LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2406602

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2406602

lundi 18 novembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2406602
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationEloignement urgent
Avocat requérantJEANMOUGIN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 6 et 12 novembre 2024, M. B A, représenté par Me Jeanmougin, demande au tribunal :

1°) lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;

2°) d'annuler la décision du 31 octobre 2024 par laquelle la directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) à Rennes a refusé de lui accorder le bénéfice des conditions matérielles d'accueil ;

3°) d'enjoindre à l'OFII, à titre principal, de lui accorder le bénéfice des conditions matérielles d'accueil à compter du 31 octobre 2024 ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans un délai de huit jours à compter du jugement ;

4°) de mettre à la charge de l'OFII le versement à son conseil de la somme de 1 500 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Il soutient que la décision attaquée :

- est entachée d'un vice d'incompétence ;

- n'est pas suffisamment motivée ;

- est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;

- est entaché de vices de procédure, dès lors qu'il n'est pas établi qu'il a été entendu par un agent de l'OFII spécifiquement qualifié pour évaluer sa vulnérabilité et que la procédure contradictoire prévue par l'article L. 121-1 du code des relations le public et l'administration n'a pas été respectée ;

- est entachée d'une erreur de fait et d'une erreur d'appréciation au regard de l'article L. 551-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors qu'étant entré régulièrement sur le territoire français pour participer aux Jeux Olympiques de Paris 2024, il n'a pas déposé tardivement sa demande d'asile, qu'il avait en tout état de cause un motif légitime de dépasser le délai de 90 jours dont il disposait pour le faire et qu'il se trouve dans une situation de vulnérabilité.

Par un mémoire en défense, enregistré le 8 novembre 2024, l'OFII conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code des relations le public et l'administration ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Berthon, président, pour statuer sur les recours prévus par les dispositions des articles L. 922-1 à L. 922-3 et R. 922-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Berthon,

- les observations de Me Le Rouge de Guerdavid, substituant Me Jeanmoujin, représentant M. A, qui maintient les conclusions de la requête et en développe les moyens, en particulier celui tiré de ce qu'il a déposé sa demande d'asile dans le délai de quatre-vingt-dix jours.

L'OFII n'était ni présent, ni représenté.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 922-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant congolais (République démocratique du Congo) né le 30 septembre 2001, a présenté une demande d'asile au guichet unique pour demandeurs d'asile le 31 octobre 2024. Le même jour, la directrice territoriale de l'OFII à Rennes a refusé de lui accorder le bénéfice des conditions matérielles d'accueil au motif qu'il avait déposé sa demande au-delà du délai de 90 jours suivant son arrivée en France sans motif légitime. M. A demande l'annulation de cette décision.

Sur l'aide juridictionnelle à titre provisoire :

2. M. A justifiant avoir déposé une demande d'aide juridictionnelle le 6 novembre 2024, il y a lieu de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire en application de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

3. En premier lieu, la décision en litige a été signée par Mme D C, directrice territoriale de l'OFII, qui a reçu délégation à l'effet de signer tous les actes et décisions se rapportant aux missions dévolues à la direction de Rennes en vertu d'une décision du 15 janvier 2019 régulièrement publiée. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier qu'en vertu d'une décision du 15 mars 2023 du directeur général de l'OFII portant organisation générale de cet office, " les directions territoriales sont responsables, sur leur territoire de compétence, de la mise en œuvre des missions de l'OFII ". Par suite, Mme C était compétente pour signer la décision de refus d'octroi des conditions matérielles d'accueil. Le moyen tiré du vice d'incompétence doit ainsi être écarté.

4. En deuxième lieu, aux termes de l'article D. 551-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision de refus des conditions matérielles d'accueil prise en application de l'article L. 551-15 est écrite, motivée et prend en compte la vulnérabilité du demandeur.".

5. La décision attaquée vise les articles L. 551-15 et D. 551-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et mentionne que, sans motif légitime, M. A n'a pas sollicité l'asile dans un délai de 90 jours. Elle est, par suite, suffisamment motivée en droit et en fait.

6. En troisième lieu, il ne résulte ni de la motivation de la décision attaquée ni d'aucune autre pièce du dossier que la directrice territoriale de l'OFII à Rennes n'aurait pas procédé à un examen de la situation particulière du requérant.

7. En quatrième lieu, le requérant ne saurait invoquer utilement les dispositions de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration dès lors que la procédure applicable en matière d'octroi des conditions matérielles d'accueil est entièrement régie par le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et que, au surplus, cet article réserve le cas des décisions qui, comme celle tendant à l'octroi du bénéfice des conditions matérielles d'accueil, sont prises à la suite d'une demande des administrés.

8. En cinquième lieu, il ressort des pièces du dossier que la fiche d'évaluation de vulnérabilité a été signée par son auteur qui a également apposé le cachet de l'OFII et ajouté ses initiales afin de s'identifier. Si M. A soutient qu'il n'est pas établi que cet agent aurait reçu une formation spécifique lui donnant qualité pour mener cet entretien, aucune disposition n'impose que soient portées les mentions, sur ce compte-rendu, de l'identité et de la qualification de l'agent qui a conduit l'entretien, qui en l'absence d'élément contraire, doit être regardé comme un agent habilité ayant reçu la formation spécifique mentionnée à l'article L. 522-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

9. En sixième lieu, aux termes de l'article L. 551-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les conditions matérielles d'accueil sont refusées, totalement ou partiellement, au demandeur, dans le respect de l'article 20 de la directive 2013/33/ UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale, dans les cas suivants : / () / 4° Il n'a pas sollicité l'asile, sans motif légitime, dans le délai prévu au 3° de l'article L. 531-27 ; / La décision de refus des conditions matérielles d'accueil prise en application du présent article est écrite et motivée. / Elle prend en compte la vulnérabilité du demandeur. ". Le délai prévu au 3° de l'article L. 531-27 du même code est de quatre-vingt-dix jours à compter de l'entrée en France du demandeur.

10. Pour refuser à M. A le bénéfice des conditions matérielles d'accueil, la directrice territoriale de l'OFII à Rennes s'est fondée sur le motif tiré de ce qu'il n'avait pas sollicité l'asile dans un délai de quatre-vingt-dix jours à compter de son entrée en France et ne justifiait d'aucun motif légitime pour ne pas avoir respecter ce délai. En l'espèce, le requérant ne peut utilement se prévaloir de la circonstance qu'il serait entré régulièrement en France pour soutenir qu'il aurait déposé sa demande d'asile dans le délai imparti ou qu'il disposait d'un motif légitime au sens et pour l'application des dispositions de l'article L. 551-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors que ces dispositions permettent le refus du bénéfice des conditions matérielles d'accueil en cas de dépôt d'une demande d'asile au-delà d'un délai de quatre-vingt-dix jours à compter de son entrée en France, sans que le séjour régulier de l'étranger ne puisse faire obstacle à un tel refus.

11. Il ressort des pièces du dossier que M. A est entré en France le 24 juillet 2024 pour participer aux épreuves de natation des Jeux Olympiques de Paris 2024 et qu'il a déposé sa demande d'asile auprès du guichet unique des demandeurs d'asile (GUDA) le 31 octobre 2024, soit au-delà du délai de 90 jours dont il disposait. S'il soutient qu'il a contacté la structure de premier accueil des demandeurs d'asile (SPADA) dès le 12 octobre 2024 afin de prendre rendez-vous en vue du dépôt d'une demande d'asile, soit dans le délai de 90 jours suivant son entrée en France, les messages qu'il a adressés à la SPADA ce jour-là portaient uniquement sur une demande de logement en urgence. Dans ces conditions, la directrice territoriale de l'OFII pouvait légalement lui opposer le dépôt tardif de sa demande d'asile pour refuser de lui accorder le bénéfice des conditions matérielles d'accueil.

12. Si M. A se prévaut également d'une situation de grande vulnérabilité, en faisant état du très grave traumatisme dont il souffrirait à la suite des sévices qu'il aurait subis en République démocratique du Congo, il n'établit la réalité ni de ces sévices ni de la pathologie qu'il invoque. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision contestée serait entachée d'une erreur d'appréciation de sa situation de vulnérabilité doit être écarté.

13. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 31 octobre 2024 par laquelle la directrice territoriale de l'OFII à Rennes a refusé de lui accorder le bénéfice des conditions matérielles d'accueil. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction ainsi que celles présentées au titre des dispositions des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 et R. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées.

D É C I D E :

Article 1er : M. A est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Article 2 : La requête de M. A est rejetée.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 novembre 2024.

Le magistrat désigné,

signé

E. BerthonLa greffière d'audience,

signé

E. Ramillet

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions