mardi 20 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2404646 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Eloignement urgent |
| Avocat requérant | CABINET D'AVOCATS LE STRAT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 5 août 2024, M. C A demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 2 août 2024 par lequel le préfet du Finistère l'a obligé à quitter le territoire français sans délai de départ volontaire, a fixé le pays de destination et a prononcé une interdiction de circulation sur le territoire français à son encontre d'une durée de trois ans.
Il soutient que :
- la compétence du signataire de l'arrêté attaqué n'est pas établie ;
- l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé ;
- il méconnaît le droit d'être entendu garanti par l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- il est entaché d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;
- il est entaché d'une erreur de droit ;
- il méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de ses conséquences sur sa situation personnelle.
Par une ordonnance du 7 août 2024, reçue au greffe le 8 août 2024, le juge des libertés et de la détention a prolongé la rétention de M. A pour une durée de vingt-six jours.
Par une ordonnance du 9 août 2024, reçue au greffe le même jour, la cour d'appel de Rennes a infirmé la décision du juge des libertés et de la détention.
Par une décision du 9 août 2024, reçue au greffe le 12 août 2024, le préfet du Finistère a assigné M. A à résidence à Pleyben pour une durée de quarante-cinq jours.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 août 2024, le préfet du Finistère conclut à titre principal à l'irrecevabilité de la requête pour tardiveté et à titre subsidiaire au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Ambert, conseiller, en application des articles L. 922-1 à L. 922-3 et R. 922-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Ambert,
- les observations de Me Thébault, représentant M. A, qui expose les moyens développés dans la requête et soutient que le délai de recours de 48 heures n'est pas opposable à M. A dès lors que l'administration a indiqué, dans les voies et délais de recours de l'arrêté attaqué, un délai de recours de 7 jours, que l'arrêté attaqué méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors que M. A est arrivé en France à l'âge de dix ans, qu'il vit en France avec sa compagne et ses deux enfants, qu'il a exercé une activité professionnelle jusqu'en juillet 2024 avant d'avoir des problèmes de santé, et conclut à la mise à la charge de l'État d'une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ;
- les explications de M. A ;
- et les observations de M. B, représentant le préfet d'Ille-et-Vilaine, qui expose les arguments en défense développés dans les écritures et fait valoir que le requérant n'exerce actuellement pas d'activité professionnelle et constitue une menace réelle, actuellement et suffisamment grave pour l'ordre public compte tenu de ses condamnations pénales et du fait que l'intéressé est connu des services de police pour des faits de blessure involontaire avec incapacité n'excédant pas trois mois par conducteur de véhicule terrestre à moteur et délit de fuite commis en mars 2023.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 922-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions en annulation :
1. En premier lieu, le signataire de l'arrêté litigieux, M. François Drapé, secrétaire général de la préfecture du Finistère, a reçu, par arrêté du 26 février 2024 publié au recueil des actes administratifs du département du Finistère du 1er mars 2024, délégation du préfet à l'effet de signer, en toutes matières, tous les actes relevant des attributions du préfet, à l'exclusion de la réquisition du comptable public. Le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte doit ainsi être écarté.
2. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué comporte l'énoncé des motifs de fait et de droit au regard desquels le préfet du Finistère a pris la décision attaquée. Le moyen tiré du caractère insuffisant de la motivation de l'arrêté attaqué doit ainsi être écarté.
3. En troisième lieu, si M. A soutient que la décision attaquée méconnaît le droit d'être entendu, principe général du droit de l'Union européenne, il ressort des pièces du dossier que M. A a été entendu le 17 juillet 2024 par la gendarmerie nationale et a été interrogé sur la mesure d'éloignement envisagée à son encontre. Un courrier daté du 16 juillet 2024, et notifié le 17 juillet 2024, lui a en outre été adressé afin de recueillir ses observations. L'intéressé a ainsi été mis à même de faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue sur les mesures envisagées à son encontre avant qu'elles n'interviennent. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du principe général du droit de l'Union européenne précité doit être écarté.
4. En quatrième lieu, l'arrêté attaqué mentionne que M. A, né le 27 mars 2001 en Roumanie, déclare, sans en justifier, être entré sur le territoire français en 2014, qu'il n'a jamais entamé de démarches administratives en vue de régulariser sa situation ni bénéficié de titre de séjour, qu'il se déclare sans activité professionnelle, que s'il se déclare être marié et père de deux enfants, il n'apporte aucun élément de nature à le justifier et qu'il a été condamné par le tribunal judiciaire de Quimper le 14 décembre 2020 à une peine d'emprisonnement de six mois pour des faits de tentative de vol en réunion. Au regard de ces éléments, le moyen tiré du défaut d'examen particulier de sa situation doit être écarté.
5. En cinquième lieu, si M. A soutient que l'arrêté attaqué est entaché d'une erreur de droit, il n'assortit pas ce moyen des précisions nécessaires à l'examen de son bien-fondé. Le moyen doit ainsi être écarté.
6. En sixième lieu, aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
7. Il ressort des pièces du dossier que M. A, ressortissant roumain, réside avec sa compagne depuis novembre 2022 à Pleyben et est père de deux enfants nés en 2020 et 2021. Par la production de la seule attestation de sa compagne et de photographies, il ne justifie toutefois pas de leur entretien et de leur éducation. M. A joint également au dossier des bulletins de salaire, attestant qu'il a été employé par des agences d'intérim de décembre 2023 à mai 2024. Il ressort également des pièces du dossier que M. A a été condamné le 14 décembre 2020 par le tribunal judiciaire de Quimper à une peine d'emprisonnement de six mois pour des faits de tentative de vol en réunion ainsi que le 12 mai 2021 au paiement d'une amende de 400 euros pour des faits de menace de mort matérialisée par écrit, image ou autre objet. Au regard de ce qui précède, l'éloignement du requérant ne porte pas une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale. Le moyen tiré d'une méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et d'une erreur manifeste d'appréciation doit ainsi être écarté.
8. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir soulevée par l'administration en défense, que les conclusions de la requête à fin d'annulation de l'arrêté du 2 août 2024 du préfet du Finistère doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
9. Les dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'État, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme que le requérant et son conseil demandent au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à C A et au préfet du Finistère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 août 2024.
Le magistrat désigné,
signé
A. AmbertLa greffière,
signé
E. Le Magoariec
La République mande et ordonne au préfet du Finistère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026