mercredi 21 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2404811 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Eloignement urgent |
| Avocat requérant | CABINET D'AVOCATS LE STRAT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 12 août 2024, M. B A, représenté par Me Louis, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 6 août 2024 par lequel le préfet d'Ille-et-Vilaine lui fait obligation de quitter le territoire français sans délai, fixe le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office et lui fait interdiction de retourner sur le territoire français pour une durée d'un an ;
2°) d'annuler l'arrêté du 6 août 2024 par lequel le préfet d'Ille-et-Vilaine l'a assigné à résidence, et ses modalités ;
3°) d'enjoindre au préfet d'Ille-et-Vilaine à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour dans le délai de huit jours à compter de la notification du jugement à intervenir, et, à titre subsidiaire, de procéder à un nouvel examen de sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans l'attente ;
4°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
* en ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
- elle est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen complet de sa situation ;
- elle est entachée d'un vice de procédure ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
* en ce qui concerne la décision portant refus de délai de départ volontaire :
- elle est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen ;
- elle méconnait les dispositions des 2° et 8°) de l'article L. 612-3 et 3°) de L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
* la décision fixant le pays de renvoi doit être annulée par voie de conséquence de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;
* En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français d'un an :
- elle est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen ;
- elle méconnaît l'article L. 612-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
•En ce qui concerne la décision portant assignation à résidence :
- elle est entachée d'un défaut d'examen ;
- elle est entachée d'une insuffisance de motivation ;
- elle est entachée erreur manifeste d'appréciation ;
- la perspective raisonnable d'éloignement indispensable au prononcé de la mesure d'assignation n'est pas démontrée.
* Sur les mesures accompagnant l'assignation à résidence :
- elles sont entachées d'un défaut d'examen ;
- elles sont entachées d'une insuffisance de motivation ;
- elles sont entachées erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 16 août 2024, le préfet d'Ille-et-Vilaine conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Vu :
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Pottier, première conseillère, pour statuer sur les recours dont le jugement relève des dispositions des articles L. 922-1 à L. 922-3 et R. 922-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Pottier ;
- les observations de Me Louis, représentant M. A, qui reprend et développe les moyens tirés du défaut de motivation et d'examen, et de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle soutient que l'interdiction de retour sur le territoire est entachée d'une méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- concernant l'assignation à résidence, elle soutient que M. A pouvait être assigné à résidence chez sa tante ; par ailleurs les mesures accompagnant l'assignation à résidence révèlent un défaut d'examen et une méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales car il a des contrats à honorer dans le cadre de son activité professionnelle ;
- et les explications de M. A.
Le préfet d'Ille-et-Vilaine n'était ni présent ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant algérien né 5 janvier 1981 à Arreridj (Algérie), est entré en France le 26 novembre 2022 muni d'un visa de court séjour de 30 jours et s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire à l'expiration de son visa. Le 6 août 2024, il a été entendu par les services de police aux frontières dans le cadre d'une enquête pour faux et usage de faux documents administratifs. Le même jour, le préfet d'Ille-et-Vilaine a pris à son encontre un arrêté portant obligation de quitter le territoire français sans délai ainsi qu'un arrêté portant assignation à résidence, dont M. A demande l'annulation.
Sur l'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :
2. M. A démontre avoir déposé une demande auprès du bureau d'aide juridictionnelle sur laquelle il n'a pas été statué. Par suite, il y a lieu de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Sur les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté portant obligation de quitter le territoire français sans délai, décision fixant le pays de renvoi, et interdiction de retour sur le territoire :
En ce qui concerne la base légale de l'obligation de quitter le territoire français :
3. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ; 2° L'étranger, entré sur le territoire français sous couvert d'un visa désormais expiré ou, n'étant pas soumis à l'obligation du visa, entré en France plus de trois mois auparavant, s'est maintenu sur le territoire français sans être titulaire d'un titre de séjour ou, le cas échéant, sans demander le renouvellement du titre de séjour temporaire ou pluriannuel qui lui a été délivré ; (). ". Aux termes de l'article L. 621-3 du même code : " L'étranger en provenance directe du territoire d'un État partie à la convention signée à Schengen le 19 juin 1990 peut se voir appliquer les dispositions de l'article L. 621-2 lorsqu'il est entré ou a séjourné sur le territoire français sans se conformer aux stipulations des paragraphes 1 et 2 de l'article 19, du paragraphe 1 de l'article 20, et des paragraphes 1 et 2 de l'article 21, de cette convention, relatifs aux conditions de circulation des étrangers sur les territoires des parties contractantes, ou sans souscrire, au moment de l'entrée sur ce territoire, la déclaration obligatoire prévue par l'article 22 de la même convention, alors qu'il était astreint à cette formalité. ".
4. Aux termes de l'article R. 621-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sous réserve des dispositions de l'article R. 621-4, l'étranger souscrit la déclaration d'entrée sur le territoire français mentionnée à l'article L. 621-3 auprès des services de la police nationale ou, en l'absence de tels services, des services des douanes ou des unités de la gendarmerie nationale. A cette occasion, il lui est remis un récépissé qui peut être délivré par apposition d'une mention sur le document de voyage. Les modalités d'application du présent article, et notamment les mentions de la déclaration et son lieu de souscription, sont fixées par arrêté conjoint du ministre de l'intérieur et du ministre chargé de l'immigration. ".
5. Il ressort des pièces du dossier que M. A n'ayant pas souscrit à la déclaration d'entrée imposée par l'article R. 621-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet pouvait sur le fondement des dispositions du 1°) de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, prendre une obligation de quitter le territoire français à son encontre. Au surplus, M. A s'étant maintenu sur le territoire à l'expiration de son visa, l'obligation de quitter le territoire français pouvait également être fondée sur le 2° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Sur les moyens communs aux décisions attaquées :
6. Les décisions attaquées citent les circonstances de fait et de droit sur lesquelles elles fondent, et ne sont pas rédigées de façon stéréotypée. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.
7. Il ressort des termes des décisions attaquées que le préfet d'Ille-et-Vilaine a procédé, compte tenu des seuls éléments en sa possession, à un examen suffisamment approfondi de la situation particulière de M. A. En particulier, la circonstance que les décisions attaquées ne mentionnent pas la présence en France de la tante et des cousines de l'intéressé, ou mentionnent une entrée irrégulière de l'intéressé puis un maintien en situation irrégulière à l'expiration de son visa, ne révèle pas un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle du requérant. Dans ces conditions, le moyen tiré du défaut d'examen particulier doit être écarté.
Sur les moyens propres à l'obligation de quitter le territoire français :
8. Le moyen tiré du vice de procédure n'est assorti d'aucune précision permettant de statuer sur son bien-fondé. Il doit donc être écarté.
9. Aux termes de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est () édictée après vérification du droit au séjour, en tenant notamment compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France et des considérations humanitaires pouvant justifier un tel droit. () ". Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, (). / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, (), à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, () ".
10. M. A soutient être entré en France régulièrement le 26 novembre 2022, y avoir retrouvé sa tante et ses cousins, développé des relations amicales, fait des efforts d'intégration, et soutient qu'il dispose d'un projet professionnel solide, ayant travaillé de janvier 2023 à janvier 2024 dans un secteur en tension, et qu'il vient de créer sa propre entreprise de nettoyage dans le bâtiment en juillet 2024. Toutefois, M. A vit depuis moins de deux ans en France à la date de la décision attaquée, y a travaillé sans autorisation et en situation irrégulière, et a sa femme et ses trois enfants en Algérie. Dans ces conditions, il n'est pas fondé à soutenir que le préfet d'Ille-et-Vilaine aurait méconnu les dispositions de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ni que la décision aurait porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale, ou serait entachée d'erreur manifeste d'appréciation. Ces moyens doivent, par suite, être écartés.
Sur les moyens propres au refus de délai de départ volontaire :
11. Aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : () / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ". Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; 2° L'étranger s'est maintenu sur le territoire français au-delà de la durée de validité de son visa ou, s'il n'est pas soumis à l'obligation du visa, à l'expiration d'un délai de trois mois à compter de son entrée en France, sans avoir sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; () 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, (), qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale (). ".
12. Ainsi qu'il l'a été dit au point 5 du présent jugement, M. A est entré irrégulièrement en France et s'est maintenu en situation irrégulière à l'expiration de son visa. Par conséquent, il relevait des dispositions des 1° et 2° de l'article L. 612-3 permettant de regarder le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 comme établi. Par ailleurs, il a déclaré lors de son audition par les services de police ne pas avoir de domicile fixe en France. Il relevait donc également du 8° de l'article L. 612-3. Par conséquent, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées des articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
Sur les moyens propres à la décision fixant le pays de destination :
13. Il résulte de ce qui a été précédemment exposé que M. A n'établit pas que la décision portant obligation de quitter le territoire français serait entachée d'illégalité. Par suite, le moyen, invoqué par voie d'exception, tiré de l'illégalité de cette décision à l'appui des conclusions d'annulation dirigées contre la décision fixant le pays de destination doit être écarté.
Sur les moyens propres à la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
14. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, et dix ans en cas de menace grave pour l'ordre public. ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11. ".
15. Pour contester l'interdiction de retour sur le territoire français prise à son encontre, M. A se prévaut de la durée de son séjour en France, de la présence de ses cousines et de sa tante en France, et de son activité professionnelle. Ces éléments ne constituent cependant pas des circonstances humanitaires faisant obstacle à l'édiction d'une interdiction de retour sur le territoire. En outre, M. A est présent en France depuis moins de deux ans à la date de la décision attaquée et a son épouse et ses enfants dans son pays d'origine. Par suite, alors même que M. A n'a jamais fait l'objet d'une mesure d'éloignement et ne présente pas de menace pour l'ordre public, le préfet a pu, sans commettre d'erreur d'appréciation ni entacher la décision d'une violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ni méconnaitre les dispositions précitées du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, assortir l'obligation de quitter le territoire français sans délai d'une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an.
16. Enfin, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 612-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qui ne s'applique pas à la décision attaquée, ne peut qu'être écarté comme inopérant.
Sur les conclusions aux fins d'annulation de l'assignation à résidence :
17. Aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins de trois ans auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé (). "
18. En premier lieu, l'arrêté comporte la mention des circonstances de droit et de fait qui le fondent, l'autorité administrative n'ayant pas l'obligation de justifier de la nécessité et de la proportionnalité de l'assignation à résidence prise pour l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.
19. En deuxième lieu, il ne ressort ni des mentions de l'arrêté ni des autres pièces du dossier que le préfet n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation du requérant. Le moyen doit donc être écarté.
20. En troisième lieu, si M. A fait valoir qu'il peut être hébergé par des proches, alors qu'il a déclaré ne pas avoir de domicile fixe lors de son audition par les services de police, et qu'il aurait des contrats professionnels à honorer, ces circonstances ne sont pas de nature à établir que la décision d'assignation à résidence serait entachée d'erreur manifeste d'appréciation ou d'une méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
21. Enfin, si M. A fait valoir que les relations diplomatiques sont tendues entre la France et l'Algérie il n'établit pas ainsi que son éloignement serait dépourvu de perspectives raisonnables. Les moyens tirés de l'erreur manifeste d'appréciation et de la méconnaissance des dispositions précitées de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doivent par suite être écartés.
Sur les moyens relatifs aux mesures accompagnant l'assignation à résidence :
22. Aux termes de l'article R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative qui a ordonné l'assignation à résidence de l'étranger en application des articles L. 731-1, L. 731-3, L. 731-4 ou L. 731-5 définit les modalités d'application de la mesure : 1° Elle détermine le périmètre dans lequel il est autorisé à circuler muni des documents justifiant de son identité et de sa situation administrative et au sein duquel est fixée sa résidence ; 2° Elle lui désigne le service auquel il doit se présenter, selon une fréquence qu'elle fixe dans la limite d'une présentation par jour, en précisant si l'obligation de présentation s'applique les dimanches et les jours fériés ou chômés ; 3° Elle peut lui désigner une plage horaire pendant laquelle il doit demeurer dans les locaux où il réside. ".
23. L'arrêté attaqué astreint M. A à se présenter tous les jours de la semaine à dix-sept heures, y compris les jours fériés ou chômés, à la gendarmerie de la Guerche-de-Bretagne, l'oblige à demeurer à l'adresse à laquelle il est assigné à résidence entre dix-huit et vingt-et-une heures, y compris les week-end et jours fériés, et lui fait interdiction de sortir de la commune de la Guerche-de-Bretagne.
24. En premier lieu, les mesures accompagnant l'assignation à résidence n'ont pas à faire l'objet d'une motivation spécifique. Le moyen tiré du défaut de motivation doit ainsi été écarté.
25. En deuxième lieu, il ne ressort ni des mentions de l'arrêté ni des autres pièces du dossier que le préfet n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation du requérant. Le moyen doit donc être écarté.
26. Enfin se bornant à faire valoir qu'il a des engagements professionnels liés à sa nouvelle entreprise, et en alléguant qu'il présente des garanties de représentation, M. A ne justifie pas d'une quelconque impossibilité de respecter les contraintes accompagnant l'assignation à résidence, ni n'établit que les mesures précitées cette assignation seraient disproportionnées et entachées d'une méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Ces moyens doivent, par suite, être écartés.
27. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation des arrêtés du préfet d'Ille-et-Vilaine du 6 août 2024 doivent être rejetées, ainsi que par voie de conséquence les conclusions aux fins d'injonction et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
DÉCIDE :
Article 1er : M. A est admis à l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : La requête de M. A est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet d'Ille-et-Vilaine.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 août 2024.
La magistrate désignée,
signé
F. Pottier La greffière,
signé
C. Salladain
La République mande et ordonne au préfet d'Ille-et-Vilaine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026