mardi 19 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2406497 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Eloignement urgent |
| Avocat requérant | TOUCHARD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 30 octobre et 7 novembre 2024, M. C A, représenté par Me Touchard, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 23 octobre 2024 par lequel le préfet du Finistère l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans ;
3°) d'annuler l'arrêté du 23 octobre 2024 par lequel le préfet du Finistère l'a assigné à résidence ;
4°) d'enjoindre au préfet du Finistère de l'admettre au séjour à compter de la date de notification de jugement à intervenir, en lui délivrant un titre de séjour dans un délai maximum de sept jours, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, et, à titre subsidiaire, d'enjoindre au préfet du Finistère de réexaminer son dossier dans le délai de deux mois qui suivront la notification du jugement à intervenir et ce, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, tout en lui délivrant une autorisation de séjour dans les sept jours suivant la notification du jugement ;
5°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à verser à son conseil sous réserve qu'il renonce à percevoir la part contributive de l'État.
Il soutient que :
S'agissant de l'obligation de quitter le territoire français :
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation personnelle ;
S'agissant de la décision fixant le pays de renvoi :
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
S'agissant de l'interdiction de retour sur le territoire français :
- elle est illégale en raison de l'illégalité du refus de délai de départ volontaire ;
S'agissant de l'assignation à résidence :
- elle est illégale en raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français.
Par un mémoire en défense, enregistré le 8 novembre 2024, le préfet du Finistère conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Fraboulet, premier conseiller, pour statuer sur les recours dont le jugement relève des dispositions des articles L. 922-1 à L. 922-3 et R. 922-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Fraboulet,
- les observations de M. B, représentant le préfet du Finistère qui maintient l'intégralité de ses écritures.
M. A n'était ni présent, ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 922-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Considérant ce qui suit :
Sur l'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :
1. M. A justifiant pas avoir déposé une demande d'aide juridictionnelle sur laquelle il n'a pas encore été statuée, il y a lieu de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
2. En premier lieu, l'arrêté litigieux fait état des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de l'obligation de quitter le territoire français et qui correspondent aux déclarations de l'intéressé au cours de son audition par les services de police. Il précise que l'intéressé a fait l'objet d'une première obligation à quitter le territoire le 16 février 2021 prise par le préfet du Morbihan, d'une deuxième obligation à quitter le territoire le 27 janvier 2002 prise par le préfet du Finistère et d'une troisième obligation à quitter le territoire le 31 août 2023 prise par le préfet du Finistère. Il mentionne également que le requérant est défavorablement connu des services de police pour plusieurs faits commis de 2020 à 2024. Par suite, le préfet, qui n'avait pas à reprendre l'ensemble des éléments relatifs à la situation personnelle et professionnelle de M. A, a suffisamment motivé sa décision.
3. En second lieu, le requérant fait valoir qu'il est présent sur le territoire français depuis six ans, qu'il est le père de quatre enfants mineurs et que les trois aînés sont scolarisés. D'une part, il n'est pas contesté que le requérant est entré irrégulièrement sur le territoire français et qu'il n'a déposé aucune demande en vue de régulariser sa situation administrative en France. D'autre part, il ne démontre pas, par les pièces qu'il produit, la durée de sa résidence en France. Par ailleurs, il ne fait état d'aucun obstacle à ce que la cellule familiale se reconstitue dans son pays d'origine, ni à ce que ses enfants, qui sont jeunes, puissent être scolarisés en Russie. En outre, le requérant a été condamné par une ordonnance pénale du Président du tribunal judiciaire de Brest du 1er avril 2022 à 400 euros d'amende pour des fait de conduite sous emprise de stupéfiants et de conduite d'un véhicule sans permis. Dans ces conditions, eu égard à sa durée et aux conditions de sa présence sur le territoire français, la nature et l'ancienneté de ses liens avec la France, et en l'absence de considérations humanitaires, la décision portant obligation de quitter le territoire français ne porte pas une atteinte disproportionnée au droit de M. A au respect de sa vie privée et familiale au regard des buts qu'elle poursuit. Pour les mêmes motifs, le préfet n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences sur la situation personnelle de M. A en édictant à son encontre une obligation de quitter le territoire français.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
4. Il n'est pas contesté que le requérant est entré irrégulièrement sur le territoire français, qu'il n'a déposé aucune demande en vue de régulariser sa situation administrative en France, et qu'il ne démontre pas la durée de sa résidence en France. Dans ces conditions, eu égard à sa durée de présence sur le territoire français, la nature et l'ancienneté de ses liens avec la France et en l'absence de considérations humanitaires, et eu égard à ce qui a été dit au point 3, la décision fixant le pays de renvoi ne porte pas une atteinte disproportionnée au droit de M. A au respect de sa vie privée et familiale au regard des buts qu'elle poursuit.
5. M. A soutient qu'il risque d'être enrôlé de force au sein de l'armée russe en cas de retour dans son pays. Toutefois, alors que sa demande d'asile a été rejetée tant par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) et la Cour nationale du droit d'asile (CNDA), il ne produit aucun élément permettant d'établir la réalité des craintes qu'il déclare éprouver en cas de retour en Russie. Le moyen tiré de ce que le préfet aurait commis à cet égard une erreur manifeste d'appréciation doit être écarté comme ceux tirés de la violation de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article L. 721- 4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français :
6. M. A n'ayant pas démontré l'illégalité de la décision de refus de délai de départ volontaire, le moyen invoqué par voie d'exception tiré de l'illégalité de cette décision doit être écarté.
En ce qui concerne l'assignation à résidence :
7. M. A n'ayant pas démontré l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire, le moyen invoqué par voie d'exception tiré de l'illégalité de cette décision doit être écarté.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
8. Le présent jugement qui rejette les conclusions à fin d'annulation de la requête n'implique aucune mesure d'exécution. Il y a lieu, par suite, de rejeter les conclusions de M. A à fin d'injonction et d'astreinte.
Sur les frais liés au litige :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et celles de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1911 font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'État, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que M. A demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : M. A est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : La requête de M. A est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et au préfet du Finistère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 novembre 2024.
Le magistrat désigné,
signé
C. Fraboulet La greffière,
signé
P. Lecompte
La République mande et ordonne au préfet du Finistère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026