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AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2405856

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2405856

mardi 24 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2405856
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation6ème Chambre
Avocat requérantMAONY

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Rennes (6ème Chambre) a examiné les recours de Mme C B et de M. A B contre les arrêtés du préfet du Finistère du 16 avril 2024. La requérante contestait le refus de titre de séjour, l'obligation de quitter le territoire français (OQTF), la fixation du pays de destination et une interdiction de retour d'un an, tandis que M. B contestait des mesures similaires. Le tribunal a rejeté l'ensemble des requêtes, estimant que les moyens soulevés, notamment ceux tirés de l'insuffisance de motivation, de la méconnaissance de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA) relatif à l'état de santé, et de la violation de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme (CEDH), n'étaient pas fondés. La solution retenue confirme la légalité des décisions préfectorales, en application des dispositions du CESEDA et des stipulations de la CEDH.

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I - Par une requête, enregistrée le 1er octobre 2024 sous le n° 2405856, Mme C B, représentée par Me Maony, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 16 avril 2024 par lequel le préfet du Finistère a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel elle pourra être reconduite d'office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an ;

2°) d'enjoindre au préfet de procéder à l'effacement du signalement aux fins de non admission dans le système d'information Schengen ;

3°) d'enjoindre au préfet du Finistère de lui délivrer un titre de séjour mention " vie privée et familiale " dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans les mêmes conditions de délai et de lui délivrer une autorisation provisoire de travail sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991, à charge pour son conseil de renoncer à percevoir la part contributive de l'Etat.

Elle soutient que :

En ce qui concerne la décision portant refus d'admission au séjour :

- elle est insuffisamment motivée et est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle dès lors que le préfet a omis de se prononcer sur la disponibilité de son traitement dans son pays d'origine ;

- elle est entachée d'un vice de procédure dès lors que le préfet, à défaut de produire les avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, ne démontre pas que ces avis comportent les mentions exigées par l'arrêté du 27 décembre 2016 ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est à tout le moins entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est illégale en conséquence de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, les stipulations de l'article 3, 1), de la convention relative aux droits de l'enfant et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

- la décision fixant le pays de destination est illégale en conséquence de l'illégalité de la mesure d'éloignement ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

- elle est illégale en conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle n'est pas suffisamment motivée et est entachée d'un défaut d'examen particulier ;

- cette décision méconnaît les dispositions de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et à tout le moins, elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré au greffe le 14 novembre2024, le préfet du Finistère conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens de la requérante ne sont pas fondés.

Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 25 août 2024.

II - Par une requête, enregistrée le 1er octobre 2024 sous le n° 2405858, M. A B, représenté par Me Maony, doit être regardé comme demandant au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 16 avril 2024 par lequel le préfet du Finistère l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an ;

2°) d'enjoindre au préfet de procéder à l'effacement du signalement aux fins de non admission dans le système d'information Schengen ;

3°) d'enjoindre au préfet du Finistère de lui délivrer un titre de séjour mention " vie privée et familiale " dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans les mêmes conditions de délai et de lui délivrer une autorisation provisoire de travail sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991, à charge pour son conseil de renoncer à percevoir la part contributive de l'Etat.

Il soutient que :

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est insuffisamment motivée et est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle dès lors que le préfet a omis de se prononcer sur la disponibilité de son traitement dans son pays d'origine ;

- il n'a pas été mis à même de présenter des observations en méconnaissance du droit d'être entendu, principe général du droit de l'Union européenne et du principe du contradictoire, principes protégés par l'article 41 du la Charte des droits fondamentaux de l'Union ;

- cette décision est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation et d'erreurs

de fait ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, les stipulations de l'article 3, 1), de la convention relative aux droits de l'enfant et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

- elle est illégale en conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- cette décision méconnaît les dispositions de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et à tout le moins, elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré au greffe le 14 novembre 2023, le préfet du Finistère conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens du requérant ne sont pas fondés.

M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du

25 août 2024.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R. 313-22, R. 313-23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Descombes,

- les observations de Me Maony, représentant M. et Mme B,

- et les explications de Mme B assistée de sa fille.

Considérant ce qui suit :

1. M. et Mme B, de nationalité géorgienne, sont entrés sur le territoire français en juillet 2020, accompagnés de leurs trois enfants mineurs et ont déposé des demandes d'asile qui ont été définitivement rejetées le 26 juin 2023. Concomitamment, Mme B a sollicité, le

24 novembre 2022, la délivrance d'une carte de séjour temporaire ou une autorisation provisoire de séjour sur les fondements des articles L. 425-9 et 425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en raison respectivement de son état de santé et de celui de son fils A. Par avis du 6 mars 2023, le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a précisé que si l'état de santé de Mme B nécessitait une prise en charge médicale dont le défaut pouvait entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont elle était originaire, elle pouvait y bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans son pays d'origine. De même il a estimé que l'état de santé de son fils nécessitait une prise en charge médicale dont le défaut ne devrait pas entraîner de conséquences d'une exceptionnelle gravité et qu'au vu des éléments des dossiers des intéressés et à la date des avis, leur état de santé pouvait leur permettre de voyager sans risque vers leur pays d'origine. Le 23 mai 2023, le préfet du Finistère a édicté à l'encontre de

Mme B un arrêté portant refus de délivrance de titre de séjour assorti d'une obligation

de quitter le territoire français dans un délai de trente jours avec interdiction de retour sur le

territoire français d'un an, qui a été annulée par jugement n°2305415 du tribunal administratif de céans, en date du 1er décembre 2023. Le collège des médecins de l'OFII a confirmé, par avis du

16 février 2024, son précédent avis du 6 mars 2023 concernant Mme B. Par deux arrêtés du 16 avril 2024, le préfet du Finistère a alors rejeté la demande de titre de séjour de Mme B et a fait obligation au couple de quitter le territoire dans un délai de trente jours, avec interdiction de retour sur le territoire français d'un an. Par les présentes requêtes, qui présentent à juger les mêmes questions et qui ont fait l'objet d'une instruction commune, de sorte qu'il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement, M. et Mme B demandent au tribunal d'annuler ces arrêtés.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

Quant à la requête de Mme B :

En ce qui concerne le refus de titre de séjour :

2. Aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. Sous réserve de l'accord de l'étranger et dans le respect des règles de déontologie médicale, les médecins de l'office peuvent demander aux professionnels de santé qui en disposent les informations médicales nécessaires à l'accomplissement de cette mission. Les médecins de l'office accomplissent cette mission dans le respect des orientations générales fixées par le ministre chargé de la santé. Si le collège de médecins estime dans son avis que les conditions précitées sont réunies, l'autorité administrative ne peut refuser la délivrance du titre de séjour que par une décision spécialement motivée () ".

3. La partie qui justifie d'un avis du collège de médecins du service médical de l'OFII qui lui est favorable doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, il pourrait ou non y bénéficier effectivement d'un traitement approprié.

La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si l'état de santé d'un étranger justifie la délivrance d'un titre de séjour dans les conditions ci-dessus rappelées, se détermine au vu de ces échanges contradictoires. En cas de doute, il lui appartient de compléter ces échanges en ordonnant toute mesure d'instruction utile.

4. En l'espèce, il ressort des certificats médicaux joints aux dossiers que Mme B

est atteinte d'une maladie bronchique sévère et instable justifiant des traitements inhalés antiasthmatiques et d'une biothérapie injectable anti-lge (OMALIZUMAB = XOLAIR). Cette pathologie nécessite une prise en charge médicale dont le défaut, comme l'a reconnu le collège des médecins de l'OFII, entraînerait des conséquences d'une exceptionnelle gravité. Si est constant que le laboratoire Novartis qui commercialise le médicament Xolair-150 mg indique qu'il ne serait pas commercialisé en Géorgie, le préfet fait valoir que rien n'indique qu'il ne serait pas commercialisé par un autre laboratoire en Géorgie ou qu'il ne puisse pas être remplacé par un autre médicament traitant des mêmes symptômes. Toutefois, le préfet ne mentionne en défense l'existence d'aucun traitement susceptible de remplacer la biothérapie injectable suivie par Mme B, et ne se prononce donc pas précisément sur l'accessibilité de sa prise en charge dans son pays d'origine au moyen d'un traitement équivalent. Dans ces conditions, Mme B doit être regardée comme établissant que le traitement que son état de santé nécessite n'est pas disponible en Géorgie. Le refus de séjour contesté est par suite entaché d'une méconnaissance des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

5. Il résulte de ce qui précède que le refus de titre de séjour opposé à Mme B doit être annulé, sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête. Il en est de même, par suite, de l'obligation de quitter le territoire prise à son encontre le 16 juin 2020, de la décision fixant le pays de renvoi et de l'interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an.

Quant à la requête de M. B:

6.Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance () ".

7. Il résulte de ce qui a été dit au point 6 du présent jugement que l'arrêté portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français pris à l'encontre de l'épouse du requérant doivent être annulés. Dans ces conditions, l'arrêté portant obligation de quitter le territoire français pris à l'encontre de M. B aurait pour effet de le séparer de son épouse, mère de ses trois enfants. Dès lors, eu égard au caractère indispensable de sa présence au côté de son épouse gravement malade, dont il ressort des pièces des dossiers qu'elle a des difficultés pour réaliser certaines taches de son quotidien, comme parfois sa toilette, le requérant est fondé à soutenir que l'arrêté lui faisant obligation de quitter le territoire français porte au droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte qui est, en l'espèce, disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels cette décision a été prise. Par suite, M. B est fondé à soutenir que la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales.

8. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que M. B est fondé à solliciter l'annulation de la décision du 16 avril 2024 l'obligeant à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et, par voie de conséquence, de la décision du même jour fixant le pays de renvoi et celle portant l'interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an.

Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :

9. L'annulation des arrêtés contestés implique nécessairement, mais seulement, eu égard aux motif retenus, d'une part, que le préfet délivre à Mme B le titre de séjour sollicité, et d'autre part, de mettre en œuvre la procédure d'effacement du signalement des époux B aux fins de non-admission dans le système d'information des personnes recherchées. Il y a lieu de lui enjoindre d'y procéder dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement, sans qu'il soit besoin d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les frais liés au litige :

10. Il y a lieu, en application des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative et de l'article 37-2 de la loi du 10 juillet 1991, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros à verser à Me Maony, sous réserve qu'elle renonce à percevoir la part contributive de l'Etat à l'aide juridictionnelle.

D É C I D E :

Article 1er : Les deux arrêtés du 16 avril 2024 du préfet du Finistère sont annulés.

Article 2 : Il est enjoint au préfet du Finistère dans le délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement, d'une part, de délivrer à Mme B un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " et d'autre part, de mettre en œuvre la procédure d'effacement du signalement des époux B aux fins de non-admission dans le système d'information des personnes recherchée.

Article 3 : L'Etat versera une somme de 2 000 euros à Me Maony, au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative, sous réserve qu'il renonce à la part contributive de l'Etat à l'aide juridictionnelle.

Article 4 : Le surplus des conclusions des deux requêtes est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B, à M. A B, à Me Maony et au préfet d'Ille-et-Vilaine.

Délibéré après l'audience du 12 décembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Descombes, président,

M. Le Roux, premier conseiller,

M. Le Bonniec, premier conseiller,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 décembre 2024.

Le président-rapporteur,

Signé

G. Descombes L'assesseur le plus ancien,

Signé

P. Le Roux

La greffière,

Signé

L. Garval

La République mande et ordonne au préfet du Finistère en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Nos 2405856, 2405858

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