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AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2406054

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2406054

mardi 22 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2406054
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Rennes a rejeté comme irrecevable la requête de Mme A B, qui demandait l'annulation de l'article 5 d'un arrêté préfectoral de 2022 la signalant aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen. Le tribunal a constaté que cet arrêté, qui portait obligation de quitter le territoire français sans délai, n'avait pas été contesté dans le délai de quarante-huit heures prévu par l'article L. 614-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. En application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, la requête a été jugée manifestement irrecevable. Le tribunal a invité la requérante à former une demande préalable auprès du préfet du Nord pour obtenir la levée de son signalement.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 9 octobre 2024, Mme A B demande au tribunal d'annuler l'arrêté du préfet du Nord pris à son égard en 2022 en tant qu'il la signale aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen (article 5).

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : / () 4° rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens () ".

2. Aux termes de l'article R. 776-1 du code de justice administrative, dans sa rédaction applicable : " Sont présentées, instruites et jugées selon les dispositions du chapitre IV du titre I du livre VI du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article L. 732-8 du même code, ainsi que celles du présent code, sous réserve des dispositions du présent chapitre, les requêtes dirigées contre : / 1° Les décisions portant obligation de quitter le territoire français, prévues aux articles L. 241-1 et L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que les décisions relatives au séjour notifiées avec les décisions portant obligation de quitter le territoire français ; / 2° Les décisions relatives au délai de départ volontaire prévues aux articles L. 251-3 et L. 612-1 du même code ; / 3° Les interdictions de retour sur le territoire français prévues aux articles L. 612-6 à L. 612-8 du même code et les interdictions de circulation sur le territoire français prévues à l'article L. 241-4 dudit code ; / 4° Les décisions fixant le pays de renvoi prévues à l'article L. 721-4 du même code. () ". Aux termes de l'article L. 614-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, compris dans le chapitre IV du titre I du livre VI de ce code, dans sa rédaction applicable : " L'étranger qui fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français peut, dans les conditions et délais prévus au présent chapitre, demander au tribunal administratif l'annulation de cette décision, ainsi que l'annulation de la décision relative au séjour, de la décision relative au délai de départ volontaire et de la décision d'interdiction de retour sur le territoire français qui l'accompagnent le cas échéant. / Les dispositions du présent chapitre sont applicables au jugement de la décision fixant le pays de renvoi contestée en application de l'article L. 721-5 et de la décision d'assignation à résidence contestée en application de l'article L. 732-8. ". Aux termes de l'article L. 614-6 du même code, dans sa rédaction applicable : " Lorsque la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est pas assortie d'un délai de départ volontaire, le président du tribunal administratif peut être saisi dans le délai de quarante-huit heures suivant la notification de la mesure. () ".

3. Il ressort des pièces du dossier que l'arrêté attaqué portait obligation de quitter le territoire français sans délai. Son article 5 précisait que la requérante, qui faisait l'objet d'une interdiction de retour sur le territoire français d'un an, pouvait faire l'objet d'un signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen.

4. Si cet arrêté, qui comprend l'énoncé des voies et délais de recours, ne comporte pas de date, il est constant qu'il a été édicté et notifié en 2022. Or, il est constant que la requérante, qui séjournait habituellement en Italie, ne l'a pas contesté dans le délai prévu à l'article L. 614-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors applicable. La présente requête est donc irrecevable.

5. Il appartiendra à la requérante, si elle entend demander la levée de son signalement dans le système d'information Schengen, de former une demande motivée en ce sens devant le préfet du Nord et, en cas de rejet de cette demande, de soumettre, si elle s'y croit fondée, cette décision de rejet à la juridiction compétente territorialement.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme A B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B.

Fait à Rennes, le 22 octobre 2024.

Le président de la 2ème chambre,

signé

T. Jouno

La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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