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AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2406323

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2406323

vendredi 25 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2406323
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Rennes, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté municipal de non-opposition à déclaration préalable pour l'installation d'une antenne relais SFR. La requête est jugée irrecevable car les requérants n'ont pas justifié avoir saisi le tribunal d'une requête en annulation distincte, ni produit l'acte attaqué. De plus, les moyens invoqués (défaut d'information, irrégularité d'affichage, absence de mutualisation) sont considérés comme insuffisants pour créer un doute sérieux sur la légalité de la décision, la réglementation des communications électroniques étant indépendante du droit de l'urbanisme.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 23 octobre 2024, M. B et Mme C A demandent au juge des référés de suspendre l'exécution de l'arrêté du maire de la commune de Brest du 21 août 2024 portant non opposition à la déclaration préalable de travaux n° DP 029 019 24 00 811 déposée par la société SFR, pour l'installation d'une antenne relais sur un terrain situé rue de Quimper, parcelle cadastrée 19 section AY n° 462.

Ils soutiennent que :

- aucune concertation ni information n'a été organisée avec ou à destination des riverains ;

- les modalités d'affichage de l'autorisation d'urbanisme ne permettent pas sa visibilité depuis l'espace public ;

- ils ont intérêt à agir en qualité de voisin immédiat du projet, qui génère un impact visuel et des troubles anormaux de voisinage ;

- les travaux ont démarré avant même que le délai de recours ne soit expiré ;

- n'a pas été analysée de solution alternative permettant une meilleure intégration visuelle ;

- l'obligation de mutualisation n'est pas respectée.

Vu les pièces du dossier.

Vu :

- le code des postes et des communications électroniques ;

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Thielen, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Par la requête susvisée, M. et Mme A demandent au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de l'arrêté du maire de la commune de Brest du 21 août 2024 portant non opposition à la déclaration préalable de travaux n° DP 029 019 24 00 811 déposée par la société SFR, pour l'installation d'une antenne relais sur un terrain situé rue de Quimper, parcelle cadastrée 19 section AY n° 462.

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision ou de certains de ces effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".

3. Aux termes de son article L. 522-1 : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale ". Aux termes de son article L. 522-3 : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

4. Aux termes de son article R. 522-1 : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. / À peine d'irrecevabilité, les conclusions tendant à la suspension d'une décision administrative ou de certains de ses effets doivent être présentées par requête distincte de la requête à fin d'annulation ou de réformation et accompagnées d'une copie de cette dernière ".

5. Aux termes de son article R. 412-1 : " La requête doit, à peine d'irrecevabilité, être accompagnée, sauf impossibilité justifiée, de l'acte attaqué ou, dans le cas mentionné à l'article R. 421-2, de la pièce justifiant de la date de dépôt de la réclamation ".

6. Aux termes de son article R. 612-1 : " Lorsque des conclusions sont entachées d'une irrecevabilité susceptible d'être couverte après l'expiration du délai de recours, la juridiction ne peut les rejeter en relevant d'office cette irrecevabilité qu'après avoir invité leur auteur à les régulariser. / () ". Aux termes de son article R. 522-2 : " Les dispositions de l'article R. 612-1 ne sont pas applicables ".

7. M. et Mme A ne justifient pas, en en joignant une copie, avoir saisi le tribunal administratif de Rennes d'une requête distincte, tendant à l'annulation de l'arrêté qu'ils contestent et qu'ils ne produisent au demeurant pas en pièce jointe, requête en annulation qui n'a par ailleurs fait l'objet d'aucun enregistrement au greffe du tribunal. La requête en référé est, par suite et pour ce double motif, irrecevable.

8. En se bornant par ailleurs à invoquer le caractère irrégulier ou trompeur de l'affichage du permis de construire en litige, l'absence d'information à destination des riverains s'agissant de la teneur exacte du projet et la méconnaissance des dispositions de l'article D. 98-6-1 du code des postes et des communications électroniques, les requérants ne développent aucun moyen juridique susceptible d'utilement contester la légalité de l'arrêté en cause.

9. En particulier, le caractère irrégulier de l'affichage est seulement susceptible de faire obstacle au déclenchement des délais de recours à l'égard des tiers.

10. Par ailleurs, le code des postes et des communications électroniques codifie de manière complète une police spéciale des communications électroniques confiée à l'État, fixant une législation dont la finalité est distincte de celle relative à l'urbanisme. En vertu du principe de l'indépendance des législations, il n'appartient ainsi pas à l'autorité en charge de la délivrance des autorisations d'urbanisme de veiller au respect de la réglementation des postes et communications électroniques, qui est sans application dans le cadre de l'instruction des déclarations ou demandes d'autorisation d'urbanisme, pour lesquelles le contenu du dossier de demande est défini par les dispositions de la partie réglementaire du code de l'urbanisme. Dans ces circonstances, la méconnaissance éventuelle par le pétitionnaire des dispositions du code des postes et des communications électroniques prévoyant tant une obligation particulière d'information et de concertation qu'une obligation de produire, à l'appui de sa demande d'autorisation d'urbanisme, une étude de faisabilité d'une mutualisation des antennes préexistantes, reste sans incidence sur la légalité de l'arrêté en litige.

11. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. et Mme A doit être rejetée par application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. et Mme A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B et Mme C A.

Fait à Rennes, le 25 octobre 2024.

Le juge des référés,

signé

O. Thielen

La République mande et ordonne au préfet du Finistère en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Nos 2406323

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