut valablement invoquer cette illégalité, par la voie de l'exception, à l'appui de ses conclusions en annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire.

15. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué fonde explicitement la décision portant obligation de quitter le territoire sur les 3° et 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, rappelle que la demande d'asile de M. C a été rejetée par une décision définitive de la Cour nationale du droit d'asile du 20 décembre 2023 et comporte une décision lui refusant la délivrance d'un titre de séjour, suffisamment motivée, ainsi que cela est relevé au point 4. Par suite le moyen tiré du caractère insuffisant de la motivation de la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être écarté.

16. En troisième lieu, le moyen tiré de l'irrégularité de la procédure de consultation du collège de médecins de l'OFII soulevé directement à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français est inopérant et ne peut qu'être écarté.

17. En quatrième lieu, M. C n'est présent en France que depuis le 19 mars 2023 et ne fait état d'aucun lien en France autre que la présence de ses deux fils, nés respectivement en 1994 et 2010, alors qu'il a également deux filles qui vivent en Géorgie. Dès lors que l'état de santé de son fils B ne justifie pas, au vu de ce qui est relevé au point 9, leur maintien sur le territoire français, que son fils majeur, fait également l'objet d'une mesure d'éloignement dont le bien-fondé est confirmé par le jugement n° 2403752 rendu ce jour, et que, par suite, les deux membres de sa famille présents en France n'ont pas vocation à s'y maintenir, l'obligation de quitter le territoire française, dont fait l'objet M. C, ne porte pas une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale et ne méconnaît donc pas les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Il ne ressort pas davantage de ces circonstances que l'obligation de quitter le territoire aurait pour lui des conséquences d'une gravité exceptionnelle caractérisant l'existence d'une erreur manifeste d'appréciation.

18. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doit être écarté pour les motifs exposés au point 10.

19. En cinquième lieu, il ressort de la motivation de la décision portant obligation de quitter le territoire et des points 14 à 18 que cette décision a été précédée d'un examen complet de la situation de M. C.

En ce qui concerne la décision d'interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée d'un an :

20. Aux termes de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ".

21. Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 (). ".

22. Il ressort des termes mêmes de ces dispositions que l'autorité compétente doit, pour décider de prononcer à l'encontre de l'étranger soumis à l'obligation de quitter le territoire français une interdiction de retour et en fixer la durée, tenir compte, dans le respect des principes constitutionnels, des principes généraux du droit et des règles résultant des engagements internationaux de la France, des quatre critères qu'elles énumèrent, sans pouvoir se limiter à ne prendre en compte que l'un ou plusieurs d'entre eux. Il appartient au juge de l'excès de pouvoir, saisi d'un moyen en ce sens, de rechercher si les motifs qu'invoque l'autorité compétente sont de nature à justifier légalement dans son principe et sa durée la décision d'interdiction de retour et si la décision ne porte pas au droit de l'étranger au respect de sa vie privée et familiale garanti par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise. En revanche, lorsqu'il est saisi d'un moyen le conduisant à apprécier les conséquences de la mesure d'interdiction de retour sur la situation personnelle de l'étranger et que sont invoquées des circonstances étrangères aux quatre critères posés par les dispositions précitées de l'article L. 612-10, il incombe seulement au juge de l'excès de pouvoir de s'assurer que l'autorité compétente n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation.

23. Il est constant que la présence en France de M. C ne représente aucune menace pour l'ordre public et qu'il n'a pas fait l'objet d'une mesure d'éloignement antérieure à celle comprise dans l'arrêté attaqué. S'il n'était présent en France que depuis un peu plus d'un an à la date de l'arrêté attaqué et ne justifie d'aucun lien privé ou familial en France hormis la présence non pérenne de ses deux fils, la situation de M. C au vu des quatre critères prévus par les dispositions de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile n'était pas de nature à justifier que soit prise à son encontre une décision d'interdiction de retour sur le territoire français. Par suite, cette dernière décision doit être annulée, sans qu'il soit besoin d'examiner le surplus des moyens.

Sur les conclusions présentées aux fins d'injonction :

24. Le présent jugement, qui annule uniquement la décision d'interdiction de retour sur le territoire français et qui rejette le surplus des conclusions en annulation de la requête de M. C n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, ses conclusions aux fins d'injonction doivent être rejetées.

Sur les frais de l'instance :

25. L'État ne pouvant pas être regardé comme la partie perdante, il n'y a pas lieu de faire droit à la demande présentée par M. C, sur le fondement des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La décision du 12 mars 2024, comprise dans l'arrêté attaqué, par laquelle le préfet du Finistère a interdit à M. C le retour sur le territoire français pendant une durée d'un an, est annulée.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. C est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. D C, à Me Blanchot et au préfet du Finistère.

Délibéré après l'audience du 20 novembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Jouno, président,

M. Albouy, premier conseiller,

M. Ambert, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 décembre 2024.

Le rapporteur,

signé

E. AlbouyLe président,

signé

T. Jouno

La greffière,

signé

S. Guillou

La République mande et ordonne au préfet du Finistère en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

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