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AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2406251

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2406251

mercredi 23 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2406251
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Rennes, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme B qui demandait à être placée en congé pour invalidité temporaire imputable au service (CITIS) à titre provisoire. La requérante invoquait une atteinte grave et manifestement illégale à ses libertés fondamentales sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative. Le juge a d'abord jugé irrecevable la demande subsidiaire fondée sur l'article L. 521-1, présentée simultanément dans la même requête. Sur le fond, il a estimé que la situation d'urgence particulière requise par l'article L. 521-2 n'était pas caractérisée, dès lors que l'instruction de la demande de maladie professionnelle de Mme B était en cours, une expertise médicale ayant déjà été diligentée.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés les 20 et 23 octobre 2024, Mme A B demande au juge des référés, dans le dernier état de ses écritures, d'enjoindre au centre ministériel de gestion de Rennes, à titre principal sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, à titre subsidiaire sur le fondement " d'un référé mesures utiles selon l'article L. 521-1 " du même code, de la placer en congé pour invalidité temporaire imputable au service à titre provisoire et de prendre immédiatement les mesures y afférent, dont la notification de l'arrêté correspondant et le versement du plein traitement sur toute la période concernée.

Elle soutient que :

- elle n'a jamais été informée de ses droits au congé pour invalidité temporaire imputable au service (CITIS) et elle n'a d'ailleurs jamais eu de livret d'accueil dans aucune de ses affectations ;

- elle n'a pas reçu de récépissé ou d'accusé de réception de sa demande de CITIS ;

- le médecin psychiatre qu'elle a rencontré le 9 septembre 2024 dans le cadre de l'expertise médicale diligentée n'a pas eu de lettre de mission ;

- elle n'a pas été informée du délai d'instruction supplémentaire de sa demande ;

- dès lors que l'instruction n'était pas terminée, elle devait être placée en CITIS à titre provisoire à compter du 11 août 2024 et ainsi bénéficier des droits prévus par l'article 21 bis de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;

- elle est victime de harcèlement moral ;

- l'attitude du ministère des armées méconnaît le principe de légalité et celui d'égalité de traitement.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Plumerault, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. En premier lieu, il résulte des dispositions du titre II du livre V du code de justice administrative, notamment des articles L. 521-1, L. 521-2, L. 523-1 et R. 522-5, que les demandes formées devant le juge des référés sur le fondement de l'article L. 521-1 sont présentées, instruites, jugées et, le cas échéant, susceptibles de recours selon des règles distinctes de celles applicables aux demandes présentées sur le fondement de l'article L. 521-2 et de celles présentées sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative. Elles ne peuvent par suite pas être présentées simultanément dans une même requête.

2. En l'espèce, Mme B a indiqué que ses conclusions étaient présentées à titre principal sur le fondement de l'article L. 521-2. Ses conclusions subsidiaires ne sont, par suite, pas recevables et ne peuvent être accueillies.

3. En second lieu, aux termes de l'article L. 521-2 du même code : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ". En vertu de cet article, le juge administratif des référés, saisi d'une demande en ce sens justifiée par une urgence particulière, peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une autorité administrative aurait porté une atteinte grave et manifestement illégale. Ces dispositions législatives confèrent au juge des référés, qui statue, en vertu de l'article L. 511-1 du code de justice administrative, par des mesures qui présentent un caractère provisoire, le pouvoir de prendre, dans les délais les plus brefs et au regard de critères d'évidence, les mesures de sauvegarde nécessaires à la protection des libertés fondamentales.

4. Selon l'article L. 522-1 du même code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. / Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. / () ". L'article L. 522-3 du même code dispose : Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. " ;

5. À la différence d'une demande de suspension présentée sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, à laquelle il peut être satisfait s'il est justifié d'une situation d'urgence et de l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée, ou encore d'une demande fondée sur l'article L. 521-3 du même code qui peut être satisfaite s'il est justifié, notamment, de l'urgence et de l'utilité de la mesure sollicitée, une demande présentée au titre de la procédure prévue à l'article L. 521-2 de ce code implique, pour qu'il y soit fait droit, qu'il soit justifié d'une situation d'urgence particulière rendant nécessaire l'intervention d'une mesure de sauvegarde d'une liberté fondamentale dans les quarante-huit heures en vertu de l'article L. 521-2 du code de justice administrative précité.

6. En l'espèce, Mme B a d'ores-et-déjà été convoquée le 9 septembre 2024 à une expertise médicale dans le cadre de l'instruction de son dossier de maladie professionnelle déclarée le 11 mars 2024 et l'expert devrait rendre son rapport prochainement afin de permettre au service des pensions et des risques professionnels de statuer sur le bien-fondé de sa demande. Par ailleurs, les quelques éléments relatifs à la situation financière qu'elle produit font apparaître des revenus à hauteur de 3 700 euros mensuels et il n'est pas établi par les pièces du dossier que le foyer ne pourrait pas faire face à ses charges. Mme B ne peut, par suite, se prévaloir d'une situation d'extrême urgence rendant nécessaire l'intervention dans les quarante-huit heures du juge des référés pour prononcer une mesure de sauvegarde d'une liberté fondamentale.

7. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme B ne peut qu'être rejetée en faisant application de la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B.

Copie de la présente ordonnance sera adressée au ministère des armées (centre ministériel de gestion de Rennes).

Fait à Rennes, le 23 octobre 2024.

Le juge des référés,

signé

F. Plumerault

La République mande et ordonne au ministre des armées en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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