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AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2405670

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2405670

vendredi 27 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2405670
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Rennes, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la décision du directeur du centre hospitalier de Guingamp réorganisant les horaires de travail des infirmiers anesthésistes (IADE). Le syndicat requérant invoquait notamment l'absence de consultation des instances représentatives, des cycles de travail excessifs et des dépassements d'horaires maximaux. La requête a été jugée irrecevable car le syndicat n'a pas justifié avoir introduit une requête distincte en annulation, condition prévue par l'article R. 522-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 24 septembre 2024, le syndicat départemental Sud santé sociaux des Côtes-d'Armor demande au juge des référés de suspendre, en application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'exécution de la décision du directeur du centre hospitalier de Guingamp portant réorganisation des horaires de travail des infirmiers anesthésistes diplômés d'État (IADE) à compter du 1er octobre 2024.

Il soutient que :

- la direction du centre hospitalier remet en cause l'organisation du temps de travail des IADE, sans augmentation corrélative des effectifs qu'implique cette réorganisation, et alors même qu'ils sont déjà en sous-effectif chronique ;

- celle-ci affectera significativement les conditions de travail des IADE, ainsi que leur organisation personnelle ;

- cette réorganisation a été décidée sans consultation des instances représentatives du personnel et sans consultation des services de santé au travail, alors même qu'elle implique une alternance des services de jour et de nuit, particulièrement nocive pour la santé ;

- elle est basée sur deux cycles différents de sept semaines, soit une durée totale de quatorze semaines, quand la réglementation limite à douze semaines la durée des cycles de travail ;

- elle comprend plusieurs périodes de sept jours glissants au cours desquels les IADE dépasseront les 48 heures de travail maximum autorisées sur une même semaine.

Vu les pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Thielen, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision ou de certains de ces effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Aux termes de son article L. 522-1 : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale ". Aux termes de son article L. 522-3 : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ". Aux termes de son article R. 522-1 : " / () À peine d'irrecevabilité, les conclusions tendant à la suspension d'une décision administrative ou de certains de ses effets doivent être présentées par requête distincte de la requête à fin d'annulation ou de réformation et accompagnées d'une copie de cette dernière ". Aux termes de son article R. 612-1 : " Lorsque des conclusions sont entachées d'une irrecevabilité susceptible d'être couverte après l'expiration du délai de recours, la juridiction ne peut les rejeter en relevant d'office cette irrecevabilité qu'après avoir invité leur auteur à les régulariser. / () ". Aux termes de son article R. 522-2 : " Les dispositions de l'article R. 612-1 ne sont pas applicables ".

2. Le syndicat départemental Sud santé sociaux des Côtes-d'Armor ne justifie pas, en en joignant une copie, avoir saisi le tribunal administratif de Rennes d'une requête distincte, tendant à l'annulation de la décision du directeur du centre hospitalier de Guingamp portant réorganisation des horaires de travail des infirmiers anesthésistes diplômés d'État (IADE) à compter du 1er octobre 2024, requête en annulation qui n'a par ailleurs fait l'objet d'aucun enregistrement au greffe du tribunal. Les conclusions de la requête aux fins de suspension de son exécution sont, par suite, irrecevables et doivent être rejetées, par application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête du syndicat départemental Sud santé sociaux des Côtes-d'Armor est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée au syndicat départemental Sud santé sociaux des Côtes-d'Armor.

Fait à Rennes, le 27 septembre 2024.

Le juge des référés,

signé

O. Thielen

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