mardi 10 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2405071 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | REGNIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 27 août 2024, M. A B, représenté par Me Regnier, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le préfet du Morbihan a rejeté sa demande de délivrance d'un titre de séjour ;
2°) d'enjoindre au préfet du Morbihan de lui délivrer un titre de séjour.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 novembre 2024, le préfet du Morbihan conclut au rejet de la requête.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : / () 4° rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens. () ".
2. Le silence gardé par le préfet sur une demande de titre de séjour fait en principe naître une décision implicite de rejet de cette demande, au terme du délai mentionné à l'article R. 432-2 du code de l'entrée et de séjour des étrangers et du droit d'asile. Il en va autrement lorsqu'il est établi que le dossier de la demande était incomplet, le silence gardé par l'administration valant alors refus implicite d'enregistrement de la demande, lequel ne constitue pas une décision faisant grief susceptible de recours pour excès de pouvoir.
3. Il ressort des pièces du dossier que le requérant a adressé au préfet du Morbihan une demande de titre de séjour par voie postale, laquelle a été reçue par les services de la préfecture le 24 juin 2024. Or, une telle demande, dont le requérant admet lui-même dans son courrier qu'elle est incomplète, n'a pas pu faire naître une décision faisant grief susceptible d'être déférée au juge de l'excès de pouvoir. Par conséquent, les conclusions à fin d'annulation, dirigées contre une telle décision, sont manifestement irrecevables et doivent ainsi, au même titre que les conclusions accessoires en matière d'injonction, être rejetées sur le fondement des dispositions précitées du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au préfet du Morbihan.
Fait à Rennes, le 10 décembre 2024.
Le président de la 5ème chambre,
signé
N. Tronel
La République mande et ordonne au préfet du Morbihan en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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