vendredi 22 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2404965 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 22 août 2024, M. A D, représenté par Me Vervenne, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 2 avril 2024 par lequel le préfet du Morbihan a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, et a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office ;
2°) d'enjoindre au préfet du Morbihan de lui délivrer, dans un délai de 15 jours à compter de la notification du jugement à intervenir, un titre de séjour l'autorisant à travailler et à défaut, de réexaminer sa situation dans le délai d'un mois et de lui délivrer un récépissé valant autorisation provisoire de séjour, avec autorisation de travailler dans un délai de trois jours, l'ensemble sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'État le versement de la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi n° 91- 647 du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- l'arrêté a été signé par une autorité incompétente ;
la décision refusant le titre de séjour :
- méconnaît l'article R. 431-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- est entachée d'une erreur de droit et de fait, d'une erreur manifeste d'appréciation dans l'application des stipulations de l'article 3 de l'accord franco-tunisien et de l'article R. 2221-17 du code du travail ;
- méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
la décision décidant l'éloignement :
- se trouve privée de base légale pour être fondée sur la décision de refus de séjour illégale ;
- est insuffisamment motivée ;
la décision fixant le pays d'éloignement :
- se trouve privée de base légale pour être fondée sur la décision d'éloignement illégale ;
Par un mémoire en défense, enregistré le 3 septembre 2024, le préfet du Morbihan conclut au rejet de la requête.
Le préfet fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
M. D a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 27 juillet 2024.
Les parties ont été informées de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur le moyen tiré de ce que le préfet du Morbihan ne pouvait se fonder sur les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers du droit d'asile pour rejeter la demande de titre de séjour " salarié " de M. D, dès lors que ces dispositions ne sont pas applicables aux ressortissants tunisiens, l'article 3 de l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 prévoyant la délivrance de titres de séjour au titre d'une activité salariée, et qu'il y a lieu de substituer à cette base légale erronée celle tirée du pouvoir, dont dispose le préfet du Morbihan, de régulariser ou non la situation d'un étranger.
Par un courrier du 5 novembre 2024, M. D a présenté des observations.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord du 17 mars 1988 entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République de Tunisie en matière de séjour et de travail ;
- le protocole relatif à la gestion concertée des migrations entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République tunisienne, signé le 28 avril 2008 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Radureau a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. D, ressortissant tunisien né le 25 mai 1991, est selon ses déclarations entré en France le 1er avril 2022. Par courrier, reçu le 9 novembre 2023, il a sollicité son admission au séjour dans le cadre des dispositions des articles 3 et 7 quater de l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988et des articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 2 avril 2024 dont M. D demande l'annulation, le préfet du Morbihan a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, et a fixé le pays à destination duquel il sera, le cas échéant, renvoyé.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
S'agissant des moyens communs aux décisions attaquées :
2. En premier lieu, le préfet du Morbihan a donné délégation, selon arrêté du 29 mai 2024 dûment publié au recueil des actes administratifs de la préfecture n° 56-2024-041 du même jour, à Mme C B, adjointe au chef du bureau des étrangers et de la nationalité et signataire des arrêtés attaqués, aux fins de signer, en cas d'absence ou d'empêchement de M. F, directeur de la citoyenneté et de la légalité, et de Mme E, cheffe du bureau des étrangers et de la nationalité, notamment le refus de délivrance d'un titre de séjour. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'acte doit être écarté.
3. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué vise les textes dont il est fait application, notamment les dispositions des articles L. 611-1 3° et L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'accord du 17 mars 1988 entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République de Tunisie en matière de séjour et de travail ainsi que les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Il rappelle les éléments se rapportant à la situation personnelle et administrative de M. D et souligne l'absence d'éléments présentés concernant les risques de mauvais traitement en cas de retour dans son pays d'origine. L'arrêté attaqué comporte ainsi les considérations de droit et de fait sur lesquels le préfet s'est fondé pour rejeter la demande de titre de séjour de M. D, l'obliger à quitter le territoire français et fixer le pays de destination. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation des décisions attaquées manque en fait et doit être écarté.
4. En troisième lieu, il résulte de la motivation de l'arrêté que le préfet du Morbihan a procédé à un examen réel et sérieux de la situation particulière de l'intéressé, au regard de sa demande de titre de séjour et des éléments se rapportant à sa vie privée et familiale. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen doit être écarté.
5. En quatrième lieu, aux termes de l'article R. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La demande d'un titre de séjour figurant sur une liste fixée par arrêté du ministre chargé de l'immigration s'effectue au moyen d'un téléservice à compter de la date fixée par le même arrêté. Les catégories de titres de séjour désignées par arrêté figurent en annexe 9 du présent code ". Aux termes de son article R. 431-3 : " La demande de titre de séjour ne figurant pas dans la liste mentionnée à l'article R. 431-2, est effectuée à Paris, à la préfecture de police et, dans les autres départements, à la préfecture ou à la sous-préfecture. Le préfet peut également prescrire que les demandes de titre de séjour appartenant aux catégories qu'il détermine soient adressées par voie postale ". Aux termes de son article R. 431-12 : " L'étranger admis à souscrire une demande de délivrance ou de renouvellement de titre de séjour se voit remettre un récépissé qui autorise sa présence sur le territoire pour la durée qu'il précise. () Le récépissé n'est pas remis au demandeur d'asile titulaire d'une attestation de demande d'asile ".
6. M. D invoque la méconnaissance des dispositions précitées et soutient qu'il n'a jamais été reçu en Préfecture et informé de l'enregistrement de sa demande, alors qu'il attendait un retour pour produire des documents complémentaires. Toutefois à supposer même que la procédure d'enregistrement et de traitement de cette demande de titre de séjour ait été irrégulière, il n'est pas établi, dans les circonstances de l'espèce, alors qu'il appartient au demandeur de communiquer à l'administration toutes les informations se rapportant à sa situation, que M. D, qui ne produit d'ailleurs aucun élément important et nouveau sur sa situation, aurait été privé d'une garantie ou que cette situation aurait eu une incidence sur le sens de la décision prise par l'administration. Par suite ce moyen doit être écarté.
S'agissant du refus de titre de séjour :
7. En premier lieu, les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile relatives aux titres de séjour qui peuvent être délivrés aux étrangers et aux conditions de délivrance de ces titres s'appliquent, ainsi que le rappelle le même code, " sous réserve () des conventions internationales ". En ce qui concerne les ressortissants tunisiens, l'article 11 de l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 en matière de séjour et de travail stipule : " Les dispositions du présent Accord ne font pas obstacle à l'application de la législation des deux Etats sur le séjour des étrangers sur tous les points non traités par l'Accord. / Chaque Etat délivre notamment aux ressortissants de l'autre Etat tous titres de séjour autres que ceux visés au présent Accord, dans les conditions prévues par sa législation ". L'article 3 du même accord stipule que " Les ressortissants tunisiens désireux d'exercer une activité professionnelle salariée en France, pour une durée d'un an au minimum, et qui ne relèvent pas des dispositions de l'article 1er du présent accord, reçoivent, après contrôle médical et sur présentation d'un contrat de travail visé par les autorités compétentes ". Le protocole relatif à la gestion concertée des migrations entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République tunisienne, signé le 28 avril 2008 stipule, à son point 2.3.3, que " le titre de séjour portant la mention " salarié ", prévu par le premier alinéa de l'article 3 de l'accord du 17 mars 1988 modifié, est délivré à un ressortissant tunisien en vue de l'exercice, sur l'ensemble du territoire français, de l'un des métiers énumérés sur la liste figurant à l'Annexe I du présent protocole, sur présentation d'un contrat de travail visé par l'autorité française compétente sans que soit prise en compte la situation de l'emploi () ". Aux termes de l'article L. 412-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sous réserve des engagements internationaux de la France et des exceptions prévues aux articles L. 412-2 et L. 412-3, la première délivrance d'une carte de séjour temporaire () est subordonnée à la production par l'étranger du visa de long séjour mentionné aux 1° ou 2° de l'article L. 411-1. ". L'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 renvoie, sur tous les points qu'il ne traite pas, à la législation nationale, en particulier aux dispositions pertinentes du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour autant qu'elles ne sont pas incompatibles avec les stipulations de l'accord et nécessaires à sa mise en œuvre.
8. Aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "salarié", "travailleur temporaire" ou "vie privée et familiale", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 ".
9. Portant sur la délivrance des catégories de cartes de séjour temporaire prévues par les dispositions auxquelles il renvoie, l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile n'institue pas une catégorie de titres de séjour distincte mais est relatif aux conditions dans lesquelles les étrangers peuvent être admis à séjourner en France soit au titre de la vie privée et familiale, soit au titre d'une activité salariée. Il fixe ainsi, notamment, les conditions dans lesquelles les étrangers peuvent être admis à séjourner en France au titre d'une activité salariée. Dès lors que l'article 3 de l'accord franco-tunisien prévoit la délivrance de titres de séjour au titre d'une activité salariée, un ressortissant tunisien souhaitant obtenir un titre de séjour au titre d'une telle activité ne peut utilement invoquer les dispositions de l'article L. 435-1 à l'appui d'une demande d'admission au séjour sur le territoire national, s'agissant d'un point déjà traité par l'accord franco-tunisien, au sens de l'article 11 de cet accord. Toutefois, si l'accord franco-tunisien ne prévoit pas, pour sa part, de semblables modalités d'admission exceptionnelle au séjour, ses stipulations n'interdisent pas au préfet de délivrer un titre de séjour à un ressortissant tunisien qui ne remplit pas l'ensemble des conditions auxquelles est subordonnée sa délivrance de plein droit. Il appartient au préfet, dans l'exercice du pouvoir discrétionnaire dont il dispose sur ce point, d'apprécier, en fonction de l'ensemble des éléments de la situation personnelle de l'intéressé, l'opportunité d'une mesure de régularisation. Il s'ensuit que le préfet du Morbihan ne pouvait légalement rejeter la demande d'admission exceptionnelle au séjour en qualité de salarié présentée par le requérant en se fondant sur la circonstance que ce dernier ne remplissait pas les conditions mentionnées à l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il y a lieu de substituer à cette base légale erronée celle tirée du pouvoir dont dispose le préfet de régulariser ou non la situation d'un étranger dès lors que cette substitution de base légale n'a pour effet de priver l'intéressé d'aucune garantie, que l'administration dispose du même pouvoir d'appréciation dans sa mise en œuvre et que les parties ont été mises à même de présenter leurs observations sur ce point.
10. Il ressort des pièces du dossier que M. D a travaillé en France, sous couvert d'un contrat de travail à durée indéterminée, en qualité de technicien de fibre optique au sein de la société Tzoptique depuis le mois d'août 2023. M. D a présenté une demande d'autorisation de travail le concernant le 3 novembre 2023. Toutefois, à la date de l'arrêté attaqué, il n'est pas établi que M. D serait arrivé sous couvert d'un visa de long séjour, que son contrat de travail aurait été visé par les autorités françaises et qu'une autorisation de travail lui aurait été délivrée. Le préfet n'était ainsi pas dans l'obligation d'instruire la demande de titre de séjour dans le respect des dispositions du code du travail et n'a ainsi pas méconnu l'article R. 2221-17 du code du travail comme le soutient le requérant. Il est en outre constant que M. D a entendu tromper l'administration sur sa situation en utilisant une carte d'identité belge, un permis de conduire belge et précisé qu'il avait la nationalité belge dans son contrat de travail. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3 de l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 doit être écarté.
11. M. D étant arrivé récemment sur le territoire français, ayant entendu tromper l'administration sur sa nationalité et son identité en faisant usage d'une carte d'identité et d'un permis de construire belges et ne justifiant pas de motifs exceptionnels, le préfet du Morbihan a pu légalement décidé de ne pas faire usage de son pouvoir de régularisation de sa situation.
12. Si M. D indique qu'il n'a pas travaillé cinq mois en 2023 mais huit mois, il est constant que le préfet a seulement pris en compte les informations qui avaient été portées à sa connaissance à la date de la décision attaquée et qu'ainsi il ne peut être reproché au préfet d'avoir entaché sa décision d'une erreur de fait. En tout état de cause, cette circonstance, pour les motifs invoqués aux points 10 et 11 a été sans incidence sur l'appréciation que le préfet a porté à la situation de M. D.
13. En sixième lieu, l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales stipule que : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance () ".
14. M. D, qui est célibataire et sans enfant, est arrivé en avril 2022 en France et n'établit pas être dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine. Excepté son activité professionnelle en qualité de technicien de câblage, obtenu en usurpant sa nationalité, il ne justifie pas d'élément suffisamment précis se rapportant à son intégration et à sa situation sur le territoire. Dans ces conditions, son séjour étant très récent, le préfet du Finistère n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts en vue desquels il a pris la décision attaquée et n'a, dès lors, pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
15. En septième lieu, aux termes de l'article 7 quater de l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 modifié : " Sans préjudice des dispositions du b et du d de l'article 7 ter, les ressortissants tunisiens bénéficient, dans les conditions prévues par la législation française, de la carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" ". Aux termes des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République ". Aux termes des dispositions de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".
16. Pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 14, les moyens tirés de la méconnaissance de l'article 7 quater de l'accord franco-tunisien et de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doivent être écartés.
S'agissant de l'obligation de quitter le territoire français et de la décision fixant le pays d'éloignement :
17. Il résulte de ce qui précède que les moyens tirés de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français et de celle fixant le pays d'éloignement, invoqués par voie d'exception, doivent être écartés.
18. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. D doit être rejetée.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
19. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation de la requête, n'implique aucune mesure d'exécution. Il y a lieu, par suite, de rejeter les conclusions à fin d'injonction.
Sur les frais liés au litige :
20. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'État, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que M. D demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Par suite, les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. D est rejetée.
Article 2: Le présent jugement sera notifié à M. A D et au préfet du Finistère.
Délibéré après l'audience du 8 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Radureau, président,
M. Blanchard, premier conseiller.
Mme Villebesseix, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 novembre 2024.
Le président-rapporteur,
signé
C. Radureau
L'assesseur le plus ancien,
signé
A. Blanchard La greffière d'audience,
signé
A. Bruézière
La République mande et ordonne au préfet du Morbihan en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562
03/08/2026
Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484
03/08/2026