lundi 29 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2403840 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | CABINET D'AVOCATS LE STRAT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 9 juillet 2024, le préfet d'Ille-et-Vilaine demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre à M. F B de libérer le logement qu'il occupe, situé 13 boulevard de la Duchesse A à Rennes (35000), au sein du dispositif d'hébergement d'urgence pour demandeurs d'asile (HUDA), géré par l'association Coallia Duchesse A E ;
2°) de l'autoriser, à défaut pour l'intimé de libérer les lieux, à faire procéder d'office à son expulsion et, en cas de besoin, de requérir le concours de la force publique, passé un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, pour procéder à l'évacuation forcée des lieux ;
3°) de l'autoriser à donner toutes instructions utiles au gestionnaire de l'HUDA Coallia afin de débarrasser les lieux des biens meubles s'y trouvant, aux frais et risques de M. B, à défaut pour lui de les avoir emportés.
Il soutient que :
- la demande d'asile déposée par M. B a fait l'objet d'une décision de rejet par l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides le 8 novembre 2023, laquelle a été confirmée par la Cour nationale du droit d'asile le 28 mars 2024 ;
- M. B a été informé par l'Office français de l'immigration et de l'intégration, par un courrier du 3 avril 2024 remis en mains propres, qu'il pouvait se maintenir dans le logement mis à sa disposition par l'association Coallia jusqu'au 30 avril 2024 et qu'il pouvait bénéficier d'une aide au retour dans son pays d'origine ;
- la mise en demeure adressée par courrier du 23 mai 2024 à M. B, qui n'avait pas libéré volontairement le logement occupé, de quitter les lieux dans un délai de quinze jours est restée sans effet ;
- sa demande de l'autoriser à expulser M. B du logement occupé présente un caractère d'urgence au regard de l'état de saturation du dispositif d'accueil dédiés aux demandeurs d'asile et de l'absence de circonstances exceptionnelles y faisant obstacle ;
- sa demande présente un caractère utile et urgent et ne se heurte à aucune contestation sérieuse.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 juillet 2024, M. F B, représenté par Me Le Strat, conclut à son admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire, au rejet de la requête et à la mise à la charge de l'État de la somme de 1 500 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, à verser à son avocat contre sa renonciation à percevoir la contribution de l'État au titre de l'aide juridictionnelle.
Il fait valoir que :
- la procédure est irrégulière, dès lors que la mise en demeure de quitter son logement a été signée par une autorité dont la compétence n'est ni justifiée ni visée ;
- la mise en demeure de quitter son logement n'est pas effective compte tenu de l'incompétence de son auteur ;
- la notification de la lettre portant mise en demeure de quitter son logement n'est pas établie, dès lors que la mention manuscrite du numéro de suivi sur cette lettre, identique à celui mentionné sur l'enveloppe, ne permet pas de s'assurer que cette dernière comportait effectivement la lettre de mise en demeure ;
- la condition d'urgence n'est pas satisfaite et la demande se heurte à une contestation sérieuse, eu égard à sa situation d'une particulière vulnérabilité ; il n'a pas été invité à produire ses observations sur les effets de la mesure d'expulsion ; aucune solution alternative d'hébergement ne lui a été proposée ; il bénéficie d'un droit au maintien sur le territoire français par sa qualité de demandeur d'asile, sa demande de réexamen de sa demande d'asile déposée le 22 avril 2024 auprès de la structure de premier accueil des demandeurs d'asile (SPADA) E étant en cours d'instruction ; il présente une situation de vulnérabilité qui se caractérise par une situation de dénuement et des troubles psychiques qui feront l'objet d'une première évaluation le 29 juillet 2024 au centre médico-psychologique de Colombes.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Pellerin, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 25 juillet 2024 :
- le rapport de Mme Pellerin,
- les observations de Mme D, représentant le préfet d'Ille-et-Vilaine, qui conclut aux mêmes fins que sa requête, par les mêmes moyens, et rappelle que M. B ne remplit plus les conditions pour se maintenir dans un logement du dispositif d'hébergement d'urgence dédié aux personnes dont la demande d'asile est en cours d'instruction, souligne que le nombre de demandeurs d'asile attendant une solution d'hébergement dans le département d'Ille-et-Vilaine demeure élevé ; elle indique que l'effectivité de la notification de la lettre de mise en demeure de quitter le logement est révélée par un faisceau d'indices et qu'en tout état de cause, la mise en demeure ne constitue pas un acte faisant grief selon la jurisprudence constante ; elle indique que la demande de réexamen de la demande d'asile du requérant, dont la réalité n'est pas établie, ne lui confère en tout état de cause aucun droit au maintien dans l'hébergement, que l'intéressé a pu faire valoir ses observations dans le cadre de procédure contradictoire qui a précédé l'édiction de la décision de sortie du lieu d'hébergement du 3 avril 2024 et que la convocation du requérant à une consultation au centre médico-psychologique de Colombes est sans incidence sur la demande de libération du logement ; il est produit deux pièces complémentaires qui ont été communiquées à l'audience ;
- les observations de Me Berthaut substituant Me Le Strat, représentant M. B et en présence de ce dernier, conclut aux mêmes fins que ses écritures par les mêmes moyens, souligne l'imprécision de l'arrêté préfectoral du 29 avril 2024 portant délégation de signature à Mme C pour signer la lettre de mise en demeure de quitter un hébergement pour demandeur d'asile et fait état de l'instruction en cours de la demande de réexamen de la demande d'asile de M. B.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
Sur l'aide juridictionnelle :
1. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgences (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président ".
2. M. B justifiant avoir introduit le 17 juillet 2024 une demande devant le bureau d'aide juridictionnelle, il y a lieu de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
3. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".
4. Aux termes de l'article L. 552-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les lieux d'hébergement mentionnés à l'article L. 552-1 accueillent les demandeurs d'asile pendant la durée d'instruction de leur demande d'asile ou jusqu'à leur transfert effectif vers un autre État européen ". Aux termes de l'article L. 551-11 du même code : " L'hébergement des demandeurs d'asile prévu au chapitre II prend fin au terme du mois au cours duquel le droit du demandeur de se maintenir sur le territoire français a pris fin, dans les conditions prévues aux articles L. 542-1 et L. 542-2 ". Aux termes de l'article L. 542-1 du même code, dans sa version désormais en vigueur : " En l'absence de recours contre la décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides dans le délai prévu à l'article L. 532-1, le droit de se maintenir sur le territoire français prend fin à la notification de cette décision./ Lorsqu'un recours contre la décision de rejet de l'office a été formé dans le délai prévu à l'article L. 532-1, le droit du demandeur de se maintenir sur le territoire français prend fin à la date de la lecture en audience publique de la décision de la Cour nationale du droit d'asile ou, s'il est statué par ordonnance, à la date de la signature de celle-ci. Dans le cas où il est statué par ordonnance, l'autorité administrative ne peut engager l'exécution de la décision portant obligation de quitter le territoire français du demandeur d'asile dont le droit au maintien a pris fin qu'à compter de la date de notification de l'ordonnance. ". Aux termes de l'article L. 552-15 du même code : " Lorsqu'il est mis fin à l'hébergement dans les conditions prévues aux articles L. 551-11 à L. 551-14, l'autorité administrative compétente ou le gestionnaire du lieu d'hébergement peut demander en justice, après mise en demeure restée infructueuse, qu'il soit enjoint à cet occupant sans titre d'évacuer ce lieu. / Le premier alinéa n'est pas applicable aux personnes qui se sont vues reconnaître la qualité de réfugié ou qui ont obtenu le bénéfice de la protection subsidiaire. Il est en revanche applicable aux personnes qui ont un comportement violent ou commettent des manquements graves au règlement du lieu d'hébergement. / La demande est portée devant le président du tribunal administratif, qui statue sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative et dont l'ordonnance est immédiatement exécutoire. ".
5. Aux termes de l'article R. 552-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'il est mis fin à l'hébergement en application des articles L. 551-11, L. 551-12, L. 551-14 ou L. 551-16, l'Office français de l'immigration et de l'intégration en informe sans délai le gestionnaire du lieu qui héberge la personne concernée, en précisant la date à laquelle elle doit sortir du lieu d'hébergement " et aux termes de son article R. 552-12 : " Dès que l'information prévue à l'article R. 552-11 lui est parvenue, le gestionnaire du lieu d'hébergement communique à la personne hébergée la date à laquelle elle doit en sortir ". Aux termes de l'article R. 552-15 du même code : " Pour l'application du premier alinéa de l'article L. 552-15, si une personne se maintient dans le lieu d'hébergement après la date mentionnée à l'article R. 552-12 ou, le cas échéant, après l'expiration du délai prévu à l'article R. 552-13, le préfet du département dans lequel se situe ce lieu d'hébergement ou le gestionnaire du lieu d'hébergement met en demeure cette personne de quitter les lieux dans les cas suivants : / 1° La personne ne dispose pas d'un titre de séjour et n'a pas sollicité d'aide au retour volontaire ou a refusé l'offre d'aide au retour volontaire qui lui a été présentée par l'Office français de l'immigration et de l'intégration () / Si la mise en demeure est infructueuse, le préfet ou le gestionnaire du lieu d'hébergement peut, après une décision de rejet définitive et dans les conditions prévues à l'article L. 552-15, saisir le président du tribunal administratif afin d'enjoindre à cet occupant de quitter les lieux ".
6. Il résulte de ces dispositions que, saisi par le préfet d'une demande tendant à ce que soit ordonnée l'expulsion d'un lieu d'hébergement pour demandeurs d'asile d'un étranger dont la demande d'asile a été définitivement rejetée, le juge des référés du tribunal administratif y fait droit dès lors que la demande d'expulsion ne se heurte à aucune contestation sérieuse et que la libération des lieux présente un caractère d'urgence et d'utilité.
7. M. B, de nationalité afghane, né le 20 février 1997, est entré en France le 26 juin 2022. Il a sollicité son admission au séjour au titre de l'asile le 19 juillet 2022 et a bénéficié, à ce titre, du dispositif d'hébergement d'urgence pour demandeurs d'asile (HUDA), à compter du 10 août 2022. Sa demande d'asile a été rejetée par décision du 8 novembre 2023 de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, confirmée par décision de la Cour nationale du droit d'asile du 28 mars 2024. Par courrier du 3 avril 2024, remis en mains propres le 5 avril 2024, la directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration E a informé M. B que sa prise en charge au sein du logement occupé situé à Rennes prendrait fin le 30 avril 2024 et qu'il lui appartenait en conséquence de prendre toutes les dispositions utiles pour quitter ce lieu d'hébergement avant cette date. M. B n'ayant pas libéré dans le délai imparti les lieux mis à sa disposition, le préfet d'Ille-et-Vilaine l'a mis en demeure, sur le fondement des dispositions précitées, par courrier en date du 23 mai 2024, de quitter son logement dans un délai de quinze jours. Cette mise en demeure étant restée infructueuse, le préfet d'Ille-et-Vilaine demande son expulsion sur le fondement des dispositions de l'article R. 552-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
8. D'une part, il est constant que M. B, débouté définitivement du droit d'asile, n'a plus vocation à être hébergé dans un centre d'accueil dédié aux demandeurs d'asile. Si le requérant fait tout d'abord valoir que la procédure d'expulsion prise à son encontre est irrégulière dès lors que la mise en demeure qui lui a été adressée ne lui aurait pas été notifiée, il résulte de l'instruction que la mise en demeure adressée à M. B d'avoir à quitter son hébergement dans un délai de quinze jours lui a été notifiée le 6 juin 2024 par une lettre recommandée avec accusé de réception n° 2C 181 292 524 0 comme l'atteste l'extrait du site Internet de la Poste, dédié au suivi du courrier. La circonstance que le numéro d'avis de réception ait été indiqué de manière manuscrite sur la lettre de mise en demeure n'est pas susceptible de remettre en cause l'effectivité de la notification de cette lettre, ce numéro étant identique à celui figurant sur l'avis de passage du facteur et du site Internet de la Poste précité, l'adresse du destinataire étant celle du lieu d'hébergement du requérant, et ce dernier n'alléguant ni n'établissant qu'il aurait reçu, le 6 juin 2024, un courrier émanant de la préfecture autre que celui en litige. Si le requérant se prévaut, ensuite, de l'incompétence du signataire de la lettre de mise en demeure précitée, il résulte de l'instruction que, par arrêté du 29 avril 2024, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du même jour, le préfet d'Ille-et-Vilaine a donné délégation à Mme C, directrice des étrangers en France, à l'effet de signer les mises en demeure ainsi que cela ressort de l'article 1er dudit arrêté. À cet égard, la circonstance que la lettre de mise en demeure précitée ne vise pas cet arrêté est sans incidence sur la régularité de la procédure. En outre, le requérant ne peut utilement soutenir que la mesure d'expulsion n'a pas été précédée d'une procédure contradictoire et d'une proposition de relogement, dès lors que ces exigences ne sont prévues par aucune disposition législative ou règlementaire et qu'au demeurant, le requérant n'a pas répliqué à la lettre de mise en demeure précitée. Par ailleurs, si le requérant fait état de sa situation de dénuement et de sa prise en charge psychiatrique à compter du 29 juillet 2024, ces circonstances ne sont pas susceptibles de caractériser une situation de particulière vulnérabilité, faisant obstacle à son expulsion. Enfin, il résulte des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile rappelées au point 4 de la présente ordonnance, que le législateur a entendu ne pas maintenir le bénéfice de l'accueil dans les lieux d'hébergement dédiés, pour les demandeurs d'asile dont la demande a été définitivement rejetée. La circonstance que l'intéressé a formé une demande de réexamen de sa demande d'asile ne lui confère pas un droit au maintien dans l'hébergement dès lors que sa première demande d'asile a été définitivement rejetée. Ainsi, la demande d'expulsion ne souffre d'aucune contestation sérieuse.
9. D'autre part, le préfet d'Ille-et-Vilaine rappelle que les capacités d'accueil des demandeurs d'asile, que ce soit dans les centres d'accueil pour demandeurs d'asile (CADA) ou dans le cadre du dispositif d'hébergement d'urgence pour demandeurs d'asile (HUDA), sont saturées dans le département, comme dans l'ensemble de la région Bretagne. Des données chiffrées communiquées, il ressort qu'à la date du 30 juin 2024, 94,6 % des places en HUDA sont actuellement occupées dans le département et 99,3 % d'entre elles le sont en CADA. Il s'ensuit que la demande de libération des lieux occupés par M. B présente un caractère d'urgence et d'utilité, en raison de la nécessité d'assurer la pérennité du service public destiné à l'accueil des demandeurs d'asile.
10. Il résulte de tout ce qui précède qu'il y a lieu de faire droit aux conclusions du préfet d'Ille-et-Vilaine tendant à enjoindre à M. B de libérer le logement qu'il occupe à Rennes, relevant du dispositif d'hébergement HUDA Duchesse A E. Faute pour l'intéressé d'avoir libéré les lieux, l'autorité préfectorale est autorisée à faire procéder à son expulsion, au besoin avec le concours de la force publique, passé un délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance. Cette autorité est également autorisée à donner toutes instructions utiles au gestionnaire de l'HUDA Duchesse A E, afin de débarrasser les lieux des biens meubles s'y trouvant, aux frais et risques de M. B, à défaut pour lui d'avoir emporté ses effets personnels.
Sur les frais liés au litige :
11. En vertu des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le tribunal ne peut pas faire bénéficier la partie tenue aux dépens ou la partie perdante du paiement par l'autre partie des frais qu'elle a exposés à l'occasion du litige soumis au juge. Les conclusions présentées à ce titre par M. B doivent, dès lors, être rejetées.
O R D O N N E :
Article 1er : M. B est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : Il est enjoint à M. B de libérer le logement qu'il occupe à Rennes, relevant du dispositif HUDA Duchesse A E et d'évacuer ses biens.
Article 3 : À défaut pour M. B de déférer à l'injonction prononcée à l'article 1er, le préfet d'Ille-et-Vilaine pourra faire procéder d'office à son expulsion et, en cas de besoin, requérir le concours de la force publique en vue d'assurer l'exécution de la présente ordonnance, passé un délai de quinze jours à compter de la notification de cette ordonnance.
Article 4 : Le préfet d'Ille-et-Vilaine est autorisé à donner toutes instructions utiles au gestionnaire de l'HUDA Duchesse A E afin de débarrasser les lieux des biens meubles s'y trouvant, aux frais et risques de M. B, à défaut pour lui d'avoir emporté ses effets personnels.
Article 5 : Les conclusions de M. B présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 6 : La présente ordonnance sera notifiée au ministre de l'intérieur et des outre-mer et à M. F B.
Une copie de la présente ordonnance sera transmise au préfet d'Ille-et-Vilaine.
Fait à Rennes, le 29 juillet 2024.
La juge des référés,
signé
C. PellerinLa greffière d'audience,
signé
I. Le VaillantLa République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026