mardi 8 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2405529 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | GUILLOU |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête enregistrée le 18 septembre 2024 sous le n° 2405529, la SARL Auto contrôle du Niel, représentée par Me Guillou, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de l'arrêté du préfet du Morbihan du 2 septembre 2024 portant suspension de l'agrément n° S056F057 de centre de contrôle technique des véhicules légers dont elle est titulaire pour la période du 23 au 30 septembre 2024 inclus ;
2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est satisfaite : la décision litigieuse a des répercussions financières importantes pouvant l'amener à une situation de cessation des paiements, alors qu'elle a déjà subi une procédure de redressement judiciaire à compter du 7 novembre 2016 et qu'un plan de continuation est en cours pour régler les dettes passées ; la clientèle risque de se tourner vers d'autres centres de contrôle ;
- sur le doute sérieux quant à la légalité de la décision litigieuse :
- elle est entachée d'incompétence ;
- la procédure suivie est irrégulière : les agents de la direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement (DREAL) ne pouvaient pas exiger le certificat d'immatriculation d'un des véhicules sans méconnaître l'article 9 de l'arrêté du 18 juin 1991 et ont incité son gérant, M. B, à commettre une faute en exigeant qu'il procède au contrôle ;
- la procédure contradictoire n'a pas été respectée : le préfet n'a pas tenu compte des observations écrites et des pièces transmises et la réunion contradictoire n'a pas été tenue dans les délais de l'article 17-1 de l'arrêté du 18 juin 1991 ;
- elle est entachée d'erreurs de fait et d'appréciation en ce qui concerne les défauts liés à une ceinture de sécurité et au pot d'échappement d'un véhicule relevés par la DREAL, qui soit ne figurent pas dans le référentiel, soit n'existaient pas ;
- la sanction est disproportionnée : les manquements relevés sont isolés, elle a toujours cherché à coopérer avec les agents de la DREAL, aucune des observations de la DREAL ne s'avérait d'une évidence manifeste.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 septembre 2024, le préfet du Morbihan conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- à la date de l'ordonnance de référé, la requête est dépourvue d'objet ;
- l'urgence n'est pas caractérisée : la perte de chiffre d'affaires alléguée a été calculée pour une fermeture de deux mois du centre et dès lors que l'agrément de M. B a également été suspendu, il ne devrait pas recevoir en principe de rémunération pendant la période de suspension ; la société Auto contrôle du Niel peut chercher à employer un autre contrôleur agrée à compter du 1er octobre 2024 pour remplacer M. B ; en l'absence de publicité de la sanction, la clientèle ne connaît pas la raison de la fermeture du centre ; l'intérêt public s'oppose à la suspension demandée dès lors que les manquements constatés sont de nature à porter une atteinte grave aux exigences de la sécurité routière ;
- sur le doute sérieux quant à la légalité de la décision litigieuse :
- le moyen tiré de l'incompétence manque en fait ;
- la procédure suivie a été régulière : le contrôle a respecté les modalités de contrôle administratif des opérations de contrôle technique et notamment l'article 30-1 de l'arrêté ministériel du 18 juin 1991, ce contrôle n'a pas été vicié au moment de la vérification de l'identité du véhicule dont M. B indique qu'il est propriétaire, les agents de la DREAL n'ont pas incité le contrôleur à commettre une faute dans le cadre de leur fonction ; le contrôleur et le centre ont été régulièrement convoqués à une réunion contradictoire et ont été rendus destinataires des sanctions prises à leur encontre ; le centre et le contrôleur n'ont pas souhaité collaborer avec les services de l'État et ont communiqué des documents à la fin de la réunion contradictoire, lesquels ont été examinés postérieurement et n'ont pas été visés dans les motifs de la décision dès lors qu'ils n'apportaient aucun élément nouveau ;
- la décision de sanction n'est entachée d'aucune erreur de fait ou d'appréciation : une ceinture de sécurité était bien endommagée sur le véhicule de M. B et le défaut concernant le pot d'échappement n'a pas été retenu à la suite de la procédure contradictoire ;
- la sanction n'est pas disproportionnée : la société Auto Contrôle du Niel et M. B ont déjà fait l'objet de sanctions en 2017 et les manquements constatés sont suffisamment graves pour justifier la suspension temporaire d'agrément de huit jours qui a été prise.
II. Par une requête enregistrée le 18 septembre 2024 sous le n° 2405530, la SARL Auto contrôle du Niel, représentée par Me Guillou, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de l'arrêté du préfet du Morbihan du 2 septembre 2024 portant suspension de l'agrément n° 056F0139 dont M. B est titulaire pour la période du 23 septembre au 23 novembre 2024 inclus ;
2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est satisfaite : la décision litigieuse a des répercussions financières importantes, alors qu'elle a déjà subi une procédure de redressement judiciaire à compter du 7 novembre 2016 et qu'un plan de continuation est en cours pour régler les dettes passées ; M. B étant le seul contrôleur technique de la société, elle va devoir fermer l'établissement pendant deux mois et elle n'est pas en mesure de sous-traiter les prestations de contrôle ;
- sur le doute sérieux quant à la légalité de la décision litigieuse :
- elle est entachée d'incompétence ;
- la procédure suivie est irrégulière : les agents de la DREAL ne pouvaient pas exiger le certificat d'immatriculation d'un des véhicules sans méconnaître l'article 9 de l'arrêté du 18 juin 1991 et ont incité son gérant, M. B, à commettre une faute en exigeant qu'il procède au contrôle ;
- la procédure contradictoire n'a pas été respectée : le préfet n'a pas tenu compte des observations écrites et des pièces transmises et la réunion contradictoire n'a pas été tenue dans les délais de l'article 17-1 de l'arrêté du 18 juin 1991 ;
- elle est entachée d'erreurs de fait et d'appréciation en ce qui concerne les défauts liés à une ceinture de sécurité et au pot d'échappement d'un véhicule relevés par la DREAL, qui soit ne figurent pas dans le référentiel, soit n'existaient pas ;
- la sanction est disproportionnée : les manquements relevés sont isolés, elle a toujours cherché à coopérer avec les agents de la DREAL, aucune des observations de la DREAL ne s'avérait d'une évidence manifeste ;
- elle est entachée de détournement de pouvoir.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 septembre 2024, le préfet du Morbihan conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- l'urgence n'est pas caractérisée : la perte de chiffre d'affaires alléguée n'est pas justifiée ; la société Auto contrôle du Niel peut chercher à employer un autre contrôleur agréé à compter du 1er octobre 2024 pour remplacer M. B ; en l'absence de publicité de la sanction, la clientèle ne connaît pas la raison de la fermeture du centre ; l'intérêt public s'oppose à la suspension demandée dès lors que les manquements constatés sont de nature à porter une atteinte grave aux exigences de la sécurité routière ;
- sur le doute sérieux quant à la légalité de la décision litigieuse, il fait valoir les mêmes arguments que dans l'instance n° 2405529 et ajoute que la décision n'est entachée d'aucun détournement de pouvoir, le centre ayant la possibilité d'organiser la poursuite de son exploitation dès la fin de sa suspension.
III. Par une requête enregistrée le 18 septembre 2024 sous le n° 2405531, M. C B, représenté par Me Guillou, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de l'arrêté du préfet du Morbihan du 2 septembre 2024 portant suspension de l'agrément n° 056F0139 dont il est titulaire pour la période du 23 septembre au 23 novembre 2024 inclus ;
2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soulève les mêmes moyens que ceux développés dans la requête n° 2405530 à l'exception du moyen tiré du détournement de pouvoir.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 septembre 2024, le préfet du Morbihan conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir les mêmes arguments que dans l'instance n° 2405529.
Vu :
- les requêtes au fond nos 2405494, 2405496 et 2405497 ;
- les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code de la route ;
- l'arrêté du 18 juin 1991 relatif à la mise en place et à l'organisation du contrôle technique des véhicules dont le poids n'excède pas 3,5 tonnes ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Plumerault, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 1er octobre 2024 :
- le rapport de Mme Plumerault,
- les observations de Me Guillou, représentant la SARL Auto contrôle du Niel et M. B, qui reprend les mêmes termes que les écritures qu'il développe, indique que la première décision attaquée est entièrement exécutée, souligne l'urgence de la situation au regard des difficultés financières très importantes que la société va rencontrer du fait de la suspension de l'agrément de M. B, son seul contrôleur technique, qu'elle n'est pas en capacité de remplacer eu égard au coût prévisible, insiste, s'agissant du doute sérieux, sur le fait que la réunion contradictoire s'est tenue trop tôt pour que la société puisse faire valoir ses observations ainsi que sur la disproportion de la décision, fait valoir que pour les mêmes faits, la société n'a eu qu'une semaine de suspension de son agrément contre deux mois pour le contrôleur technique, que cette distorsion sans justification est révélatrice d'un détournement de pouvoir, insiste également sur le fait que M. B n'a fait l'objet d'aucune sanction depuis 1998 ;
- les observations de Mmes A et Shenton, représentant le préfet du Morbihan, qui reprennent les mêmes termes que les écritures qu'elles développent, exposent les enjeux majeurs de sécurité routière en lien avec le contrôle technique, indiquent que la société requérante est, en termes de nombre de contrôles techniques annuels, premier contrôleur breton et 23ème contrôleur au niveau national, insistent sur le défaut d'urgence dès lors que la société peut continuer à fonctionner avec un autre contrôleur, soulignent que la procédure contradictoire a été respectée et que la décision est proportionnée aux manquements relevés.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. La SARL Auto Contrôle du Niel, spécialisée dans le secteur du contrôle technique de véhicules légers, bénéficie d'un agrément n° S056F057 depuis le 26 juin 1998. M. B bénéficie d'un agrément n° 056F0139 en tant que contrôleur technique rattaché à ce centre, délivré le même jour. Le 4 avril 2024, une visite de surveillance de cette société a été diligentée par les services de la direction régionale de l'environnement de l'aménagement et du logement de Bretagne (DREAL). Un rapport de contrôle a été dressé faisant état de manquements aux prescriptions réglementaires. Après la tenue d'une réunion contradictoire le 24 juin 2024, le préfet du Morbihan a, par arrêté du 2 septembre 2024, suspendu l'agrément de la société Auto contrôle du Niel pour la période du 23 au 30 septembre 2024. Par arrêté du même jour, il a suspendu l'agrément de M. B pour la période du 23 septembre au 22 novembre 2024. Par trois requêtes, la société Auto contrôle du Niel et M. B demandent au tribunal d'ordonner, sue le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de ces arrêtés.
2. Les requêtes nos 2405529, 2405530 et 2405531 présentent à juger des questions semblables. Il y a lieu de les joindre pour statuer par une seule ordonnance.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
3. L'article L. 521-1 du code de justice administrative dispose que : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
En ce qui concerne la requête n° 2405529 :
4. Il est constant que la décision du préfet du Morbihan du 2 septembre 2024 portant suspension de l'agrément de centre de contrôle technique des véhicules légers de la société Auto contrôle du Niel pour la période du 23 au 30 septembre 2024 est, à la date de la présente ordonnance, entièrement exécutée. Par suite, les conclusions de la requête n° 2405529 tendant à ce que soit ordonnée la suspension de son exécution sont devenues sans objet et il n'y a plus lieu d'y statuer.
En ce qui concerne les requêtes n° 2405530 et n°2405531 :
5. Aucun des moyens invoqués et analysés ci-dessus n'est propre, en l'état de l'instruction, à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée. L'une des conditions mises à l'application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative n'étant pas remplie, il y a lieu, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition tenant à l'urgence, de rejeter les conclusions à fins de suspension des requêtes.
Sur les frais liés au litige :
6. En vertu des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le tribunal ne peut pas faire bénéficier la partie tenue aux dépens ou la partie perdante du paiement par l'autre partie des frais qu'elle a exposés à l'occasion du litige soumis au juge. Les conclusions présentées à ce titre par la société Auto contrôle du Niel et M. B doivent, dès lors, être rejetées.
O R D O N N E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur la requête n° 2405529.
Article 2 : Les requêtes n° 2405530 et 2405531 de la SARL Auto contrôle du Niel et de M. B sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la SARL Auto contrôle du Niel, à M. C B et à la ministre de la transition écologique, de l'énergie, du climat et de la prévention des risques.
Copie en sera transmise pour information au préfet du Morbihan.
Fait à Rennes, le 8 octobre 2024.
Le juge des référés,
signé
F. Plumerault La greffière d'audience,
signé
A. Gauthier
La République mande et ordonne à la ministre de la transition écologique, de l'énergie, du climat et de la prévention des risques en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Nos 2405529, 2405530, 2405531
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026