jeudi 14 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2406638 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Eloignement urgent |
| Avocat requérant | CIMADE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 8 novembre 2024, M. B A, alors au centre de rétention administrative de Rennes-Saint-Jacques-de-la-Lande (Ille-et-Vilaine), demande au tribunal :
- d'annuler l'arrêté du 5 novembre 2024 par lequel le préfet d'Indre-et-Loire lui fait obligation de quitter sans délai le territoire français, fixe le pays de destination et lui fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de 3 ans ;
- d'enjoindre au préfet d'Indre-et-Loire, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour et à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation.
Il soutient que :
S'agissant des moyens communs aux décisions contestées :
- la compétence du signataire n'est pas établie ;
- elles ne sont pas suffisamment motivées ;
- elle sont entachées d'un défaut d'examen particulier de sa situation.
S'agissant de l'obligation de quitter le territoire français :
- elle est entachée d'un vice de procédure (méconnaissance de son droit d'être entendu) ;
- il remplit les conditions pour obtenir un titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation ;
S'agissant du refus de lui accorder un délai de départ volontaire :
- il est privé de base légale en raison de l'illégalité de la mesure d'éloignement ;
- il méconnaît les dispositions de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors qu'il ne présente ni risque de fuite ni menace pour l'ordre public ;
S'agissant de la décision fixant le pays de renvoi :
- elle est privée de base légale en raison de l'illégalité de la mesure d'éloignement ;
S'agissant de l'interdiction de retour :
- elle est privée de base légale en raison de l'illégalité de la mesure d'éloignement ;
- elle est entachée d'un vice de procédure (méconnaissance de son droit d'être entendu) ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors que le préfet n'a pas recherché si des circonstances humanitaires pouvaient y faire obstacle et qu'il ne représente pas une menace pour l'ordre public.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 novembre 2024, le préfet d'Indre-et-Loire conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu :
- l'ordonnance du 12 novembre 2024 par laquelle la vice-présidente en charge des rétentions administratives près le tribunal judiciaire de Rennes a prolongé le maintien en rétention administrative de M. A pour une durée maximum de vingt-six jours ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Berthon, président, pour statuer sur les recours dont le jugement relève des dispositions des articles L. 922-1 à L. 922-3 et R. 922-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Berthon,
- les observations de Me Yamba, représentant M. A, qui développe les moyens de la requête et précise que l'obligation de quitter le territoire est dépourvue de base légale, M. A étant nécessairement titulaire d'une carte de séjour temporaire depuis le retrait de sa carte de résident ;
- et les explications de M. A.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 922-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, né le 24 avril 1997, de nationalité congolaise (République du Congo), a été interpellé à Tours le 22 septembre 2023 et condamné le même jour à une peine de prison pour avoir conduit un véhicule sans permis sous l'emprise de stupéfiants et pour avoir violé son contrôle judiciaire. Après avoir effectué sa peine, il a été placé en rétention administrative à Rennes le 7 novembre 2024 pour une durée de quatre jours prolongée de vingt-six jours par une ordonnance du 12 novembre 2024 de la vice-présidente en charge des rétentions administratives près le tribunal judiciaire de Rennes. Par l'arrêté contesté du 5 novembre 2024, le préfet d'Indre-et-Loire l'a obligé à quitter le territoire français, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire, a fixé le pays de renvoi et lui a interdit le retour en France pendant trois ans.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".
3. Il est établi par les pièces du dossier que M. A est entré en France le 15 décembre 2005, à l'âge de huit ans, dans le cadre d'une mesure de regroupement familial accordée à sa mère, qui possède la nationalité française, qu'il s'y est maintenu depuis et y a fait toute sa scolarité. Il ressort également des pièces du dossier que tous les proches de M. A, à savoir sa mère, chez laquelle il réside, son demi-frère et sa sœur, qui sont titulaires de cartes de résidents, et sa compagne française, qui atteste sans être contredite par l'administration qu'elle entretient une relation depuis huit ans avec lui, vivent en France. Il est constant qu'à l'âge de 19 ans, M. A a obtenu une carte de résident, délivrée par la préfecture d'Indre-et-Loire, valable du 24 avril 2016 au 23 avril 2026, qui lui a été retirée par un arrêté du préfet d'Eure-et-Loir du 29 septembre 2021 et remplacée par une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale ", dont il ne ressort toutefois pas des pièces du dossier qu'elle aurait été renouvelée. Enfin, il ne ressort pas des pièces du dossier que M. A conserverait des attaches en République du Congo. Dans ces conditions, eu égard à l'ancienneté et à l'intensité des liens privés et familiaux de M. A sur le territoire français et à son isolement en cas de retour dans son pays d'origine, et alors même qu'il a été condamné à plusieurs reprises entre 2016 et 2023 à des peines de prison pour des faits de conduite d'un véhicule sans permis et sous l'emprise de stupéfiants, d'outrage à personne dépositaire de l'autorité publique et de détention, transport et cession de stupéfiants, la décision du 5 novembre 2024 du préfet d'Indre-et-Loire l'obligeant à quitter le territoire français a porté à son droit au respect de la vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise, en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Il y a lieu, par suite, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, d'annuler cette décision ainsi que, par voie de conséquence, les décisions du même jour refusant de lui accorder un délai de départ, fixant le pays de destination et lui faisant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de 3 ans.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
4. Le présent jugement, qui annule la mesure d'éloignement contestée, implique seulement, en application de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, que le préfet d'Indre-et-Loire réexamine la situation administrative de M. A et lui délivre une autorisation provisoire de séjour pendant la durée de ce réexamen. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu d'enjoindre au préfet de procéder à ce réexamen dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
DÉCIDE :
Article 1er : L'arrêté du 5 novembre 2024 du préfet d'Indre-et-Loire est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au préfet d'Indre-et-Loire de réexaminer la situation de M. A dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet d'Indre-et-Loire.
Décision communiquée aux parties le 14 novembre 2024, en application de l'article R. 922-25 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Le magistrat désigné,
signé
E. Berthon La greffière,
signé
P. Lecompte
La République mande et ordonne au préfet d'Indre-et-Loire, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice, à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026