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AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2405986

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2405986

vendredi 25 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2405986
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationEloignement urgent

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Rennes a rejeté la requête de M. A, ressortissant tunisien, qui contestait un arrêté préfectoral du 26 septembre 2024 lui faisant obligation de quitter le territoire français sans délai, avec interdiction de retour d’un an. Le tribunal a jugé que le préfet d’Ille-et-Vilaine n’avait pas commis d’erreur manifeste d’appréciation, en relevant que M. A, entré irrégulièrement en France en 2021, célibataire et sans attaches familiales stables, ne justifiait pas d’une intégration suffisante. La décision a été prise sur le fondement des articles L. 611-1 (1° et 6°) du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 8 octobre 2024, M. D A demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 26 septembre 2024 par lequel le préfet d'Ille-et-Vilaine lui fait obligation de quitter le territoire français sans délai, fixe le pays de destination et lui fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an.

Il soutient que l'arrêté est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation personnelle.

Par un mémoire en défense, enregistré le 11 octobre 2024, le préfet d'Ille-et-Vilaine conclut au rejet de la requête.

Le préfet fait valoir que la requête est tardive et par suite irrecevable et que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. C, magistrat honoraire, pour exercer ses fonctions en application de l'article L. 222-2-1 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. C,

- les observations de M. B, représentant le préfet d'Ille-et-Vilaine.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 922-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Considérant ce qui suit :

Sur la légalité de l'arrêté :

1. M. A, de nationalité tunisienne, est entré irrégulièrement en France en août 2021 selon ses déclarations. Constatant que l'intéressé ne pouvait justifier de la régularité de son entrée en France et n'était pas titulaire d'un titre de séjour en cours de validité, constatant par ailleurs qu'il travaille sans disposer d'une autorisation de travail, le préfet d'Ille-et-Vilaine pouvait légalement prendre, par décision du 26 septembre 2024 et sur le fondement des 1° et 6° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, une obligation de quitter le territoire français et fixer le pays de destination de M. A.

2. Il ressort des pièces du dossier que M. A est entré récemment en France. Il est célibataire et n'établit ni l'ancienneté ni l'intensité de la relation qu'il déclare avoir avec une ressortissante française, sans toutefois apporter au soutien de ses allégations aucun autre élément qu'une attestation mentionnant une amitié proche et une entraide ponctuelle pour des courses, alors que cette personne réside à Angers tandis qu'il est domicilié à Rennes. Il ne fait valoir aucune autre attache et n'établit pas ne plus en avoir dans son pays d'origine où il a résidé l'essentiel de sa vie et où résident ses parents et sa famille. S'il indique travailler dans une entreprise de peinture, en se prévalant de faux documents belges, il n'établit pas en avoir l'autorisation même s'il souligne qu'il s'agit d'un métier en tension. Dans ces conditions, le préfet d'Ille-et-Vilaine n'a pas entaché son arrêté d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des conséquences de cette décision sur sa situation personnelle.

3. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur la recevabilité de la requête, que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 26 septembre 2024 portant obligation de quitter le territoire français.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D A et au préfet d'Ille-et-Vilaine.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 octobre 2024.

Le magistrat désigné,

signé

O. CLa greffière,

signé

P. Lecompte

La République mande et ordonne au préfet d'Ille-et-Vilaine en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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