jeudi 28 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2405156 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | ZAEGEL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 30 août et 8 octobre 2024, M. C, représenté par Me Zaegel, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 15 janvier 2024, par lequel le préfet du Morbihan lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a déterminé le pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet du Morbihan de lui délivrer un titre de séjour dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard, ou de procéder au réexamen de sa situation dans le délai de deux mois et sous la même astreinte et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l'État, en faveur de son avocat, Me Zaegel, une somme de 1 600 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que celle-ci renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État au titre de l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
S'agissant du refus de titre de séjour et de l'obligation de quitter le territoire dans un délai de trente jours :
- les décisions sont insuffisamment motivées ;
- elles sont entachées d'une erreur d'appréciation et méconnaissent les dispositions de l'article R. 431-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elles sont entachées d'une erreur d'appréciation et méconnaissent les dispositions de l'article L. 453-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- eu égard à sa situation personnelle et familiale, elles portent une atteinte manifestement excessive au droit au respect de sa vie privée et familiale garanti par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et sont entachées d'erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
S'agissant de la fixation du pays de destination :
- elle est illégale par exception d'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 septembre 2024, le préfet du Morbihan conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 26 septembre 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code des personnes et de la famille B ;
- le code civil ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Le Bonniec,
- et les observations de Me Zaegel, représentant M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant malien, est entré irrégulièrement en France le 27 novembre 2018. Se disant né le 4 novembre 2002 à Bamako, il a bénéficié d'une ordonnance de tutelle et a été confié au conseil départemental du Morbihan, en qualité de mineur isolé. Le 20 octobre 2020, alors majeur, il a sollicité une première demande de titre de séjour, puis a été placé sous statut d'étudiant et s'est vu remettre un premier récépissé, qui sera suivi de plusieurs autres, renouvelés de façon continue jusqu'au 13 décembre 2023. Le 12 mai 2023, M. A a sollicité son admission au séjour sur le fondement de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 15 janvier 2024, le préfet du Morbihan a rejeté sa demande, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, et a fixé le pays d'éloignement. M. A demande l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne les décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 811-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La vérification des actes d'état civil étranger est effectuée dans les conditions définies par l'article 47 du code civil ". L'article R. 431-10 du même code prévoit que : " L'étranger qui demande la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour présente à l'appui de sa demande : / 1° Les documents justifiant de son état civil () ". L'article 47 du code civil dispose que : " Tout acte de l'état civil des Français et des étrangers fait en pays étranger et rédigé dans les formes usitées dans ce pays fait foi, sauf si d'autres actes ou pièces détenus, des données extérieures ou des éléments tirés de l'acte lui-même établissent, le cas échéant après toutes vérifications utiles, que cet acte est irrégulier, falsifié ou que les faits qui y sont déclarés ne correspondent pas à la réalité ".
3. Il résulte de ces dispositions que la force probante d'un acte d'état civil établi à l'étranger peut être combattue par tout moyen susceptible d'établir que l'acte en cause est irrégulier, falsifié ou inexact. En cas de contestation par l'administration de la valeur probante d'un acte d'état civil établi à l'étranger, il appartient au juge administratif de former sa conviction au vu de l'ensemble des éléments produits par les parties. Pour juger qu'un acte d'état civil produit devant lui est dépourvu de force probante, qu'il soit irrégulier, falsifié ou inexact, le juge doit en conséquence se fonder sur tous les éléments versés au dossier dans le cadre de l'instruction du litige qui lui est soumis. Ce faisant, il lui appartient d'apprécier les conséquences à tirer de la production par l'étranger d'une carte consulaire ou d'un passeport dont l'authenticité est établie ou n'est pas contestée, sans qu'une force probante particulière puisse être attribuée ou refusée par principe à de tels documents.
4. A l'appui de sa demande de titre de séjour, M. A a présenté un jugement supplétif tenant lieu d'acte de naissance rendu par le tribunal de grande instance de la commune II du district de Bamako (République B) en date du 26 août 2020, ainsi que le volet n° 3 de l'acte de naissance dressé suivant ce jugement le 27 août 2020 par la mairie de Bamako. Pour refuser de délivrer à M. A un titre de séjour, le préfet du Morbihan s'est fondé sur les rapports d'analyse de la direction zonale ouest de la police aux frontières en date du 23 octobre 2020, dont il s'est approprié la teneur, et concluant à l'absence de régularité de ces documents. D'après ce rapport technique d'analyse documentaire, le jugement supplétif n° 2557 tenant lieu d'acte de naissance du 26 août 2020 du tribunal de grande instance de la commune II du district de Bamako, comporterait plusieurs irrégularités au regard du droit malien : la date de naissance de M. A y est indiquée en chiffres, contrairement aux dispositions de l'article 126 du code des personnes et des familles malien ; il n'y est pas mentionné l'âge des parents en contradiction avec l'article 125 du même code ; le contrôle des motifs de faits et de droit du jugement est impossible car il s'agit d'un extrait incomplet ; la mention de transcription de la mairie fait apparaître une transcription à la vue du document qui est incomplet et ne permet pas d'établir un acte de naissance régulier et elle n'est pas signée par l'officier d'état civil.
5. En outre, le rapport précise que l'acte de naissance n° 56/Reg2/SP du requérant serait tout aussi irrégulier, en ce que la date de naissance de M. A y est indiquée en chiffres, contrairement aux dispositions de l'article 126 du code des personnes et des familles malien ; il n'y est pas mentionné l'âge des parents en contradiction avec l'article 125 du même code ; la compétence de l'auteur de l'acte n'est pas établie, en l'absence de mention de la qualité de maire ou adjoint au maire, en méconnaissance de l'article 125 du même code ; le numéro unique d'identification NINA est absent ; il existe des abréviations indiquées dans la cartouche " déclarant " en méconnaissance de l'article 124 du même code.
6. Toutefois, d'une part, si l'article 126 du code des personnes et de la famille malien prévoit bien une mention en toutes lettres des évènements relatés, ces dispositions s'appliquent aux actes de naissance établis dans les délais légaux sur déclaration auprès de l'officier d'état civil, et non aux jugements supplétifs d'acte de naissance, qui sont régis par les articles 133 et 134 de ce même code.
Pour les mêmes motifs, la circonstance que le jugement supplétif ne mentionne pas l'âge des parents, en contradiction avec l'article 125 du même code, n'est pas opérant s'agissant d'un jugement supplétif, alors qu'en tout état de cause il ne résulte pas des dispositions de l'article précité que l'âge des parents doive nécessairement être indiqué. En outre, la circonstance que la mention de transcription de la mairie n'est pas signée par l'officier d'état civil ne saurait être de nature à entacher d'irrégularité le jugement en question, alors qu'aucune disposition du code mentionné ne prévoit de telles dispositions. Les éléments ainsi mis en avant pour remettre en cause le jugement supplétif ne sont pas de nature à établir son caractère frauduleux, ni même irrégulier.
7. D'autre part, s'agissant de l'acte de naissance, la circonstance que la date de naissance soit mentionnée en chiffres et non en toutes lettres constitue une irrégularité mineure qui ne saurait suffire à remettre en cause son caractère probant. En outre, si l'article 125 du code précité dispose que " les actes d'état civil énoncent nécessairement les noms et prénoms de l'officier de l'état civil, les noms, prénoms et domiciles de ceux qui y sont mentionnés ", il ne résulte pas de ces dispositions que l'âge des parents doive nécessairement être indiqué dans l'acte de naissance, ni que la qualité de maire ou d'adjoint au maire doive nécessairement être précisée en surplus de la qualité d'officier d'état civil. Par ailleurs, s'il ressort par ailleurs des dispositions de la loi n° 06-040 du 11 août 2006 portant institution du numéro d'identification nationale des personnes physiques et morales en République B que le numéro d'identification nationale est attribué à la naissance et doit être inscrit en marge de l'acte de naissance de la personne, il ne ressort pas de ces dispositions que ce numéro soit automatiquement attribué aux personnes nées avant la promulgation de la loi du 11 août 2006 comme c'est le cas de M. A mais, au contraire, que ce numéro est attribué par le service national chargé de la statistique après que les intéressés ont déposé un dossier pour l'obtention de ce numéro. Dans ces conditions, la circonstance que le cadre réservé à l'inscription du numéro d'identification nationale figurant sur l'acte de naissance ne soit pas renseigné sur le volet n° 3 de l'acte de naissance en question n'est pas de nature à établir que ce document serait irrégulier ou falsifié, alors qu'au demeurant, le numéro NINA du requérant figure bien sur le passeport délivré par l'État malien le 27 décembre 2023 et versé à la présente instance. En outre, la circonstance que la cartouche du déclarant comporte des abréviations, en ce qu'il y est indiqué la formule " SJS N° 2557 ", mention qui renvoie à la référence du jugement supplémentif mentionnné ci-dessus, en méconnaissance des dispositions de l'article 124 du code précité, ne saurait suffire à remettre en cause son caractère probant. Enfin, il ressort du passeport malien du requérant que ses mentions confirment ses déclarations sur son état civil, sans que le préfet du Morbihan n'en conteste l'authenticité. Dès lors, les éléments ainsi mis en avant pour remettre en cause l'acte de naissance établi à partir du jugement supplétif ne sont pas de nature à établir son caractère frauduleux, ni même irrégulier. Par suite, l'administration ne renverse pas la présomption de validité des documents d'état-civil produits par le requérant, qui est donc fondé à soutenir que c'est à tort que le préfet du Morbihan a opposé à sa demande de titre de séjour présentée sur le fondement des dispositions de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile le motif tiré de ce qu'ils étaient entachés de fraude et que le requérant ne justifiait pas de son état civil.
8. En second lieu, aux termes de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " A titre exceptionnel, l'étranger qui a été confié à l'aide sociale à l'enfance ou à un tiers digne de confiance entre l'âge de seize ans et l'âge de dix-huit ans et qui justifie suivre depuis au moins six mois une formation destinée à lui apporter une qualification professionnelle peut, dans l'année qui suit son dix-huitième anniversaire, se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " ou " travailleur temporaire ", sous réserve du caractère réel et sérieux du suivi de cette formation, de la nature de ses liens avec sa famille restée dans le pays d'origine et de l'avis de la structure d'accueil ou du tiers digne de confiance sur l'insertion de cet étranger dans la société française. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable ".
9. Lorsqu'il examine une demande d'admission exceptionnelle au séjour en qualité de " salarié " ou " travailleur temporaire ", présentée sur le fondement de ces dispositions, le préfet vérifie tout d'abord que l'étranger est dans l'année qui suit son dix-huitième anniversaire, qu'il a été confié à l'aide sociale à l'enfance entre l'âge de seize ans et dix-huit ans, qu'il justifie suivre depuis au moins six mois une formation destinée à lui apporter une qualification professionnelle et que sa présence en France ne constitue pas une menace pour l'ordre public. Il lui revient ensuite, dans le cadre du large pouvoir dont il dispose, de porter une appréciation globale sur la situation de l'intéressé, au regard notamment du caractère réel et sérieux du suivi de cette formation, de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine et de l'avis de la structure d'accueil sur l'insertion de cet étranger dans la société française.
10. Il ressort des pièces du dossier et de ce qui a été dit précédemment que M. A, né le 2 novembre 2022, a bénéficié d'une ordonnance provisoire de placement auprès du département du Morbihan le 4 février 2019, soit entre l'âge de seize et dix-huit ans et a sollicité le 20 octobre 2020, soit dans l'année suivant son dix-huitième anniversaire, la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'ancien article L.313-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, désormais transposé à l'article L. 435-3 du même code.
11. Pour lui refuser la délivrance du titre de séjour sollicité, le préfet du Morbihan a estimé que le parcours de formation de M. A ne présentait pas de caractère réel et sérieux, d'une part en raison de la circonstance que la formation en CAP de boucher suivie par celui-ci en 2020-2021 n'a pas été sanctionnée par l'obtention d'un diplôme, d'autre part, qu'en dépit de l'obtention d'un diplôme de CAP d'électricien obtenu en mai 2023, il n'a fourni aucun élément sur la suite de son parcours professionnel. Cependant, il ressort des pièces du dossier que si M. A a tout d'abord été orienté vers cette formation de CAP de boucher, cela s'est fait par défaut, faute de place dans la formation qu'il aurait souhaitée, et que, pour autant, le requérant a sérieusement investi cette formation en réalisant notamment les stages requis, avant de parvenir à se réorienter à l'issue de l'année 2020-2021 dans une formation préparant le CAP d'électricien, qui correspondait mieux à ses attentes et aptitudes. Après avoir validé sa première année, il est parvenu à valider son diplôme de CAP d'électricien, en dépit des difficultés qu'il a rencontrées résultant tant de la mise en liquidation judiciaire de l'entreprise qui l'employait comme alternant, que du délai de délivrance aléatoire des récépissés successifs par la préfecture, circonstance qui aurait pu l'empêcher de se présenter aux épreuves du diplôme en question, nécessitant l'intervention de son centre de formation par apprentissage auprès des services de l'État. Il ressort également des pièces du dossier, que M. A n'a pu poursuivre sa formation en BEP électricien à la rentrée 2023, la préfecture l'ayant maintenu sans récépissé entre le 7 août et le 14 septembre, période d'inscription pour le BEP en question, et qu'il a malgré tout poursuivi son projet professionnel en se faisant embaucher comme intérimaire. Ainsi, dans les circonstances de l'espèce, et alors même que le préfet soutient dans la décision contestée, de façon imprécise et sans l'établir, que M. A ne serait pas dépourvu de toute attache familiale au Mali, le préfet du Morbihan a commis une erreur manifeste d'appréciation en refusant de lui délivrer un titre de séjour sur le fondement des dispositions précitées de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
12. Il résulte de ce qui précède que la décision portant refus de séjour, qui constitue la base légale des décisions par lesquelles le préfet du Morbihan a fait obligation à M. A de quitter le territoire français et a fixé le Mali comme pays à destination duquel il pourra être reconduit, est illégale. Par voie de conséquence, les autres décisions en litige, adoptées le même jour, doivent également être annulées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
13. Le présent jugement n'implique pas qu'il soit enjoint au préfet de délivrer au requérant un titre de séjour mais seulement de réexaminer sa situation administrative. Il y a lieu d'enjoindre au préfet de procéder à ce réexamen dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, sans qu'il y ait lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés à l'instance :
14. M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Zaegel, conseil de l'intéressé, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, de mettre à la charge de l'État le versement à celle-ci de la somme de 1 200 euros.
D E C I D E :
Article 1er : Les décisions contenues dans l'arrêté du 15 janvier 2024, par lesquelles le préfet du Morbihan a refusé de délivrer un titre de séjour à M. A, lui a fait obligation de quitter le territoire français et a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être éloigné, sont annulées.
Article 2 : Il est fait injonction au préfet du Morbihan de réexaminer la situation administrative de M. A dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera à Me Zaegel, la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve de sa renonciation à percevoir la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.
Article 4 : Les conclusions de la requête sont rejetées pour le surplus.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. C, à Me Zaegel et au préfet du Morbihan.
Délibéré après l'audience du 14 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Descombes, président,
M. Le Roux, premier conseiller,
M. Le Bonniec, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 novembre 2024.
Le rapporteur,
Signé
J. Le BonniecLe président,
Signé
G. Descombes
La greffière,
Signé
L. Garval
La République mande et ordonne au préfet du Morbihan en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026