LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2404368

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2404368

jeudi 10 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2404368
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation6ème Chambre

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Rennes, saisi d'un recours pour excès de pouvoir par Mme B A, ressortissante congolaise, a annulé l'arrêté préfectoral du 11 mars 2024 lui refusant un titre de séjour, l'obligeant à quitter le territoire et prononçant une interdiction de retour d'un an. La juridiction a estimé que le préfet d'Ille-et-Vilaine avait méconnu l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme, compte tenu de l'entrée en France de l'intéressée à 16 ans, de sa scolarité et de son apprentissage, ainsi que de la présence de sa mère et de ses frères sur le territoire. En conséquence, l'ensemble des décisions contestées a été annulé, et une injonction de délivrance d'un titre de séjour a été prononcée sous astreinte.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 25 juillet 2024, Mme C B A, représentée par Me Le Verger, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 11 mars 2024 par lequel le préfet d'Ille-et-Vilaine lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de

trente jours, a fixé le pays de destination et l'interdit de retour sur le territoire français durant

un an ;

2°) d'enjoindre au préfet d'Ille-et-Vilaine de lui délivrer un titre de séjour dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation dans le même délai et sous la même astreinte et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour ;

3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros à verser à son avocate sur le fondement des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

En ce qui concerne le refus de séjour et l'obligation de quitter le territoire français :

- les décisions sont entachées d'insuffisance de motivation et d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation ;

- les décisions sont entachées d'erreur d'appréciation et de méconnaissance des articles L.423-23 et L.435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- les décisions méconnaissent l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et sont entachées d'erreur manifeste d'appréciation des conséquences de cette décision sur sa situation personnelle et familiale ;

En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi ;

- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle viole l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

En ce qui concerne la décision d'interdiction de retour ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle méconnaît les articles L. 612-8 et L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et entachée d'erreur d'appréciation ;

Par un mémoire en défense, enregistré le 29 août 2024, le préfet d'Ille-et-Vilaine conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par Mme B A ne sont pas fondés.

Mme B A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 30 mai 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Le Roux,

- et les observations de Me Zaegel, représentant Mme B A.

Le préfet d'Ille-et-Vilaine n'était présent, ni représenté.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B A, ressortissante de république démocratique du Congo, née en 2004, est entrée irrégulièrement en France le 7 octobre 2017. Par arrêté du 11 mars 2024, le préfet d'Ille-et-Vilaine a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination et l'a interdit de retour sur le territoire français durant un an. Mme B A demande l'annulation de l'arrêt du 11 mars 2024 contenant ces décisions.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. () "

3. Il ressort des pièces du dossier que Mme B A, est entrée en France le 7 octobre 2017 à l'âge de 16 ans accompagnant sa mère et son frère. Il ressort également des pièces du dossier que sa mère, ses trois frères sont présents en France. Il ressort en outre des pièces du dossier que Mme B A a suivi un cursus scolaire régulier lui permettant d'obtenir un certificat d'aptitude professionnelle en 2021, ainsi qu'un contrat d'apprentissage chez un fleuriste en 2023, puis un stage en entreprise dans le maraîchage et qu'elle vit avec sa mère et ses frères. Ainsi, compte tenu des circonstances particulières de l'espèce et notamment du décès de son père le 28 octobre 2023 de l'intensité des attaches familiales de l'intéressé sur le sol français, et alors même qu'elle est célibataire et sans enfant, en refusant de lui délivrer un titre de séjour par sa décision du 11 mars 2024, le préfet d'Ille-et-Vilaine a méconnu les stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et commis une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation personnelle et familiale de la requérante. La décision de refus de titre de séjour est, par suite, entachée d'illégalité et doit être annulée, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête. Il s'ensuit que l'arrêté attaqué doit être annulé en toutes ses décisions.

Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :

4. L'exécution du présent jugement implique, compte tenu du motif d'annulation de l'arrêté attaqué, et sous réserve d'un changement dans la situation de droit ou de fait de l'intéressé, la délivrance à Mme B A d'un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ". Il y a lieu d'enjoindre au préfet d'Ille-et-Vilaine d'y procéder dans un délai de deux mois à compter de la date de notification du présent jugement et dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, sans qu'il soit besoin d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les frais liés au litige :

5. Mme B A a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, son avocate peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Le Verger renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Le Verger de la somme de 1 000 euros.

D É C I D E :

Article 1er : L'arrêté du 11 mars 2024 du préfet d'Ille-et-Vilaine est annulé.

Article 2 : Il est enjoint au préfet d'Ille-et-Vilaine de délivrer à Mme B A un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour.

Article 3 : L'Etat versera à Me Le Verger, avocate de Mme B A, une somme de

1 000 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du

10 juillet 1991, sous réserve de sa renonciation à percevoir la part contributive de l'Etat.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B A, à Me Le Verger et au préfet d'Ille-et-Vilaine.

Délibéré après l'audience du 24 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Descombes, président,

M. Le Roux, premier conseiller,

M. Le Bonniec, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 octobre 2024.

Le rapporteur,

signé

P. Le Roux

Le président,

signé

G. Descombes

Le greffier,

signé

J-M. Riaud

La République mande et ordonne au préfet d'Ille-et-Vilaine, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798

03/08/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201

03/08/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562

03/08/2026

TA77Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484

03/08/2026

← Retour aux décisions