mercredi 23 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2406042 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Eloignement urgent |
| Avocat requérant | CABINET D'AVOCATS LE STRAT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 10 octobre 2024, M. D A, représenté par Me Le Strat, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'annuler la décision du 27 septembre 2024 par laquelle, la directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration à Rennes a refusé de rétablir à son profit le bénéfice des conditions matérielles d'accueil ;
3°) d'enjoindre à l'Office français de l'immigration et de l'intégration, à titre principal, de lui accorder rétroactivement le bénéfice des conditions matérielles d'accueil, de lui indiquer un lieu d'hébergement dans le délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir et de lui verser les sommes dues majorées des intérêts au taux légal, ou, à titre subsidiaire, de procéder à un nouvel examen de sa situation dans le délai de trois jours ;
4°) de mettre à la charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration le versement à son conseil de la somme de 1 200 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Il soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'un vice d'incompétence ;
- elle est entachée d'une insuffisance de motivation ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation ;
- elle est entachée d'un vice de procédure en ce que sa vulnérabilité n'a pas été examinée.
- elle est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation au regard de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il présente un état de vulnérabilité particulier et de grande précarité.
Par un mémoire en défense, enregistré le 16 octobre 2024, l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme René, première conseillère, pour statuer sur les recours prévus par les dispositions des articles L. 922-1 à L. 922-3 et R. 922-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme René,
- les observations de Me Niguès, substituant Me Le Strat, représentant M. A, qui maintient les conclusions de la requête et en développe les moyens, en particulier celui tiré du vice de procédure en l'absence d'entretien de vulnérabilité ;
- et les explications de M. A.
L'Office français de l'immigration et de l'intégration n'était ni présent, ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 922-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant afghan né le 24 mars 1989, a présenté une demande d'asile le 30 novembre 2022 et a accepté l'offre des conditions matérielles d'accueil de l'Office français de l'immigration et de l'intégration le même jour. Il a fait l'objet, le 13 mars 2023, d'un arrêté préfectoral de transfert vers la Bulgarie, responsable de l'examen de sa demande d'asile en application des dispositions du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013. L'intéressé a été déclaré en fuite le 10 juillet 2023 et les conditions matérielles d'accueil lui ont été retirées par décision du 2 août 2023. Après que sa demande d'asile a finalement été enregistrée en procédure normale et qu'une attestation de demandeur d'asile lui a été délivrée le 26 août 2024 par les services de la préfecture d'Ille-et-Vilaine, M. A a sollicité le rétablissement à son profit du bénéfice des conditions matérielles d'accueil. Par une décision du 27 septembre 2024 dont le requérant demande l'annulation, la directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration à Rennes a rejeté sa demande.
Sur l'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire :
2. M. A justifiant avoir déposé une demande d'aide juridictionnelle le 9 octobre 2024, il y a lieu de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire en application de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. En premier lieu, la décision en litige a été signée par Mme C B, directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, laquelle a reçu délégation à l'effet de signer tous les actes et décisions se rapportant aux missions dévolues à la direction de Rennes en vertu d'une décision du 15 janvier 2019 régulièrement publiée. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier qu'en vertu d'une décision du 15 mars 2023 du directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration portant organisation générale de cet office, " les directions territoriales sont responsables, sur leur territoire de compétence, de la mise en œuvre des missions de l'OFII ". Par suite, Mme B était compétente pour signer la décision de refus d'octroi des conditions matérielles d'accueil. Le moyen tiré du vice d'incompétence doit ainsi être écarté.
4. En deuxième lieu, la décision attaquée vise les dispositions dont elle fait application, soit notamment l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Elle rappelle notamment que la décision de cessation des conditions matérielles d'accueil du 2 août 2023 a été prise au motif que le requérant s'était abstenu de se présenter aux autorités et précise que les motifs évoqués par lui ne justifient pas des raisons pour lesquelles il n'a pas respecté les obligations auxquelles il avait consenti lors de l'acceptation de l'offre de prise en charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. La décision attaquée comporte ainsi l'énoncé des considérations de fait et de droit qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.
5. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier, notamment de la motivation de la décision attaquée, que l'Office français de l'immigration et de l'intégration doit être regardé comme ayant procédé à un examen suffisamment sérieux de la situation de M. A. Les services de cet office ont notamment procédé à un entretien de vulnérabilité le 26 août 2024 à la suite de la requalification de sa demande d'asile le même jour et ont examiné les explications du requérant justifiant, selon lui, qu'il ne se soit pas présenté aux autorités le 5 juillet 2023 pour effectuer le vol prévu vers la Bulgarie. Par suite, le moyen tiré de l'absence d'examen de la situation de M. A doit être écarté.
6. En quatrième lieu, ainsi qu'il vient d'être dit, il ressort des pièces du dossier que le requérant a bénéficié d'un entretien de vulnérabilité le 26 août 2024. Le moyen tiré du vice de procédure en l'absence d'un tel entretien doit, par suite, être écarté.
7. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Il est mis fin, partiellement ou totalement, aux conditions matérielles d'accueil dont bénéficie le demandeur, dans le respect de l'article 20 de la directive 2013/33/ UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale, dans les cas suivants : / () / 3° Il ne respecte pas les exigences des autorités chargées de l'asile, notamment en se rendant aux entretiens, en se présentant aux autorités et en fournissant les informations utiles afin de faciliter l'instruction des demandes ; / () / La décision mettant fin aux conditions matérielles d'accueil prise en application du présent article est écrite et motivée. Elle prend en compte la vulnérabilité du demandeur. Elle est prise après que l'intéressé a été mis en mesure de présenter ses observations écrites selon des modalités définies par décret. / Lorsque la décision mettant fin aux conditions matérielles d'accueil a été prise en application des 1°, 2° ou 3° du présent article et que les raisons ayant conduit à cette décision ont cessé, le demandeur peut solliciter de l'Office français de l'immigration et de l'intégration le rétablissement des conditions matérielles d'accueil. L'office statue sur la demande en prenant notamment en compte la vulnérabilité du demandeur ainsi que, le cas échéant, les raisons pour lesquelles il n'a pas respecté les obligations auxquelles il avait consenti au moment de l'acception initiale des conditions matérielles d'accueil. ".
8. Il ressort des pièces du dossier que la vulnérabilité du requérant a été évaluée par l'Office français de l'immigration et de l'intégration préalablement à l'édiction de la décision attaquée, sur le fondement de la dernière phrase de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile précité. Par ailleurs, il ressort de son audition du 5 juillet 2023 qu'après que l'officier de police judiciaire lui a indiqué qu'il devait prendre un train au départ de Rennes pour Nantes le même jour à 18h36 en vue de son départ en avion le lendemain matin de l'aéroport de Nantes, M. A a indiqué qu'il ne respecterait pas la mesure de réadmission prise par le préfet d'Ille-et-Vilaine et qu'il souhaitait rester à Rennes. L'officier de police judiciaire lui ayant alors précisé que le refus de repartir en Bulgarie " annulerait " ses droits sur le territoire national ", le requérant a répondu qu'il avait bien compris qu'il " perd[ait] tous [s]es droits ". Il ressort en outre des pièces du dossier que s'il invoque son passage aux services des urgences du centre hospitalier universitaire de Rennes le 5 juillet 2023 entre 18h07 et 23h38 en raison de douleurs intenses à la cage thoracique pour justifier son absence de présentation au vol prévu le lendemain, il ressort du compte rendu établi par ce service que " la douleur thoracique () à l'arrivée aux urgences a totalement disparu " et que les examens médical et biologique pratiqués sur lui se sont révélés normaux, de sorte qu'eu égard à ce qu'il avait indiqué lors de son audition du même jour, il ne peut être regardé comme justifiant l'absence de sa présentation au vol par son état de santé la veille au soir. Dans ces conditions, et alors que le requérant n'établit par aucun élément tangible la vulnérabilité particulière, et notamment la précarité, qu'il invoque, les moyens tirés de l'erreur de droit et de l'erreur d'appréciation au regard de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doivent être écartés.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête doivent être rejetées. Il en va de même, par voie de conséquence, des conclusions à fin d'injonction et de celles présentées au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
D É C I D E :
Article 1er : M. A est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : La requête de M. A est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. D A et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 octobre 2024.
La magistrate désignée,
signé
C. RenéLa greffière,
signé
P. Lecompte
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026