mardi 4 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2406527 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | SOCIETE D'AVOCATS DESMARS BELONCLE BARZ CABIOCH |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 15 octobre 2024, M. B A, représenté par Me Cabioch, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du préfet du Morbihan du 3 juillet 2024 portant refus de titre de séjour, obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, fixation du pays de renvoi, obligation de présentation aux services de gendarmerie et interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de deux ans ;
2°) d'enjoindre au préfet du Morbihan, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 200 € par jour de retard, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour et à titre subsidiaire, de procéder à un nouvel examen de sa situation et dans cette hypothèse, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de sept jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 200 € par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 800 € en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Il soutient que :
Sur le refus de titre de séjour :
- il est insuffisamment motivé ;
- il est entaché d'un vice de procédure, la commission du titre de séjour n'ayant pas été saisie ;
- il n'a pas été précédé d'un examen suffisant de sa situation personnelle ;
- il méconnaît l'article L. 423-23 du code de l'entrée et de séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation dans l'application de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et de séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- il entre dans les prévisions de la circulaire N° NORINTK1229185C du 28 novembre 2012 ;
- il méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Sur l'obligation de quitter le territoire français :
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un vice de procédure, la commission du titre de séjour n'ayant pas été saisie ;
- elle n'a pas été précédée d'un examen suffisant de sa situation personnelle ;
- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité du refus de titre de séjour ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Sur la décision fixant le pays de renvoi :
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un vice de procédure, la commission du titre de séjour n'ayant pas été saisie ;
- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité du refus de titre de séjour.
Sur la décision fixant les mesures de surveillance :
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un vice de procédure, la commission du titre de séjour n'ayant pas été saisie ;
- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité du refus de titre de séjour ;
- elle méconnaît l'article L. 721-7 du code de l'entrée et de séjour des étrangers et du droit d'asile en ce qu'elle ne précise pas expressément sa durée de validité.
Sur l'interdiction de retour sur le territoire français :
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un vice de procédure, la commission du titre de séjour n'ayant pas été saisie ;
- elle n'a pas été précédée d'un examen suffisant de sa situation personnelle ;
- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français sans délai ;
- elle est entachée d'une erreur de droit dans l'application de l'article L. 612-7 du code de l'entrée et de séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation.
Sur le signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen :
- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de l'interdiction de retour sur le territoire français.
Par une lettre du 20 décembre 2024, le tribunal a informé les parties qu'il était susceptible, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de fonder la décision sur un moyen soulevé d'office, relatif à l'irrecevabilité des conclusions dirigées contre le signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen, qui ne présente aucun caractère décisoire.
Par une ordonnance du 6 novembre 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 3 janvier 2025.
Un mémoire présenté par le préfet du Morbihan a été enregistré le 13 janvier 2025, postérieurement à la clôture de l'instruction et n'a pas été communiqué.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale le 30 janvier 2025.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Tronel a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions d'annulation du refus de délivrance d'un titre de séjour, de l'obligation de quitter le territoire français et de la fixation du pays de renvoi :
S'agissant des moyens communs à l'ensemble de ces décisions :
1. Après avoir mentionné les considérations de droit le fondant, l'arrêté du préfet du Morbihan du 3 juillet 2024 dont M. A demande l'annulation, rappelle que ce dernier, de nationalité albanaise, est entré irrégulièrement en France le 24 octobre 2018 avec sa mère et ses deux sœurs. Il précise que sa demande d'asile a été définitivement rejetée par les instances d'asile le 30 janvier 2020 et que lui, sa mère et l'une de ses sœurs ont fait l'objet d'obligations de quitter le territoire français dans un délai de 30 jours par arrêté préfectoral du 17 novembre 2020, qu'ils n'ont pas exécutées. L'arrêté mentionne que M. A a déclaré être célibataire et sans enfant, que sa mère et l'une de ses sœurs sont en situation irrégulière tandis que son autre sœur a sollicité son admission exceptionnelle au séjour. L'arrêté précise en outre qu'en produisant seulement une promesse d'embauche, M. A ne justifie pas de considérations humanitaires ou de motifs exceptionnels permettant de l'admettre au séjour sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et de séjour des étrangers et du droit d'asile. L'arrêté indique également que l'intéressé n'attestant pas d'une présence en France depuis plus de dix ans, la commission du titre de séjour n'avait pas à être saisie. Il indique que rien ne fait obstacle à ce que sa mère et sa sœur en situation irrégulière rejoignent M. A en Albanie où il a vécu jusqu'à l'âge de 24 ans. En outre et contrairement à ce que fait valoir M. A, l'arrêté expose de manière intelligible, pour fixer le pays de renvoi, que l'intéressé n'établit pas être exposé à des traitements contraires à l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour dans son pays d'origine. Il résulte de ce qui précède que le préfet, qui n'est tenu de faire mention que des faits qu'il retient pour prendre son arrêté, l'a suffisamment motivé. Le moyen tiré de l'insuffisante motivation doit être écarté.
2. Aux termes de l'article L. 432-13 du code de l'entrée et de séjour des étrangers et du droit d'asile : " Dans chaque département est instituée une commission du titre de séjour qui est saisie pour avis par l'autorité administrative : / 1° Lorsqu'elle envisage de refuser de délivrer ou de renouveler la carte de séjour temporaire prévue aux articles () L. 423-23 () à un étranger qui en remplit effectivement les conditions de délivrance () ". Ainsi qu'il sera exposé au point 5, M. A ne remplit pas les conditions de délivrance ce la carte de séjour mentionnée à l'article L. 423-23 du code de l'entrée et de séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le moyen tiré de ce que les décisions contestées sont entachées d'un vice de procédure faute de saisine de la commission du titre de séjour sur le fondement des dispositions précitées de l'article L. 432-13 du code de l'entrée et de séjour des étrangers et du droit d'asile.
3. Il ressort de la motivation exposée au point 1 que le préfet a procédé à un examen suffisant de la situation personnelle de l'intéressé. Le moyen tiré du défaut d'un tel examen doit, par suite, également être écarté.
S'agissant des moyens propres au refus de délivrance d'un titre de séjour :
4. Aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et de séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui () dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an (). / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine ".
5. Ainsi qu'il a été précédemment exposé, M. A réside en France de manière irrégulière depuis 2018, est célibataire et sans enfant et rien ne fait obstacle à ce que sa mère et l'une de ses sœurs, également en situation irrégulière, le rejoignent hors de France. Si les attestations de M. A font état d'un tissu amical et d'un investissement associatif bénévole, ces circonstances ne caractérisent pas l'existence de liens d'une particulière intensité en France. Compte tenu des conditions d'entrée et de séjour en France de M. A, c'est sans porter à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée que le préfet du Morbihan a pu lui refuser le titre de séjour sollicité sur le fondement de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et de séjour des étrangers et du droit d'asile.
6. Aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "salarié", "travailleur temporaire" ou "vie privée et familiale", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 () ".
7. En présence d'une demande de régularisation, présentée sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, par un étranger qui ne serait pas en situation de polygamie et dont la présence en France ne présenterait pas une menace pour l'ordre public, il appartient à l'autorité administrative de vérifier, dans un premier temps, si l'admission exceptionnelle au séjour par la délivrance d'une carte portant la mention " vie privée et familiale " répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard de motifs exceptionnels, et à défaut, dans un second temps, s'il est fait état de motifs exceptionnels de nature à permettre la délivrance, dans ce cadre, d'une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " ou " travailleur temporaire ". Dans cette dernière hypothèse, un demandeur qui justifierait d'une promesse d'embauche ou d'un contrat de travail ne saurait être regardé, par principe, comme attestant, par là même, des " motifs exceptionnels " exigés par la loi. Il appartient, en effet, à l'autorité administrative, sous le contrôle du juge, d'examiner, notamment, si la qualification, l'expérience et les diplômes de l'étranger ainsi que les caractéristiques de l'emploi auquel il postule, de même que tout élément de sa situation personnelle dont l'étranger ferait état à l'appui de sa demande, tel que l'ancienneté de son séjour en France, peuvent constituer, en l'espèce, des motifs exceptionnels d'admission au séjour.
8. D'une part, eu égard à sa situation personnelle et familiale telle que précédemment décrite, M. A ne dispose pas de liens personnels et familiaux particulièrement intenses, anciens et stables en France de nature à caractériser des considérations humanitaires. D'autre part, la promesse d'embauche dont bénéficie le requérant est insuffisante à caractériser une insertion professionnelle notable. Par suite, le préfet n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en refusant à M. A un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ou " salarié " ou " travailleur temporaire " sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le moyen présenté en ce sens doit, dès lors, être écarté.
9. Dès lors qu'un étranger ne détient aucun droit à l'exercice par le préfet de son pouvoir de régularisation, il ne peut utilement se prévaloir des orientations générales contenues dans la circulaire du ministre de l'intérieur du 28 novembre 2012 pour l'exercice de ce pouvoir. Ainsi, le moyen tiré de ce que M. A remplirait les conditions prévues par cette circulaire pour bénéficier d'une mesure de régularisation, à le supposer invoqué, doit être écarté comme inopérant.
10. Pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 5, en lui refusant de lui délivrer un titre de séjour et en l'obligeant à quitter le territoire français, le préfet n'a ni méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ni manifestement mal apprécié les conséquences de ces décisions sur la situation personnelle de M. A.
S'agissant de moyens propres à l'obligation de quitter le territoire français :
11. M. A n'établissant pas l'illégalité du refus de délivrance d'un titre de séjour, le moyen tiré de l'annulation de l'obligation de quitter le territoire français par voie de conséquence de l'annulation du refus de délivrance d'un titre de séjour doit être écarté.
12. Pour les motifs exposés au point 5, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation des conséquences de la mesure d'éloignement sur la situation personnelle de M. A doit être écarté.
S'agissant des moyens propres à la décision fixant le pays de renvoi :
13. M. A n'établissant pas l'illégalité du refus de délivrance d'un titre de séjour, le moyen tiré de l'annulation de la décision fixant le pays de renvoi par voie de conséquence de l'annulation de ce refus de délivrance doit être écarté.
Sur les conclusions d'annulation de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
14. Aux termes de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour (), l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 () ".
15. Compte tenu de sa durée de présence et de ses liens avec la France, de l'absence de menace pour l'ordre public, et quand bien même il s'est soustrait à une précédente mesure d'éloignement, en fixant la période d'interdiction à deux ans, le préfet du Morbihan a entaché sa décision d'une erreur d'appréciation.
Sur les conclusions d'annulation de la décision fixant des mesures de surveillance :
16. Aux termes de l'article L. 721-6 du code de l'entrée et de séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger auquel un délai de départ volontaire a été accordé peut, dès la notification de la décision portant obligation de quitter le territoire français, être contraint de résider dans le lieu qui lui est désigné par l'autorité administrative. Cette décision est prise pour une durée qui ne peut se poursuivre au-delà de l'expiration du délai de départ volontaire ". Aux termes de son article L. 721-7 : " L'étranger auquel un délai de départ volontaire a été accordé peut, dès la notification de la décision portant obligation de quitter le territoire français, être astreint à se présenter à l'autorité administrative ou aux services de police ou aux unités de gendarmerie pour y indiquer ses diligences dans la préparation de son départ. Cette décision est prise pour une durée qui ne peut se poursuivre au-delà de l'expiration du délai de départ volontaire ".
17. Si les décisions contraignant l'étranger à résider dans un lieu déterminé par l'administration et l'astreignant à une obligation de présentation pendant le délai de départ volontaire sur le fondement des articles L. 721-6 et L. 721-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ont le caractère de décisions distinctes de l'obligation de quitter le territoire français, ces décisions, qui tendent à assurer que l'étranger accomplit les diligences nécessaires à son départ dans le délai qui lui est imparti, concourent à la mise en œuvre de l'obligation de quitter le territoire français. Dans ces conditions, si l'article L. 211-1 du code des relations entre le public et l'administration impose que ces décisions soient motivées au titre des mesures de police, cette motivation peut, outre la référence aux articles L. 721-6 et L. 721-7, se confondre avec celle de l'obligation de quitter le territoire français assortie d'un délai de départ volontaire.
18. En l'espèce, l'obligation de quitter le territoire français en litige comporte les éléments de fait et de droit qui en constitue le fondement, si bien qu'elle est suffisamment motivée. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision instituant les mesures de surveillance contestées doit être écarté.
19. Le moyen tiré du défaut de consultation de la commission de titre de séjour soulevé contre la décision fixant les mesures de surveillance doit être écarté comme inopérant.
20. M. A n'établissant pas l'illégalité du refus de délivrance d'un titre de séjour, le moyen tiré de l'annulation de la décision fixant les mesures de surveillance par voie de conséquence de l'annulation du refus de délivrance d'un titre de séjour doit être écarté.
21. Il résulte des dispositions mêmes de l'article L. 721-7 que la décision fixant les mesures de surveillance est prise pour une durée qui ne peut se poursuivre au-delà de l'expiration du délai de départ volontaire. Par suite, à défaut de la mention d'un délai plus court, le terme de l'obligation de présentation aux services de gendarmerie est défini, implicitement, comme correspondant à l'expiration du délai de départ volontaire, sans que le préfet soit tenu, explicitement, de le mentionner. Il s'ensuit que le moyen tiré de ce que la décision ne mentionne pas explicitement la durée des mesures de surveillance doit être écarté.
Sur les conclusions dirigées contre le signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen :
22. Aux termes du III de l'article L. 613-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger auquel est notifiée une interdiction de retour sur le territoire français est informé qu'il fait l'objet d'un signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen, conformément à l'article 24 du règlement (UE) n° 2018/1861 du Parlement européen et du Conseil du 28 novembre 2018 sur l'établissement, le fonctionnement et l'utilisation du système d'information Schengen (SIS) dans le domaine des vérifications aux frontières, modifiant la convention d'application de l'accord de Schengen et modifiant et abrogeant le règlement (CE) n° 1987/2006. Les modalités de suppression du signalement de l'étranger en cas d'annulation ou d'abrogation de l'interdiction de retour sont fixées par voie réglementaire ".
23. Il résulte des dispositions précitées que, lorsqu'elle prend à l'égard d'un étranger, une décision d'interdiction de retour sur le territoire français, l'autorité administrative informe l'intéressé de son signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen. Une telle information ne constitue pas une décision distincte de la mesure d'interdiction de retour et n'est, dès lors, par elle-même, pas susceptible de faire l'objet d'un recours pour excès de pouvoir. Les conclusions présentées par M. A tendant à l'annulation des effets juridiques de l'interdiction de retour sur le territoire français, dont le signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen, ne peuvent donc qu'être rejetées.
24. Il résulte de tout ce qui précède et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête dirigés contre l'interdiction de retour sur le territoire français, que l'arrêté du préfet du Morbihan du 3 juillet 2024 doit être annulé en tant seulement qu'il prononce une telle interdiction.
Sur les conclusions à fin d'injonction sous astreinte :
25. Le présent jugement, qui annule l'interdiction de retour sur le territoire français, n'implique aucune mesure d'exécution. Il y a lieu, par suite, de rejeter les conclusions d'injonction sous astreinte présentées par M. A.
Sur les frais liés au litige :
26. L'État n'étant pas, dans la présente instance, la partie essentiellement perdante, les conclusions de M. A présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
D É C I D E :
Article 1 : L'arrêté du préfet du Morbihan du 3 juillet 2024 est annulé en tant qu'il porte interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de deux ans.
Article 2 : Le surplus de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet du Morbihan.
Délibéré après l'audience du 14 janvier 2025, où siégeaient :
M. Tronel, président,
M. Terras, premier conseiller,
Mme Thielen, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 février 2025.
Le président rapporteur,
Signé
N. Tronel L'assesseur le plus ancien,
Signé
F. Terras
La greffière,
Signé
E. Douillard
La République mande et ordonne au préfet du Morbihan en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026