vendredi 27 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2404474 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | JINCQ-LE-BOT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 29 juillet 2024, Mme B A, représentée par Me Lincq-Le Bot, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 26 février 2024 du préfet du Finistère portant refus de titre de séjour, obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, fixation du pays de destination et interdiction de retour en France pendant un an ;
2°) d'enjoindre au préfet du Finistère, dans le délai d'un mois, de procéder au réexamen de sa situation et de lui délivrer une carte de séjour temporaire ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, à verser à son avocate sur le fondement et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- l'arrêté a été signé par une autorité incompétente ;
- l'arrêté n'est pas motivé et n'a pas été précédé d'un examen particulier et sérieux de sa situation ;
- le préfet a méconnu les dispositions des articles L. 425-9 et L. 611-3 9° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
L'Office français de l'immigration et de l'intégration a présenté des observations par un mémoire enregistré le 9 septembre 2024.
Par un mémoire en défense enregistré le 27 septembre 2024, le préfet du Finistère conclut au rejet de la requête.
Il soutient que la requête est tardive et donc irrecevable et que les moyens ne sont pas fondés.
L'aide juridictionnelle totale a été accordée à Mme A par une décision du 30 mai 2024 de la section du bureau d'aide juridictionnelle du tribunal judiciaire de Rennes chargée d'examiner les demandes relatives aux affaires portées devant le tribunal administratif.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 2024-42 du 26 janvier 2024 ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour et de l'heure de l'audience.
Le rapport de M. Bouju a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Ressortissante camerounaise née le 19 avril 1980, Mme B A est entrée en France le 29 janvier 2022 sous couvert d'un visa court séjour. Elle a sollicité, le 26 septembre 2023, le bénéfice d'un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par l'arrêté attaqué du 26 février 2024, le préfet du Finistère a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination et l'a interdite de retour en France pendant un an.
Sur les conclusions tendant à l'annulation des décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours :
2. En premier lieu, par un arrêté du 30 août 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du 8 septembre suivant, le préfet du Finistère a donné délégation à M. François Drapé, secrétaire général de la préfecture de ce département et signataire de l'arrêté attaqué, pour signer tous les actes relevant des attributions du préfet, à l'exception de certains au nombre desquels ne figurent pas les actes en matière de police des étrangers. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté litigieux doit être écarté.
3. En deuxième lieu, il ressort de la lecture de l'arrêté attaqué que celui-ci mentionne de manière suffisante l'ensemble des motifs de droit et de fait qui fondent les décisions qu'il édicte. S'agissant en particulier de la décision de refus de titre de séjour, l'arrêté fait mention de l'article L 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, du sens de l'avis émis le 12 février 2024 par le collège de médecins de l'office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) et précise qu'en l'absence de tout autre élément médical porté à sa connaissance, la requérante est susceptible de bénéficier effectivement de la prise en charge médicale nécessaire dans son pays d'origine, pays vers lequel elle peut voyager sans risque au regard de son état de santé. L'arrêté fait également état de la situation personnelle et familiale de l'intéressée. Par suite, Mme A n'est pas fondée à soutenir que l'arrêté n'est pas motivé, ni que le préfet n'aurait pas procédé, au regard des éléments portés à sa connaissance, à un examen complet et sérieux de sa situation.
4. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. (). / La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'État. / () ".
5. Il ressort des pièces du dossier que le préfet a considéré que l'état de santé de la requérante nécessitait une prise en charge médicale dont le défaut serait susceptible d'entrainer des conséquences d'une exceptionnelle gravité, mais qu'eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont elle est originaire, elle pourrait y bénéficier effectivement d'un traitement approprié à son état de santé et enfin que son état de santé lui permettait de voyager sans risque vers son pays d'origine. Cette appréciation repose essentiellement sur l'avis émis par le collège de médecins de l'OFII qui, aux termes des observations et des fiches MedCOI produites par cet établissement dans le cadre de la présente instance, a considéré que Mme A pouvait bénéficier au Cameroun du suivi médical nécessité par l'infection chronique du VIH dont elle est atteinte ainsi que d'un traitement médicamenteux équivalent à la trithérapie antivirale dont elle bénéficie en France. En se bornant à soutenir qu'au Cameroun, les personnes souffrant de la même maladie sont régulièrement confrontées à des ruptures de médicaments, et sans produire aucun élément au soutien de ses affirmations, Mme A ne remet pas utilement en cause l'appréciation portée par le préfet au regard notamment de l'avis émis par le collège des médecins de l'OFII. Par suite, le moyen tiré de ce que le préfet aurait commis une erreur d'appréciation et fait une inexacte application des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté. Il en va de même, pour les mêmes motifs et en tout état de cause, du moyen tiré de la méconnaissance des dispositions du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
6. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir soulevée en défense, que les conclusions de la requête de Mme A tendant à l'annulation de l'arrêté préfectoral du 26 février 2024 ne peuvent qu'être rejetées. Par voie de conséquence, il en va de même des conclusions de la requête aux fins d'injonction, ainsi que de celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au préfet du Finistère.
Délibéré après l'audience du 13 décembre 2024, où siégeaient :
M. Labouysse, président,
M. Bouju, premier conseiller,
Mme René, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 décembre 2024.
Le rapporteur,
signé
D. Bouju Le président,
signé
D. Labouysse
La greffière,
signé
E. Fournet
La République mande et ordonne au préfet du Finistère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026