lundi 14 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2405942 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Eloignement urgent |
| Avocat requérant | DELAGNE |
Vu les procédures suivantes :
I.- Par une requête, enregistrée le 4 octobre 2024 sous le n° 2405942, et un mémoire, enregistré le 7 octobre 2024, M. A B, représenté par Me Delagne, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 27 septembre 2024 par lequel le préfet du Morbihan l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours, l'a obligé à se présenter au commissariat de police de Lorient ainsi qu'à remettre son passeport et lui a, par ailleurs, interdit de sortir du territoire de la commune de Lanester ;
2°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
3°) de mettre à la charge de l'État le versement à Me Delagne d'une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- l'arrêté est entaché d'incompétence ;
- il viole l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'adresse à laquelle il doit être assigné à résidence est mentionnée de manière insuffisamment précise, ce qui caractérise une erreur de droit ;
- la décision d'assignation à résidence doit être annulée par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français et de la décision de refus d'octroi d'un délai volontaire.
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 octobre 2024, le préfet du Morbihan conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
II.- Par une requête, enregistrée le 4 octobre 2024 sous le n° 2405943, et un mémoire, enregistré le 7 octobre 2024, M. A B, représenté par Me Delagne, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 27 septembre 2024 par lequel le préfet du Morbihan l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et lui a interdit de retourner sur le territoire français durant trois ans ;
2°) d'enjoindre à cette autorité de prendre, sans délai, toute mesure propre à mettre fin à son signalement dans le système d'information Schengen procédant de la décision portant interdiction de retour, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
4°) de mettre à la charge de l'État le versement à Me Delagne d'une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- l'arrêté est entaché d'incompétence ;
- l'obligation de quitter le territoire français et l'interdiction de retour sur le territoire français violent l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire est entachée d'une erreur d'appréciation et viole l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il ne présente aucun risque de soustraction à une mesure d'éloignement ;
- la décision d'interdiction de retour, fondée sur l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, est illégale dès lors qu'elle repose sur une décision de refus d'octroi d'un délai de départ volontaire, elle-même illégale ;
- cette interdiction de retour est illégale car elle l'empêche de rendre visite à des proches en situation régulière en France.
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 octobre 2024, le préfet du Morbihan conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Jouno, président, pour statuer sur les recours dont le jugement relève des dispositions des articles L. 922-1 à L. 922-3 et R. 922-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Le greffe du tribunal a informé M. B, par téléphone, au numéro communiqué par son conseil, des date et heure de l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Jouno,
- les observations de Me Delagne, représentant M. B, absent ;
- les observations de M. C, représentant le préfet du Morbihan.
La clôture de l'instruction a été prononcée conformément à l'article R. 922-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Considérant ce qui suit :
Sur l'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire :
1. Dans les circonstances particulières de l'espèce, il y a lieu d'admettre M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire, en application de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991.
Sur les conclusions tendant à l'annulation de l'obligation de quitter le territoire français :
2. En premier lieu, la signataire de l'arrêté portant notamment obligation de quitter le territoire français, Mme D, cheffe du pôle éloignement-contentieux par intérim, avait reçu délégation, par arrêté du 11 septembre 2024, régulièrement publié, à l'effet de signer, tout acte relevant de ce pôle en l'absence d'agents dont il n'est pas établi qu'ils n'aient pas été effectivement absents. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte doit être écarté.
3. En second lieu, il ressort des pièces des dossiers que M. B, ressortissant albanais né en 1990, est entré en France pour la dernière fois en juillet 2024 alors qu'il avait jusqu'alors vécu notamment en Albanie. Compte tenu de la particulière brièveté de son séjour en France et de son caractère précaire, et alors même que son frère ou demi-frère, Mishel, y réside régulièrement que la conjointe ou compagne de celui-ci est française, c'est sans porter au droit que M. B tient de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales que le préfet l'a éloigné du territoire sans délai et lui a interdit le retour sur le territoire durant trois ans.
Sur les conclusions tendant à l'annulation de la décision refusant un délai de départ volontaire :
4. En premier lieu, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'arrêté doit être écarté par les motifs retenus au point 2.
5. En second lieu, aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / () / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ".
6. Il ressort des pièces des dossiers que, après avoir brièvement séjourné sur le territoire, M. B s'est certes soumis en 2018 à une mesure d'éloignement dont il faisait l'objet, mais est ensuite rentré régulièrement en France en 2021 avant de s'y maintenir irrégulièrement sans solliciter de titre de séjour. En outre, il n'a pas remis son passeport aux services de police après son interpellation le 27 septembre 2024 et a déclaré devant les services de police qu'il n'entendait pas se soumettre à une éventuelle mesure d'éloignement. Dans ces circonstances, nonobstant les mentions de l'arrêté portant assignation à résidence, c'est sans commettre d'erreur d'appréciation ni d'erreur de droit que le préfet a estimé qu'il était au nombre des étrangers mentionnés au 3° de l'article L. 612-2 précité du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Sur les conclusions tendant à l'annulation de l'interdiction de retour sur le territoire français :
7. En premier lieu, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'arrêté doit être écarté par les motifs retenus au point 2.
8. En deuxième lieu, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté par les motifs énoncés au point 3 ci-dessus.
9. En troisième lieu, compte tenu de ce qui a été dit aux points 4 à 6 ci-dessus, l'interdiction de retour sur le territoire français ne saurait être regardée comme illégale par voie de conséquence d'une illégalité de la décision refusant un délai de départ volontaire.
10. En quatrième lieu, la circonstance que l'interdiction de retour sur le territoire français ait pour effet d'interdire au requérant de rendre visite, sur le territoire français, à son frère est par elle-même sans incidence sur la légalité de cet acte.
Sur les conclusions tendant à l'annulation de l'assignation à résidence :
11. En premier lieu, la signataire de l'arrêté assignation à résidence, Mme D, cheffe du pôle éloignement-contentieux par intérim, avait reçu délégation, par arrêté du 11 septembre 2024, régulièrement publié, à l'effet de signer, tout acte relevant de ce pôle en l'absence d'agents dont il n'est pas établi qu'ils n'aient pas été effectivement absents. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte doit être écarté.
12. En deuxième lieu, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté par les motifs énoncés au point 3 ci-dessus.
13. En troisième lieu, et contrairement à ce qui est allégué, le lieu d'assignation à résidence est énoncé, en tout état de cause, de manière suffisamment claire et précise.
14. En quatrième lieu, compte tenu de ce qui a été dit aux points 2 à 6 ci-dessus, l'assignation à résidence ne saurait être regardée comme illégale par voie de conséquence d'une illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ou de la décision refusant un délai de départ volontaire.
15. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. B doivent être rejetées. Il en va de même, par voie de conséquence, des conclusions à fin d'injonction sous astreinte et des conclusions relatives aux frais exposés et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : M. B est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : Les requêtes de M. B sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet du Morbihan.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 octobre 2024.
Le magistrat désigné,
signé
T. JounoLa greffière d'audience,
signé
A. Gauthier
La République mande et ordonne au préfet du Morbihan en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Nos 2405942, 2405943
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026