lundi 7 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2405146 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | BEGUIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 30 août et 12 septembre 2024, M. A B, représenté par Me Béguin, demande au juge des référés :
1°) de suspendre, en application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'exécution de l'arrêté du préfet du Morbihan du 1er juillet 2024 portant refus de renouvellement de son titre de séjour ;
2°) d'enjoindre au préfet du Morbihan, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour et, à titre subsidiaire, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour et de procéder au réexamen de sa situation, dans un délai de 48 heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient, dans le dernier état de ses écritures, que :
- la condition tenant à l'urgence est satisfaite, dès lors que la décision en litige porte une atteinte grave et immédiate à sa situation personnelle et professionnelle ; il ne peut plus honorer son contrat de travail, ce qui le prive des revenus nécessaires à ce qu'il assume les charges de son foyer ; la décision met également en péril la scolarisation de ses enfants et est susceptible d'affecter significativement l'état de santé de l'un de ses fils, déjà très dégradé ; l'urgence est en toute hypothèse présumée, dès lors que la décision porte refus de renouvellement de son titre de séjour ;
- il existe un doute sérieux sur la légalité de la décision en litige, dès lors que :
* elle est entachée d'incompétence ;
* elle est entachée d'un vice de procédure, dès lors que devait être saisie la commission du titre de séjour ; il remplit les conditions pour que soit renouvelé son titre de séjour en qualité de parent d'enfant français ; il peut également prétendre à l'admission exceptionnelle au séjour et la saisine de cette commission s'imposait compte tenu de la durée de son séjour en France, supérieure à dix ans ; ce vice l'a privé d'une garantie et ne peut être neutralisé ;
* elle est entachée d'un défaut de motivation ;
* elle procède d'un défaut d'examen complet de sa situation, s'agissant de la durée de sa présence en France, de sa situation professionnelle, de la situation de ses enfants et de sa compagne, notamment de l'état de santé de son fils ;
* elle méconnaît les dispositions de l'article R. 432-1-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; il n'a commis aucun fait l'exposant à l'une des condamnations prévues aux articles 441-1 et 441-2 du code pénal ; leur livret de famille n'est pas un faux ; la demande de restitution de la carte d'identité de sa fille n'est intervenue que postérieurement au dernier renouvellement de son titre de séjour ; aucune des démarches entreprises ne procède d'une intention frauduleuse ; la nationalité de ses enfants n'a fait l'objet d'aucun retrait ;
* elle méconnaît les dispositions des articles L. 423-7 et L. 423-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; ses enfants sont de nationalité française ; la nationalité d'un enfant est déterminée au regard de la nationalité des parents, le jour de sa naissance, et la perte de nationalité ne peut être constatée que par jugement, lequel n'est précisément pas intervenu, s'agissant de ses enfants ; l'action en contestation de nationalité ne peut être ouverte qu'à l'initiative du procureur de la République ;
* elle méconnaît les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; il réside en France depuis 17 ans et justifie d'une insertion indéniable ; il travaille en France depuis 13 ans, y paie ses impôts, tout comme sa compagne ; ses deux enfants, âgés de 9 et 14 ans, sont nés en France et y sont scolarisés ; son fils souffre d'une pathologie cardiaque congénitale grave, nécessitant un suivi spécialisé et régulier ;
* elle méconnaît les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
* elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
* elle méconnaît également les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 septembre 2024, le préfet du Morbihan conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la condition tenant à l'urgence n'est pas satisfaite, dès lors que la situation dont M. B se prévaut résulte de son propre comportement ; il sait depuis le 10 février 2020 que ni lui, ni ses enfants, n'étaient de nationalité française ; il a donc sciemment sollicité la délivrance d'un titre de séjour en se prévalant d'une qualité dont il ne disposait pas ; la précarité de sa situation financière n'est pas établie ; sa compagne travaille et peut subvenir aux besoins du foyer ; il peut solliciter la délivrance d'un titre de séjour sur un autre fondement ;
- aucun des moyens soulevés par M. B n'apparaît propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige ; en particulier :
* le signataire bénéficie d'une délégation de signature ;
* M. B ne remplit pas les conditions pour se voir délivrer un titre de séjour en qualité de parent d'enfant français, de sorte que la commission du titre de séjour n'avait pas à être saisie ;
* les éléments de la situation de M. B ont été examinés, tels qu'ils avaient portés à la connaissance des services préfectoraux ;
* la décision est motivée en fait et en droit ;
* M. B a déclaré son premier enfant comme de nationalité française, alors même qu'il savait qu'il avait lui-même perdu cette nationalité, après la notification du jugement d'extranéité du tribunal judiciaire de Marseille ; il a ainsi volontairement trompé l'officier d'état-civil, ce qui l'expose à l'une des condamnations prévues aux articles 441-1 et 441-2 du code pénal, justifiant en soi un refus de titre de séjour ; il a de nouveau produit ces mêmes actes de naissance à l'appui de sa demande de titre de séjour, déposée en janvier 2024 ; il a également produit des documents de circulation de ses enfants, indiquant qu'ils sont de nationalité comorienne ;
* les enfants de M. B ne sont pas de nationalité française, de sorte qu'il ne peut prétendre à la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement des articles L. 423-7 et L. 423-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
* le seul fait qu'il travaille ne suffit pas à établir l'intensité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux en France ; ne sont méconnues ni les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ni les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
* la décision n'emporte pas séparation de la famille, ni même mesure d'éloignement, de sorte qu'elle ne saurait méconnaître l'intérêt supérieur des enfants.
Vu :
- la requête au fond n° 2405145, enregistrée le 30 août 2024 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale des droits de l'enfant ;
- le code civil ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code pénal ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Thielen, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 12 septembre 2024 :
- le rapport de Mme Thielen ;
- les observations de Me Béguin, représentant M. B, qui conclut aux mêmes fins que ses écritures, par les mêmes moyens qu'elle développe.
Le préfet du Morbihan n'était ni présent, ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant comorien né le 5 mai 1975, est entré en France le 18 février 2007 et y réside depuis lors, avec son épouse, de nationalité comorienne, ainsi que ses deux enfants, nés les 7 mai 2010 et 21 octobre 2015. Il a acquis la nationalité française par filiation paternelle, constatée par un certificat de nationalité n° 1398/2008 établi par le tribunal judiciaire de Marseille, le 15 avril 2008. Il a toutefois ensuite fait l'objet d'un jugement d'extranéité de ce même tribunal, le 2 juillet 2014, rendu en son absence mais réputé contradictoire, au motif que son acte de naissance n'a été établi que par jugement supplétif rendu le 20 janvier 1992, de sorte qu'il n'avait pas d'état civil ni de lien de filiation avec son père établis à la date à laquelle celui-ci avait réalisé sa déclaration de nationalité française, le 14 novembre 1977. M. B s'est vu délivrer un premier titre de séjour le 22 mars 2017, mention vie privée et familiale, régulièrement renouvelé jusqu'au refus opposé par le préfet du Morbihan aux termes d'un arrêté du 1er juillet 2024, dont M. B a demandé au tribunal l'annulation et dont il demande au juge des référés, par la présente requête et dans l'attente du jugement au fond, de suspendre l'exécution.
Sur les conclusions aux fins de suspension :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
En ce qui concerne l'urgence :
3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sur la situation de ce dernier ou, le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement, compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, et sera en principe constatée dans le cas d'un refus de renouvellement du titre de séjour dont bénéficiait un ressortissant étranger. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d'une mesure provisoire dans l'attente d'une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision litigieuse.
4. Il ressort des pièces du dossier que M. B est titulaire d'un titre de séjour mention " vie privée et familiale " depuis 2017, dont la décision en litige refuse le renouvellement. Il ressort également des pièces du dossier que l'intéressé ne peut plus honorer son contrat de travail et percevoir les revenus nécessaires à l'entretien de ses enfants, dont l'état de santé, s'agissant de son fils, nécessite en outre des soins médicaux réguliers. Dans ces circonstances, et alors même que son épouse travaillerait également, la décision en litige doit être regardée comme préjudiciant de manière suffisamment grave et immédiate à la situation familiale, financière et professionnelle de M. B pour que la condition tenant à l'urgence puisse être regardée comme satisfaite.
En ce qui concerne le doute sérieux quant à la légalité de la décision :
5. Pour refuser le renouvellement du titre de séjour de M. B, le préfet du Morbihan oppose la circonstance que ses enfants n'étant pas français, il ne satisfait pas aux conditions de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qu'il a obtenu ses précédents titres de séjour par fraude, en ne transmettant que son livret de famille à l'appui de ses demandes antérieures alors qu'il avait conscience et connaissance de ce que ses enfants n'étaient pas français et, enfin, qu'il ne justifie pas d'attaches privées et familiales suffisantes sur le territoire français pour se voir délivrer un titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 423-23 du code précité.
6. Aux termes de l'article L. 432-1-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La délivrance ou le renouvellement d'une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle peut, par une décision motivée, être refusé à tout étranger : / () 2° Ayant commis les faits qui l'exposent à l'une des condamnations prévues aux articles 441-1 et 441-2 du code pénal ; / () ". Aux termes de ces dispositions : " Le faux commis dans un document délivré par une administration publique aux fins de constater un droit, une identité ou une qualité ou d'accorder une autorisation est puni de cinq ans d'emprisonnement et de 75 000 euros d'amende. / L'usage du faux mentionné à l'alinéa précédent est puni des mêmes peines. / () ".
7. Si M. B doit être regardé comme ayant eu connaissance du jugement d'extranéité rendu par le tribunal judiciaire de Marseille le 2 juillet 2014 au plus tard le 25 juin 2016, date à laquelle il s'est vu délivrer un passeport comorien, cette seule circonstance ne saurait suffire pour établir qu'il avait connaissance, lorsqu'il a demandé et s'est vu délivrer son premier titre de séjour en qualité de parent d'enfants français, le 22 mars 2017, de ce que ses enfants n'étaient pas ou pouvaient ne pas être français, notamment sa fille née en mai 2010, qui n'avait fait l'objet d'aucune action en contestation de nationalité, dont l'initiative est réservée au procureur de la République. S'il ressort par ailleurs des pièces du dossier que les enfants de M. B se sont vu délivrer un document de circulation pour étranger mineur le 29 octobre 2020, manifestant la connaissance, par l'intéressé, à cette date, à tout le moins d'un doute sur la nationalité de ses enfants, il ne ressort d'aucune des pièces du dossier que le titre de séjour délivré le 7 mars 2022 l'a été au titre de la seule qualité de parent d'enfant français, la demande de renouvellement de titre de séjour présentée en avril 2024 explicitant d'ailleurs bien la particularité de sa situation et le fait qu'il sollicite un renouvellement de son titre au regard de sa vie privée, familiale et professionnelle en France. À cet égard, la circonstance éventuelle que M. B n'ait produit, à l'appui de sa demande de titre de séjour présentée en 2022, que son livret de famille, lequel constitue un document d'état civil ne faisant pas mention de la nationalité des parents ou des enfants, ne saurait caractériser un usage de faux ni davantage établir que l'un ou les précédents titres de séjour délivrés l'auraient été par fraude.
8. Aux termes par ailleurs des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui () dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République ".
9. Eu égard à la durée et aux conditions de séjour de M. B et de sa famille sur le territoire français, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile apparait propre, en l'état de l'instruction, à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté en litige.
10. Il résulte de tout ce qui précède que les deux conditions d'application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative sont satisfaites. Il y a par suite lieu de suspendre l'exécution de l'arrêté du préfet du Morbihan du 1er juillet 2024 portant refus de renouvellement du titre de séjour de M. B, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur sa légalité par une formation collégiale du tribunal.
Sur les conclusions aux fins d'injonction sous astreinte :
11. La présente ordonnance, qui suspend l'exécution de l'arrêté portant refus de renouvellement du titre de séjour de M. B, implique nécessairement qu'il soit enjoint au préfet du Morbihan de réexaminer sa situation, en tenant compte des motifs retenus dans la présente ordonnance, dans un délai qu'il y a lieu de fixer à un mois à compter de sa notification et de délivrer à l'intéressé, dans un délai de cinq jours à compter de cette notification, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans l'attente de ce réexamen. Il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
12. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État une somme de 1 000 euros au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : L'exécution de l'arrêté du préfet du Morbihan du 1er juillet 2024 portant refus de renouvellement du titre de séjour de M. B est suspendue, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur sa légalité par une formation collégiale du tribunal.
Article 2 : Il est enjoint au préfet du Morbihan de réexaminer la situation de M. B dans un délai d'un mois à compter de la notification de la présente ordonnance et de délivrer à l'intéressé, dans un délai de cinq jours à compter de cette notification, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans l'attente de ce réexamen.
Article 3 : L'État versera à M. B la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au ministre de l'intérieur.
Copie de la présente ordonnance sera adressée au préfet du Morbihan.
Fait à Rennes, le 7 octobre 2024.
Le juge des référés,
signé
O. ThielenLa greffière,
signé
P. Lecompte
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
4
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026