LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsNos servicesBlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes. C'est gratuit, et vos coordonnées ne sont transmises qu'avec votre accord.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation entre particuliers et avocats. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Nos services
  • Trouver un avocat
  • Calculateurs juridiques
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Nos services
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2404621

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2404621

vendredi 6 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2404621
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Rennes, saisi en référé par l'association "La Feuille" sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a examiné la demande de suspension de la déclaration enregistrée par le préfet d'Ille-et-Vilaine pour une unité de méthanisation exploitée par la SAS Naturagaz. La requérante invoquait des inexactitudes et imprécisions dans la déclaration, notamment concernant les surfaces d'épandage en zones protégées (Natura 2000, ZNIEFF, captage d'eau potable), ainsi qu'un défaut d'information du public. Le juge a rejeté la requête, considérant que la condition d'urgence n'était pas remplie, le projet étant suspendu par un arrêté préfectoral du 12 août 2024 prescrivant une évaluation des incidences Natura 2000, et le permis de construire faisant l'objet d'une procédure de retrait. La décision s'appuie sur les dispositions du code de l'environnement et du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 3 et 6 août 2024, l'association " La Feuille " demande au juge des référés de suspendre, en application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'exécution de la déclaration enregistrée le 29 mars 2024 par le préfet d'Ille-et-Vilaine, déposée par la société par actions simplifiées (SAS) Naturagaz, portant sur une unité de méthanisation située La Rousselais à La Chapelle de Brain.

Elle soutient que :

- elle justifie de son intérêt à agir contre la décision en litige, qui porte sur un projet affectant les intérêts que ses statuts lui donnent pour mission de défendre ; le projet préjudicie également à la situation de certains de ses adhérents ; la requête est déposée dans le délai de recours contentieux, dès lors que la déclaration n'a fait l'objet d'aucune publication au recueil des actes administratifs de la préfecture, ni d'aucun affichage en mairie et sur le site d'implantation ;

- la déclaration en litige comporte des informations erronées, en ce que compte tenu des volumes de digestats devant être épandus, une partie des 350 hectares nécessaires se trouvera en zone protégée, Natura 2000 et ZNIEFF ; les surfaces d'épandage sont situées pour partie sur des zones Natura 2000 ainsi que sur la zone de protection du captage d'eau potable de Massérac, qui doit en principe être étendue ; le projet se situe également à la périphérie immédiate d'un ensemble de zones humides du marais de Gannedel ; ces inexactitudes ont faussé l'appréciation du service instructeur ;

- il en est de même des imprécisions de la déclaration, s'agissant de la configuration et de la topographie des lieux, affectant les modalités de gestion des eaux de pluie ; les références du plan d'épandage sont inexploitables en l'absence de références cadastrales ; compte tenu de la sensibilité du milieu environnant, un porter-à-connaissance précis et compréhensible des parcelles inscrites au plan d'épandage doit être tenu à disposition du public ;

- la déclaration indique que de l'azote sera épandu sur des terrains mis à disposition par un tiers, alors même que l'installation n'en produit pas, que l'origine de cet azote n'est pas précisée, pas davantage que les raisons pour lesquelles de l'azote produit par un tiers sera épandu sur des terrains également mis à disposition par un tiers ;

- les plans joints à la déclaration n'ont pas été portés à la connaissance du public ; elle en a vainement demandé la communication au porteur du projet ;

- la condition tenant à l'urgence est satisfaite, dès lors que le projet affectera de manière très significative la préservation des zones de protection des captages d'eau potable de Massérac, dont la redéfinition est en cours.

Par un mémoire en défense, enregistré le 28 août 2024, la société par actions simplifiée (SAS) Naturagaz conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que :

- le délai de recours contre la décision en litige est de deux mois et les formalités d'affichage ont été respectées ;

- l'unité de méthanisation projetée n'engendre aucune nuisance, notamment olfactive ;

- une étude environnementale a été réalisée fin 2023, dont les conclusions sont favorables : le projet s'implante en site complètement étanche et non en zone humide et n'affecte pas la biodiversité ; aucun épandage de digestats liquide ne sera réalisé en zone Natura 2000 ou ZNIEFF ; seul le fumier est actuellement épandu dans cette zone, qui sera remplacé par le digestat solide ; la question de la qualité de l'eau se pose uniquement pour les produits phytosanitaires ; les eaux pluviales seront accueillies dans une lagune prévue à cet effet ; un merlon étanche est créé en cas de fuite de fosse ;

- le méthaniseur sera alimenté avec des intrants 100 % agricoles et provenant de l'exploitation ;

- le projet relève bien du régime de la déclaration.

Par un mémoire en défense, enregistré le 28 août 2024, le préfet d'Ille-et-Vilaine conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- la requête est irrecevable dès lors qu'il n'est pas établi que la délibération autorisant la saisine du tribunal a été validée et signée dans le respect des règles fixées par les statuts ;

- la condition tenant à l'urgence n'est pas satisfaite : le projet d'unité de méthanisation est actuellement suspendu, dès lors qu'un arrêté a été édicté le 12 août 2024, en application des dispositions du IV bis de l'article L. 414-4 du code de l'environnement, portant prescription d'une évaluation des incidences Natura 2000 ; le permis de construire tacitement acquis fait l'objet d'une procédure de retrait, la lettre de procédure contradictoire ayant été notifiée au porteur du projet le 25 juillet 2024.

Vu :

- la requête au fond n° 2404620, enregistrée le 3 août 2024 ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'environnement ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Thielen, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 29 août 2024 :

- le rapport de Mme Thielen ;

- les observations de M. C, représentant l'association " La Feuille ", qui conclut aux mêmes fins que les écritures et qui expose que l'urgence est caractérisée dès lors que la zone de protection du captage d'eau potable de Massérac est située à proximité immédiate du site, et qu'aucune information n'a été transmise s'agissant des plans d'épandage ;

- les observations de M. D, représentant le préfet d'Ille-et-Vilaine, qui persiste dans ses conclusions écrites, par les mêmes arguments, et fait notamment valoir que :

* le porteur du projet doit réaliser une étude d'incidence Natura 2000 ;

* le projet est en l'état suspendu et une procédure de retrait du permis de construire est en cours ;

- les observations de M. A, représentant la SAS Naturagaz, qui persiste dans ses conclusions écrites par les mêmes arguments qu'il développe et qui indique également que le site est complètement étanche et les risques entièrement identifiés et maîtrisés, qu'un cabinet d'études a été missionné pour réaliser l'étude d'incidence Natura 2000 et que les observations demandées dans le cadre de la procédure de retrait de permis de construire viennent d'être transmises.

- les observations de M. B, représentant la commune de La Chapelle-de-Brain.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Dans la perspective de la création et de l'exploitation d'une unité de méthanisation sur le site de la Rousselais, à La Chapelle-sur-Brain, la SAS Naturagz a déposé un dossier de déclaration d'installation classée pour la protection de l'environnement (ICPE) le 29 mars 2024, publiée sur le site internet de la préfecture d'Ille-et-Vilaine le 5 avril 2024. L'association " La Feuille " a saisi le tribunal d'un recours en annulation contre cette déclaration et, dans l'attente du jugement au fond, demande au juge des référés d'en suspendre l'exécution.

Sur les conclusions aux fins de suspension :

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".

3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sur la situation de ce dernier ou, le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce.

4. Il ressort des pièces du dossier que, par arrêté du 12 août 2024 édicté en application du IV bis de l'article L. 414-4 du code de l'environnement, le préfet d'Ille-et-Vilaine a prescrit à la SAS Naturagaz la réalisation d'une évaluation des incidences Natura 2000, dans un délai de deux mois à compter de sa réception, outre qu'a été initiée, par lettre du 25 juillet 2024 et en application de l'article L. 424-5 du code de l'urbanisme, la procédure de retrait du permis de construire tacitement acquis le 16 précédent, motif pris de la méconnaissance des dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme. Dans ces circonstances, et dès lors que le projet de méthanisation ne peut, en l'état, être réalisé, la condition tenant à l'urgence ne peut, à la date de la présente ordonnance, être regardée comme satisfaite.

5. Il résulte de ce qui précède que l'une des conditions auxquelles les dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative subordonnent la suspension de l'exécution d'une décision administrative n'est pas remplie. Les conclusions de l'association " La Feuille " tendant à la suspension de l'exécution de la déclaration ICPE déposée par la SAS Naturagaz et enregistrée le 29 mars 2024 par le préfet d'Ille-et-Vilaine ne peuvent, par suite, qu'être rejetées, sans qu'il soit besoin de statuer sur la recevabilité de la requête.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de l'association " La Feuille " est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à l'association " La Feuille ", au ministre en charge de l'environnement et de l'écologie, à la SAS Naturagaz et à la commune de La Chapelle-de-Brain.

Copie en sera transmise pour information au préfet d'Ille-et-Vilaine.

Fait à Rennes, le 6 septembre 2024.

Le juge des référés,

signé

O. ThielenLa greffière,

signé

P. Lecompte

La République mande et ordonne au ministre en charge de l'environnement, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

4

Décisions similaires

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798

03/08/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201

03/08/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562

03/08/2026

TA77Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484

03/08/2026

← Retour aux décisions