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AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2405520

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2405520

jeudi 19 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2405520
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Rennes, statuant en référé, rejette la demande de suspension de la décision d’ajournement en licence de droit présentée par Mme Le Duc. La requérante n’a pas justifié avoir introduit une requête en annulation distincte, condition de recevabilité de la demande de suspension. Par ailleurs, ses critiques sur les modalités de correction des copies et l’absence d’harmonisation des notes ne constituent pas un moyen propre à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision, l’appréciation du jury étant souveraine. La requête est donc rejetée sur le fondement de l’article L. 522-3 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 18 septembre 2024, Mme B Le Duc demande au juge des référés de suspendre, en application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'exécution de la décision du 9 juillet 2024 par laquelle le jury d'examen de l'université de Rennes a prononcé son ajournement en troisième année de licence de droit, mention " parcours général ".

Elle soutient que les copies de " Systèmes juridiques de l'Union européenne " ont été corrigées par les chargés de travaux dirigés, alors qu'elles auraient dû l'être par le professeur titulaire du cours magistral et que les notes attribuées aux étudiants du groupe L-Z ont été sensiblement plus basses que celles attribuées aux étudiants du groupe A-K, ce que le professeur a reconnu ; elle n'a pu bénéficier du rattrapage, ayant validé cette unité d'enseignement et le 8,5/20 obtenu l'a pénalisée et a fait obstacle à ce qu'elle valide son année, alors qu'elle a une moyenne de 9,96/20.

Vu les pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Thielen, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision ou de certains de ces effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Aux termes de son article L. 522-1 : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale ". Aux termes de son article L. 522-3 : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

2. Aux termes de son article R. 522-1 : " () / À peine d'irrecevabilité, les conclusions tendant à la suspension d'une décision administrative ou de certains de ses effets doivent être présentées par requête distincte de la requête à fin d'annulation ou de réformation et accompagnées d'une copie de cette dernière ". Aux termes de son article R. 612-1 : " Lorsque des conclusions sont entachées d'une irrecevabilité susceptible d'être couverte après l'expiration du délai de recours, la juridiction ne peut les rejeter en relevant d'office cette irrecevabilité qu'après avoir invité leur auteur à les régulariser. / () ". Aux termes de son article R. 522-2 : " Les dispositions de l'article R. 612-1 ne sont pas applicables ".

3. En premier lieu, Mme Le Duc ne justifie pas, en en joignant une copie, avoir saisi le tribunal administratif de Rennes d'une requête distincte, tendant à l'annulation de la décision qu'il conteste et qu'il ne produit au demeurant pas en pièce jointe, requête en annulation qui n'a par ailleurs fait l'objet d'aucun enregistrement au greffe du tribunal.

4. En second lieu, il n'appartient pas au juge de l'excès de pouvoir de se prononcer sur l'appréciation portée par un jury d'examen sur les capacités des candidats et la détermination, par le jury, de la valeur des prestations effectuées par un candidat, qui relève de son appréciation souveraine, laquelle n'est pas susceptible d'être discutée devant le juge administratif, dès lors qu'aucune erreur matérielle n'est invoquée. À cet égard, en se bornant à évoquer les modalités de corrections de l'épreuve de " Système juridique de l'Union européenne " et l'absence d'harmonisation des notes attribuées selon les groupes d'étudiants, Mme Le Duc, qui n'étaye au demeurant ses allégations d'aucun commencement de preuve, ne soulève pas de moyen de droit susceptible d'utilement contester la légalité de la décision en litige.

5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de Mme Le Duc aux fins de suspension de l'exécution de la décision du 9 juillet 2024 par laquelle le jury d'examen de l'université de Rennes a prononcé son ajournement en troisième année de licence de droit, mention " parcours général ", doivent être rejetées par application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme Le Duc est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A Le Duc.

Copie en sera transmise pour information à l'université de Rennes.

Fait à Rennes, le 19 septembre 2024.

Le juge des référés,

signé

O. Thielen

La République mande et ordonne à la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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