mardi 4 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2406176 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | SALIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 15 octobre 2024, Mme I A H, représentée par Me Salin, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du préfet du Morbihan du 16 septembre 2024 portant refus de titre de séjour, obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixation du pays de renvoi ;
2°) d'enjoindre au préfet du Morbihan, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour et à titre subsidiaire, de procéder à un nouvel examen de sa situation ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 € en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le refus de séjour et l'obligation de quitter le territoire français sont insuffisamment motivés ;
- ils sont entachés d'un vice d'incompétence ;
- ils n'ont pas été précédés d'un examen suffisant de sa situation personnelle ;
- ils méconnaissent l'article L. 423-23 du code de l'entrée et de séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- ils méconnaissent l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- ils sont entachés d'une erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences sur sa situation personnelle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 3 décembre 2024, le préfet du Morbihan conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Tronel,
- les observations de Me Salin, représentant Mme A H,
- et les explications de Mme A H.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions d'annulation :
1. L'arrêté du préfet du Morbihan du 16 septembre 2024 dont Mme A H demande l'annulation a été signé par Mme D B, cheffe du pôle éloignement et contentieux par intérim, en vertu d'un arrêté du 11 septembre 2024 régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture du Morbihan le 12 septembre 2024. En application de cet arrêté, Mme B a reçu délégation pour signer tous les actes relevant du pôle éloignement et contentieux en cas d'absence de M. G, de Mme F, de Mme E ou de Mme C. Il n'est pas démontré qu'à la date de l'arrêté en litige ces derniers n'auraient pas été absents. Par suite, le moyen tiré du vice d'incompétence du signataire doit être écarté.
2. Outre les dispositions de droit dont il est fait application, l'arrêté précise que Mme A H, de nationalité péruvienne, est entrée en France le 9 novembre 2022 et qu'elle a sollicité son admission au séjour sur le fondement de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et de séjour des étrangers et du droit d'asile le 7 juin 2024. S'il est vrai que l'arrêté mentionne à tort l'entrée irrégulière de Mme A H sur le territoire français, il s'agit d'une simple erreur de plume. L'arrêté précise en outre que Mme A H a conclu un pacte civil de solidarité avec un ressortissant français le 31 janvier 2023, mais qu'elle ne justifie pas, par les documents produits, de l'ancienneté de sa vie de couple. L'arrêté mentionne que Mme A H n'est pas dépourvue d'attaches familiales dans son pays d'origine où elle a vécu jusqu'à l'âge de 35 ans. Il précise que Mme A H ne justifie pas de motifs exceptionnels ou de considérations humanitaires de nature à l'admettre au séjour sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et de séjour des étrangers et du droit d'asile. Il précise enfin que n'ayant pas de droit au séjour, elle entre dans le champ d'application du 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et de séjour des étrangers et du droit d'asile permettant à l'autorité administrative de prononcer une obligation de quitter le territoire français. L'arrêté est, ainsi, suffisamment motivé. Le moyen tiré de son insuffisante motivation doit, par suite, être écarté.
3. Il ressort de cette motivation que le préfet du Morbihan a procédé à un examen suffisamment approfondi de la situation personnelle de Mme A H, quand bien même il ne procède pas, dans son arrêté, à une analyse exhaustive de l'ensemble des pièces produites par la requérante à l'appui de sa demande de titre de séjour.
4. Aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et de séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui () dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an (). / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine ".
5. Les pièces versées au dossier, notamment leur déclaration de concubinage du 22 janvier 2024 et diverses attestations, si elles semblent indiquer qu'ils se connaissent depuis 2018, permettent seulement d'établir une communauté de vie entre Mme A H et son compagnon à compter du mois de novembre 2022, avec un pacte civil de solidarité conclu le 31 janvier 2023. En outre, Mme A H dispose d'attaches familiales dans son pays d'origine où elle a vécu jusqu'à ses 35 ans. Dans ces conditions, c'est sans porter à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée que le préfet du Morbihan a pu lui refuser le titre de séjour sollicité.
6. Pour les mêmes motifs, en lui refusant de lui délivrer un titre de séjour et en l'obligeant à quitter le territoire français, le préfet n'a ni méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ni manifestement mal apprécié les conséquences de ces décisions sur la situation personnelle de Mme A H.
7. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de A H doit être rejetée, y compris les conclusions d'injonction sous astreinte et celles présentées au titre des frais liés au litige.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A H est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme I A H et au préfet du Morbihan.
Délibéré après l'audience du 14 janvier 2025, où siégeaient :
M. Tronel, président,
M. Terras, premier conseiller,
Mme Thielen, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 février 2025.
Le président rapporteur,
Signé
N. Tronel L'assesseur le plus ancien,
Signé
F. Terras
La greffière,
Signé
E. Douillard
La République mande et ordonne au préfet du Morbihan en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026