vendredi 6 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2405336 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 11 septembre 2024, M. C B, représenté par Me Dollé, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté 5 septembre 2024 par lequel le préfet des Côtes-d'Armor a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office, et a décidé une interdiction de retour sur le territoire d'une durée de deux ans ;
2°) d'enjoindre au préfet des Côtes-d'Armor de lui délivrer un titre de séjour ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation et de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour dans un délai déterminé, au besoin sous astreinte ;
3°) de mettre à la charge de l'État le versement de la somme de 1 800 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
La décision de refus de titre de séjour :
- est entachée d'un défaut d'examen préalable et particulier de la demande fondée sur l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- est entachée d'une erreur de droit ;
- méconnaît l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- méconnaît les dispositions de l'article L.423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- méconnaît les stipulations du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
La décision portant obligation de quitter le territoire français :
- méconnaît les principes généraux du droit de l'Union européenne et souffre d'un défaut d'examen préalable des circonstances de la demande ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
La décision fixant le délai de départ volontaire :
- est entachée d'une erreur de droit dans la mise en œuvre de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
La décision fixant le pays de renvoi :
- est insuffisamment motivée ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
La décision d'interdiction de retour :
- est illégale dès lors qu'il a été privé de la garantie d'un examen préalable et particulier de sa situation personnelle ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
La requête a été communiquée au préfet des Côtes-d'Armor qui n'a pas produit de mémoire.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendu au cours de l'audience publique.
- Le rapport de M. Radureau ;
- Les observations de Me Dollé représentant M. B.
Une note en délibéré, enregistrée le 22 novembre 2024, a été présentée pour M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant arménien né en 1988, déclare être entré en France le 13 novembre 2019 avec sa compagne, et ils ont sollicité l'asile politique le 24 décembre suivant. Ces demandes ont été rejetées par des décisions de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) le 25 janvier 2021. Le préfet d'Ille-et-Vilaine a alors, par deux arrêtés du 30 juin 2022, décidé de les obliger à quitter le territoire français dans les trente jours, et a fixé l'Arménie comme pays de destination d'une mesure d'éloignement forcé. Se maintenant sur le territoire M. B a déposé, le 24 juin 2024, une demande d'admission exceptionnelle au séjour au titre des métiers en tension. Par un arrêté du 5 septembre 2024 dont M. B demande l'annulation, le préfet des Côtes-d'Armor a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel il sera, le cas échéant, renvoyé et décidé une interdiction de retour sur le territoire d'une durée de deux ans.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, il résulte de la motivation de l'arrêté que le préfet des Côtes-d'Armor a procédé à un examen réel et sérieux de la situation particulière de l'intéressé, au regard de sa demande de titre de séjour, de sa situation administrative et des éléments se rapportant à sa vie privée et familiale. Le préfet des Côtes-d'Armor a ainsi mentionné la naissance des deux enfants du couple en 2020 à Rennes et 2023 à Saint-Brieuc et qu'ils ont vocation à suivre leurs parents pour que la famille se reconstitue en Arménie, alors que la compagne de M. B a fait l'objet d'une mesure d'éloignement le 30 juin 2022. Si le requérant soutient que sa compagne aurait sollicité une demande d'admission exceptionnelle au séjour à laquelle la préfecture n'aurait pas répondu, il n'établit pas l'existence d'une telle demande et cette circonstance, à défaut d'apporter plus de précisions, n'est pas de nature à caractériser un défaut d'examen de sa situation, ou à affecter la légalité de la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen doit être écarté.
3. En deuxième lieu, le droit d'être entendu implique que l'autorité préfectorale, avant de prendre à l'encontre d'un étranger une décision portant obligation de quitter le territoire français, mette l'intéressé à même de présenter ses observations écrites et lui permette, sur sa demande, de faire valoir des observations orales, de telle sorte qu'il puisse faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue sur la mesure envisagée avant qu'elle n'intervienne. Toutefois, dans le cas où la décision faisant obligation de quitter le territoire français est prise à la suite du rejet de la reconnaissance de la qualité de réfugié ou du bénéfice de la protection subsidiaire, l'obligation de quitter le territoire français découle nécessairement du refus opposé à la demande. Le droit d'être entendu n'implique pas lorsque l'étranger s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire et a présenté une demande de titre de séjour que l'administration ait l'obligation de mettre l'intéressé à même de présenter ses observations de façon spécifique sur la décision l'obligeant à quitter le territoire français, dès lors qu'il a pu communiquer à l'administration l'ensemble des éléments se rapportant à sa situation en particulier en cas de rejet de la demande de titre de séjour et de décision d'éloignement. En l'espèce, le requérant a ainsi pu, avant l'édiction de l'obligation de quitter le territoire prise à son encontre présenter les éléments utiles et pertinents de nature à influer sur les décisions prises à son encontre. Le requérant n'établit pas qu'il aurait été empêché de porter à la connaissance de l'administration des informations utiles avant que l'arrêté attaqué ne soit pris. Dans ces conditions, le moyen tiré du défaut d'être entendu en ce qui concerne, en particulier, l'obligation de quitter le territoire français ou la décision d'interdiction de retour sur le territoire, doit être écarté.
4. En troisième lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "salarié", "travailleur temporaire" ou "vie privée et familiale", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. () ". En présence d'une demande de régularisation présentée sur le fondement de ces dispositions par un étranger, il appartient à l'autorité administrative de vérifier, dans un premier temps, si l'admission exceptionnelle au séjour par la délivrance d'une carte portant la mention " vie privée et familiale " répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard de motifs exceptionnels, et à défaut, dans un second temps, s'il est fait état de motifs exceptionnels de nature à permettre la délivrance, dans ce cadre, d'une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " ou " travailleur temporaire ". Dans cette dernière hypothèse, un demandeur qui justifierait d'une promesse d'embauche ou d'un contrat de travail ne saurait être regardé, par principe, comme attestant, par là même, des " motifs exceptionnels " exigés par la loi. Il appartient, en effet, à l'autorité administrative, sous le contrôle du juge, d'examiner, notamment, si la qualification, l'expérience et les diplômes de l'étranger ainsi que les caractéristiques de l'emploi auquel il postule, de même que tout élément de sa situation personnelle dont l'étranger ferait état à l'appui de sa demande, tel que par exemple, l'ancienneté de son séjour en France, peuvent constituer, en l'espèce, des motifs exceptionnels d'admission au séjour.
5. D'autre part, aux termes de l'article L. 435-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " A titre exceptionnel, et sans que les conditions définies au présent article soient opposables à l'autorité administrative, l'étranger qui a exercé une activité professionnelle salariée figurant dans la liste des métiers et zones géographiques caractérisés par des difficultés de recrutement définie à l'article L. 414-13 durant au moins douze mois, consécutifs ou non, au cours des vingt-quatre derniers mois, qui occupe un emploi relevant de ces métiers et zones et qui justifie d'une période de résidence ininterrompue d'au moins trois années en France peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " travailleur temporaire " ou " salarié " d'une durée d'un an. / Les périodes de séjour et l'activité professionnelle salariée exercée sous couvert des documents de séjour mentionnés aux articles L. 421-34, L. 422-1 et L. 521-7 ne sont pas prises en compte pour l'obtention d'une carte de séjour temporaire portant la mention " travailleur temporaire " ou " salarié " mentionnée au premier alinéa du présent article. / Dans l'exercice de sa faculté d'appréciation, l'autorité compétente prend en compte, outre la réalité et la nature des activités professionnelles de l'étranger, son insertion sociale et familiale, son respect de l'ordre public, son intégration à la société française et son adhésion aux modes de vie et aux valeurs de celle-ci ainsi qu'aux principes de la République mentionnés à l'article L. 412-7. L'étranger ne peut se voir délivrer la carte de séjour temporaire sur le fondement du premier alinéa du présent article s'il a fait l'objet d'une condamnation, d'une incapacité ou d'une déchéance mentionnée au bulletin n° 2 du casier judiciaire. / Par dérogation à l'article L. 421-1, lorsque la réalité de l'activité de l'étranger a été vérifiée conformément au troisième alinéa de l'article L. 5221-5 du code du travail, la délivrance de cette carte entraîne celle de l'autorisation de travail mentionnée à l'article L. 5221-2 du même code, matérialisée par un document sécurisé. La condition prévue à l'article L. 412-1 du présent code n'est pas opposable. ".
6. M. B soutient que pour refuser de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet ne pouvait se fonder sur les éléments d'appréciation énoncés par les dispositions de l'article R. 5221-20 du code du travail relatives à l'examen des demandes d'autorisation de travail. Cependant, le préfet des Côtes-d'Armor n'a pas fondé la décision de refus de titre de séjour sur ces dispositions du code du travail, mais sur les dispositions des articles L. 435-1 et L. 435-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il a ainsi rappelé que le requérant avait été employé du 15 mars 2021 au 2 août 2021, à la suite d'une autorisation de travail régulièrement délivrée, en qualité d'ouvrier, technicien poteaux, par la société Aztec Groupe TP. Le préfet des Côtes-d'Armor qui s'est estimé saisi d'une demande d'admission exceptionnelle au séjour au titre du travail et au titre des métiers en tension a donc, alors que le requérant justifiait avoir exercé une activité professionnelle, examiné, à bon droit, la demande de titre de séjour sur le fondement des dispositions des articles L. 435-1 et L. 435-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et retenu en le motivant que M. B ne justifiait pas se trouver dans la situation permettant la délivrance de titre de séjour sur le fondement de ces articles, en l'absence en particulier d'expérience professionnelle, de qualification professionnelle ou de motif exceptionnel. Par suite les moyens tirés de l'erreur de droit, de la méconnaissance de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, de l'erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés.
7. En quatrième lieu, aux termes des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République ". Aux termes des dispositions de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".
8. M. B, est entré en France en novembre 2019 avec sa compagne pour y présenter une demande d'asile qui a été rejetée, et s'est maintenu irrégulièrement en France depuis le mois de juin 2022. Il n'établit pas être dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine où il a vécu jusqu'à l'âge de 31 ans et où sa famille pourra se reconstituer. Excepté son activité professionnelle pendant quelques mois en qualité d'ouvrier et une promesse d'embauche, il ne justifie pas de liens anciens et stables sur le territoire. Dans ces conditions, son séjour étant très récent et ses jeunes enfants sans réel lien sur le territoire, le préfet des Côtes-d'Armor n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts en vue desquels il a pris la décision attaquée et n'a, dès lors, pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Les moyens tirés de la méconnaissance de ces stipulations, de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'erreur manifeste d'appréciation de sa situation doivent être écartés.
9. Pour les mêmes motifs, que ceux exposés au point 8 et alors que la famille ne sera pas séparée, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doit être écarté.
10. En cinquième lieu, il ressort de la motivation de l'arrêté attaqué que le préfet des Côtes-d'Armor a très explicitement indiqué les motifs pour lesquels le requérant pouvait faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire français et qu'aucun délai de départ volontaire d'une durée supérieure à trente jours n'était justifié. Le préfet des Côtes-d'Armor ne s'est ainsi pas estimé en situation de compétence liée pour décider de l'obliger à quitter le territoire ou pour fixer le délai de départ volontaire. Par suite le moyen tiré de l'erreur de droit doit être écarté.
11. En sixième lieu, pour les motifs mentionnés aux points 6 et 8 la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est pas entachée d'une erreur manifeste d'appréciation. Par suite ce moyen doit être écarté.
12. En septième lieu, la décision fixant le pays d'éloignement, qui vise notamment le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, mentionne le rejet de sa demande d'asile et l'absence de justification d'un risque direct et personnel de mauvais traitement, est suffisamment motivée en fait et en droit. Par suite ce moyen doit être écarté.
13. En huitième lieu, le requérant se borne à indiquer qu'il a " tout perdu " en Arménie, sans plus de précisions. Dans ces conditions le moyen tiré de l'existence d'une erreur manifeste d'appréciation dans la décision fixant le pays d'éloignement doit être écarté.
14. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder deux ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 (). ".
15. Pour prendre la décision contestée d'interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans, le préfet des Côtes-d'Armor s'est notamment fondé sur les circonstances qu'alors même que la présence en France du requérant ne constituerait pas une menace pour l'ordre public, il ne justifie pas de liens privés ou familial France. Contrairement à ce que soutient M. B il a déjà fait l'objet d'une mesure d'éloignement à laquelle il n'a pas déféré ainsi que cela est précisé par l'arrêté attaqué. Le requérant n'apporte pas d'élément de nature à remettre en cause le prononcé et la durée de l'interdiction de retour en litige, qui sont justifiés par l'arrêté attaqué. Il s'ensuit que le moyen tiré d'une méconnaissance de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne peut qu'être écarté.
16. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
17. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation de la requête, n'implique aucune mesure d'exécution. Il y a lieu, par suite, de rejeter les conclusions à fin d'injonction.
Sur les frais liés au litige :
18. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'État, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que M. B demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Par suite, les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2: Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet des Côtes-d'Armor.
Délibéré après l'audience du 22 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Radureau, président,
M. Grondin, premier conseiller,
M. Blanchard, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 décembre 2024.
Le président-rapporteur,
Signé
C. Radureau
L'assesseur le plus ancien,
Signé
T. Grondin La greffière d'audience,
Signé
A. Bruézière
La République mande et ordonne au préfet des Côtes-d'Armor en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2405336
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201
03/08/2026
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03/08/2026
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03/08/2026