mardi 1 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2405754 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | LUSTEAU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 27 septembre 2024, M. et Mme A et C B, représentés par Me Lusteau, demandent au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 12 septembre 2024 par laquelle la commission de recours de l'académie de Rennes a rejeté leur recours administratif préalable obligatoire contre la décision du 4 juillet 2024 par laquelle le directeur académique des services de l' éducation nationale d'Ille-et-Vilaine a rejeté leur demande d'autorisation d'instruction dans la famille de leur fille D au titre de l'année scolaire 2024-2025 ;
2°) d'enjoindre au recteur de l'académie de Rennes de les autoriser à assurer l'instruction en famille de leur fille au titre de l'année scolaire 2024-2025, dans un délai d'une semaine à compter de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la condition tenant à l'urgence est satisfaite : leur fille a toujours été instruite en famille et n'a jamais été scolarisée dans un établissement public ou privé de manière assidue ; elle n'est actuellement pas inscrite dans un établissement scolaire ; la rentrée en 6ème dans un collège classique va entraîner une rupture dans la continuité pédagogique et va impacter son équilibre ; son frère et sa sœur ont été autorisés à poursuivre l'instruction en famille pour l'année scolaire 2024-2025, ce qui crée une rupture dans l'égalité entre les enfants d'une même fratrie ;
- sur le doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige :
- il n'est pas démontré que la commission de recours était régulièrement composée ;
- elle est entachée d'une erreur d'interprétation des dispositions applicables, d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation : il existe une situation propre à l'enfant motivant le projet éducatif ; ils ont présenté, à l'appui de leur demande, la présentation écrite de leur projet éducatif comportant les éléments essentiels de l'enseignement et de la pédagogie adaptés aux capacités et au rythme d'apprentissage de leur enfant, lequel est sérieux et suffisant pour permettre à leur fille d'acquérir le socle commun de connaissances, de compétences et de culture défini à l'article L. 122-1-1 du code de l'éducation ; la situation spécifique de leur fille est liée à sa grande sensibilité, son besoin de mouvement, son besoin de calme et de solitude et son manque de confiance ; leur démarche comporte des activités culturelles et sportives ainsi que des rencontres favorisant le lien social.
Vu :
- la requête au fond n° 2405753 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'éducation nationale ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Plumerault, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. M. et Mme B sont les parents d'une jeune fille D âgée de 11 ans. Ils ont présenté une demande d'autorisation d'instruction en famille pour l'année scolaire 2024-2025 au motif d'une situation propre à l'enfant. Par une décision du 4 juillet 2024, le directeur académique des services de l'éducation nationale d'Ille-et-Vilaine a rejeté leur demande. Ils ont formé un recours administratif préalable contre cette décision, qui a été rejeté par une décision du 12 septembre 2024 de la commission de recours de l'académie de Rennes. Ils demandent, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de cette dernière décision.
2. L'article L. 521-1 du code de justice administrative dispose que : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. / Lorsque la suspension est prononcée, il est statué sur la requête en annulation ou en réformation de la décision dans les meilleurs délais. La suspension prend fin au plus tard lorsqu'il est statué sur la requête en annulation ou en réformation de la décision. ". Aux termes de l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire () ". L'article L. 522-3 du même code dispose que : " () lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".
3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sur la situation de ce dernier ou, le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce.
4. Pour justifier de l'urgence à suspendre l'exécution de la décision portant, sur recours administratif préalable obligatoire, refus de leur délivrer l'autorisation d'instruire en famille leur fille D, M. et Mme B soutiennent que cette décision va entraîner une rupture dans la continuité pédagogique de leur enfant et impacter son équilibre, dès lors qu'elle a toujours bénéficié de l'instruction dans la famille et n'a jamais été scolarisée de manière assidue dans un établissement scolaire. Toutefois, il ne ressort d'aucune des pièces du dossier qu'une scolarisation classique serait de nature à porter atteinte au droit de leur fille à l'instruction, pas davantage qu'à préjudicier, de manière grave, à ses intérêts ou à remettre en cause la qualité et le rythme de ses acquisitions, quand bien même la pédagogie suivie par l'école serait différente de celle qu'ils ont mise en œuvre. S'il ressort du projet éducatif de M. et Mme B que leur fille est très sensible, a besoin de mouvement, de calme et de solitude et souffre d'un manque de confiance en elle, il n'est pas davantage établi par les pièces du dossier qu'elle présenterait pour autant des besoins particuliers ni même que ceux-ci ne pourraient pas être pris en compte par un établissement d'enseignement public ou privé. Enfin, la seule circonstance que les autres membres de la fratrie soient autorisés à être instruit dans la famille ne caractérise pas en elle-même l'existence d'une situation d'urgence. Par suite, la condition tenant à l'urgence exigée par les dispositions précitées de l'article L. 521-1 du code de justice administrative ne peut être regardée comme satisfaite.
5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition tenant à l'existence d'un moyen de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige, que les conclusions tendant à la suspension de son exécution doivent être rejetées selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative précité, ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. et Mme B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. et Mme A et C B.
Copie en sera transmise pour information au recteur de l'académie de Rennes.
Fait à Rennes, le 1er octobre 2024.
Le juge des référés,
signé
F. Plumerault
La République mande et ordonne à la ministre de l'éducation nationale en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 2405754
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026