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AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2406291

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2406291

mardi 3 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2406291
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Rennes a rejeté comme manifestement irrecevable la requête de M. E et autres, élus minoritaires du Folgoët, qui demandaient l’annulation de deux permis de construire délivrés par le préfet du Finistère pour des centrales photovoltaïques au sol. Les requérants n’ont pas justifié d’un intérêt à agir au sens de l’article L. 600-1-2 du code de l’urbanisme, en se bornant à invoquer leur qualité d’élus et des nuisances environnementales générales, sans démontrer une atteinte directe à leurs conditions d’occupation ou de jouissance d’un bien. Malgré une demande de régularisation restée sans réponse, ils n’ont pas précisé en quoi le projet affecterait leur situation personnelle. La requête a donc été rejetée sur le fondement du 4° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 22 octobre 2024, M. D E, M. C A et Mme F B demandent au tribunal d'annuler les arrêtés nos PC 029 055 22 00013 et PC 029 055 22 00014 du 17 septembre 2024 par lesquels le préfet du Finistère a accordé des permis de construire en vue de la réalisation d'une centrale photovoltaïques au sol sur des terrains situés respectivement lieudit Lannuchen et lieudit Le Restou sur le territoire de la commune du Folgoët.

Vu :

- la demande de régularisation adressée le 25 octobre 2024 à M. E et son accusé de réception ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () / 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; () ".

2. Aux termes de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme : " Une personne autre que l'Etat, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre une décision relative à l'occupation ou à l'utilisation du sol régie par le présent code que si la construction, l'aménagement ou le projet autorisé sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ou pour lequel elle bénéficie d'une promesse de vente, de bail, ou d'un contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation. () ". Aux termes de l'article R. 612-1 du code de justice administrative : " Lorsque des conclusions sont entachées d'une irrecevabilité susceptible d'être couverte après l'expiration du délai de recours, la juridiction ne peut les rejeter en relevant d'office cette irrecevabilité qu'après avoir invité leur auteur à les régulariser. ". Aux termes de l'article R. 611-8-2 du même code : " () Les parties ou leur mandataire sont réputés avoir reçu la communication ou la notification à la date de première consultation du document qui leur a été ainsi adressé, certifiée par l'accusé de réception délivré par l'application informatique, ou, à défaut de consultation dans un délai de deux jours ouvrés à compter de la date de mise à disposition du document dans l'application, à l'issue de ce délai. (). ".

3. Il résulte des dispositions citées ci-dessus qu'il appartient à tout requérant qui saisit le juge administratif d'un recours pour excès de pouvoir tendant à l'annulation d'un permis de construire, de démolir ou d'aménager, de préciser l'atteinte qu'il invoque pour justifier d'un intérêt lui donnant qualité pour agir, en faisant état de tous éléments suffisamment précis et étayés de nature à établir que cette atteinte est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien. Il appartient au défendeur, s'il entend contester l'intérêt à agir du requérant, d'apporter tous éléments de nature à établir que les atteintes alléguées sont dépourvues de réalité. Le juge de l'excès de pouvoir apprécie la recevabilité de la requête au vu des éléments ainsi versés au dossier par les parties, en écartant le cas échéant les allégations qu'il jugerait insuffisamment étayées mais sans pour autant exiger de l'auteur du recours qu'il apporte la preuve du caractère certain des atteintes qu'il invoque au soutien de la recevabilité de celui-ci. Eu égard à sa situation particulière, le voisin immédiat justifie, en principe, d'un intérêt à agir lorsqu'il fait état devant le juge, qui statue au vu de l'ensemble des pièces du dossier, d'éléments relatifs à la nature, à l'importance ou à la localisation du projet de construction.

4. M. E et autres se bornent à mentionner leur qualité d'" élu(e)s minoritaires de Le Folgoët ", qui ne saurait, par elle-même, leur donner qualité pour contester une autorisation d'occupation des sols et à faire état, de façon générale, des nuisances pour l'environnement induites par ces deux projets de centrale photovoltaïques au sol. Ils n'invoquent ainsi aucune atteinte portée par les projets litigieux aux conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de leur bien immobilier, conformément aux dispositions de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme cité ci-dessus, et ne justifient pas de leur intérêt à agir contre les arrêtés de permis de construire attaqués.

5. Une demande de régularisation a été adressée à cette fin par le greffe du tribunal le 25 octobre 2024. L'accusé de mise à disposition d'un courrier du greffe dans l'application Télérecours mentionne que ce courrier a été mis à disposition de M. E le 25 octobre 2024 à 10 h 12. M. E, qui n'a pas consulté son dossier dans le délai de deux jours prévu par les dispositions de l'article R. 611-8-6 du code de justice administrative, doit être réputé avoir reçu communication de ce courrier à l'issue de ce délai. En dépit de cette demande de régularisation, M. E et autres n'ont, à l'expiration du délai de quinze jours qui leur était imparti, pas indiqué en quoi le projet litigieux serait de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'ils détiennent ou occupent régulièrement en application de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme. Ainsi, les requérants ne justifient pas d'un intérêt leur donnant qualité pour agir à l'encontre de l'arrêté attaqué.

6. Par suite, la requête de M. E et autres est manifestement irrecevable et doit être rejetée en application des dispositions précitées du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. E et autres est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. D E, désigné représentant unique des requérants dans les conditions prévues par le dernier alinéa des articles R. 411-5 et R. 751-3 du code de justice administrative.

Fait à Rennes, le 3 décembre 2024.

Le président de la 1ère chambre,

signé

C. Radureau

La République mande et ordonne à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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