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AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2405108

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2405108

vendredi 30 août 2024

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2405108
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantSOCIETE D'AVOCATS CASSEL

Résumé IA

Suspension de licenciement pour insuffisance professionnelle. Tribunal administratif de Rennes, juge des référés. Rejet de la demande de suspension faute d'urgence établie, malgré les allégations de précarité et d'absence de documents. Application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 28 août 2024, Mme A B, représentée par la SELAFA Cabinet Cassel, demande au juge des référés :

1°) de suspendre, en application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'exécution de la décision n° 2024-353 de la directrice générale du centre hospitalier universitaire de Rennes du 26 juin 2024 portant licenciement pour insuffisance professionnelle ;

2°) d'enjoindre à la directrice générale du centre hospitalier universitaire de Rennes de procéder à sa réintégration à la date de son licenciement, de procéder à sa titularisation et à la reconstitution de sa carrière et en toute hypothèse de réexaminer son dossier, sous astreinte de 200 euros par jour de retard à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;

3°) de mettre à la charge du centre hospitalier universitaire de Rennes la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la condition tenant à l'urgence est satisfaite dès lors que la décision en litige préjudicie de manière grave et immédiate à sa situation personnelle et professionnelle ; elle la prive de son emploi ; les documents attestant de son licenciement ne lui ont pas été délivrés ; elle est contrainte de réaliser des missions d'intérim ; elle est placée dans une situation de précarité, ce qui génère chez elle une forte anxiété ;

- il existe un doute sérieux sur la légalité de la décision en litige, dès lors que :

* elle est entachée d'incompétence ;

* elle est entachée de multiples vices de procédure :

* la régularité de la séance de la commission administrative paritaire n'est pas établie ; elle n'a pas été mise en mesure de présenter ses observations ; sa situation n'a pas été réellement examinée ;

* la décision en litige constitue un licenciement en fin de stage, pour lequel le conseil de discipline n'a pas de compétence ;

* à supposer que la décision soit disciplinaire, elle n'a pas été informée de ses droits ;

* la décision est entachée d'erreur de droit : il ressort des dispositions de l'article 10 du décret n° 94-874 du 7 octobre 1994 que le licenciement en fin de stage ne relève pas des sanctions susceptibles d'être infligées à un fonctionnaire stagiaire ; or, il ressort de la procédure que la décision est fondée sur des motifs disciplinaires, alors que seuls des motifs tenant à la suffisance professionnelle pouvaient être retenus ;

* elle est entachée d'erreur de fait : l'exactitude matérielle des faits et manquements reprochés n'est pas établie ; aucun document n'atteste de la réalité du comportement irrespectueux qui lui est imputé, hormis le rapport circonstancié de sa cadre de santé ; son professionnalisme est établi par les attestations qu'elle produit ; elle a dénoncé des actes de maltraitance ;

* elle est entachée d'erreur d'appréciation.

Vu :

- la requête au fond n° 2405107, enregistrée le 28 août 2024 ;

- les pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Thielen, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision ou de certains de ces effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".

2. Aux termes de son article L. 522-1 : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale ". Aux termes de son article L. 522-3 : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ". Enfin, aux termes du premier alinéa de son article R. 522-1 : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire ".

3. Pour établir que la condition tenant à l'urgence est satisfaite, Mme B soutient que la décision en litige préjudicie de manière grave et immédiate à sa situation personnelle et professionnelle, qu'elle la prive de son emploi, que les documents attestant de son licenciement ne lui ont pas été délivrés, qu'elle est contrainte de réaliser des missions d'intérim et qu'elle est placée dans une situation de précarité, ce qui génère chez elle une forte anxiété.

4. Pour plausibles que soient ces allégations, Mme B n'en établit pas la réalité, n'apportant aucune précision quant à sa situation professionnelle et financière, à la date de la requête, ne justifiant d'aucune des charges incompressibles qu'elle doit le cas échéant continuer d'assumer, n'alléguant pas que son foyer ne disposerait d'aucune autre source de revenus permettant de s'en acquitter et ne produisant aucun document relatif tant aux missions d'intérim qu'elle aurait assumées qu'à ses perspectives de réemploi. Il s'ensuit qu'en l'état du dossier et de l'argumentation de Mme B, nonobstant l'objet de la décision qu'elle conteste, la condition d'urgence prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative ne peut être regardée comme satisfaite.

5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de Mme B aux fins de suspension de l'exécution de la décision n° 2024-353 de la directrice générale du centre hospitalier universitaire de Rennes du 26 juin 2024 portant licenciement pour insuffisance professionnelle doivent être rejetées par application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative. Il en est de même, par voie de conséquence, de ses conclusions en injonction sous astreinte et de celles présentées au titre des frais d'instance.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B.

Fait à Rennes, le 30 août 2024

Le juge des référés,

signé

O. Thielen

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